31/08/2009

Le melon, un tueur de pape en salade d’herbettes fraîches


Bien le bonjour, les gerboises naines

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Vous pensiez le melon tout con, tout bon, tout rond? Inoffensif en somme? Ben non. C’est une crapule. Un serial killer à la chair sucrée. Un serial killer spécialisé dans le beau linge, même. Oui, Madame. On ne compte ainsi plus le nombre de gulus de la haute qui sont passés de vie à trépas après mastication de ladite cucurbitacée. Tiens, un beau soir de 1471, le pape Paul II s’en engloutit deux – et des gros, dit-on – pour le souper. Quelques heures plus tard, il te fait une apoplexie dans son lit. Et paf, le pape.

Soixante ans plus tard, son successeur Clément VII commet la même et fatale bêtise. Et pif, le pontife.

Chez les grands d’Allemagne aussi, on se melonna à mort (du verbe intransitif se melonner, oui). Les historiens affirment que les Empereurs Albert II, Frédéric III et Maximilien 1er cassèrent leurs souveraines pipes, les uns après les autres, après absorption immodérée de melon. Idem pour Guy de Brosse, médecin de Louis XIII. Et pour l’amiral Gaëtan de l’Estèbe, héros de la bataille des Dardanelles et lointain aïeul de l’auteur de ces lignes.
Une vraie hécatombe.

 

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Cela dit, le melon ne trucidant que les gens bien nés en string de soie, tous nos lecteurs d’extraction modeste - et ils sont légion Dieu merci -  pourront s’empiffrer de cette exquise salade de melon aux herbettes fraîches et poivre cubèbe. Le poivre cubèbe qui, s’il peut sembler a priori appartenir à ces ingrédients snobs et élitaires, destinés moins à ravir en bouche qu’à faire mousser le cuistot branché, s’avère ici aromatiquement pertinent et charmeur. Parfaitement. Voyez ça comme une petite musique exotique autant que fruitée, qui fait doucement gambiller cette entrée de l'été finissant.


DSC02405.JPGTaillez un melon en cubes. Ciselez finement trois brins de coriandre et trois brins de basilic. Extrayez quelques minces zestes de citron. Blanchissez-les une minute. Mélanger le tout. Poivrez de cubèbe avec générosité. Et disposez dans un plat sphérique évoquant les microsillons de notre jeunesse. Et attendez que clamse le pape.



Zoubi les Zombis

27/08/2009

Le cochon doré à l’asiate dessus le barbecue du jardin


Bonjour, les boulistes amphibies

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Il se peut que la recette du cochon laqué au barbecue ne t’intéresse point du tout.
Il se peut que tu sois musulman, juif, végétarien, végétalien, ou autre cas de force majeure.
Il se peut que tu préfères le gratin de nouilles ou la pétanque amphibie; le taï-chi dominical ou les smoothies aux fraises des bois et bégonia.
Il se peut aussi que tu ne manges que du cochon vivant (ce qui est snob et cruel).
Il se peut encore que tu haïsses le cochon, depuis qu’un goret fou a dévoré ta mamie favorite un soir de pleine lune dans les bois du Berry.
Il se peut enfin que, par un infect caprice de dame Nature, tu sois né affublé d’un groin et d’une queue en tire-bouchon, et que tu ne puisses donc accepter de mastiquer ton sosie rose.

1webview.jpgDans tous les cas, impossible de te blâmer. Mais saches que tu passes à côté d’une super affaire.

Chez le boucher,
avisez (oui, on repasse au vouvoiement, c’est comme ça, une coquetterie stylistique) un beau morceau de cou de porc (ou échine en VF). Demandez donc à l’artisan de vous tailler des tranches de 2, 17 cm d’épaisseur; tranches que le même artisan découpera ensuite dans le sens de la longueur avec son long couteau, de manière à obtenir des steaks oblongs (ou langues de rombière en parler populaire) d’environ 5, 6 cm de large. Tout est clair?

Au fond d’un plat creux
(un plat creux? Et puis quoi aussi?), pacsez une bonne giclée de mirin (qui est un vinaigre à la fois sucré et asiate), une bonne giclée de sauce soja, un morceau de gingembre frais émincé avec maniaquerie, quelques zestes de citron vert, une ou deux gousses d’ail hachées, le jus dudit citron vert, une louchée de miel, quelques grains de poivre, une grosse pincée de piment doux moulu et une grosse pincée de 5 épices. Goûtez. Quand c’est bon, c’est bon (brillant, ça).

Immergez le cochon
. Laissez mariner deux plombes au frigo, voire plus si rendez-vous chez le podologue. Puis rôtissez tranquilou au barbecue, ou à la poêle, en arrosant de marinade et en surveillant que la bête ne chope pas un teint de ramoneur. Inutile de cuire six ans, l’échine gagne à rester gentiment rosée à cœur. Parfaitement.

