29/01/2009

La chouette terrine pas chère de sardines aux légumes d'hiver

Bien le bonjour, gourmets informatisés

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«Cuisiner, c’est vite cher», glapissait, l’autre jour et sous notre nez, une dame très comme il faut, en sirotant une coupe de roteuse urf. Etant donné que ladite dame portait sur le dos l’équivalent d’une tonne de truffes blanches en fringues de marque, avec logos apparents et tons chatoyants, on a trouvé sa remarque déplacée. Pour ne pas dire über cornichonne. «Cuisiner, c’est vite cher.» Et mon tutu, c’est du poulet basquaise en barquette pour microsonde?
Car, voyez-vous, tendres lecteurs, cuisiner, c’est probablement la manière la moins onéreuse pour ingurgiter des bonnes choses dedans son organisme en passant par la bouche et en y trouvant du plaisir au passage. (Dieu que cette phrase est élégante, on dirait du Flaubert). Au marché, le poireau coûte beaucoup moins qu’un mouchoir avec DC brodé dessus. Et il est bien plus joli, si vous voulez un avis à la fois personnel et autorisé.
Fin de la prise de position éthique du jour.
Tout ça pour dégainer notre terrine de sardines aux légumes d’hiver, câpres et aneth, recette savoureuse et drolatique à trois francs six sous, mais pas à deux balles. Nuance.
Dans votre cabas à roulettes, il vous faut deux boîtes de filets de sardines (disons 80 gr chacune, une fois égouttées), de la ricotta, des câpres, un bouquet d’aneth, un panais, une carotte, et un navet, si possible oblong.

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Pelez et détaillez les légumes en longues lamelles à l’aide de l’économe. Très économique, l’économe. Blanchissez quatre minutes dans une eau frémissante, salée et citronnée. Rafraîchissez.
DSC01775.JPGRéservez trois filets de sardine. Ecrabouillez le reste (préalablement rincé à l’eau claire que crache si gentiment le robinet) à la fourchette, avec 150 grammes de ricotta. Ajoutez plein de sel, une pincée de piment d’Espelette, un filet de citron et un filet d’huile d’olive. Du poivre aussi. Et trois brins d’aneth émincés. Alouette. Goûtez, en fermant les yeux. Il faut que ça soit balèze au niveau gustatif.
Chemisez de papier film une très jolie terrine. Montez-la, en démarrant par une couche de bandelettes de panais, sel, poivre, trois gouttes de citron, aneth; puis une couche de ricotta sardinée, quelques câpres; puis une couche de bandelettes de carotte, sel, poivre, citron, aneth; puis une couche de… Vous captez l’échafaudage? Au milieu de l'ouvrage, glissez les trois filets indemnes.
Refermez la terrine avec le film. Puis débrouillez-vous pour dégotter quelque chose pour presser l’affaire. Une coupe sportive en or massif. Le premier volume de Das Kapital. Le bottin téléphonique du Cher. Voyez, quoi.
Hop au frigo, 24 heures au moins.
Bon, il ne faut pas s’attendre à la terrine qui tient toute droite dans ses bottes. Elle flanche un brin sous la fourchette, façon mousse. Il n’est d’ailleurs nullement interdit de la gélatiner un brin pour obtenir une tenue plus militaire.

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Il s’agit d’avaler ça avec trois gouttes de balsamique réduit, quelques tranches de pain grillé et un chenin sec d’Anjou. La mirobolante et singulière cuvée Les Genêts de Joël Ménard au Domaine des Sablonnettes par exemple, qui sniffe bon le caillou et le coing, en se montrant à la fois câline et ciselée en bouche, avec une finale minérale qui tintinnabule longuement dans votre gosier ému.
C’est bio. C’est bon. C’est pas cher.
Nananère.

Tchou

Commentaires

elle est génail cette terrine aux sardines en boîte, légère, de saison et idéal pour mon copain qui fond un plomb dès que j'utilise de la gélatine

Écrit par : diane | 29/01/2009

Mais quelle usance faites-vous donc de la gélatine, Diane, pour que votre copain fonde un plomb? Vous aiguisez notre curiosité!

Sinon, Estèbe, je n'ai pas bien compris ce qu'il était advenu des boites de sardines, dans cette terrine aux sardines en boite. Vous les avez ouvertes? Mangées? Jetées? Recyclées? Mises dans la terrine avec les filets de sardine réservés? Suis-je bête, des fois! Je m'en vais relire votre recette avec plus d'attention.

Écrit par : olif | 29/01/2009

Sieur Olif, on s'en est fait des chaussons. Très élégants. Confortables. Limite branchouilles.

Écrit par : Estèbe | 29/01/2009

T'es visiblement pas au courant de la flambée du cours de la sardine. Il faudrait lire la presse économique pour l'être dans sa cuisine. Tes chaussons font très envie. Combien valent-ils?

Écrit par : Robert | 29/01/2009

Une question très cher... n'auriez-vous pas voulu écrire PAS chère et non PAR chère... ou alors, j'y perds mon berrichon!

Écrit par : mamina | 29/01/2009

" Une bonne sardine est préférable à un mauvais homard" (Ferrán Adriá)

Et c´est la cuisine , bien sûr , qui fait la bonne sardine ou le mauvais homard

Écrit par : sopadeajo | 29/01/2009

Tu fais dans le JP Coffe, maintenant?
En tout cas, l'argument sardine me parle plus que celui de l'oseille dans ta recette.

Écrit par : Camille | 29/01/2009

Oughhh, Mamina. Corrigé. On se détend le berrichon.
Camille. Oui, Coffe is beautiful. En photo.
Sop, ça se discute (manque de courage, ce soir, pour les vrais débats)

Écrit par : Estèbe | 29/01/2009

Il est quand même bien agréable de se moucher le poireau dans un truc brodé DC que de....oups là! non mais quoi que je raconte moi de si bon matin !

Écrit par : loulou | 30/01/2009

Jolie en plus la terrine, bien plus glamour que tous les visons du monde.

Écrit par : gracianne | 30/01/2009

Cuvée. Vous noterez que j'attendais cela depuis les voeux. J'ai failli attendre.

Écrit par : rose chiffon | 30/01/2009

C'était juste pour voir si vous étiez attentive. Bravo.

Écrit par : Estèbe | 30/01/2009

OH OH ça pour aider à passer le reste de cette froidure, c'est idéal: du goût sûrement, du pain grillé, du partage et un blanc d'Anjou, pas bégueule pour deux centimes d'euro
Bises
alannie

Écrit par : Alannie | 01/02/2009

OH OH ça pour aider à passer le reste de cette froidure, c'est idéal: du goût sûrement, du pain grillé, du partage et un blanc d'Anjou, pas bégueule pour deux centimes d'euro
Bises
alannie

Écrit par : Alannie | 01/02/2009

Entièrement d'accord avec toi, pour moi cuisiner veut dire économiser dans la joyeuseté et non l'austérité. T'en fais des merveilles avec quelques sardines

Écrit par : Eglantine | 03/02/2009

ouh la la ... toi j'tadore rien que de lire cette terrine de sardines. Je retrouve les premières délectations éprouvées à la lecture des émissions d'Edouard de Pomiane dans Radio Cuisine (1936) qui exprime la jubilation de la cuisine et son plaisir de le transmettre. Peu importe la recette (excuse moi, je n'ai pas testé la recette) mais cela donne aussi envie de découvrir les autres. Je vais faire de ce pas mes propres essais.

Écrit par : babou | 01/07/2009

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