30/04/2009

La saucisse de Morteau, les lentilles au wasabi et la pandémie vaincue

Bien le bonjour, mignons porcelets

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Ouf, enfin une bonne nouvelle dans le flot glauque et tumultueux de l’actualité.
Les spécialistes sont formels: on n’attrape pas la grippe porcine en mangeant du cochon.
Mieux encore, un rapport giga confidentiel de l’OMS, connu de nous seul, affirme qu’un régime alimentaire entièrement à base de viande de porc supprimerait tout risque de contagion. Ce document explosif et exclusif préconise ainsi l’ingestion d’un demi-salami au petit-déjeuner, d’un filet mignon nature flanqué de côtelettes à midi et d’une choucroute garnie (mais sans chou) le soir. Encore faut-il pouvoir avaler tout ça avec un masque sur la bouche. Mais bon…
Suivi à la lettre, sans fruit ni légume, sept jours sur sept, douze mois par an, ce régime écarterait le virus. Sans toutefois garantir l’absence de soucis annexes (bouchons artériels, prise de poids colossale, acné galopante, scorbut carabiné…).
A la lumière de cette révélation, on a posé un regard plein de reconnaissance et d'amour sur la saucisse de Morteau qui somnolait dans le frigo depuis trois jours. Ce noble boyau à la fois jurassien et fumé, acquis auprès d’un artisan valable, ne pouvait-il nous sauver de la pandémie de manière bien plus voluptueuse qu’une tablette de Tamiflu?
Il lui fallait un apprêt royal. On lui en a trouvé un.
Chers lecteurs, soulevez donc un coin de vos masques pour avaler cette Morteau en salade de lentilles en crème de wasabi et coriandre. Déclinaison asiato-futuriste d’un classique régional illustre (ben oui, les plus malins auront noté qu’en remplaçant le wasabi par de la moutarde et la coriandre par du persil, on obtient la plus couillonne des saucisses aux lentilles).

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Faites cuire la saucisse de Morteau, sans la piquer, une demi-heure à eau frémissante. Laissez tiédir.
Faites cuire les lentilles (vertes du Puy, compter 60 grammes par gulu à nourrir), 26 minutes à eau palpitante. Laissez tiédir.
Ciselez un bouquet de coriandre fraîche et odoriférante. Clic, clic.
Puis mitonnez vous la crème de wasabi, en émulsionnant - au fouet - crème fraîche, huile de tournesol, vinaigre de cidre, wasabi, sel et poivre, jusqu’à obtention d’une solution tonique et homogène à la saveur majuscule. Pour les proportions, visez une càc de wasabi, une grosse càs de crème, une petite càs de vinaigre et une càs d’huile.
Virez la peau de la saucisse, taillez en fines tranches, puis en demi-lunes, puis en quart de lunes. Touillez doucement le tout. Et préparez-vous à savourer ce plat prodigieux.

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C’est à ce moment-là de l’histoire que l’ami Sarto sonne à la porte.
Driliiiiing.
- Salut Estèbe!
- Salut Sarto!
- Je t’ai amené des fleurs d’ail des ours, que j’ai trouvé là-bas dans les bois.
- Trop sympa, alors!
- Tchou Estèbe!
- Tchou Sarto!


DSC02058.JPGEuh… avant de servir, parsemez la salade de fleurs d’ail des ours, qui sont très belles et très parfumées, et de quelques cristaux de fleur de sel.
Et comme il s’agit d’arroser l’affaire élégamment, on vous suggère d’ouvrir un beaujolais naturel de Philippe Jambon qui, outre un nom idoine, se profile comme l’un des meilleurs producteurs de sa région, voire de l’espace interstellaire, avec des gamays racés, purs et pleins totalement envoûtants. Les blancs sont géniaux itou. Jambon, parfaitement.

A plouche

PS. Rappelons pour finir que la saucisse franc-comtoise demeure l’équivalent dans le monde de la charcuterie à ce qu’ont pu représenter, dans le monde de l’art, Kurt Cobain, James Dean ou Lautréamont. Eux aussi sont morts tôt (gag, hum....).