La garniture? Débrouillez-vous, (tout en sachant que des tranches de courgettes biseautées, citronnées et un rien huilées, sur le barbecue, ben, c’est l'über teuf).
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Le glouglou? Allez, un aveu. Dimanche, on a bu une bouteille de Pie Colette, et on a adoré l’expérience. Lundi, aussi. Mardi, encore. Et hier, euh... rebelote. Voilà donc notre jus chouchou de la semaine, de l’été même, du trimestre voire. Soit la cuvée naturelle, tout en fruit, souplesse et élégance, baptisée La Pie Colette et mitonnée de Catherine et Jean-Mary Le Bihan, Côtes de Duras, France d’en bas à gauche, Europe du milieu.

Bien à vous, très chers

PS: Les photos sont de Dan The Instamatikor; les costumes de Donald Cardwell.

PS2. Rien à voir. Mais René des Musclés est mort. Une génération sanglote. La pauvre.

PS3: Une page de nombrilisme suintant pour finir. Y’a une interview du Dr Slurp là. Il raconte n’importe quoi, comme d'hab'. La faute à la Pie Colette. Elle a bon dos, la Pie Colette.

25/08/2009

Cyril Vandenbeusch: de l'art et du cochon

Coucou, les gastéropodes velus

 

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Le coeur sur la main. Bon app'


Des cuisiniers qui ont l’âme artistique, t’en connais. Au hasard: Michel Bras. Ou peut-être Pierre Gagnaire.

Des artistes qui utilisent le miam comme matière première, t’en connais aussi. De Arcimboldo à Daniel Spoerri, pour faire court.

Des artistes cuisiniers qui envisagent leur travail tant sous l’aspect plastique que comestible, on vient d’en rencontrer un. Et un bonnard de chez bonnard, si j'ose.

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La volaille de Bresse à qui il ne manque plus que la parole

 

Il s’appelle Cyril Vandenbeusch. Il a la petite trentaine, le cheveu bref et l’œil lutin. Plus un CV déjà flamboyant, plein d’interventions culinaires où la gourmandise le dispute à la créativité canaille. Canaille, parfaitement. Avec si possible, dans un coin de la composition, trois gouttes de sang et des bestioles qui pourraient encore bouger. Une tête de veau par ci, un escargot bavant par là. Des entrailles. Des poissons entiers. Un lâcher de crabes verts sur un buffet. Ou la peau odoriférante d’un chevreuil fraîchement passé de vie à trépas.

 

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Le petit escargot en balade


Il ne faudrait pourtant pas réduire le travail du cuistot créateur à la performance carnassière corsée. Vandenbeusch à maintes autres cordes à ses fourneaux. On lui doit ainsi un buffet monté sur mobile, de drôles de repas-spectacles dans diverses institutions théâtrales, des portraits culinaires de ses collègues d’études ou une série de natures mort-vivantes.

Et alors? Ben alors, ce gaillard-là nous met de bon poil. Parce que le manger ouvragé n’est ni réservé aux chefs étoilés ni aux pages des magazines parisiens. Parce qu’il peut y avoir du drame, de la tension et de l’humour dans la casserole. Parce qu’un type qui peut faire voler des cailles rôties mérite notre respect.

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Tchou, tchou

15:54 Publié dans Art Slurp | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : céation, photo |  Imprimer |  Facebook | | |

24/08/2009

Rompre le ramadan avec les boulettes d’Alexandrie à la sauce abricotée

 

 

 

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Salam, les jolis aminches


Depuis samedi dernier à l’aube, nos potes musulmans font ceinture. C’est reparti pour un mois de ramadan. Pas boire. Pas manger. Pas fumer. Pas faire de krakou avec la voisine Jasmina. Ceinture donc. Mais de l’aube au crépuscule, seulement. Dès que le soleil s’en va au dodo, la rigolade redémarre. Doucement, notez. Car le jeûne se rompt sans hâte, avec un verre de lait et quelques dattes d’abord, une soussoupe ensuite, manière de pas chambouler ce bidon tout vide. A partir de là, le gueuleton peut s’étaler jusqu’à tard dans la nuit, dans le partage et la convivialité, avec plein de recettes rituelles, qui varient à l’infini du Maghreb au Pakistan et dont le slurpisme nous fait parfois regretter notre impiété congénitale.
Notez que rien ne nous empêche, nous autres mécréants à poil roux et pupille vitreuse, de nous mitonner, puis de mastiquer le soir venu, une joyeuse spécialité orientale. Par exemple ces koftas d’Alexandrie et leur sauce abricotée, adaptation d’un classique égyptien découvert naguère dans un roman dont on a oublié le nom. Mais pas la recette. Nyark.

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Pour les boulettes et deux gulus à table,
il vous faut 350 grammes d’agneau haché par le boucher moustachu, un bulbe d’oignon nouveau, un demi-bouquet de coriandre, des pignons, un œuf et un rien de piment.
Pour la sauce aux abricots et toujours les deux mêmes gulus à table, prévoyez 100 grammes d’abricots secs, deux gousses d’ail, 1,5 déci de bouillon de volaille, de la coriandre en poudre et voilà.

