01/10/2009

Les brochettes de la honte et le gratin de la gloire

Bonjour, gastrolâtres exigeants

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De temps en temps, il n’est inutile de rappeler à nos lecteurs adorés l’ennui abyssal que peut susciter la plus chouette des recettes décrite avec les fesses serrées.
Giga narcotique. Total rasant. Tue-la-faim, voire.
Jugez plutôt.

Gratin de patates douces au cumin pour 4 personnes:

-    1 kilo de patates douces
-    1,5 décilitre de crème fraîche
-    Cumin, sel, poivre
-    Gruyère râpé

DSC02561.JPGPeler et couper les patates douces en fines rondelles. Cuire dans le panier vapeur vingt minutes. Huiler un plat à gratin. Disposer au fond une première couche de patates. Arroser d’un peu de crème, assaisonner, saupoudrer de cumin. Puis recommencer par couches successives. Terminer avec une tombée de crème et de fromage râpé. Enfourner enfin au four préchauffé à 180° pour douze minutes.
Servir aussitôt.


Voilà comment on vitriole, stylistiquement parlant, un gratin de la mort de ta Tante Ursule qui t’emplit le clapet d’une douceur affriolante, tout en jouant les garnitures miraculeuses pour un plat sévèrement carné.
Enfin, on dit ça…

Bien à vous, mes canards dodus

 

 

PS: A vrai dire, on a tricoté ce gratin héroïque comme accompagnement de brochettes de faisan au cognac et noisettes; faisan acheté à un tarif intolérable que la pudeur nous interdit de préciser ici. Notre gourmandise nous conduira au Mont-de-piété. Autant dire qu'on plaçait de monstres espoirs dans cette recette-là. Et patatras...

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Le volatile avait mariné une aprème entière dans la gnole, un jus de lime et du miel, avec du genièvre, trois clous de girofle, de laurier et on ne sait trop quoi encore. Les brochettes sont allées se faire caraméliser à la poêle, avant de se faire coiffer de noisettes concassées et torréfiées.
Génial sur le papier; top naze en bouche.
Le faisan empestait l’alcool. Horriblement sec et fibreux, il offrait une chair déprimante, d'ordinaire l'apanage de ces pauvres poulets élevés trois jours en batterie soviétique.
Et comme le vin blanc de noble extraction bourguignonne, débouché espècialement pour l’occasion, puait le bois, le soufre et la misère, seul le gratin décrit sus-décrit a sauvé la soirée.

Merci gratin.

PS2: Drôle de post, aujourd'hui. Pas à dire, c'est l'automne.

Commentaires

Il faut être un peu faisan pour en acheter, Estèbe. Ces bestioles sont lâchées devant les fusils.... c'est de la foire foraine pour blaireaux, pas de la chasse. C'était quoi, au fait, le bourgogne qui pue? Balance un peu, zut quoi ;-)

Écrit par : Robert | 01/10/2009

Ô Grand Robert, on sait pertinemment que la chasse au faisan ressemble souvent à un jeu vidéo. Mais la curiosité gourmande a été la plus forte, comme d'habitude. Mea culpa à flots.
Le blanc? C'était un Mercurey, millésime 2001, chez un producteur récemment encensé par la grande critique vinique tricolore à la papa. Z'avez qu'à feuilleter la presse spécialisée de ce mois-ci.

Écrit par : Estèbe | 01/10/2009

Un grand merci au passage pour "la Pie Colette" et le Tempier que vous m'avez fait découvert. J'ai pris contact avec les propriétaires en leur citant vos articles et en plus ils étaient ravis !
Bon évidemment j'ai pas eu de réduc' pour autant, on parle de vignerons hein ;-)

Écrit par : rasbaille | 01/10/2009

Il reste du gratin ? (j'arrive)

Écrit par : rose chiffon | 01/10/2009

éh bé....
Il empestait l’alcool il était sec et fibreux, il offrait une chair déprimante ...

Je fonce acheter des patates douces et donner des nouvelles à la faisane !

Écrit par : "Toinette" | 01/10/2009

Rose, il est 12 h 05, en prenant le charter de 12 h 12, vous devriez arriver pile pour le déjeuner.
Toinette, il se peut qu'une vraie poule faisane, sauvage et désinhibée, se montre bien plus slurp que le machin sus décrit.
Rasbaille, ravi de vous avoir rendu service, vraiment.

Écrit par : Estèbe | 01/10/2009

Tue-la-faim, je ne connaissais pas l'expression... elle me sera précieuse pour décrire mes sentiments face à certaines recettes.

