26/03/2009

La dent-de-lion qui se poêlait au boudin

Salut, ô omnivores connectés

Dent-de-lion_03.jpg


On chantait l’autre jour les premiers hoquets printaniers et le débarquement de notre amigo l’ail des ours.
Ben, au même rayon, celui du réveil de la nature et de la sauvagerie végétale à saveur majuscule, voilà la dent-de-lion. Ou pissenlit. Ou couronne de moine. Ou chandelle du curé. Ou on ne sait trop quoi encore. Soit cette plante à l’amertume swingante et au croquant ravigotant, qui pointe son minois dentelé dans les champs dès la fonte des neiges.
Truffée de substances bienveillantes pour ton corps engourdi par les gratins de nouilles hivernaux, la plante collectionne les vertus. On l’a dit ainsi dépurative, laxative, revitalisante, tonique, cholagogue. Et diurétique, aussi. Certains mauvais esprits auront noté, du reste, que de pissenlit à pissaulit il n’y a jamais qu’une toute petite paire de lettres malignes. Et qu’un accident est si vite arrivé.


Bref, l’humanité se mitonne bien souvent la dent-de-lion crue, en salade, aux lardons, noix, roquefort, psychanalytique parfois. Par pur esprit de contradiction, on vous a tricoté une version chaude et diététiquement cuistre.
Une poêlée de pissenlit aux pommes épicées, gingembre et tronçons de boudin noir pimenté, qui te chante le printemps dedans la glotte jusqu’au sternum.

DSC01943.JPG



Lavez 97 fois cette maudite dent-de-lion terreuse. Hachez grossièrement.
Pelez et taillez une pomme en petits cubes. Emincez finement une phalange de gingembre frais.
Découpez le boudin en mignons tronçons, en prenant garde de ne pas destroyer le précieux boyau avec une lame aiguisée à la cochon.
Faites chauffer tout doux le boudin dans un rien de beurre. Pimentez d’un trait de poivre de Cayenne.
Dans une autre poêle, faites dorer les pommes et le gingembre avec une noisette de beurre, saupoudrez largement de quatre épices (poivre, muscade, girofle et cannelle). Une fois le fruit bronzé, ajoutez le pissenlit, une bonne giclée d’huile d’olive, un filet de citron, sel et poivre. Shakez trente secondes grand max.
Et disposez le tout joliment sur un plat sobre, en un motif géométrique propre à ravir les âmes simples. Sans oublier de déboucher un pinard susceptible de tenir tête à ce gros boum gustatif: le rosé 2007 du Domaine Gramenon (vineux, corsé, frivole) sera votre nom de code.

DSC01960.JPG


Tout de bon chez vous

Commentaires

Il est très utile et très savoureux. Je conseille à tous les cuisiner! Domaine Gramenon A ajouter à votre repas un moment inoubliable goût et légèreté.

Écrit par : Audrey | 26/03/2009

Ah dommage, le sang de cochon coagulé est sur la liste des choses qui ne rentrent pas dans mon corps. Y figurent par ailleurs : escargots, huîtres, l'essentiel de la triperie et les cuisses de grenouilles, liste non exhaustive régulièrement remise à jour à laquelle s'ajoute une petite incompréhension à la ligne 19.

Écrit par : rose chiffon | 26/03/2009

On connaissait bien Raymond Barre, dit l'Adam de Lyon, mais cela fait quelques printemps qu'il ne pousse plus.

Écrit par : Robert | 26/03/2009

On prend notre Opinel, on causse nos bottes de cahoutchouc et on part ramasser cette dent-de-lion que les lapins savoyards de ma grand-mère mangeaient avec la terre, et sans boudin!

Écrit par : mamina | 26/03/2009

"Pissenlit", nom botanique né en 1536 "par allusion à ses vertus diurétiques" (Larousse Etymologique).
Dès que j'en avise sur mon marché, je me mets à cette petite recette drôlatique, comme d'hab, et salivante, comme d'hab aussi.

Écrit par : edua | 26/03/2009

J'aime assez... même si t'as des drôles d'idées parfois. Faire cuire un légume que tout le monde mange cru... A quand un tartare de patate?

Écrit par : Yves | 26/03/2009

Yves, vous tombez au poil (si j'ose). Demain, carpaccio d'asperges aux grosses gambas. Et toc!

Écrit par : Estèbe | 26/03/2009

Les asperges, je ne les mange plus que crues, c'est comme ça qu'elles sont le meilleur !
Au début, le goût est un peu déroutant (question d'habitude, sans doute), mais c'est un délice ...
J'attends avec impatience la recette avec les gambas !

Écrit par : Pauline | 26/03/2009

Yves, à propos de la dent-de-lion cuite, essayez-la comme de la laitue. Une fois cuite, dans un plat allant au four, recouvrir de tranches de bacon non grillé, et glisser au four jusqu'à ce qu'il le soit. Si l'on ne craint pas l'amertume de ce cadeau printanier, c'est extra ! J'accompagne ce plat de pommes de terre rôties. Une slurperie, comme dirait (peut-être ...) Estèbe.

Écrit par : Lili du Canada | 26/03/2009

Tu passes ta vie dans le boudin, on dirait. Le boudin, c'est une des rares perversions humaines que je ne partage pas.... quant à cuire le pissanlit, c'est tordu aussi. Estèbe, grand malade

Écrit par : Anne-Laure | 27/03/2009

Un mélange intéressant de pissenlits, et de pain grillé. Et plus utile. Essayer! Ne soyez pas désolé!

Écrit par : Didiane | 27/03/2009

Tu passes ta vie dans le boudin, on dirait. Le boudin, c'est une des rares perversions humaines que je ne partage pas.... quant à cuire le pissanlit, c'est tordu aussi. Estèbe, grand malade

Écrit par : louis vuitton outlet | 27/09/2010

Les commentaires sont fermés.