Dans une jatte, en chantonnant un vieux morceau de Cat Stevens, touillez la viande avec six brins de coriandre hachée, l’œuf, l’oignon émincé menu, sel, poivre et piment. Dans vos mimines habiles, moulez ensuite des boulettes de la taille d’une burne de bonobo. Glissez-y un pignon. Et faites dorer sous toutes les coutures, huit-dix minutes à feu mezzo (ou mezze), dans une noisette de beurre.

La sauce? Fastoche. Faites tremper une heure les abricots dans de l’eau tiède. Puis mixez-les avec la coriandre en poudre, une bonne giclée d’huile d’olive et l’ail. Intégrez progressivement le bouillon, jusqu’à texture inspirante. Une pincée de sucre, s’il le faut. Sel, poivre. Et faites chauffer tout doux quelques minutes.

Il faut un gros mamelon de couscous avec ça. Et, si votre religion vous le permet, un bon coup de rouge. Lequel? Aucune idée. Ben oui. Voyez-vous, il y a des jours où nos neurones font le jeûne.

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Assalamou Alaykoum, les potes

NB1 : Un bon bouquin de recettes récent : «Saveurs et couleurs, les cuisines du ramadan à travers le monde» d’Hind Caidi, chez Albin Michel. Drôlement alléchant.

NB2
: Le dicton du jour: les petits crus font les grandes cuites. C’est élégant. Et si pertinent.

19/08/2009

La tortilla latina qui te rend tout loco

Mes hommages, les frijoles à moustaches

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En l’espace de quelques jours, on a vu bien des choses bizarres dans les rues de notre quartier.

On a vu un monsieur qui promenait un enfant en laisse. Un marmot de 4 ou 5 ans, l’air tout gentil et tout éveillé, traîné par une courroie accrochée à son petit poignet. Troublant.

On a vu un jeune black, tout en pectoraux et en triceps, faire du minivélo à l’envers. Les fesses sur le guidon, les mains sur la selle. Et à fond la caisse.

On a vu deux chiens fort affairés l’un sur l’autre, tête-bêche, dans une posture répertoriée à la page 69 du Kama-sutra. Deux chiens, oui, en pleine ville, en plein midi, en plein mois d’août. Ajoutez à ça que l’un des deux était attaché à un poteau et vous aurez une idée la perversité du spectacle. Ma pauvre dame, les rues ne sont plus sûres.

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Toutes ces exquises scènes urbaines ne nous ont nullement empêchés de mener à bien notre mission: acheter des tortillas à la farine de maïs. Manière de mitonner à nos chers invités, le clan Big-John au complet, une fantaisie mexicaine en kit. Soit un gueuleton latino consistant à piocher dans douze coupelles des machins très bons, machins à rouler ensuite dans une crêpe exotique.
Notez que ce type de repas actif autant que participatif instaure d’ordinaire une ambiance radieuse autour de la table. On se frotte. On se chahute. On s’interpelle. Du genre: «Hey Manu, tu tortilles en suisse? Fais tourner le guacamole!». Ou encore: «Morfale, ta tortilla, on dirait Demis Roussos de profil!».
DSC02336.JPGBon, de quoi se compose ce riant cortège?
- De tortillas à la farine de maïs (compter trois pièces grand max par bandido adulte), à acheter à la supérette puis à réchauffer dix minutes au four avant le clap de faim.
- D’un guacamole (chair d’avocat + dés de tomate + jus de lime + échalote hachée + huile d’olive + coriandre). Voir détails ici-clic.
- De crème aigre
- De piments rouges ou verts, taillés en rondelles assassines
- De tomates pelées et épépinés en pitits morceaux
- De laitue émincée menu
- De poivrons émincés menu
- De cheddar râpé
- De pousses de moutarde
- De dés de concombre
- De viande hachée en sauce tomate, avec du piment, du lard, une échalote, plein de cumin et d’origan, sel et poivre.
- De refritos frijoles, ou refried beans. Soit de haricots rouges, achetés chez le marchand déjà cuits en boîte, sommairement écrabouillés dans une poêle où a blondi une échalote et doré un peu de lard émincé. Un trait de concentré de tomate. Sel, poivre, piment en poudre. Et basta.

Il s’agit enfin de disposer tout ça élégamment sous le nez des convives émerveillés. Car toutes ces couleurs, voyez-vous, ça fait très joli sur la nappe à fleurs.
Donc pas de tortillas pour les daltoniens.

Adios!

DSC02347.JPGNB: Même si la bière s’avère une fidèle alliée des agapes latinas, il n’est pas interdit de déboucher un rouge naturel, au fruité bien croquant et à la chair pleine, par exemple l’Oiselet de Yannick Pelletier à St-Chinian, qui te fait halluciner la Vierge de Guadalupe dès la troisième bouteille.