Écrit par : Anne-laure | 01/10/2009

Bon, au lire de ton gratin de la mort, je vois que je développe chez mes lecteurs un "ennui abyssal" car j'ai reconnu mon style ou presque dans cette recette... que je ferai quand même, na!
Et si par hasard j'en parle,je serai "giga narcotique" et "tue-la-faim"... m'en fiche, je vous aime quand même, mais c'est bien fait si le Bourgogne n'était pas bon.

Écrit par : mamina | 01/10/2009

Il me reste un faisan chassé ici (et gratuit donc) au congélateur, le tout est donc de ne pas trop l'imbiber.. Dommage pour la viande et le vin. Il y a des jours comme ça...

Écrit par : Tiuscha | 01/10/2009

Sieur Stèbe, merci.
Merci de la part de tous les apprentis cuisiniers qui se sentent inventifs et inventent une abomination.
Merci pour la solidarité.
Merci de continuer à essayer et de continuer à nous raconter les bonnes inspirations... et les mauvaises.

ça fait du bien.

Écrit par : funambuline | 01/10/2009

Malheureusement je ne possède pas votre verve et votre humour, mon classicisme me perdra, mais vous êtes unique et c'est pour cela que se promener sur votre blog est toujours un moment de "liesse" !

Écrit par : chapot | 01/10/2009

Mamie Lucie (90 printemps) trempe les tranches fines des patates douces dans le sucre et les fait caraméliser dans du beurre à la poêle. Croyez moi ça vous réconciliera avec Tante Ursule le jour où vous vous présenterez devant elle au paradis des gourmets.
Croyez moi ou non, mais à part la gnole et quelques épices différentes, j'ai fait pareil avec des pilons de poulet. C'était bon chez moi, enfin ça aurait du l'être... si ça n'avait pas cramé...

Écrit par : Lavande | 01/10/2009

Et maintenant la Toinette elle fait quoi avec son kilo d' patates douces ?
Au sucre ou au gruyère ? hein ?

:-))

Écrit par : "Toinette" | 01/10/2009

Le premier qui dit à Toinette ce qu'elle peut faire avec ses patates douces, il va au coin!
Lavande, oui, avec du poulet payé un prix humain et qui sent pas trop le fil de fer charentais tout devient radieux.
Ben, Chapot, voui, que vous savez rire et manier le bic

Écrit par : Estèbe | 01/10/2009

Ah ben me v'là belle y'a du coing maintenant !

Écrit par : "Toinette" | 01/10/2009

Du faisan, mais dans quel siècle vis-tu? En 09, on bouffe des verrines de pangasius ou on ne bouffe pas du tout.

Écrit par : Sophie 13 | 02/10/2009

"Verrines" ---> Mot allergisant !
Ou alors avec du Haggis dedans !

Écrit par : "Toinette" | 02/10/2009

Il faut vous plaindre, en plus ?

Écrit par : Camille | 02/10/2009

Oui, mais toujours dans le sens du poil hein ...

Écrit par : "Toinette" | 02/10/2009

Il est loin le temps du gastrosexuel qui tombe les filles avec ses asperges en meli melo....

Écrit par : Bil | 02/10/2009

chair Estèbe,
qu'il est bon de lire de larges foirages culino-chimique et comme le souligne Funambuline, je me fatigue aussi des pointures qui ne font que du "top", du "à tomber" et du "divin" sans connaitre les affres de la médiocrité quotidienne où l'erreur et l'a peu près rythment les joies du miam et remiam d'un petit miracle que l'on voudrait toucher bien plus souvent !!
Et comme dit le chasseur chti rentré broucouille d'un dimanche à promener son fusil et sa douzaine de chiens au nom unique de Hate et au pelage lisse :
"Faisan autant et gratte une patte hate douce" ...

Écrit par : docadn | 02/10/2009

Trouver un faisan qui soit digne de ce nom rélève de la quête du st Graal.
Ce qui est rassurant dans tout cela c'est que le commerce débridé continue, et que fort Knox ressemblera bientôt à une colline à coté de l'himalayeste mont de piété
Tout n'est pas perdu en cet automne de crise, le suicide aux champignons y est autorisé maintenant

Écrit par : jupiter | 03/10/2009

vraiment j'ai rien à ajouter (vraiment? ben qu'est ce que je fous là alors?) (ah ah ah) (je pourrais déblatérer comme ça pendant des pages entières) (comment ça, c'est déjà ce que je fais avec mon blog?)
ça fait longtemps que je fais plus le tour de mes blogs favoris, pas le temps, mais là, j'ai bien fait, j'ai bien rigolé, ça délasse. Aaah, je peux retourner sereine vers mes petits dépiautages du lundi, ils souffriront moins, merci pour eux.

Écrit par : lili violette | 05/10/2009

Hum, le bourgogne blanc que j'aperçois sur la photo me paraît en effet dénaturé...

Écrit par : Patrick CdM | 11/10/2009

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