Les beignets de fleurs d’acacia du Brother Filou

Bonjour,

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L’autre jour, nous gambadions tranquilou dans les prés verts gascons. Brother Filou, d’humeur radieuse, enfilait les calembours, les ruades politiques et autres anecdotes de terroir. Brusquement, il avise un acacia en fleur. «Tiens, on pourrait se faire des beignets», qu’il fait. Diable d’homme! Des beignets de fleur d’acacias? Le joyau du patrimoine culinaire sucré, comme ça, au débotté? Quelle hardiesse!

Sitôt dit, sitôt fait. De la poche revolver de Brother Filou jaillit un sécateur. Il attrape au lasso une haute branche bien pourvue en grappes nacrées. Et clic clic, entreprend une cueillette express. Sans cesser de bavarder.

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De retour à la maison, Brother Filou, toujours papotant et allègre, extirpe un livre de cuisine d’un coin obscur du placard. Un vrai livre de mémé, corné et jauni par les années, prélignaquien, prémaïtésien, prébocusien même sans doute. Le Filou feuillette le grimoire d’une main leste; tombe sur la page des beignets; et commence sa mixture tout en chantonnant un vieil air du répertoire:
Ra ra rasputin
Lover of the russian queen
There was a cat that really was gone
Ra ra rasputin
Russias greatest love machine
It was a shame how he carried on

Avant le troisième couplet, Brother Filou avait roulé les fleurs dans la pâte. Avant le dernier refrain, fait frire le tout dans une poêle multi vintage. Friiiiiitch.
Puis le voilà qui nous met ses beignets sous le nez, comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle du monde.
Délicieux, les beignets. Light, subtils et parfumés.

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La recette? Ben, on ne la connaît guère.
Demandez donc à Brother Filou.

Tchou!

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Commentaires

  • Il me semble reconnaitre les pages du "je sais faire la pâtisserie" par Ginette Mathiot..........j'adore les vieux grimoires de cuisine

  • Il est crazy like a fool, ton pâtissier Filou.

  • Brother Philou ou Merlin l'enchanteur ?

  • Sieur Estèbe vous êtes un peu cruel, les acacias étaient fleuris par ici il y a un bon mois, et maintenant faut que j'attende l'année prochaine pour en refaire.
    (ma recette vient aussi d'un vieux vieux livre rouge écorné usé et tout et tout, ça m'est même pas venu à l'idée de chercher dans un livre récent tellement les beignets d'acacias c'est rangé dans les "recettes de grand-mère")

  • Il est vrai qu'on arrive un peu après la bataille pour le coup. Les acacias ont probablement paumé leurs grappes blanches depuis une semaine ou deux ou trois. Désolé. Mais peut-être trouvera-t-on des fleurs espagnoles en janvier au supermarché (warf, gag).

  • Il faut que je regarde ça dans le livre de ma grnad-mère, plus ancien que Ginette Mathiot... ton copain Filou, il est top...

  • C'est bien d'avoir de la famille dans les champs.

  • Une des recettes les plus poétiques de l'histoire est ici rappelée et le fait est que la dimension hors-saison la rend à mes yeux encore plus précieuse.

  • L'absence de recette, plutôt. Quelle délicatesse. Un must de ces pages.

  • Bonjour,
    Est-il vrai qu'il existe une variété d'acacia dont il ne faut surtout pas consommé les fleurs ???...

  • Sans doute l'un de nos chers lecteurs pourra-t-il vous répondre. Car l'ignorance du Dr Slurp dans ce domaine a la taille du detroit de Bering. Aucune idée, chère Mirabelle. Désolé.

  • Très bons les beignets de fleurs d'acacias. Je confirme recette extraite
    du livre de Ginette Mathiot - première édition I938 du pré-préestébien !!
    Feu mon vieux chat, répondait aussi doux nom de Filou, mais il se refusait
    à cuisiner.

  • Haaaaaaaaaaaan ! le teasing mortel !!! en plus je déteste Bonnet M :(
    Puisque c'est comme ça je ne vous parlerai pas de ma glace aux fleurs d'acacia
    Zut alors !