17/08/2009

Le mystère de la mort de Willy DeVille et le plan perfide

Bien le bonjour, les loutres à vin

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L’autre jour, on farfouillait dans l’armoire à vinyles, bien décidé à dégotter un microsillon millésimé, plein de groove et de moiteur mélodique. Et voilà que nos petits doigts agiles tombent sur le premier album de Mink DeVille. Comme ça, un hasard quasi.
Mazette, cela faisait une paye, quinze ans au bas mot, que nous n’avions pas écouté cette galette-là. Toujours aussi bien, la galette. Chaloupée, romantique, venimeuse, entêtante. Willy, je ne le savais pas, mais tu me manquais dedans mes oreilles.

Ces émouvantes retrouvailles, c’était le 6 août, assez tard dans la soirée.

Or, le lendemain matin, la radio annonçait le décès du monsieur. Mort survenue peu ou prou au moment où nous ressortions son premier disque du placard.
Troublant, non?
tjackson-5.jpgSurtout que l’on s’est alors souvenu avoir déterré récemment un vieux Jackson Five. Fin juin, pour tout dire. Le jour du claquage de Bambi? Impossible de le dire avec certitude. Mais le doute était là, insidieux, flippant, poisseux.
Avions-nous une part de responsabilité dans ces disparitions illustres? C’est évidemment une éventualité à ne pas négliger. Illico, un plan machiavélique a germé dans notre crâne malade...

 Chers rockers vieillissants, gloires grisonnantes et stars d’antan, on vous propose un deal amical. Expédiez donc au Dr Slurp la moitié de vos royalties, en liquide SVP, et il n’ira plus chercher vos œuvres de jeunesse dans sa discothèque.

Sinon… paf le Bowie, pif le Lou Reed, boum le McCartney.

On est riche.

Nyark

PS: On n’a pas de disques de Johnny H à la maison. Y’en a qui ont une chance de cocu.

PS2: Certes, toute cette lugubre affaire n’a aucun rapport avec la bonne chère. On vous promet sous peu un banquet latino, avec de vraies moustaches et des bouts de sombrero dedans.

13/08/2009

Les spags de courgette, de la Génèse à la Révélation

Mes hommages, les marmottes rieuses

 

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Sur le blog de Mamina, qui est la plus grande cuisinière du Berry, voire du monde sensible, on avait été un jour subjugué par un concept encore inconnu de nos services. Soit le spag de courgette. Oui, t’as bien lu, coquelet. Le spag de courgette. Crue même, la courgette. Voilà un machin palpitant, moderne et diététique, qui pourrait bien sauver l’humanité de la banqueroute culinaire et de l’obscurantisme gourmand.

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Bon, avant de s’extasier, il s’agit d’investir un tantinet. Un peu moins que le prix d’une place de cinoche. Ce qui est très peu. Ou énorme. Tout dépend du film, en fait. Pour Disco, par exemple, comédie tricolore avec Depardieu, Annie Cordy et Dubosc, cela représente une somme prodigieuse.
Euh… digresserions-nous?

DSC02327.JPGBref, il faut donc se payer un petit engin qui tient dans la main; une espèce d’économe avec des dents atchement pointues, qu’il s’agit de planter dans la chair de la courgette, avant de tirer un coup (si j’ose), de haut en bas. C’est clair? A vrai dire, rares sont les opérations en cuisine s’avérant aussi simples et aisées que celle-ci. Fricth, fritch. Le cuistot rit. Les spags pleuvent. Trop facile. A tel point qu’on a manqué de se sectionner le majeur pas plus tard que la semaine dernière.

(Intermède dubitatif: Il se peut que la plupart d’entre vous possèdent déjà l’ustensile susdécrit, tutoient les spags de courgette depuis la Libération et que nous soyons donc présentement en train de passer pour le roi des cornichons. C’est une éventualité qui nous fait trembler, sachez-le.)

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Question. Maintenant je fais quoi avec mes spags de courgette? Ben, tu peux te les mettre sur la tête, par exemple. Ou jouer au mikado mou (le moukado). Tu peux aussi faire une salade d'enfer, avec du cerfeuil, de la coriandre et des dés (dédé?) de cette tomate joviale dite cœur de bœuf. Deux giclées d’huile d’olive. Une giclée de vinaigre de cidre. Sel, poivre. Et sluuuurp.

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Tu peux aussi te tricoter de petits paillassons végétaux, bicolores et coquins, en brassant dans une jatte des spags de carotte et de courgette, avec un jaune d’œuf ou deux, un peu d’huile d’olive et une bonne pincée de cumin. Sel, un rien de poivre. Une volée de parmesan râpé, pourquoi pas. Touille. Et moule tes paillassons dans un emporte-pièce rond, de la taille d’un cul de bouteille ou de lutin.
Hop au four, à 180°, sur du papier sulfurisé, pour douze minutes et quelque. C’est là une garniture d’une élégance infinie, qui devrait convaincre un monde incrédule que le spag de courgette, ben, ce n’est pas de la gnognote.


A bientôt pour de nouvelles aventures drolatiques


NB:
On peut plonger dans le technicisme culinaire sans laisser son âme artistique au vestiaire. Toi aussi, fais le portrait sur assiette de ta grand-tante qui vient souper. Elle sera secrètement flattée.