 

28/04/2009

La tartine au radis et l’affaire du séré ovin

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Coucou, les salamandres à quatre orteils (si j'ose)

L’autre jour, le crémier nous a fait un cadeau. On échangeait en sa compagnie quelques propos lestes autant que spirituels sur la météo, la grippe porcine et le crottin de chavignol, quand il nous a lancé, comme ça, sans ambage et au débotté: «Tiens, je viens de recevoir ça. Prend un pot à la maison. Goûte. Et dis-moi ce que tu en penses

Huuuuuu. On en était tout chose. Parce que, voyez-vous, se retrouver sacré grand goûteur du crémier, c’est quand même une promotion colossale. Et une sacrée responsabilité avec ça. Pensez, si on se plante. Si on lui dit: c’est bon, alors que c’est naze. Ou si on lui dit: c’est naze, alors que c’est bon. Hein? Voyez l’angoisse?

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Le dit machin, c’était un séré bio de brebis suisse.
Le séré - ou sérac - désigne d’ordinaire sous nos cieux helvètes un fromage de lactosérum, maigre, relativement ferme et compact, que l’autochtone aime à poêler en se poilant.
Pour le coup, il s’agissait d’une crème, fluide et gracieuse, un poil corsé, et somme toute distrayante en bouche.

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On en a illico fait une tartinade de séré ovin au radis et ciboule, qui a provoqué des pâmoisons en cascade lors de l’apéro qui a suivi.
Coupez quelques radis en lamelles microscopiques. Taillez la ciboule en minirondelles de la mort. Touillez le tout avec le séré. Piment d’Espelette. Sel, poivre. Re-sel, re-poivre. Re-piment. Et quelques graines de sésame noir, pour amener à la composition un peu de dynamique chromatique (très important, la dynamique chromatique).
Sur du pain grillé, c’est de la balle.

Tchou !

NB: Pas vraiment supersonique le post du jour. Mais il y a aussi de petites choses que l’on ne peut garder pour nous.

NB2: Vous avez acheté Une Odyssée Américaine, le dernier Jim Harrison? Pas encore? Gardez vos sous. Bien au chaud. L’est nul. Long, vain, vide. Merci Mamie Slurp.

27/04/2009

Un snif de whif chocolaté et ça repart.

Bien le bonjour, mes cochons dingues

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lewhif.jpgWhif  c’est le nom qu’on donne en famille aux gros chiens touffus et drôles.
Et t’as vu, Germaine, il y a un whif qui vient de pisser sur ton vélo.

Whif, c’est aussi une ingénieuse invention qui sera commercialisée d’ici quelques jours. Il s’agit d’un inhalateur au goût chocolaté. Un gros cigare en plastoque à saveur variée: choc-framboise; choc-mangue; choc-menthe…
Tu t’envoies une bouffée dans le gosier et t’as la sensation d’avoir englouti une tablette. Enfin, qu’ils disent.
Je vous dis pas l’économie en calories.
Je vous dis pas non plus les addictions qui se préparent. Germaiiine, fais tourner le whif! 

C’est un savant de d’Havard, David Edwards, et un cuistot aquitain de renom, Thierry Marx, qui nous ont pondu l’aérosol cacaoté. Un euro 80 la dose. Un avenir commercial radieux. Un grand bond en avant pour le bonheur de l’humanité.

Reste que l’affaire nous laisse totalement de glace.
Primo, on aime bien mâcher (ce qui est top ringard) avec nos petits crocs acérés et nos maxillaires toniques. Scrountch, scrountch.
Deuzio, le chocolat n’est de loin pas notre ivresse favorite. Non, Madame. Qu’ils nous dégainent le whif parfumé aux rillettes, au savagnin, au curry, à la morue ou à la saucisse de Morteau, et là on reconsidérera peut-être la totale vacuité de ce nouvel avatar de la prodigieuse saga agroalimentaire.

Que Saint Maclou soit avec vous


PS: A utiliser le matos médical à des fins culinaires, autant y aller à fond. Après l’inhalateur chocolaté, on attend donc avec une certaine impatience le suppo parfumé à la fraise et à la menthe.

