28/04/2009

La tartine au radis et l’affaire du séré ovin

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Coucou, les salamandres à quatre orteils (si j'ose)

L’autre jour, le crémier nous a fait un cadeau. On échangeait en sa compagnie quelques propos lestes autant que spirituels sur la météo, la grippe porcine et le crottin de chavignol, quand il nous a lancé, comme ça, sans ambage et au débotté: «Tiens, je viens de recevoir ça. Prend un pot à la maison. Goûte. Et dis-moi ce que tu en penses

Huuuuuu. On en était tout chose. Parce que, voyez-vous, se retrouver sacré grand goûteur du crémier, c’est quand même une promotion colossale. Et une sacrée responsabilité avec ça. Pensez, si on se plante. Si on lui dit: c’est bon, alors que c’est naze. Ou si on lui dit: c’est naze, alors que c’est bon. Hein? Voyez l’angoisse?

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Le dit machin, c’était un séré bio de brebis suisse.
Le séré - ou sérac - désigne d’ordinaire sous nos cieux helvètes un fromage de lactosérum, maigre, relativement ferme et compact, que l’autochtone aime à poêler en se poilant.
Pour le coup, il s’agissait d’une crème, fluide et gracieuse, un poil corsé, et somme toute distrayante en bouche.

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On en a illico fait une tartinade de séré ovin au radis et ciboule, qui a provoqué des pâmoisons en cascade lors de l’apéro qui a suivi.
Coupez quelques radis en lamelles microscopiques. Taillez la ciboule en minirondelles de la mort. Touillez le tout avec le séré. Piment d’Espelette. Sel, poivre. Re-sel, re-poivre. Re-piment. Et quelques graines de sésame noir, pour amener à la composition un peu de dynamique chromatique (très important, la dynamique chromatique).
Sur du pain grillé, c’est de la balle.

Tchou !

NB: Pas vraiment supersonique le post du jour. Mais il y a aussi de petites choses que l’on ne peut garder pour nous.

NB2: Vous avez acheté Une Odyssée Américaine, le dernier Jim Harrison? Pas encore? Gardez vos sous. Bien au chaud. L’est nul. Long, vain, vide. Merci Mamie Slurp.

Commentaires

on a pas de séré par chez nous
savent même pas ce que c'est au Monop du coin
c'est nul
pas d'ail des ours non plus
ch...
Il est beau votre livre Monsieur Estèbe, je l'ai feuilleté en charmante compagnie pas plus tard que ce midi

Écrit par : marion | 28/04/2009

Demandez donc l'asile gastronomique. J'ai des potes à Berne. Merci beaucoup, Marion.

Écrit par : Estebe | 28/04/2009

Pas de séré par ici non plus. Je me dis que la féta pourrait convenir. Me trompè-je?

Écrit par : Anne-Laure | 28/04/2009

Même des conseils de lecture, des mise en garde plutôt... polyvalent Estèbe. Tu peux me filer un coup de main pour ma déclaration d'impôts?

Écrit par : Yves | 28/04/2009

Zorg
Rue des Oiseaux Bleus
1207 Genève


Estèbe
Slurp Blog

Le 28 avril 2009


Monsieur Estèbe

Je proteste.

J'ai fait l'acquisition de "An American Prayer" de Jim Morrison. Contrairement à vos déplaisantes assertions, c'est excellent.

N'attendez de moi aucune formule de politesse.

Zorg

Écrit par : Zorg | 28/04/2009

Anne-Laure, la feta, c'est la féta: oui, bonne idée.
Zorg... Essayez Afflelou, il est fou, mais bien utile quand on y songe vraiment dedans sa tête. C'est joli de crêcher rue des Oiseaux Bleus. On se croirait dans une chanson de Fersen, limite cucul, mais mignon.

Écrit par : Estèbe | 28/04/2009

Imaginez que le sérac ne fût pas bon, vous eussiez pu aller avec une guitare sous la fenêtre du crémier et lui chanter une séré-naze.

Écrit par : patchaz | 28/04/2009

Pour votre gouverne, Monsieur Estèbe, apprenez que la rue des Oiseaux Bleus était autrefois exclusivement dévolue à la population Schtroumpf. Qui, le soir venu et l'alcool aidant, aimait se livrer à d'interminables concours de quéquettes. D'où le nom de la rue.

