09/04/2009

La côte de bœuf, le beurre au pastis, le vin béni, la résolution pascale et autres révélations saignantes


Pascals, Pascalines et Pâquerettes, bonjour

 

 

DSC01911.JPG

Préambule n°1. Ce n’est qu’un au revoir. Ce blog va s’éteindre pour une durée indéterminée qui ne devrait toutefois pas durer ad aeternam (joli, ça, comme formule). La pause pascale sera en effet pour nous l’occasion de partir à la chasse aux streptocoques dans les prairies vaticanes. Souhaitez-nous bonne chance.

Préambule n°2. Et comme les adieux déchirants s’arrosent, on vient de déboucher notre rouge fétiche du moment, assurément l’un des plus croquants et craquants de l’univers. Avant de mourir, il vous faut tremper vos lèvres purpurines dans la cuvée «Jardin des simples» du Domaine Zelige-Caravent, sis au pied du Pic St Loup, Languedoc, South Of France, Europe du Middle, qui offre au gosier ravi un fruité frais, rieur et dynamique, avec ce qu’il faut de densité pour twister à table. Zelige-Caravent, oui, on en recausera sûrement.

 

 

DSC01971.JPG

Préambule n°3. On a pris une bonne résolution. Celle de ne plus parler de choses cochonnes sur Top Slurp. Inutile de choper une réputation de cuistot libidineux aux quatre coins de la Toile. On rompt donc avec la fesse. Poil à la messe.

2128360011_a9c101a278.jpg

Fin des préliminaires. Début de l’interlude éducatif. Le saviez-vous, il existait naguère dans nos campagnes la tradition du bœuf pascal. Dans les Landes, le Massif Central et les Cévennes, à Genève itou, il était ainsi d’usage jusqu’aux années trente d’abattre un bovidé à Pâques. Pas une génisse, un vrai bœuf, un mâle dépourvu de clochettes mais bien joufflu. D’aucuns estiment qu’il s’agissait là d’un coup de marketing de la part des bouchers. Il fallait en effet enterrer le carême: quarante jours de jeûne sans chiffre d’affaires, ça te troue la bourse. «Après les vaches maigres, le bœuf gras.» Beau slogan pub, pas à dire.

DSC01908.JPG

Fin de la partie historique. Début de l’avant-dernier épisode, dit de la côte de bœuf au beurre de pastis. Sans vouloir vous raconter notre vie, on a récemment acquis une énorme côte de bœuf, bien persillée et rassise, avec ce teint rouge sombre qui promet bien des voluptés. Ce n’était pas un bœuf de Pâques. Mais on s’en fiche, finalement.
On l’a cuite à la régulière. A la poêle d’abord, à feu méga furax, une minute de chaque côté. Puis au four, tout doux, à 70° dans du papier-alu avec un demi-oignon et deux brins de romarin. Une bonne demi-heure. La bête sort de là uniformément saignante, radieuse donc. Oups: il ne faut saler qu’au dernier moment. C’est comme ça. C’est la faculté qui le dit.
Pendant ce temps, on vous a donc préparé un beurre au pastis, en travaillant une bonne motte à la fourchette et à température ambiante, avec une grosse giclée de pastis, de la fleur de sel, une pincée de piment, du poivre et quelques graines d’anis écrabouillées. Il s’agit ensuite de rouler le beurre dans du papier film, façon boudin. De l’oublier au congélo. Puis de découper de mignonnes rondelles, qui s’en iront gentiment fondre sur la bidoche susdécrite. Amen.

DSC01914.JPG

Fin de l’avant-dernier épisode. Début du dernier épisode, dit de la salade bœuf pimentée et citronnée. Quoi? Il te reste la moitié de ta côte de bœuf. Une salade d’inspiration asiate, fraîche et tonique, s’impose. Taillez le bœuf en fines lanières. Zestez une lime. Touillez une vinaigrette au citron et piment bien picotante. Découpez plein de radis en fines rondelles et/ou minces bâtonnets, un oignon nouveau, lavez une saladine au look printanier. Brassez le tout avec amour et humour. Mangez. Pleurez de joie.

Rideau

Commentaires

Vous retrouver dans le Jardin des simples me fait grandement plaisir, Estèbe. J'adore également y égarer mes papilles. Zélige-Caravent, c'est du pur bonheur, la grande classe en Pic Saint-Loup!

Pendant que je suis là, votre gigot de 7 heures au épices de Noël, ça fonctionne aussi pour Pâques? Pasque je crois bien que je vais me laisser tenter, cette année.