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11/08/2009

Le grand quiz gastronomique de l’été, troisième saison

Bien le bonjour, coquelets savants

 

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Les lecteurs de ce blog connaissent bien notre esprit ludique et tordu. Celui-là même qui, pour la 3e année consécutive, vous a pondu un questionnaire de culture gastronomico-générale, grâce auquel tout un chacun pourra se situer sur l’échelle de la marmite savante.

Attachez vos ceintures cloutées. Avalez un jéroboam d’air pur. On y va:

1. Vous aimez le poulet marengo? Nous aussi. Mais d’où vient donc ce nom-là? Hein?

A. De la bataille napoléonienne du même nom, au soir de laquelle – selon la rumeur – un cuisinier nommé Dunan aurait improvisé ce plat, avec les moyens du bord, pour rassasier le petit empereur qui avait grand faim.
B. Du resto «Le Petit Marengo», jadis niché dans la rue de Paris éponyme, où la recette demeura l’unique plat du jour durant 37 ans, et peu ou prou au même prix pour la joie des fidèles.
C. D’Aristide Marengo (1894-1947), illustre cuisinier albinos d’origine bretonne, auquel on doit également l’increvable Paris-Brest.
D. De la ville algérienne Marengo où, du reste, nul ne connaît la recette, ni ne sait d’où elle vient. C’est là l’une des nombreuses anomalies qui pavent la glorieuse route de l’histoire gastronomique.


ramtur_mars_attacks.jpg2. Thierry Marx, cuisinier aquitain de renom, a publié plusieurs livres. Parmi ces quatre titres, trouvez le seul qui existe.

A. "Marx Attaks"
B. "Un coup de Marx et ça repart"
C. "Marx la menace"
D. "Planète Marx"

3. Le saviez-vous? La pizza Margherita fête cette année ses 120 ans. Bon ani, Marguerite! Elle doit son nom à une dame atchement célèbre. Trouvez laquelle…

A. Marguerite de Valois (ou Reine Margot pour les intimes)
B. Margherita Teresa Giovanna (soit Marguerite de Savoie, et reine d’Italie avec ça)
C. Marguerite Duras (Duras campagne? Hum...)
D. Margherita Pizzaïola di Napoli (une légende du four à pain)

sushi-poster-glow.jpg4. Un brin d’orientalisme à présent. Parmi ces quatre types de sushis, trouvez celui qui n’est que le fruit de notre imagination malade.

A. Nigirizushi
B. Temakizushi
C. Gédégrozuchi
D. Oshizushi

5. C’est un critique gastronomique, drôle, doué et redouté, exerçant son art dans un quotidien national français. Bien à droite, le quotidien. Zut, il s’appelle comment, déjà, le gaillard?

A. François Saumâtre
B. François Simenon
C. François Saumon
D. François Simon

tete-de-moine-11-1.jpg6. L’un de ces fromages existe pour de vrai. Il fait même la gloire et la richesse du jura bernois. Mais lequel est-ce…

A. La couille de pape
B. La tête de moine
C. Le balcon de nonne
D. Le nombril de capucin


7. Restons dans la fromagerie. C’est un bleu rare et lunaire, un bleu savoyard et mirobolant, produit là-haut sur la montagne, à quelques rares meules annuelles, par une petite poignée de fromagers intrépides. Trouvez son nom…

A. Le bleu de Termignon
B. Le bleu de Tromignon
C. La tome Cruise
D. La tartifoulette

8. A Roanne, la maison Troigros a naguère inventé une recette, qui est presto devenue un classique indiscutable de la gastronomie cosmique. C’est…

A. La truite à la fraîche
B. L’omble aux radis
C. Le saumon à l’oseille
D. La carpe au blé

9. Encore une recette mythique: les bonbons de veau au caramel de raisin. Mais qui a donc pu trouver un truc à ce point ouf?

A. Jamie Oliver, sans faire exprès
B. Le Dr Slurp, mézigue 1er quoi
C. Antonin Carême, qui ne le faisait guère
wagyu_beef1.jpgD. Paul Bocuse, un soir d’oubli


10. Le bœuf de Kobé devient gentiment l’un de ces produits de luxe absolu, réservé aux gourmets pétris de bonus distribués par BNP Paribas. C’est un gros animal placide et japonais, giga gras et super chouchouté durant son existence ruminante puisqu’il est…

A. Massé à la bière
B. Oint de crème antirides
C. Nourri de loukoums
D. Grattouillé sous le ventre avec une plume de paon et au son de la Macarena

11. Dans l’inoubliable film «Le Festin de Babette», le troisième plat du menu concocté par Stéphane Audran est entré dans la légende. Il s’agit de…

A. Tortues en bière
babette4.jpgB. Momies de foie gras
C. Cailles en sarcophage
D. Linceuls de pigeonneaux

12. Héros de la littérature policière, il raffole de la blanquette de veau que lui prépare son épouse aimante. Quelle chance qu’il a! Mais, au fait... qui est-ce?

