03/09/2009

Nos copains les borlotti, en frichti maritime et estival

Bien le bonjour, les pétulants omnivores

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Je ne sais pas vous. Mais nous, il y a des choses à manger que l’on adore juste à cause de leur nom. Ces mets-là, on les a à la bonne avant même d’avoir croqué dedans. C’est que la grande loterie étymologique leur a aimablement refilé une paire de syllabes lutines, des sonorités qui swinguent, une procession de lettres qui chantonne.

Notez que tout ça reste méchamment subjectif. Il se peut ainsi que les mots potiron, crépinette, bigorneau ou croustade n’éveillent rien en vous. Chez nous, oui. Ça résonne, ça tintinnabule, ça rigole, quoi. A contrario, duxelles, porridge, quiche, salsifis ou macaron ne groovent nullement à nos oreilles. Une affaire de goûts musicaux, donc, mais pas culinaires. Ou si peu.

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C’est évidemment dans la première catégorie que l’on range les borlotti, soit ces haricots à l’exquise robe marbrée de vieux rose, nommés également cocos roses, qui débarquent frais sur nos marchés à cette époque de l’année. Ben, borlotti, c’est kawaï en diable. C’est chou de chez chou. C’est du miel lexical dans nos vieilles portugaises. Pour un peu que l’on s’interdise de penser au vilain Borloo, Jean-Louis, ce qui gâcherait ce moment de béatitude sonore.
Et puis, tant qu’on y est, avalez donc cette salade de borlotti aux bébés seiches, recette roots et vivifiante ramenée par la copine Claire du sud de l’Italie.
Comme quoi on n’attrape pas que des coups dans les Pouilles.

 

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Il vous faut de petites seiches prêtes à la grillade, du persil, du citron, du basilic, des tomates rubicondes, de l’oignon rouge autant que frais, un petit piment rouge et, donc, des cocos roses frais. Compter grosso modo 320 grammes par bouche à table.

DSC02415.JPGEcossez les borlotti, en vous émerveillant de la gamme chromatique croquignolette des haricots qu’ils cachent. Haricots qu’il s’agit de pocher une vingtaine de minutes, dans une eau frémissante mais pas salée, qu’ils se décrispent tout en restant croquants. Rafraîchissez aussitôt.
Pelez, épépinez et détaillez les tomates en dés. Ciselez menu basilic et persil. Emincez l’oignon et le piment.
Rincez les petites seiches et poêlez dans un peu d’huile d’olive quatre ou cinq minutes. Sel, poivre, citron.
Touillez le tout. Assaisonnez résolument d’huile d’olive, jus de citron, sel, poivre.
Puis servez en susurrant d’une voix rauque et chaude bor-lo-tti, borlo-tti, bor-lo-tti. Effet ga-ran-tti.

Ciao, les potes

Commentaires

Moi, c'est le mot concombre qui me met en transe: concombre, concombre, concombre

Écrit par : Robert | 03/09/2009

Et ça, ça groove pas peut-être ?

http://www.wikilivres.info/wiki/Le_Salsifis_du_Bengale

Écrit par : dano | 03/09/2009

Houuu Dano, on ignorait votre fibre poétique. Charmant, en effet.

Écrit par : Estèbe | 03/09/2009

Mais ça nous fera pas bouffer plus de salsifis !

Écrit par : dano | 03/09/2009

Et le borlotti, il vous fait aussi de la musique intestinale en vrai, une fois ingurgité? C'est que moi aussi, j'ai la fibre poétique, question transit!

Écrit par : olif | 03/09/2009

C'est la fibre qui facilite le transit, d'ailleurs.

Écrit par : Dano | 03/09/2009

Raffiné, Olif: on flaire le mélomane chez vous. Ben non. Frais qu'il est, le haricot. Pas d'effet de serre.

Écrit par : Estèbe | 03/09/2009

ah ça c'est bon !
hier j'ai fait un ragout d'agneau aux borlotti justement, avec des oignons, plein ! Mon mari adore quand ça fait péter.

(et moi aussi, ça nous fait rigoler comme des baleines... oui je sais c'est idiot et malséant)

Écrit par : Louise | 03/09/2009

Les haricots borlotti... est-ce qu'ils font plus ou moins péter que ceux de Soissons? Ils sont plus petits alors, je me demande!
Les cocos de Paimpol, c'est déjà pas mal mais les Soissons que j'ai reçus hier sont énormes... je suis curieuse de connaître leur musique. je te tiendrai au courant en privé!

