30/03/2009

De la puissance érotique du radis (en fondue balsamiquée et pimentée pour réveiller ton grenadin de veau qui pionce)

 

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"Souvent femme radis, bien fol qui s'y fie"
François 1er

 

 

Tchou!

Certes, il n’a pas de vertus aphrodisiaques notoires. Ni même une saveur susceptible de déchaîner la passion amoureuse. Et encore moins une forme libidineusement évocatrice. N’est pas la figue ou la banane qui veut. Rien à faire: le radis n’est pas une bête de sexe. C’est une crucifère charmante, mais sans libido. Une petite chose à croquer sans arrière-pensée. Un ange planqué dans un coin du jardin potager.

Alors, me direz-vous, pourquoi avoir claironné son pseudo-pouvoir érotique dans le titre de ce billet? Ben, juste pour attirer un peu de monde sur Top Slurp. Oui, c’est malhonnête en diable. Mais nous autres, petits blogueurs indépendants, souffrons aussi de la crise. D’où cette tentative pathétique de booster notre trafic souffreteux.

Cela dit, le radis a de multiples talents et utilités. Oblong et bicolore, il fait un parfait bouchon auriculaire aux concerts de Motörhead. Rouge et rond, il devient un cochonnet valable pour vos parties de pétanque entre amis. A moins de servir de boule pour bowling miniature. Au cinéma, le saviez-vous, il lui est même arrivé de crever l’écran. Par exemple dans Qui veut la peau de Roger Radis? et Les Aventures de Radis Jacob (lol de lol de chez lol).
En cuisine (oui, on y vient, pas trop tôt), il se montre drôlement distrayant dans le navarin, dans le risotto de prinprin, caramélisé à l’orange, ou simplement accompagné d’un beurre de fanes. T’en veux d’autres, des idées furieuses? Y’en a .

Et puis gobe donc ce grenadin de veau flanqué d’une fondue de radis et ciboule au balsamique. Une recette, mine de rien, venue du fond des âges, car inspirée des gastriques des maîtres-queux médiévaux, qui maniaient vinaigre et sucre en alchimistes, bien avant la découverte du chutney en Occident.

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Pour le veau. On s’offre un beau morceau de grenadin (un cube inspirant de 400 grammes, par exemple), qu’il s’agit de colorer presto de tous les côtés. Avant de l’expédier une demi-heure au four (ou plus selon poids de la bête) à 100°, caché dans du papier-alu, en compagnie d’un bout d’échalote et d’une feuille de sauge. Et gare à la surcuisson! Le bon veau s'avale über rosé. Et pas blanc et sec comme le derrière d'un vieil énarque.

DSC01961.JPGPour la gastrique. Détaillez dix radis en tous petits morceaux lilliputiens. Idem avec deux branches de ciboule. Flanquez le tout dans une petite casserole, avec un demi-déci de vin blanc, une cuillère de balsamique, une larme de vinaigre de Xérès, un sucre brun, sel, poivre, piment soft. Faites réduire tout doucement. Goûtez et rectifiez jusqu’à ce qu’un bonheur simple et vrai vous embrase la papille.
Découpez le veau. Coiffez avec le machin. Et servez en chantant Raddy Cool de Boney M. 

She's crazy like a fool / What about it raddy cool

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Commentaires

C'est mignon votre prose sur le radis, plein de petits jeux de mots et de gourmandise bien placée.

Écrit par : Anne-Laure | 30/03/2009

Je mettrais au moins douze feuilles de sauge que je mangerais ensuite et inverserais la proportion de la viande et du machin dans l'assiette. Très égoïstement. Sinon ben c'est superbe, point de vue phrases.

Écrit par : rose chiffon | 30/03/2009

On ne manquera pas d'écouter Radis Abou-Khalil en mangeant ta recette.

Écrit par : yves | 30/03/2009

le raddy cool vient aussi du fond des âges...

Écrit par : marie | 30/03/2009

Ho en boules quies, quelle bonne idée! Plus sérieusement, c'est la premiere fois que je vois du radis ainsi cuisiné. Et ça me plait :)

Écrit par : bache | 30/03/2009

C'est amusant cette gastrique, autant que l'accompagnement musical... Justement je pensais m'en faire en pickles, je vais peut être changer d'avis...