Écrit par : olif | 09/04/2009

Voilà que cette nouvelle me donne peine, et qu'il n'y aura pas trop de gigot de 7 heures, parfait à Paques, côtes de boeuf, rizotto et toutes vos belles propositions gouteuses et gouleyeuses, que je m'en vais essayer dans tous les sens, et même derrière les piliers de la Sixtine.
Revenez nous vite
Pascale (ben oui)

Écrit par : berton | 09/04/2009

Si vous croisez sa Sainteté le Treize et Trois, faites-lui un croche-pied de ma part. Bonne vacances romaines et bravo pour cet exposé magistral sur le boeuf de Pâques!

Écrit par : betterave | 09/04/2009

Ah, c'est superbe. Vous aurez deviné que c'est encore la chute qui me plaît le mieux, toutefois j'ai une question. Est-ce qu'on retrouve une partie du beurre anisé refroidi donc figé, dans cette recette ?

Écrit par : rose chiffon | 10/04/2009

Encore en vacances, tu vas nous manquer... comme à chaque fois.
A Rome, fais attention car, sans plaisanter, le sol est un peu instable en ce moment.

Écrit par : mamina | 10/04/2009

Olif, pour le gigot de 7 heures, il n'y a pas de saison. Foncez!
Pascale, Mamina et Betterave, trop gentil.
Rose, en fait oui, après le passage au congélo le beurre est figé comme un archevêque romain.

Écrit par : Estèbe | 10/04/2009

Tes bonnes résolutions morales me font doucement rigoler quand je vois que tu travailles la motte deux paragraphes plus loin.

Écrit par : Robert | 10/04/2009

Un boeuf qui se beurre au pastis, on aura tout vu.
Bonnes vacances et rentre frais.

Écrit par : Anne-laure | 10/04/2009

Ah Robert j'osais pas. Merci.

Écrit par : rose chiffon | 10/04/2009

Nouvelle version du boeuf sur le toit. Liberté de bon aloi.
Bien à vous, à Pascal aussi.

Écrit par : Bil | 10/04/2009

en effet dans le haut Var (Varages) le boeuf était à l'honneur il y a quelques décennies. Seul le pastis est resté , mais sans le boeuf, et tous les jours il me semble que les païens du coin fêtent Pâques sans attendre que le pastis se fige.
Ce blog sans libido me manquera certainement maintenant
signé : un vieux cochon qui fêtera Pâques avec un agneau encore bêlant dans son assiette, et pas du NZ, du local
Bêlons mes frères car c'est la st Barthélémy des agneaux en ce moment

Écrit par : jupiter | 11/04/2009

Par ici, dans la plaine toulousaine, le boeuf de Pâques redevient à
la mode. Depuis qq années, fin mars la "Fête des boeufs gras de Pâques" de
Barraquevile dans le Segala (Aveyron) prime les plus belles bêtes des éleveurs
du coin. Cette fête valorise l'élevage surtout de la race Salers.

La tranche de tende mangée ce midi, venait d'une bête qui n'avait eu qu'un 3ème
prix mais quel délice !!

Buona fortuna per Roma

Écrit par : gabriella | 11/04/2009

Ahhh je veux , j'ai trop faim.

Bon vais manger lol

Écrit par : Icarius | 12/04/2009

de quoi ??? il est parti l'Estèbe ? mais on va manger quoi ?? bouhouhouhouhhhhh fnif...
Des spaghetti, voilà.

Écrit par : Louise | 14/04/2009

j'étais dans le sud, parce qu'on m'avait dit "à Pâques va là où il pleut". Quand il pleut dans le sud, t'as intérêt de bien préparer à manger. Sinon, 9 dans une maison, ça vire vite à petits meurtres entre amis. J'ai compulsé à l'envi votre blog. J'ai refait l'agneau de sept heures, et quelques autres bonne surprises comme la lotte, présentée par vous récemment. Ils ont été comblés. Bon, ok, ils ont dit "par ta faute, on a pris dix kilos". Mais je fais pas SAV, heureusement!

Écrit par : alhya | 15/04/2009

Corruptio optimi pessima, ne revenez pas converti.

Écrit par : Camille | 16/04/2009

Bon, assez glander Estèbe. On rallume le blog, et fissa.

Écrit par : Sophie 13 | 18/04/2009

Reviens Estèbe j'ai les mêmes à Avignon...

Écrit par : docadn | 18/04/2009

dis donc toi tu fréquenterais pas PIQUE ASSSIETTE par hasard? elle met du pastaga partout en ce moment! dans les moules , les crevettes et vas-y le pastis...à moins que vous ayez eu des soldes miraculeuses sur le Ricard en Suisse?
Merci pour tes clins d'oeil
à bientôt
alannie

Écrit par : Alannie | 19/04/2009

Et donc on mange quoi à Rome ?

Écrit par : rose chiffon | 20/04/2009

Les commentaires sont fermés.