Écrit par : mamina | 03/09/2009

Estèbe, vous avez sabor(lot)té ma blague sur JL. Je suis dég.

Écrit par : Camille | 03/09/2009

Moi ce ne sont pas tant les sonorités que la référence à une certaine désuétude du mot. Par exemple, la duxelles ou le porridge, j'aime. Les financiers aussi. Mais pas la quiche. Faut que ça fasse un peu riche mais point de vue vocabulaire, seulement. Voyez ? Superbe salade, ah oui bravo.

Écrit par : rose chiffon | 03/09/2009

Oh Louise, tu nous lâches de bonnes louises là ! Vas-tu former une fanfare ?

Oh Jérome, ne lâches pas cette bonne Louise là !

Bon, maintenant je vais préparer ma valise pour m'en aller demain matin, dans le Narbonnais(oui, c'est en Ovalie). Je penserai à vous toutes et tous... et pouêt pouêt, et ceci particulièrement à "L'Encornet Trottineur", resto où l'on déguste de supers plats de mer et terre, c'est juste à côté du cigalodrome municipal.

Écrit par : Rastapounet | 03/09/2009

Cher Maitre, votre salde semble exquise...de même que votre contrepèterie italienne.

Écrit par : Saveurs Sucrées Salées | 03/09/2009

Votre "salade", bien sûr. Excusez ma précipitation.

Écrit par : Saveurs Sucrées Salées | 03/09/2009

J'ai toujours pensé que la cuisine était un art comme la peinture par exemple, la démonstration en est faite aujourd'hui, avec tous les mélomanes que vous avez autour de vous
Bonne soirée

Écrit par : chapot | 03/09/2009

Saveurs, bravo, je désespérais que quelqu'un perce cette si fine et délicate contrepèterie transalpine. Non Rose, pitié, pas porridge.

Écrit par : Estèbe | 03/09/2009

Qui aujourd'hui sait encore monter une duxelles de routine ? Plus guère de monde, on dirait, sauf à être contredite. C'est passé de mode, tout comme les vole-au-vent et le porridge. Un jour ça aura disparu du paysage et de nos assiettes high-tech, merde.

Écrit par : rose chiffon | 03/09/2009

Top la contrèpeterie ! Je verrai les pouilles différemment la prochaine fois que je les visiterai ! Moi ce qui met mes sens en éveil en ce moment c'est le mot bernique, j'aime bien ce petit mot gentil, et je ne sais pas pourquoi mais j'en ai une furieuse envie, avec du pain et du beurre salé. Ça fait quelques jours que je houspille Monsieur pour qu'il aille m'en pêcher sur les rochers du coin vu qu'on n'en trouve pas dans les poissonneries.

Écrit par : Marie-France | 03/09/2009

Rose, et la blanquette, le pot-au-feu, les harengs pommes à l'huile ? Finis.

Écrit par : Camille | 03/09/2009

Oui, tout fout le camp, mes pôv' dames.
Pour ma part, j'ai succombé à la crise des Pouilles.

Écrit par : Yves | 04/09/2009

Aïe, ça doit faire mal ça yves, non ??

Écrit par : Marie-France | 04/09/2009

Je me demande qui sont les plus fous dans cette maison !! le maître ou
ses lecteurs...... mais on s'y amuse et on aime ça. Surtout on y mange
bien.

Au fait, ce matin sur le marché j'ai failli acheter des borlottis, mais les
bébés sèches tétaient encore leur mère, n'étaient pas prêts.

Écrit par : gabriella | 05/09/2009

ça fait très envie ça
très beaucoup même !

Écrit par : marion | 05/09/2009

Marie- France
tu attrapes toi même tes berniques ( un bon coup de talon sans prévenir! ) facile.....
Ensuite tu vas au marché pour acheter des cocos de Paimpol.
Pas besoin d'un mec pour faire tout ça.
Après, tu fais comme dit M.Estebe, et tu as une recette bretonne super bonne!
Tu sers en sussurant nique-ni-que ou bien... ( non ça suffit comme ça ! )

Écrit par : Marie-Hélène | 05/09/2009

On dirait des céphalopodes échoués sur les galets de Belle-Île, c'est beau et ça nous change de la blancheur du coco, je me comprends. Chouette recette que je complèterai probablement d'une pointe d'ail.

Écrit par : Patrick CdM | 08/09/2009

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