08/10/2009

Des dames, du vin et mille ans de «buona abuffata»

Bien le bonjour, les cocos bretons

Suffit la pignolette culinaire. Causons littérature, que diable.
Littérature miam et glouglou, s’entend.

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C’est qu’il y a quelque temps de cela, la copine Scoopette nous a gentiment prêté Delizia! de l’Anglais John Dickie (riez pas, c’est son vrai nom), qui est une histoire gastronomique de l’Italie bien touffue, brossée avec drôlerie et érudition. La copine, ayant l’habitude de griffonner ses livres, on s’est retrouvé avec un exemplaire plein de soulignages et de petits commentaires en marge, ce qui nous a donné la troublante sensation de bouquiner avec les lorgnons de quelqu’un d’autre.
Le dit Dickie parcourt donc mille ans d’histoire savoureuse, en battant en brèche au passage quelques idées préconçues. Non, la splendide popote transalpine ne s’est pas faite en un jour. Hier encore, elle n’était qu’une collection de bricoles régionales sans lien entre elles. Non, elle n’est pas paysanne, mais bien citadine; les villes s’étant toujours octroyées les mets les plus fins et plus beaux produits. De Milan et son risotto à Rome et sa saltimbocca. Du couscous de Palerme au XVIIe siècle à la misérable pizza napolitaine, qui mit un siècle à s’imposer dans le reste du pays. L’auteur nous narre la folle saga de cette «buona abuffata» avec pléthore de digressions, anecdotes et autres aromates sociopolitiques. Ça se lit comme du petit-lait (de bufflonne). Et puis mettre Sophia Loren en couve d’un traité gourmand, c’est toujours une preuve de goût.

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Tant qu’on est en librairie, restons-y, avec le bouquin de Ségolène Lefèvre, oui l’historienne de l’alimentation au blog palpitant, qui s’est lancée sur les traces d’un couple méchamment contrarié: la femme et le vin. Un couple qui aura eu toutes les peines du monde à convoler, longtemps bridé par une armada de préjugés machos autant que rédhibitoirement couillons. Dans ce drame-là, on croise quelques figures mythiques – de la Veuve Clicquot à Marie-Thérèse Chappaz – et des silhouettes plus modestes, épouses discrètes, serveuses d’auberge ou semi-mondaines au gosier en pente. Ségolène émaille son topo, savant, lutin autant qu’historique, d’interviews de vigneronnes ou autres professionnelle du vin, qui amènent un feeling sensible et vécu au propos. Vivement conseillé.

«Delizia!: une histoire culinaire de l'Italie» de John Dickie, ed. Buchet-Chastel
«Les femmes et l'amour du vin», Ségolène Lefèvre, ed. Féret

 

A sous peu

NB: Demain, promis, on retourne aux fourneaux avec un machin fumant mais pas fumeux, qui va vous faire écarquiller les papilles. Oui, Madame.

Commentaires

Pourquoi, mais pourquoi donc la vue de l'aisselle "al naturale" de la sublime Sophia m'émeut-elle à ce point?
Encore une délicatesse du temps passé qui a disparu...

Écrit par : Azrael | 08/10/2009

Dacodac, Azrael. En ces heures d'épilation globale et totalitaire, il y a là en effet l'image d'une féminité épanouie autant que radieuse qui nous rend tout chose itou.

Écrit par : Estèbe | 08/10/2009

Moi aussi ça me met de bon poil

Écrit par : Yves | 08/10/2009

... c'est un petit triangle comme un autre ...

Écrit par : Naze | 08/10/2009

Vous dites ça parce que c'est elle (ou toute autre star de ciné sublime), allons soyez francs.

Écrit par : rose chiffon | 08/10/2009

Je ne prends pas non plus ombrage d'un léger plumage. Delizia, pour sûr. Rappelons-nous qu'il fut un temps où les femmes, actrices ou pas, belles ou non, ne ressemblaient pas toutes à des poupées blondes désinfectées.

Écrit par : Robert | 08/10/2009

Le problème avec ces dames-là, précisément Robert, c'est qu'elles ont quel âge aujourd'hui.

Écrit par : rose chiffon | 08/10/2009

Pourquoi nous oblige-t-on à nous épiler les aisselles - car il s'agit bien d'une obligation sociale? Pas pour des raisons d'hygiène, en tout cas. Le duvet retient la transpiration... c'est l'une des déraisons de notre époque.

Écrit par : Anne-Laure | 08/10/2009

Aujourd'hui pas d'esbrouffe autour de la touffe de Sophia Loren mais un grand MERCI
Ma curiosité pour la lecture est comblée
Encore merci

Écrit par : chapot | 08/10/2009

Oh, Rose chiffon! Ne voyez vous pas que le temps ne fait rien à l'affaire. Et d'ailleurs cette photo vous montre bien que cette Sophia là - et quelques autres - est immortelle!

Écrit par : Azrael | 08/10/2009

L'acomoclitisme des dessous de bras ne passera pas!

Sinon, côté femmes, amour et vin, on est en train de se pencher sur la question également.

Écrit par : olif | 08/10/2009

Bien sûr Azrael. Mais combien sont les stars du rêve ? Quid de la moustache de la voisine ? N'étant ni une blonde décapée ni de la prime jeunesse, je suis néanmoins d'avis que ce qui est touchant chez Sophia ne l'est pas sur tout le monde. Vous les hommes, barbe ou pas ? Le charme diffère, et alors.

Écrit par : rose chiffon | 08/10/2009

Retoucheur de poils sur nus artistiques durant mes années estudiantines, j'ai le triste devoir de vous faire remarquer, cher Estèbe, que l'aisselle droite, qui semble naturellement ombragée, de la sublime Sophia (sic Azrael) a bien été photostatée. Dans le monde anglosaxon, androgyne, glabre et prothestasé, selon les règles du faux gout acturel, la belle aisselle de l'actrice, sur la meme photo, est exempte de toute mousse exquisément musquée.

Écrit par : Absalon | 09/10/2009

nous les femmes... pas de doutes, tes propositions livresques très mâle-honêtes sont très alléchantes... y aurait-t-il un lien quelconque avec le sujet de ton billet précédent concernant la baisse de qualité dans les semences de nos congénères les homo pas si erectus que ça... ah la baisse de qualité des semences, vaste sujet.............................

Écrit par : saperlipopote | 09/10/2009

Mais est ce que les PFOA font tomber les poils, cela me turlupine

Écrit par : jupiter | 09/10/2009

Les commentaires sont fermés.