Écrit par : Tiuscha | 30/03/2009

Pour paraphraser Raddy Lapointe, je dirais que votre cuisine irradie, rose, au firmament de la blogomiam, mon cher Estèbe. Il n'y a que vous, pour parler aussi bien de ce petit machin rose avant qu'il ne se fane

Écrit par : olif | 30/03/2009

Meuh non !!! Même dans l'ombre on vous suit, on vous lit, on vous dévore !! Et votre radis sexy n'est pas pour nous déplaire !!

Écrit par : Anso | 30/03/2009

La crise sur la blogo ? Vous allez nous faire pleurer ....
J'aime beaucoup les radis cuits ainsi que votre prose toujours alerte.
Quant à la texture et à la couleur de la fesse du vieil énarque, j'ai ce qu'il faut à la maison : je vais pouvoir avoir un comparatif pour arrêter à temps la cuisson du veau .... !

(Mais oui ! bien sûr que c'est une blague !)

Écrit par : edua | 30/03/2009

Pas sexy le radis? Même pas vrai! Avec son corps rosé dégradé et sa verdure rafraîchissante, il annonce le beau temps, le retour des beaux jours, des corps qui se dénudent à nouveau. Moi je dis, vive le radis libre !

Écrit par : Renée | 30/03/2009

Le radis n'offrirait aucune vertu aphrodisiaque? Allons donc, Maître Estèbe ... votre manière d'en parler nous donne droit envie d'y croquer!

S'il lui manque une forme libidineusement évocatrice, sa couleur rougeoyante, elle, attire l'oeil, attise les papilles.

Et pour la bête de sexe, tant pis... de toutes façons, il se mange cru (tandis que l'usage de la carotte peut être multifonctionnelle)!

Écrit par : Micheline | 30/03/2009

je n'aurais jamais pensé que le derrière d'un vieil énarque eut pu être sec
je l'imaginais plutôt flasque ...
soit :)

Écrit par : marion | 30/03/2009

Le radis mignon avec la marque du marcel a un potentiel.

Écrit par : rose chiffon | 31/03/2009

Marion, vous l'imaginiez, vraiment, le tutu énarque?
Rose, yes, la marque du marcel est un signe extérieur de beauté intérieure chez tous les êtres vivants.
Renée, écrivez nous donc un traité sur l'affriolance du radis.

Écrit par : Estèbe | 31/03/2009

Comme des bouquets de fleurs, super touchants et amènes vos radis... et pas besoin de beaucoup de radis pour réveiller votre veau !

Écrit par : eglantine | 31/03/2009

"...et pas besoin de beaucoup de radis pour réveiller votre veau !"

Hmmm..., Eglantine! Votre poésie contrepète joliment! Ça fleure bon le printemps!

Écrit par : olif | 31/03/2009

Merci Eglantine, ne l'écoutez pas, c'est un jurassique hédonien.
Beaucoup de radeaux? Non non, il m'en faut peu.

Écrit par : Estèbe | 31/03/2009

J'ai pas compris.

Écrit par : rose chiffon | 31/03/2009

Vous avez l'air médusée, Rose. Cette histoire de veau ne vaut pourtant pas un radis.

Écrit par : olif | 31/03/2009

Merci Estèbe pour le coup de pouce sur les radeaux : je séchais lamentablement !

Écrit par : edua | 01/04/2009

Sympa l'article sur Chevrier mais le poisson d'avril est gros comme une maison. Si je peux me permettre, le Chef n'as pas 4 bistrots car Peney et le Vallon ont été repris, donc il ne lui reste que Chambesy et les Négociants.
A+
Greg

Écrit par : Greg | 01/04/2009

Je le teste (le machin) au miel, vinaigre de cidre, écorce d'orange et je vous raconte.

Écrit par : rose chiffon | 02/04/2009

C'est fait. Y a une photo.

Écrit par : rose chiffon | 03/04/2009

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