Mes amitiés à votre boucher.

Écrit par : Zorg | 28/04/2009

Cher Maitre, je vous adresse toutes mes félicitation pour votre ouvrage que j'ai eu l'honneur de tenir entre mes petites mains, ce jour. C'est un vrai plaisir, ça change vraiment des mièvrerie sucrées que l'on essait habituellement de nous refiler dans les livres de cuisine pour marmots.

Je rêve déjà de ce que je pourrais faire avec ce Séré de brebis ... qui me semble quand même bien éloigné du Sérac "classique" (ou du Greuilh comme on dit dans mes montagnes natales).

Écrit par : Saveurs Sucrées Salées | 28/04/2009

Mon fromager m'a fait le même cadeau non empoisonné il y a quelques jours, il y avait même ajouté la version yogourt. Tous deux dégustés avec grand plaisir ! Vive les brebis suisses et leurs bergers bios !

Si ton crémier adopte la version yogourt, j'ose te suggérer un trait de miel fort et quelques framboises, je garantis le mmmmmhhhhhh qui suivra.

Maître Estèbe, bien à vous.

Écrit par : funambuline | 28/04/2009

Vous avez bien de la chance d'avoir un crémier qui vous tutoie... moi, il me dit des Madäââme longs comme le bras et ne m'offre jamais rien... et surtout pas le moindre séré... mais quand même, dans le Berry on trouve des radis, de la ciboule et du Crottin de Chavignol... alors on va faire comme si.

Écrit par : mamina | 28/04/2009

C'est malin... le harrison est sur ma table de chevet, encore non ouvert... c'est malin... mon envie est morte... c'est malin

Écrit par : Sophie 13 | 29/04/2009

ha merdum. non je l'ai pas encore acheté le dernier bouquin de l'ours du Michigan, ha zut. enfin je le lirai quand même, mais j'attendrai qu'il sorte en poche, voilà.

Écrit par : camille | 29/04/2009

Chouette, une nouvelle recette de radis. Je vais pouvoir m'abandonner dans ses bras inlassablement. Et j'ai relevé le défi sur "De quoi j'm'emmêle", d'écrire un traité sur l'affriolance du radis... Vivement mon marché du week-end!

Écrit par : Renée | 29/04/2009

ba j'en suis encore à Blek le Rock, Jim a voulu faire faire le goûteur ? pas cool la fonction de goûteur

Écrit par : jupiter | 30/04/2009

pas de séré en France..booh

Écrit par : vanessa | 01/05/2009

De la littérature de mec. J'essaierai peut-être de ne pas l'offrir à Roger. On verra. Mais dites-moi c'est nouveau, quelqu'un corrige à ma place ? C'est un scandale ! Vous pourriez au moins en laisser une ou deux pour quand je reviens, merde.

Écrit par : rose chiffon | 01/05/2009

Mais M. Estèbe, il me semble que séré et sérac, ce n'est pas tout à fait pareil. Si vous essayez vraiment de poêler du séré, ça doit faire ploutch dans la poêle, vu que ça a grosso modo la texture du yoghourt grec !
Avec du sérac, peut-être , mais encore, là je doute un peu, ça doit faire schponk dans la poêle et peut-être finir gommeux. Ne confondez-vous pas avec un fromage frais de chèvre qui lui fait ploc dans la poêle ?

Écrit par : Dada | 02/05/2009

ce qui différencie le séré du sérac n'est pas la consistance, mais le mode de fabrication .Le séré est obtenu par caséification du lait , le sérac par coagulation des proteoalbumines du lactosérum ( liquide résultant de l'égouttage du caillé ) .Ces deux produits n'éxistent pas en France ,en tout cas pas sous ces appellations .On peut en effet appeler "séré" tout fromage frais résultant de l'égoutage d'un caillé obtenu après présurage du lait .Reste à savoir à quoi ressemble le séré helvétique ! La ricotta , ou la brousse , semblent être assez voisines du sérac , bien que l'une et l'autre soient fabriquées avec adjonction d'un pourcentage (environ 25 %) de lait .
Au fait , monsieur Estèbe , j'aime beaucoup votre prose ! c'est rafraichissant !

Écrit par : jean-charles ROLIN | 06/05/2009

Merci de vos précisions messieurs, je les garde sérac contre mon coeur.

Écrit par : Estèbe | 06/05/2009

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