16/02/2009

Le pantin des neiges et le pot-au-feu relooké à la la mode slurp

Coucou, le revoilou

DSC01808.JPG

Une confession douloureuse en guise d’amuse-gueule.
On skie comme une grosse patate malhabile.
La faute à un apprentissage aussi bref que préhistorique, suivi d’un demi-siècle d’abstinence sur les pistes. C’est donc un spectacle pathétique que le Dr Slurp sur les pentes poudrées. Enfin, la moitié du temps.
Les virages à droite font à peu près illusion. Les planches sont parallèles, le croupion altier et le regard fier.
Les virages à gauche? Patatras! Le blogueur glorieux se transforme en pantin désarticulé, fraîchement truffé d’un suppositoire au wasabi. Les bras jouent au moulin à vent. Le bonnet tournicote stupidement. Les skis se croisent et se décroisent dans la plus grande pagaille. Tragique.
Ajoutez à ça un très vieux sentiment d’infériorité vestimentaire. Les autres skieurs sont toujours fringués classe et in. Fuseaux blancs. Doudounes luisantes. Lunettes fumées. Nous, jamais. Le froc baille. L’anorak flotte. L’écharpe en laine trempée ballotte dans le vent comme un pauvre étendart en déroute.
Un épouvantail grelottant.
Et quand, juché sur le télésiège battu par le blizzard polaire, on se les gèle (ou on se l’Hegel, comme disait Marx), seule la rêverie culinaire réchauffe un brin le cœur.
Il fait moins quinze. Envie de faire pipi. Un bloc de glace s’est sournoisement introduit dedans le collant, là en bas, où ça fait mal.
Mmmmm. Et si on se faisait un....¨
Paleron au gros sel, radis noir râpé et pousses de moutarde, flanqué de son bouillon, os à moelle rôti et d’une salade tiède aux légumes de saison froide?
Hein?
D’aucuns grinceront qu’il s’agit là d’un pot-au-feu qui ne dit pas son nom. Certes. Mais un pot-au-feu monocarné et déstructuré. D’un pot-au-feu sévèrement contemporain et résolument réinterprété (n’importe quoi).

DSC01804.JPG


Plongez un bon gros morceau de paleron (175 grammes par bouche à nourrir) dans un bouillon de bœuf frémissant, parfumé d’un bouquet garni (clous de girofle, feuilles de laurier et herbettes sèches ficelés dans du vert de poireau). Deux heures de glouglou. Ou plus selon la taille de la bête. Réservez la viande. Filtrez et dégraissez le bouillon. Remettez sur le feu. Rectifiez l'assaisonnement.
Expédiez au four les os à moelle à 200° pour vingt minutes.
Râpez un bout de radis noir. Nettoyez quelques pousses de moutarde
Epluchez et taillez en bandelettes à l’économe, puis en minces lanières au couteau, une grosse racine de persil, une grosse carotte, un gros panais, un gros navet et deux scorsonères. Plongez quatre minutes dans le bouillon dégraissé. Extrayez à l'écumoire. Gardez les légumes au tiède et le bouillon au chaud.
Mitonnez-vous une vinaigrette corsée à l’huile de colza. Touillez avec les légumes.
Balancez quelques nouilles chinoises dans le bouillon, quelques minutes. Une touche d'orientalisme, ça vous file tout de suite un brin de fooding credibility.
Final héroïque: taillez le paleron (froid, donc) en tranches sveltes. Coiffez de fleur de sel et poivre au moulin. Installez dans un coin de l’assiette, avec la salade tiède à l’autre bout, les jeunes pousses à gauche, le radis noir à gauche et l’os à moelle au milieu. Sublimement géométrique, l’assiette.
Servez le bouillon et ses nouilles à part, dans une très élégante coupelle victorienne volée chez Ikéa.
Et lapez vite une longue goulée de Jasse Castel, assemblage rouge de Montpeyroux (Languedoc, France d'en-bas, Europe alignée) à la chair pleine et au fruité exubérant autant que rafraîchissant, en déchiquetant votre abonnement de ski en confettis microscopiques. Nyark.

DSC01739.JPG

 

Bye bye

Commentaires

Evidemment, le ski en Zamzibie, ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile, quant au virage à droite meilleur que le gauche, évidemment à force de vivre en Helvétie . J'ai moi-même fait mon apprentissage tout près de l'Ethiopie et en Bretagne, non concluant.

J'aime cette façon déteminée et anti-crise de couper les légumes à l'économe, comme sur les planches, faut laisser flotter les rubans...

Écrit par : Patrick CdM | 16/02/2009

A condition que vous doubliez la dose d'os à moelle, je veux bien vous prêter mon moniteur de ski. Il m'a convaincue de descendre, tourner, et même un peu dans la poudreuse épaisse après une quinzaine d'années sans lattes.
Par contre, il n'a pas trouvé de solutions pour la neige qui rentre dans les collants et les fesses gelées qui s'ensuivent.

