03/02/2009

Le Warhol de foie de veau (au verjus et ses poireaux teriyaki)

Amis de l’art, bonsoir

Evidemment, à la découverte du carnage iconographique, il a bien fallu se poser deux trois questions. Oui, la photo de notre sublime foie de veau au verjus et ses poireaux teriyaki était infecte. Le plat, lui, était d'une infinie succulence. Mais la photo naze. Au point de couper l’appétit au plus glouton des morfales. Ou l’inverse.

Que faire? Plusieurs options se présentaient pêle-mêle et dans le désordre dedans notre bocal agité de soubresauts nerveux:

1/ Publier la recette sans photo. Ce qui est triste. Et louche pour les lecteurs suspicieux. Dieu sait s'ils grouillent.
2/ Ne pas publier la recette du tout. Mais comment aurions-nous pu priver l’Amicale des Surfeurs Gourmands d’un plat aussi exquis? C’eût été trop injuste.
3/ Refaire la recette et la photographier avec un soin jaloux. C’était une solution, certes, mais non retenue.
4/ Publier la recette avec la photo berk. Courageux. Quoique dangereux. La rumeur «Estèbe fait de la bouffe pour chat» aurait eu vite fait d’enfler dans tous les recoins de la blogomiam.

Que faire (bis)? Brusquement, l’idée d’une ruse sournoise germa en nous telle la graine maligne.

Transformons cette image gerbatoire en performance artistique.

Faisons........... un Warhol de foie de veau (au verjus et ses poireaux teriyaki, vous l'avais-je dit?).
Horriblement retors. Nyark.
Aussitôt ourdi, aussitôt fait.

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"Foie de veau au verjus et ses poireaux teriyaki", Andy Estèbe, 2009


Tactique. Détaillez le foie en fines lanières. Faites le mariner une heure au moins dans un bain de verjus, relevé d’une joyeuse tombée de piment d’Espelette et d'une pincée de poivre aromatique.
Lavez et tranchez les blancs de poireaux en deux dans le sens de la largeur et de la longueur aussi (vous captez la combine?). Faites braiser dans un demi-verre d’eau et une noisette de beurre dans une sauteuse à couvert et à feu coolos. Quand l’eau s’est fait la malle et que le poireau s’attendrit gentiment, ajoutez une bonne louchée de mirin et faites caraméliser doucement, à l’unilatérale. Sel, poivre, piment soft. Gardez au chaud.
Faites rougir le wok puis fricassez deux minutes les lamelles de foie (préalablement et manuellement essorées), laissez les laquer une minute de plus à feu mezzo. Salez. Réservez. Déglacez avec la marinade. Rectifiez à vot' bon goût.
Dressez une assiette affriolante.
Ratez votre photo.
Et imaginez un plan habile pour rattraper le coup.

Voilà, c'était le foie de veau au verjus et ses poireaux teriyaki.

Bons baisers de chez nous

Commentaires

Va pour une warholite mitonnée aux champignons hallucinogènes.
Suis certain que les fidèles garderont foi au slurp.

Écrit par : Bil | 03/02/2009

La version Lichtenstein eût été jolie aussi, mais plus difficile à réaliser. Vous êtes très verjus en ce moment, il y a une raison à cela ? Attention j'attends une réponse spirituelle.

Écrit par : rose chiffon | 03/02/2009

le foie de veau n'est pas photogénique. j'ai tenté pour ma part un portrait pas trop rébarbatif. mais c'est vrai qu'une approche artistique audacieuse sauve souvent les apparences... vive le foie de veau

Écrit par : marie | 04/02/2009

La photo violette (en bas au milieu) est très alléchante.... on dirait une coloscopie.

Écrit par : Sophie | 04/02/2009

Ah, le ton impérieux de la Rose; ça me rappelle l'école primaire. Le verjus? Pourquoi? Ben, bicose c'est bon. Spirituel, non?

Écrit par : Estèbe | 04/02/2009

Beurk, j'aime po le foie.

"Dressez une assiette affriolante.
Ratez votre photo." hihihi

Écrit par : Fufus | 04/02/2009

Sont petits, vos poireaux.

Écrit par : Camille | 04/02/2009

M'enfin!!!! On ne fait pas un Warhol avec des baobabs.

Écrit par : Estèbe | 04/02/2009

Quelle mauvaise foi ! Parce que Warhol a peint des poireaux, peut-être?

Écrit par : Camille | 04/02/2009

Merci Estèbe pour les bonnes recettes.
J'en ai déjà essayé une deux dont celle des topinambours aux truffes.Miam. Le tout accompagné d'un filet mignon.
J'ai également lu dans la tribune une recette de poulet à la savoyarde (recette de 1420 )...
Délicieux et cela change du bouilli.

Écrit par : Mariette Bauduccio | 04/02/2009

Comment s'appelait votre institutrice ?

Écrit par : rose chiffon | 04/02/2009

Mariette, merci.
Camille, ben oui, parfaitement, il a peint de la soupe de poireaux en boîte
Rose, elle s'appelait Madame Green-Juice (elle était anglaise, très sévère)

Écrit par : Estèbe | 04/02/2009

Ah, nous y voilà. Mais il y a une grosse faute, mon petit. Corrigez tout de suite ou vous resterez après la classe.

Écrit par : rose chiffon | 04/02/2009

crévindiou, ça rigole pas ici !
Dis, je cherche à changer de taff, t'aurais pas une chambre à louer pour une kiné déprimée ? :op

Écrit par : marion | 04/02/2009

Vindiou, un poste rien que sur les complexes du plumeux qui voudrait pas usurper les vocations, moi je dis, c'est courageux... Côté fine psychologie par contre, faudrait voir à revoir ta copie : merci pour les besogneux complexés qui s'arrachent huit doigts et demi avant d'oser offrir au lynchage public leurs prises approximatives ! J'ai plus qu'à virer dare dare 99,9% de ma production poussive... soit l'ensemble moins une image empruntée à un vrai pro avé pignons (miam) sur rue !
Ca oui alors, je le redis, merci Estèbe, la journée commence bien !!! :)

Écrit par : Lolotte | 05/02/2009

On est oblige de faire un commentaire spirituel? Parce que la je ne me sens pas a la hauteur de cette pirouette esthetique. Par contre, cette facon la de cuire les poireaux (et les oignons de printemps), j'adore.

Écrit par : gracianne | 05/02/2009

Enfin une recette de foie de veau au LSD. Depuis le temps que j'attendais ça.

Écrit par : Robert | 05/02/2009

J'adore vos recettes mais je cherche partout du verjus. Dites-moi où en trouver parce que j'ai fait quelques magasins à Genève et j'en suis sortie bredouille.

Merci de vos suggestions.

Écrit par : AVIDOR | 17/02/2009

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