A. Le commissaire Maigret
B. Son Altesse Sérénissime le prince Malko Linge, alias SAS
C. Hercule Poirot
D. Terminator

13. Parmi ces ustensiles de cuisine aux noms exotiques, trouvez celui qu’on a inventé juste pour vous distraire.

A. Un bandiagara
B. Un kalou
C. Un ulu
D.
Un schmoulbouk

boeuf.jpg14. Les bouchers utilisent tout plein de noms saugrenus pour diverses pièces cachées dans la plastique bovine. Parmi ces morceaux de bœuf goûteux, trouvez celui qui n’existe pas.

A. Le mimosa
B. La poire
C. Le merlan
D. L’araignée

15. Pour mettre un peu de beurre dans les épinards, certains grands chefs font volontiers ami-ami avec l’industrie agroalimentaire. Pas toujours glorieux, le flirt. Prenez Marc Veyrat par exemple, il a ainsi vendu son nom et son image pour…

A. De la fondue en boîte
B. Des cornichons en bocal
C. Des merguez surgelées
D. De la tartiflette déshydratée

16. Encore faim? Bon, un dessert pour finir. Cela se fait, dit-on. Voilà une pâtisserie normande, où une poire truffée de gelée de fruits se cache dans une pâte feuilletée. Son nom?

A.
Le pouillon
B. Le souillon
C. Le douillon
D. Le couillon

 

Les réponses? Les voilà:
A1; 2-D; 3-B; 4-C; 5-D; 6-B; 7-A; 8-C; 9-B (notre modestie nous perdra); 10-A; 11-C; 12_A; 13-D; 14-A; 15-B; 16-C.

Faites vos comptes. Un point par réponse juste. Un expert en évaluation gastro-ludique va maintenant dresser l’état de votre savoir culinaire.
16 points. Impossible, t’as triché. Va illico te cacher sous les bocaux de cornichons dans le placard.
12-15 points. Fortiche.
6-11 points. Moyen fortiche
1-6 point. Naze.
O points. Impossible, t’as triché. Va illico rejoindre machin sous les bocaux de cornichons dans le placard.

D’autres quiz récréatifs quoique culturellement nutritionnels? Ben, Madame, nous vous proposons çui-là (clic). Et puis aussi çui-là (clic). Et puis çui-ci aussi, qui cause pinard.

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09:21 Publié dans Questionnaires | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : quiz |  Imprimer |  Facebook | | |

10/08/2009

Lettre d’amour fou à la verveine citronnée (magistralement déclinée en soupe de melon et gambas rôties en graines de sésame)

Bonjour, les énarques du goût

 

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On a déjà hululé ici notre tendresse pour la délicate et mirobolante verveine citronnée. Froisser puis sniffer une feuille de cette plante sublime, c’est comme expédier tes naseaux dans le Jardin d’Eden, en business-class et sur Ivresse Airlines.
C’est comme danser un long slow langoureux avec Dame Nature simplement vêtue d’un paréo mauve.
C’est comme flatter le croupion ferme et ondulant de la saison estivale, dans la pinède vierzonnaise au clair de lune.
Euh… On s’égare, non?


Bref, après avoir fait convoler cette merveille avec un lapinou qui passait par là (clic), la voilà déclinée en soupe de melon et gambas rôtie en croûte de sésame. Oui, c’est fort. Non, on ne sait pas où on va chercher tout ça. Oui, on veut bien la médaille du mérite végétal, plus la palme académique (avec le masque et le tuba, SVP).

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Mixez-moi un melon (ou deux ou trois, selon nombre de becs à table) avec un bouquet de verveine. Puis assaisonnez progressivement, avec un parcimonieux feeling, en ajoutant une mini giclée de vinaigre de Xérès, une pincée de poivre de Séchuan, une pincée de piment et une autre de sel. Rectifiez par touches. L’équilibre salé-sucré-acide, voyez-vous, est un Himalaya qui s’escalade sans hâte. Gardez au frais, into the big frigo.

Dans une jatte,
touillez une poignée de graines de sésame, le jus d’une lime, une pincée de piment, une giclée d’huile d’olive, quelques tours de moulin à poivre et plein de feuilles de verveine hachées menu.
Décapitez et décortiquez les gambas crues, sans oublier de les châtrer, soit d’extraire cette maudite membrane noire qui leur court sur le râble. Salez. Puis roulez les crustacés dans la marinade. Couvrez. Puis oubliez au frigo une heure.
A 19 h 53, fichez les gambas sur une brochette. Poêlez à feu nourri, dans une nano-barbotière d’huile d’olive. Deux minutes et quelques de cDSC02299.JPGhaque côté.

Installez enfin la brochette en équilibre sur le bol contenant la soupe de melon. Opération périlleuse, exigeant maîtrise et concentration, qui constitue le moment-clé, le point d’orgue, le climax émotionnel autant que technique, de cette couillonne de recette.

Avec ça, notre sommelier Esteban 1er, vous suggère un rosé naturel des Corbières: la cuvée Coule Douce de Catherine Marin-Pestel à la Treille Muscate, par exemple, un brin drôle de jus en vérité, pour gosiers très avisés, avec une larme de sucre qui en adoucit l’attaque et une chair au fruité radical qui fait pschiiiit sous la langue. Archi ouf mais méga slurp.