22/04/2009

Dr Slurp nous a pondu un bouquin pour petits corsaires. T’y crois à ça?

Bien le bonjour,

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Si vous avez un peu de mitraille en trop dans le porte-monnaie, vous devriez fissa acheter un exemplaire de Corsaires & Casseroles, un petit bouquin top rigolo de cuisine pour mômes qui sort aujourd’hui même.
Vous devriez peut-être même en acheter plusieurs exemplaires. Pour au moins trois raisons...

D’abord, parce qu’il est truffé de chouettes illustrations mitonnées par la copine Hélène, l’Angry Mom.

Ensuite, parce qu’il cache vingt recettes salées pour les mioches, et pour leurs géniteurs aussi. Mais pas des recettes gnagnas, des tartes cuculs et des purées planplans. De vrais plats avec de vrais produits dedans, des épices de là-bas, des textures qui font boum, des saveurs qui bottent en bouche. Faudrait pas prendre les marmots pour des crétins quand même. Ils ont des papilles et des dents. Enfin, la plupart.

cover_C&C.jpgLa troisième raison, c’est quoi déjà? (le mec qui se la joue)

Ah oui, les recettes et textes, c’est mèzigue qui les ai pondus. Avec mes petits doigts manucurés. Parfaitement.

On commande ça chez l’éditrice _ 18 euros ou 24, 50 fr. avec les frais de porc (gag) _ l'éditrice, c'est la copine Lucie Koocook.
Avant d’aller voir le Dr Slurp faire des bêtises et des tartines, bref se couvrir de ridicule, dimanche à l’apéro (17-18h) au Salon du Livre de Genève, sur le stand Payot Jeunesse.
Un vrai scoop que je vous disais hier.

Bye

PS: A la réflexion, vous devriez peut-être en acheter au moins dix exemplaires. De nos jours, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

21/04/2009

Les gros champis parigots au chèvre et gingembre


Hou, ça faisait des lustres. Ça boume chez vous?

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Tiens l’autre jour, sans trop savoir pourquoi, sur l’étal du marchand, ces gros champignons de Paris nous ont procuré une soudaine bouffée de paix intérieure. Tout blancs, tout ronds, tout cons, ils nous attendaient là, sans moufter, benoîts et pépères, somnolant sous leurs chapeaux rigolos. On notera au passage que les champignons de Paris figurent probablement parmi les créations les plus simplettes de Notre Barbu Tout Puissant. Pas une once de conversation. Pas un sou de caractère, ni de malice. Mais une indéniable candeur bonhomme, qui fait de ces champis-là des bouées d’innocence dans la tempête d’une modernité mercantilo-technologico-libérale carnassière et polluante. Et toc.
Bon, on se calme. Et on file en cuisine.

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DSC02015.JPGAu menu: six gros champis parigots farcis au chèvre, gingembre et tomates séchées. Une recette solidement roots, réalisable fingers in the nose le temps d’un slow des Platters, pour une vraie satisfaction buccale au final.
Lavez les champignons, extrayez les pieds, oignez l’intérieur des chapeaux d’huile d’olive. Puis demandez à une fillette qui passe par là de hacher les pieds avec quelques brins de persil plat.
Emincez mini deux tomates séchées, une gousse d’ail et l’équivalent d’un orteil de gingembre frais.
Touillez le tout avec un petit chèvre frais. Assaisonnez sans mollesse.
Puis farcissez les têtes (hu, tu me farcis pas la tête, toi).

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Hop, au four, à 180°, pour une petite vingtaine de minutes.
Le temps de déboucher un rouge de Loire à la chair aérienne et au fruité gracieux; par exemple la très gracile et naturelle cuvée de printemps les Ardilles du Domaine du Moulin à Cour-Cheverny. Light et sexy comme Betty Boop.

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C’est tout, les copains. Mais on remet le couvert dès demain, avec une révélation mafflue qui va vous en boucher un gros coing.