Écrit par : betterave | 16/02/2009

Si vous attrapez des glaçons dans le caleçon à la place de poux pubiens, c'est peut-être que vous aviez déjà abusé du Jasse Castel, car, à priori ces petites bêtes ne se ressemblent pas...
Pour ce qui est des virages à gauche je comprends la cata!

Écrit par : mamina | 16/02/2009

On ne peux pas être aux planches et aux fourneaux. On se l'Hegel, drôle, mais déjà repéré ailleurs.

Écrit par : Robert | 16/02/2009

rhaaaa voilà tout ce que j'aime ! avec des patates ça vaut l'os (à moelle)

Estèbe, petit téméraire, ne voulez-vous point tenter le ping pong ? ou le tricot ? c'est moins dangereux que les virages à gauche qui glissent.

Écrit par : Louise | 16/02/2009

Envie de faire pipi puis glaçon dans le collant.
Conclusion: faut pas faire pipi dans son collant quand il fait -15°, ça gèle.

Écrit par : rronchon | 16/02/2009

Merci de ces conseils avisés.
Concernant la difficulté du virage à gauche, il ne s'agissait nullement d'une métaphore idéologique, mais bien d'une triste réalité sportive. Car le coeur, lui, refuse encore et toujours de loucher vers la droite.

Écrit par : Estèbe | 16/02/2009

j'en voudrais, même si je suis une déesse du ski :)
naaaaaaaaaaan j'déconne !

Écrit par : marion | 16/02/2009

Z'auriez pas pu prendre des cours de ski en ligne avant ? et de ce fait tout connaître sur le stem, virage chasse-neige qui marche aussi bien à droite qu'à gauche : on retourne son anorak à chaque virage.

Ce pot au feu destructuré est très chic ..

Écrit par : gabriella | 16/02/2009

Slurp is Bach !

Écrit par : Bil | 16/02/2009

Prendre les poux pubiens dans la glace : voilà une façon originale de partir en chasse ....

Écrit par : edua | 16/02/2009

Et les photos...c'est pour bientôt? On aimerait voir!Ca nous permettrait sûrement de passer un bon moment et de se remonter le moral durant cet hiver rigoureux et sans fin!

Écrit par : Marie-Jo | 17/02/2009

Les photos existent, Marie-Joe. Gratinées et burlesques. Mais pas données. Faut bien faire chauffer la marmite du blog.

Écrit par : Estèbe | 17/02/2009

La neige c'est genial - vu de l'interieur du chalet, bien cale au coin du poele, avec un bon bouquin. Et eventuellement une reverie gastronomique sur le repas a preparer aux skieurs affames quand ils rentreront.
Tres tendance le pot au feu japonisant.

Écrit par : gracianne | 17/02/2009

Je n'oserai me gausser de vos mésaventures tellement je pourrais me reconnaître dans votre description du skieur pathétique... depuis j'ai abandonnée, je préfère la cuisine !

Écrit par : eglantine | 17/02/2009

Alors ça c'est bizarre, on a pris comme vous, pour fêter le retour. Mais en vrai. Avec les navets entiers et le bouillon sans nouilles. N'empêche que ça doit être bon aussi, comme vous faites.

Écrit par : rose chiffon | 17/02/2009

Ah! Comme je me sens comprise! Des années à hériter de la combinaison de ski de la tante qui a déjà servi à tous les cousins et qu'on est la seule à pouvoir porter parce qu'on est la plus jeune. J'ai d'ailleurs jeté définitivement les bâtons (et les skis) après que deux jeunes personnes ont qualifié de "poubelle" un joli bonnet que m'avait prêté mon frère.
Je suis bien d'accord avec Gracianne : vive la neige quand on la regarde par la fenêtre en improvisant une soupe ou un fondue. D'ailleurs, à l'instant où je parle, Pékin est sous la neige et je la contemple de ma fenêtre!
Ca ma fait d'ailleurs penser que je n'ai jamais vu un os à moelle en Chine. Mais les nouilles, ça j'ai!

Écrit par : MaRong | 18/02/2009

Pékin sous la neige, ça fait rêver. Le suppo au wasabi, ça réveille. Le pot au feu dissident, ça intrigue.

Écrit par : Sophie | 18/02/2009

On vous imagine le cul trempé et la moue boudeuse... On pouffe et on vous chipe l'os à moelle et le gros sel !!

Écrit par : Anso | 19/02/2009

Tant que tu nous sors pas la verrine de pot au feu, macaron de radis noirs et émulsion de moelle, j'adhère. comme Abd el-K.

Écrit par : Camille | 24/02/2009

Camille, je dirais : j'adhère comme Clément !!

Écrit par : gabriella | 24/02/2009

Les commentaires sont fermés.