A sous peu (de melon à la verveine)

 

PS. Quand vous cuisinez, ça ne vous énerve pas, vous, quand un petit pokémon débile vient twister entre les casseroles?

06/08/2009

La lotte cochonne, le piment ibérique, les chanterelles et tout le tralala

Bien le bonjour, cuistots branchés

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Il fut un temps où marier charcutaille et poiscaille relevait d’une audace culinaire inouïe. Voire inuit. Seuls quelques aventuriers intrépides et musculeux se risquaient alors à coiffer leurs encornets de miettes de jambon rôti (autopromo). A accoupler sans vergogne crevettes et merguez (re-autopromo). Ou à jucher leurs noix de St Jacques sur un pouf de lard grillé (re-re-autopromo).

Or, les choses ont bien changé. Oui, Madame. Désormais, le tandem terre-mer est devenu une évidence. Pour ne pas dire une giga banalité de la mort.
Tenez, notre pavé de lotte farci au korizo grillé, par exemple. Ben l’autre jour, suintant de fierté, on décrit la recette en détail à la copine Cricri. Elle écoute, poliment. Puis balance: «Poisson-cochon., c’est vraiment le truc à la mode. En vacances, j’ai vu ça sur toutes les cartes de resto
Et paf dans l’ego. Quand t’imagines avoir écrit un chapitre décisif de la gastronomie contemporaine, c’est toujours douloureux d’apprendre que t’as simplement jeté une crotte de nez dans la marre saumâtre de la branchitude.

Bref, voilà quand même le machin, très modestement intitulé châteaubriant de baudroie à la cochonne et son cortège estival autant que tricolore.
Dedans votre cabas tigré, il vous faut: des petites chanterelles (ou girolles en VF) - viiiite, la saison s’achève -, des fèves dans leur gousse – viiiiite, la saison s’achève –, des tomates cerise, un chouette morceau de lotte taillé en tronçons épais, du piment fumé autant qu’ibérique en poudre, quelques tranches de chorizo et L’Arrière-train sifflera trois fois en DVD (facultatif).

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Vous remarquerez qu’on a sciemment omis, comme d’ordinaire, d’indiquer les proportions, celles-ci variant considérablement selon le nombre des convives. Sachez, par exemple, que si vous êtes quatre à table, il s’agit de prévoir des quantités deux fois plus importantes que pour un tête à tête. L’inverse se vérifie également.

DSC02291.JPGPour la baudroie cochonne.
Poêlez les tranches de chorizo sans matière grasse. Quand elles croustillent, essorez sur du papier ménage.
Avec un couteau atchement pointu et affûté, incisez chaque pavé de lotte. Puis glissez le chorizo dans la scarification. Pas facile. Notez que votre couteau peut ici aimablement servir de cheval de Troie.
Salez le poisson, poivrez aussi et pimentez avec le divin pimentòn de la Vega, douce et odoriférante poudre castillane. A défaut, paprikez pépère.
Juste avant le miam, poêlez presto les pavés dans un peu d’huile d’olive. Genre deux minutes de chaque côté. Mais tout dépend de l’épaisseur de l’animal, of course. Coiffez enfin de chorizo taillé en bâtonnets et de quelques brins de thym.

Pour la garniture tricolore
. Ecossez les fèves. Pochez deux minutes dans une eau salée fémissante. Refroidissez illico. Puis dérobez. Réservez.
Nettoyez les champignons, à la brosse à dent si possible, sous l’eau claire autrement.
Taillez les tomates en deux.
Emincez une échalote.
Juste avant le miam. Faites fondre l’échalote dans une bonne noisette de beurre. Ajoutez tomates et girolles. Sel, poivre, une pincée de gingembre en poudre. Faites cuire cinq minutes à feu mezzo. Intégrez enfin les fèves, touillez 27 secondes. Puis dressez artistiquement les assiettes.
Avant de servir en tortillant du joufflu.

 

Ouvrons une page santé pour finir. TDSC02315.JPGous les diététiciens et les diététiciennes vous le diront, il faut absolument boire du vin à table; c’est bon pour le tissu conjonctif, l’articulation rachidienne et le transit artériel. Ici, une grenache gouailleuse, naturelle et parfumée devrait faire l’affaire. Farfouillez donc dans le chai du Domaine de l’Anglore, Tavel, Vallée du Rhône du Sud, France d’en bas à droite sur la carte. Il est possible que vous y trouviez le jus de la situation.

Veuillez agréer... blabla

04/08/2009

«Dinner In The Sky»: un souper d’altitude pour emmerder les pauvres

Coucou, les gastrolâtres démunis

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A table, les gens pétés de thunes trouvent toujours le moyen d’afficher leur richesse pour faire bisquer les gens qui n’en ont guère, des thunes. Notez qu’il s’agit là d’un phénomène très ancien, qui a probablement démarré au fond des cavernes autour d’un gigot de mammouth.