Bye

09/04/2009

La côte de bœuf, le beurre au pastis, le vin béni, la résolution pascale et autres révélations saignantes


Pascals, Pascalines et Pâquerettes, bonjour

 

 

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Préambule n°1. Ce n’est qu’un au revoir. Ce blog va s’éteindre pour une durée indéterminée qui ne devrait toutefois pas durer ad aeternam (joli, ça, comme formule). La pause pascale sera en effet pour nous l’occasion de partir à la chasse aux streptocoques dans les prairies vaticanes. Souhaitez-nous bonne chance.

Préambule n°2. Et comme les adieux déchirants s’arrosent, on vient de déboucher notre rouge fétiche du moment, assurément l’un des plus croquants et craquants de l’univers. Avant de mourir, il vous faut tremper vos lèvres purpurines dans la cuvée «Jardin des simples» du Domaine Zelige-Caravent, sis au pied du Pic St Loup, Languedoc, South Of France, Europe du Middle, qui offre au gosier ravi un fruité frais, rieur et dynamique, avec ce qu’il faut de densité pour twister à table. Zelige-Caravent, oui, on en recausera sûrement.

 

 

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Préambule n°3. On a pris une bonne résolution. Celle de ne plus parler de choses cochonnes sur Top Slurp. Inutile de choper une réputation de cuistot libidineux aux quatre coins de la Toile. On rompt donc avec la fesse. Poil à la messe.

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Fin des préliminaires. Début de l’interlude éducatif. Le saviez-vous, il existait naguère dans nos campagnes la tradition du bœuf pascal. Dans les Landes, le Massif Central et les Cévennes, à Genève itou, il était ainsi d’usage jusqu’aux années trente d’abattre un bovidé à Pâques. Pas une génisse, un vrai bœuf, un mâle dépourvu de clochettes mais bien joufflu. D’aucuns estiment qu’il s’agissait là d’un coup de marketing de la part des bouchers. Il fallait en effet enterrer le carême: quarante jours de jeûne sans chiffre d’affaires, ça te troue la bourse. «Après les vaches maigres, le bœuf gras.» Beau slogan pub, pas à dire.

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Fin de la partie historique. Début de l’avant-dernier épisode, dit de la côte de bœuf au beurre de pastis. Sans vouloir vous raconter notre vie, on a récemment acquis une énorme côte de bœuf, bien persillée et rassise, avec ce teint rouge sombre qui promet bien des voluptés. Ce n’était pas un bœuf de Pâques. Mais on s’en fiche, finalement.
On l’a cuite à la régulière. A la poêle d’abord, à feu méga furax, une minute de chaque côté. Puis au four, tout doux, à 70° dans du papier-alu avec un demi-oignon et deux brins de romarin. Une bonne demi-heure. La bête sort de là uniformément saignante, radieuse donc. Oups: il ne faut saler qu’au dernier moment. C’est comme ça. C’est la faculté qui le dit.
Pendant ce temps, on vous a donc préparé un beurre au pastis, en travaillant une bonne motte à la fourchette et à température ambiante, avec une grosse giclée de pastis, de la fleur de sel, une pincée de piment, du poivre et quelques graines d’anis écrabouillées. Il s’agit ensuite de rouler le beurre dans du papier film, façon boudin. De l’oublier au congélo. Puis de découper de mignonnes rondelles, qui s’en iront gentiment fondre sur la bidoche susdécrite. Amen.

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Fin de l’avant-dernier épisode. Début du dernier épisode, dit de la salade bœuf pimentée et citronnée. Quoi? Il te reste la moitié de ta côte de bœuf. Une salade d’inspiration asiate, fraîche et tonique, s’impose. Taillez le bœuf en fines lanières. Zestez une lime. Touillez une vinaigrette au citron et piment bien picotante. Découpez plein de radis en fines rondelles et/ou minces bâtonnets, un oignon nouveau, lavez une saladine au look printanier. Brassez le tout avec amour et humour. Mangez. Pleurez de joie.

