Les rougets à la purée de patate douce et coppa chipsée. Ré mi fa sol sol ré.

Gros coucou, les aminches

 

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Les Rougettes de Rochefort, portrait posé, Estèbe 2009.

La mirette était vive, la robe joliment argentée et la moue espiègle. Allez savoir pourquoi, ces deux rougets alanguis sur l’étal du poissonnier nous ont illico évoqué les Demoiselles de Rochefort. Celles qui sont des sœurs jumelles, nées sous le signe des barbets, mi fa sol la, mi do. ré mi fa sol sol ré. De la fraîcheur. De la jeunesse. De la malice. Allez hop, les frangines, direct dans le cabas. En compagnie d’une énorme patate douce et de quatre fines tranches de coppa. Car, il y avait un plan là-dessous. Soit cette recette couillonissime mais luxurieuse de filets de rougets à la purée de patate douce comme à Cayenne et coppa chipsée. Mi fa sol la, mi ré.

A la maison, il a fallu lever les filets des mignonnes. C’est technique. Barbant, le barbet. En cas de charnier annoncé, demandez donc au poissonnier de bosser. Cela évitera une volée de très gros mots dans la cuisine.
Ce n’est pas tout. Ensuite, à la pince à épiler, il s’agit d’extraire, une à une, les arêtes qui peuplent la partie médiane des filets. Opération valorisante en diable. Ce n’est pas donné à tout le monde de dégazonner la délicate échine des Demoiselles de Rochefort.
Nous avons toutes deux au creux des reins, c'est fou
Une salve d’arêtes qui vous troueraient le cou

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Après ça? De la pure rigolade.
Pelez, lavez et détaillez la grosse patate douce en cubes. Direction la casserole, dans de l’eau frémissante salée, un bon moment. Quand le tubercule s’effondre, écrasez à la fourchette ou au presse-purée. Puis montez avec une mini louchée de crème et quelques menues rasades d’huile d’olive. Sel, poivre, un rien de muscade, poivre de Cayenne. Goûtez. Il faut que ça soit bon. A la fois doux et picotant. Gardez au chaud.
Chipsez la coppa à la poêle sans matière grasse. Quand elle croustille, essorez, puis réservez au chaud.
Salez et poivrez les filets, poêlez-les à feu balèze dans un léger mix huile d’olive-beurre, moins de deux minutes côté peau, trente secondes côté chair.
DSC01865.JPGDisposez savamment les trois éléments dans des assiettes chaudes et belles, en une composition post-cubique quoique néo-constructiviste. Composition dont l’aspect résolument monochrome n’aura échappé à personne. Non, Germaine, trop de rouge ne nuit guère. A attendre le Matin du Grand Soir, autant le faire à table.
Rouge aussi devra donc être le pinard, tel le pinot noir 2006 spirituel et croquant de la maison valaisanne Fin Bec, l’une de nos tocades récentes, dont la fraîcheur fruitée fait…
Aimer la ritournelle
Les calembours et les bons mots
Mi fa sol la, mi ré
Ré mi fa sol sol sol ré do

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Tchou!

Commentaires

  • Plutôt un remake de The (red) Barber, votre recette.
    Rien ne nous dit si vous préférez les blondes.

  • Et la nature morte... y a pas le prix... la côte de l'Estèbe monte à chaque nouvelle oeuvre. Si celle-la est déjà retenu, je réserve la prochaine.

  • Il y a une faute, j'adore ça. Trouvez-la et on discutera après.

  • Aha, Rose, j'ai trouver ;)

  • Une faute, quelle faute? Les filles, faut aller chez Afflelou

  • Bon. Encore une toute petite au même endroit et ce sera parfait. J'aime quand l'épilation est impec.

  • Mais oui, Rose, c'est vraient. Zéro d'orthographe, l'Estèbe.

  • (remarque je suis moins sûre de mon coup, là, les deux étant acceptés)

  • moi j'en ai vu deux. Une dans les arêtes et une dans les couilles.

  • C'est quand même dingue le nombre de maîtresses d'école qui viennent sur ton blog: elles n'ont pas classe et d'autres cancres à fouetter le lundi matin?
    Pour parler de quelque chose d'un peu plus sympa et de culinaire, je hais la patate douce.

  • M'en vais zieuter le calendrier. Car on dirait bien que c'est la St-Estèbe aujourd'hui.

  • J'ai failli attendre, dit Jacqueline Bisset à Jean-Paul Belmondo. Ensuite il tue une guêpe sur la corniche. Mais est-ce bien la saison du rouget ?

  • M'enfin, la recette elle est sans fautes, non?

    Malheur, j'aurais pas du venir ici moi, j'ai chope la MichelLegrandite...

  • ah bon, toi aussi tu connais Germaine Bidochon ?

  • Faites moi penser, en m'envoyant votre adresse cher amateur de poisson rouge en triptyque chromatique, à vous adresser une pince à désarêter, la pince à épiler, c'est pour époiler... notamment à Rochefort je vous le concède, ce n'est pas un hasard si on a établi la Corderie Royale à cet endroit; sacrément pileuses les demoiselles.

  • C'est en effet le début de la saison des barbets. Estèbe fait peut-être des coquilles (mais pas de coquillettes) mais il connaît les saisons. Sur les blogs, on voit des horreurs, des fraises, des haricots verts et des asperges.

  • Merci, Anne-Laure. Sans aucun doute. Je demandais car d'ordinaire je les mange au mois de juin, en salade tiède les doigts de pieds dans la verdure. On est peu de chose.

  • Et pour épiler vos Rougettes de Rochefort, vous n'avez jamais essayé la crème Veet? Il parait que bien utilisée, ça vous fait même le ticket de métro sans douleur!

    Côté pinard, j'aurais également bu un pinot noir. Mais pourquoi pas un Vosne-Romanée d'Emmanuel Rouget, alors?

    P.S.: pour l'orthographe, je fais confiance à Rose, même si je ne voudrais pas vous chiffonner!

  • M'en parlez pas Olif. Sa Majesté est au bord de la crise de nerfs. Dorénavant on laisse tout passer parce que je ne le gère plus, là.

  • Manque tout de même une musique d'accompagnement Legrandite à cette
    recette musicale ; Lauryn Hill, un peu hard à nos fourchettes.

  • Un # au fa ? Ca nous ferait un beau rouget en sole... pardon en sol majeur, ça !
    Tu m'diras, si on rajoute un # au ré, on peut aussi se la jouer en mode mineur ?
    N'empêche, pour moi ç'aurait dû être ré mi fa# sol ré do#...

  • Avec un oeuf bémolé, ç'eût pu swinguer de la mort.
    Un aveu: on préfère 100 000 fois Lauryn au vieux Michel.

  • Emouvants les petits rougets. Quel oeil!

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