Les gens pétés de thunes
donc, naguère, ingurgitaient des choses très chères pour marquer leur position sociale. Des épices et des vins fins. Puis de la truffe, du saumon, du caviar, du foie gras, tout ça quoi.
Manque de pot, le garde-manger de la haute bourgeoisie s’est démocratisé. Plus ou moins. Les pauvres trouvent désormais du saumon fumé à bas prix à la supérette, du parfait de canard avec un vrai confetti de foie gras dedans, de l’huile de truffe synthétique et des œufs de lump en solde.

Zut, alors! Il a donc fallu trouver autre chose. Les gens pétés de thunes ont longuement réfléchi. Comment se sustenter tranquille en écrabouillant le peuple?

Puis l’idée a germé: EN SOUPANT LOIN AU-DESSUS DE LEURS CHIGNONS POUILLEUX, BIEN SÛR!

 

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En soupant exactement à 50 mètres de haut, sur une plate-forme hissée par une grue. Voilà le concept de «Dinner in the sky». Oui, Madame. Après Budapest, Bruxelles, Dubaï, Londres ou Las Vegas, la tablée aérienne s’installe à Paris, au Jardin des Tuileries, du 11 au 15 septembre prochain, pour 25 repas de 22 convives.

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Et comme on ne se perche pas pour manger des sandwichs aux rillettes et des kahouètes rances, des chefs multi-étoilés concoctent les menus: de Guy Martin à Veyrat, via Gagnaire, Thierry Marx ou Georges Blanc. Que du beau linge.
Prix de la mastication d’altitude: 940 Euros. Chaud devant. Pas de RMIste sur les nuages.

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Certes, l’affaire s’annonce caritative. Sur chaque addition, 100 euros filent à une bonne œuvre, ce qui est très raisonnablement charitable.

Les riches pourront donc s’empiffrer pépères.
Question: mais comment fait-on pipi là-haut? Quand la Baronne Von Machinebleck subit une attaque foudroyante de colique, que fait donc le personnel? Nous, on suggère aimablement de la jeter par-dessus bord avec un parachute.
C’est toujours distrayant une aristocrate diarrhéique qui plane dans les cieux.

Bien à vous

PS: Oups. On allait oublier le dicton du jour. Le voilà: qui mange un chien, chiwawa

03/08/2009

La promesse fanfaronne et la salade de pastèque façon thaï

 

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Il se réveilla en sursaut. Dehors lambinait une aube grisâtre. Dedans poissaient les draps, pendant que tournicotaient deux mouches hystériques. Il demeura inerte quelques minutes, incapable de bouger ni de penser, avec un laminoir dans le crâne et une queue de castor dans la bouche.
Gueule de bois massive.
Puis soudain, tout lui revint. Le stupide engagement en nota bene de son dernier post. Maudite salade thaïe. La réaction de la foule, les cris, les pleurs, les doléances. Les gens massés devant ses fenêtres, d’abord joyeux, puis menaçants. Maudite salade thaïe. Une nausée sismique le submergea. Il secoua la tête en gémissant. Puis se traîna jusqu’à la cuisine. Maudite salade thaïe.

 

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Salade de pastèque façon thaï (pour 4 personnes)
-    2 kilos de pastèque
-    Quatre brins de coriandre, quatre brins de menthe, quatre brins de basilic
-    Un brin d’inconscience
-    Six radis
-    Une tête d’oignon frais
-    Une poignée de cacahuètes
   
Pour la vinaigrette
-    Une CàS de sauce soja
-    Une CàS d’huile de tournesol
-    Le jus de deux limes (plus les zestes)
-    50 grammes de racine de gingembre frais
-    Un piment vert
-    Une tête d’oignon nouveau
-    Une gousse d’ail

DSC02318.JPGEpépinez et détaillez la pastèque en petits cubes. Ciselez les herbes. Taillez les radis en rondelles. Mélangez le tout.
Dans un mortier, pilonnez l’ail et le gingembre jusqu’à obtention d’une pâte. Ajoutez la sauce soja, l’oignon finement émincé, l’huile et le jus des limes. Puis le piment, épépiné, taillé en fines rondelles. Mélangez. Goûtez et rectifiez. Arrosez la salade.
Grillez enfin les cacahuètes à la poêle sans matière grasse, salez-les si elles ne le sont pas, puis écrasez grossièrement au pilon.
Coiffez la salade d'éclats de cacahuètes et de zestes de lime avant de servir.



Voilà.

Il rangea la cuisine en grommelant. Et retourna se coucher.
Il détestait la pastèque.

A sous peu



NB
: Il y a de longues années de cela, un petit garçon observateur, planté devant Alerte à Malibu, avait dit ceci: «La sauveteuse, c’est pas des titis qu’elle a, c’est des pastèques.» Voilà qui fait réfléchir, non?

NB2: On a également en stock une recette de pastèque crue, avec les pépins et la peau, mais rien d’autre. Si 157 lecteurs nous la demandent gentiment, on la file. Gratos.