Rideau

07/04/2009

La vaisselle olé-olé, l’argenterie cochonne et autres ustensiles de cuisine licencieux

Coucou, les cokinoux

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La littérature a abondamment glosé sur les moites interactions entre nourriture et fesse. On ne parle de culotte de cheval, mais bien de galipettes; les extases de la table étant censées entraîner celles de l’alcôve. Un krakou harmonieux commence par un miam voluptueux, assure, du reste, un proverbe ardéchois.
Cet enchaînement libidinal, s’il fonctionne à l’occasion, n’a pourtant rien de systématique. Quiconque a déjà avalé une choucroute royale arrosée de trois bouteilles de riesling, précédée d’un foie gras géant et suivie d’une cascade de profiteroles, sait que les choses ne sont pas toujours aussi simples.
Mais on n’est pas là pour philosopher. Mais bien pour exhiber à un monde incrédule les dernières saillies de la modernité occidentale et nantie. Aujourd’hui: les sex food toys. Soit les ustensiles de cuisine cochons. Qui sont bien plus nombreux que l’on pourrait imaginer. Oui, Madame.

Sur le marché du design branché et leste, le gourmérotomane (tu l’as vu mon néologisme de la mort?) dégottera ainsi au moins trois lignes de gadgets propres à transformer la plus ripolinée des kitchenettes en lupanar glissant.

 

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La luxueuse collection du designer marseillais Philippe Di Méo pour commencer, où les bouchons de champagne en cristal peuvent se glisser dans tous les goulots, où l’argenterie-pinceau permet de s’oindre l’épiderme de chocolat chaud (ou de sauce tomate en saison), où un collier de boules (de geisha) à thé, porté avec désinvolture, te parfume le sillon prémammaire aux herbes du jardin ou aux épices lointaines. Et de l’infusion à l’effusion, il n’y a jamais qu’un entrechat.

 

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Dans un genre un brin moins chic et un tantinet plus pragmatique, le créateur italien Raffaele Iannello, lui, a imaginé la gamme XXXitchen où, du presse-agrumes au moulin à poivre, tout le matos de cuisine se transforme en petit nécessaire à rêvasser chaudement, voire à se lutiner les zones sensibles. Mention pour la brosse à vaisselle à manche zizounesque, que l’on n'oubliera pas de bien rincer après emploi.

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Montons la chaudière d'un cran, si vous le voulez bien, avec la batterie SexEatToys du designer Charlie Nghiem qui, outre la classique série d’ustensiles suggestifs, met des petits picots partout. Des petits picots au fond des assiettes qui te titillent la goulette quand tu te slurpes le reste de vinaigrette; des petits picots sur les cuillères pour que ta langue rigole toute seule. Astucieux.
Plus romantique, Charlie a également conçu des ustensiles à double ou triple escopettes (la tasse à deux anses, la cuillère à trois réceptacles, etc.) pour rapprocher langoureusement les convives dégustant de concert. Et bing: coup de boule à Germaine.

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Clôturons-là ce chapitre distrayant quoique d’une futilité abyssale.
Quoi? Tu doutais que le blog Top Slurp puisse un jour ressembler un jour à Cosmopolitan?
Ben non. Tout arrive.
Demain, notre régime miracle. Après-demain, des bikini foufous pour l'été. Samedi, une interview de Pâques O' Rabanne.

A plouche

 

06/04/2009

La sautaubec maritime (ou saltimbocca de lotte qui nous botte)

Hi, guys

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Si Jacques Toubon, auteur de la fameuse loi Toubon (malicieusement surnommée loi Toucon par certains esprits farceurs), était devenu maître du monde, ben, il aurait réalisé son rêve. Soit passer la langue française au karsher. Pour revenir à un idiome authentiquement tricolore, débarrassé des infectes scories étrangères. Notez qu’on a eu chaud.
Le vocabulaire culinaire, truffé de termes immigrés qu’il est, aurait été ainsi férocement assaini. Si Jacques Toubon était devenu maître du monde, on avalerait aujourd’hui des poêles valenciennes (traduisez des paellas) ou des remuages (comprenez brandades) à la provençale. Plus un gros hambourgeois le dimanche. Sans oublier de se régaler, de temps en temps, d'une petite sautaubec (saltimbocca en VI). Voire même d'une sautaubec de lotte aux bagues croustillantes de poivron (c’est là où on voulait en venir, ouf…), recette maligne pour ma ligne, qui peut amener quelques satisfactions au souper sans occasionner grand taf en cuisine. Top bénef, en somme.