  • Philou,, Filou, génitif... Je préfère garder PHILOS, l'ami, le nominatif. Et ma recette, celle de Louis Maillard, professeur de cuisine (Kündig & Fils, Genève, 1889), car dans la pate a frire on ajoute quelques gouttes d'eau de feur d'oranger. Quant aux fleurs, je prends celles du robinier, ou faux acacia, celles du vrai étant délétères...Chaque année, je m'en délecte avec quelques commensaux étonnés, que je sois au Salève, sur les rivages atlantiques du New Jersey ou brésiliens d'Arraial de Cabo... La gasconnade d'Estèbe m'a fait penser a Buzzios, lorsque BB s'y offrait, nue, au soleil, son fidèle ami.

  • Gabriella, peut-être que votre Filou n'avait pas le bon sécateur.

    Estèbe, même quand ce n'est pas vous qui cuisinez, on se régale. (je n'ose pas chercher de contrepèterie approximative sur votre auguste frère)

  • manger des fleurs...je sais pas...j'hésite...j'ai goûté un jour uen pâquerette mais j'ai pas aimé.

  • j'en ai mangé une fois et j'en garde un souvenir ému

  • Ici Philou, je confirme : le grimoire est bien celui de Ginette Mathiot, fièrement intitulé "je sais faire la pâtisserie", édité en 1938 et destiné aux écoles pratiques de la ville de Paris. La Mathiot a fait une très longue carrière dans l'enseignement professionnel et a dressé des générations de jeunes filles pour en faire des épouses parfaites. Elle a aussi engendré des portées de manuels dont "je sais cuisiner", "je sais recevoir", "je sais tenir ma maison", tout un programme.
    Je confirme aussi qu'il s'agit de la fleur du robinier, proche cousin de l'accacia (mais accacia, c'est plus littéraire que robinier).
    J'ajoute que, en rupture avec son habitude, qui consiste à démarrer toutes ses recettes avec environ 250 G. de beurre, Mme Mathiot nous offre une formule de pâte à beignet parfaite, légère, dans laquelle le volume est obtenu par un blanc d'oeuf battu en neige. A l'année prochaine.

  • Philou, pourquoi ne donnez-vous pas la recette ? J'ai pas le bréviaire et je suis gentille. Vous pouvez vérifier.

  • Oui Rose a raison, et moi aussi je suis gentille et aimable et je veux bien manger ces fleurs pour une fois, merci.

  • Estèbe, m'est avis qu'un réseau plus ou moins louche de filles prêtes à tout pour une recette ("gentilles"?) se met en place sur votre blog. Philou, de grâce, la recette, pour éloigner les rumeurs !

  • L'affaire se corse Ginette dans son ouvrage est lapidaire pour la recette : "tremper les fleurs d'acacias dans une pâte à frire et cuire cuillerées par cuillerées dans de l'huile bien chaude. Égoutter. Saupoudrer de sucre.Servir chaud"
    Ginette nous propose deux formules de pâte à frire, reste à savoir laquelle convient.
    Avec tout ça, paf, les acacias ont fanés.
    Zut.

  • louche ?

    oui...ça me parle, louche... ça fait soupière, soupière fumante posée sur une belle table...

  • Marion, vous sauvez l'honneur.
    Louise, ça n'est plus de saison.

  • m'en fiche, hier j'ai mangé une fondue.

  • Ginette? Ah oui, celle qui rit quand on la beignette!!! (ok...je sors)

  • Camille : Saviez-vous que mon Filou donnait la patte (oui c'est vrai) ? quant
    au sécateur il en avait peur, on le comprend bien.

  • Trop tard pour l'acacia, mais on peut toujours essayer avec les fleurs de courgettes, celles de potiron ou encore du sureau : ça permet de tenir l'été.
    Alors, la recette :
    250 g. de farine, 1 cuillère d'huile, 1 oeuf. On mélange la farine et l'huile, on délaye avec de l'eau tiède jusqu'à ce que la pâte fasse ruban. On ajoute un blanc d'oeuf battu (attention, battu à la fourchette : pas trop ferme le petit blanc). On laisse reposer. Pour la suite, suivre les indications de Marion.
    Vive l'enseignement ménager

  • Ah, Philou merci, vous ne vous êtes pas débiné. Vous êtes plus précis que votre frangin pour toutes ces questions de tour de main, c'est un style.

  • Bonjour,
    il y a trois ans, on m'a offert un livre de Ginette Mathiot: "La cuisine pour tous". Je l'ai perdu.
    C'est fou.

    Je bois aux acacias.

  • Ras la fraise!

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