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DSC01988.JPGPour le poivron. Lavez, décalottez et videz les graines en gardant le légume intact. Taillez en rondelles, sans carnage s.v.p., ce qui exige une lame de compétition et une âme de winner. Disposez sur un plat. Huile d’olive, romarin, sel et poivre. Et hop, au four, à 100 ° une heure, puis à 80° une heure de plus. Ça doit croustiller la mort de ta belle-sœur Gertrude,
Pour les sautaubecs. Faites vous trancher de chouettes escalopes de lotte par la poissonnière. Salez, poivrez. Déposez une feuille de sauge sur chaque tranche. Coiffez d’une mince tranche de Parme. Fixez le tout d’un habile cure-dent. Puis poêlez trois quatre minutes, avant de déglacer d’un trait de Jerez.
Behind the cravate, enfin, il n’est pas interdit de s’envoyer avec ça un petit rouge naturel, dynamique et charmeur. Pour ne rien vous cacher, on pense au Java, la nouvelle cuvée svelte et croquante de Jérôme Jouret, notre idole du Domaine ardéchois les Clapas.

Arrivée d’air chaud, les gens

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02/04/2009

L’œuf à la coque triplement parfumé qui a vu l’ours

Chers ami(e)s, bonjour

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La cuisine, c’est comme la vie.
(Ben, ça démarre mal aujourd'hui. Cette intro naze et convenue devrait même donner à nombre d’entre vous l’envie impérieuse de zapper ailleurs. On ne saurait les en blâmer. C’est vraiment pitoyable d’écrire des niaiseries pareilles à jeun. Mais bon…»

La cuisine, disais-je donc, c’est comme la vie. Tout roule, tout roucoule, tout glisse. Et patatras! Surgit un traquenard. Un croc-en-jambe du destin. Une ouille dans le minestrone. Prenez par exemple cette recette, celle de l’œuf à la coque en crème d’ail des ours et curry – plat apéritif mirobolant, cela soit dit en passant -, elle commence comme une partie de rigolade.

 

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Avisez des œufs bien frais. A vue de nez, estimez la quantité de crème fleurette dont vous aurez besoin pour les remplir.
Touillez ladite crème avec quelques brins d’ail des ours sévèrement émincés, un doigt de vinaigre de Xérès, une pincée de curry, une pincée de poivre au moulin, une pincée de piment en poudre, une bonne pincée de fleur de sel. Goûtez. Faut que ça groove grave.
Décalottez les œufs avec le terrible engin prévu à cet effet. Virez le blanc (relativement fastoche). Gardez le jaune intact. Et faites les cuire, juchés sur leurs cocotiers, au bain-marie, à eau à peine frémissante, quatre minutes. Puis emplissez les œufs avec la crème à la petite cuillère. Elémentaire, mon cher Klaxon.

C’est là que l’affaire, jusque-là vaselinée et radieuse, se corse.

Car, avec le cocotier et les mouillettes, il va vous falloir réaliser... une tête de lapinou à gros pif. Si!
Et ce n’est pas si facile que ça. La tête de lapinou à gros pif est un art exigeant.
Le gros pif sera matérialisé par le cocotier. Deux mouillettes figureront la bouche, deux autres les yeux, deux autres les oreilles. Recommencez autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce que vos proches, découvrant l’assiette, s’écrient «houuuu… le lapinou à gros pif!»

 

 
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Bonne chance, amigos

PS: A l’heure du miam, on recommandera aux convives, d’aller chercher le jaune (chaud) au fond du pif, pour le marier à la crème (froide) . Outre l’aspect ludique de pacser ainsi les fluides dans sa petite cuillère, il y a là un mix gustativement voluptueux. Enfin, ce qu’on en dit…