30/11/2009

Le hamster sous viagra et le flan de fenouil à la menthe

Coucou, les cochons dingues

DSC02756.JPG

Il n’y a pas que des bonnes nouvelles dans le journal ce matin. Hou non. Vivre dans un pays où les gens pètent de trouille et insultent, via les urnes, une communauté qui ne leur à rien fait, voyez-vous, ça plombe le moral. Voire plus. Bref.

Heureusement qu’il y a des news plus gaîtes dans la presse, pour un peu qu’on cherche bien dans les recoins. Par exemple, celle-ci:
«Bien connu pour résoudre les dysfonctionnements érectiles chez l'homme, le Viagra s'est peut-être trouvé une autre fonction. Testé sur des hamsters, la petite pilule bleue pourrait aussi limiter les effets dus au décalage horaire.»

Par quel processus expérimental les scientifiques ont-ils pu en arriver à cette conclusion fascinante? Facile. On imagine qu’ils ont bourré un hamster de Viagra, l’ont expédié en avion vers les Antipodes, avant d’examiner ses réactions à l’arrivée. L’animal, qui aurait dû être tout flagada après ce long voyage, était sans doute excité comme une puce, pelotait l’hôtesse en jetant des plaisanteries libidineuses à la cantonade.
Voilà, le décalage horaire est vaincu. Vive les rongeurs. Vive la science. Vive les hôtesses de l’air.

Et puis, vu que rien n’arrête la marche fabuleuse du progrès humain, tricotons-nous à présent un flan de fenouil bio au parmesan bio et à la menthe bio, garniture bio qui accompagnera vos poissons bio ou viandes bio avec la pétulance d’un hamster bio sous viagra.

Pour quatre petits flans…

DSC02755.JPG

Virez les feuilles moches et le cœur coriace d’une paire de fenouils adultes, émincez-les, puis faites les cuire à couvert dans une casserole avec un grand verre de lait. Quand ils s’abandonnent, mixez-les. Vrouuuuum. Assaisonnez.
Dans une jatte, fouettez deux œufs et une cuillère à soupe de crème. Fouettez, fouettez, refouettez. Salez mollo, poivrez. Puis intégrez une grosse cuillère d’un bon parmesan en poudre et un demi-bouquet de menthe ciselée. Touillez. Ajoutez enfin le fenouil. Retouilez.
Répartissez joliment dans quatre ramequins. Faites cuire au bain-marie, un gros quart d’heure, au four préchauffé à 150°.

Puis photographiez
, en faisant semblant de ne pas remarquer qu’une bestiole hirsute, un hérisson sous viagra sans doute, s’est glissée dans le cadre.
Tiens, ça me troue l’ozone, des trucs comme ça.

Bien à vous, bonsoir

26/11/2009

Le foie gras, sa gelée et sa garniture ouf face à un monde incrédule

Bien les bonjours, les omnivores rieurs

DSC02747.JPG

 

On attaque ce billet follement gourmand, pétillant et inspiré, tout en soupesant l’inutilité de l’entreprise.

Il est ainsi probable que 32% des lecteurs vont zapper d’emblée en découvrant la présence de foie gras dans cette prose. Une affaire d’éthique, de gavage inhumain, et tout ça. Moins 32%, donc.

Environ 27, 4% des visiteurs décrocheront ensuite en apercevant la gelée, qui nappe si gracieusement le foie gras. Il y a plein de gens qui haïssent la gelée. Une affaire de goût, de choc traumatique enfantin, et tout ça. Moins 27, 4%, donc.

Il est statistiquement prouvé que 43% des gourmands quitteront aussi le navire au simple mot «topinambour». Injustement réputée triste, pétogène et sournoise, la racine n’a pas que des potes. Une histoire d’a priori, de souvenirs douloureux des années de guerre, et tout ça. Moins 43%, donc.

Un peu moins de 19% du lectorat (18, 6% sans doute) s’en iront encore cliquer ailleurs à la simple mention des cranberries, ou canneberges en VO, fruits rouges et secs d’origine lointaine, considérés - à tort ou à raison - comme un pur produit de la branchitude culinaire contemporaine. Une affaire d’humeur, de défiance naturelle face aux diktats de la mode, et tout ça. Moins 18, 6%, donc.

Il n’est pas saugrenu de penser enfin que l’on perdra encore un bon paquet de convives (9, 2%), dégoûtés par le mariage de ces divers ingrédients. Une affaire d’inclinaison intime, d’appétit, et tout ça. Moins 9, 2%, donc.

Un petit boulot sur la calculette. Tap tap tap. Résultat des courses? Moins 130, 7% de lecteurs.

 

DSC02746.JPG

Ce qui ne fait plus grand monde. Nous voilà tout seul en cuisine. On peut enfiler un monokini, tirer la langue, mettre un disque d’AC/DC à fond les manettes et se rouler parterre en disant des choses vraiment cochonnes avec la bouche.

Bref, pour se bricoler quatre coupelles de foie gras en gelée de vin doux, poêlée de topinambours et canneberges, entrée exquise à engloutir à la cuillère et sans chichi, il vous faut quatre coupes très jolies, 100 grammes de foie mi-cuit, deux topinambours, deux décis d’un vin liquoreux voluptueux mais pas raplapla (visez Jurançon sur la carte), quatre feuilles de gélatine, plus une poignée de cranberries.

Au fond de chaque coupe
, travaillez à la fourchette un quart du foie gras, pour l’attendrir, avec une pincée de fleur de sel et un tour de moulin à poivre. Aplanissez joliment.
Dans une casserole, chauffez puis faites flambez le vin, ajoutez quatre feuilles de gélatine. Laissez refroidir. Puis nappez le foie gras. Expédiez les coupelles au frigo, pour que se raidisse la gelée.
Pendant ce temps, épluchez et taillez les topinambours en minicubes. Détaillez les canneberges en deux, ou trois selon inspiration. Poêlez à feu doux le tout dans une noisette de beurre avec une pincée de cannelle, sel et poivre. Pas trop. Le topi doit demeurer croquant à cœur. Voui, Madame.
Sortez les calices de leur glaciale captivité, parsemez de topinambours et cranberies. Puis servez sitôt la tablée. Tablée qui s’est mystérieusement vidée à l’énoncé de la mise en bouche.

Sifflez enfin, la bouteille de Côte du Jura de chez les Macle, remontée de la cave pour accompagner le machin susdécrit. Seul, en monokini, en refaisant le match sur la calculette.

Adios

NB: S’il reste des auditeurs derrière le poste, ci-joint un croquis préparatoire, griffonné sur le coin de la gazinière par l’artiste d’une main sûre et inspirée.

DSC02770.JPG

23/11/2009

Le cochon aux agrumes et l’hébétude de l’aube

Mes hommages, les gens

DSC02728.JPG


Quiconque
a déjà découvert, dans le miroir d’un ascenseur le propulsant verticalement vers un rendez-vous fort important, une traînée de dentifrice dans ses cheveux, s’est sans doute posé cette question: Me serais-je lavé les dents avec le shampoing? Interrogation légitime, suivie d’une foule d’autres. Suis-je gaga? Où se cache la caméra de Tchernia? Comment vais-je me débarrasser de ce machin?
Quiconque a déjà découvert une traînée de dentifrice dans ses cheveux un matin d’hébétude ordinaire sent un gouffre s’ouvrir sous ses pieds. Surtout quand il s’aperçoit, dans un éclair de conscience blafarde, que le rendez-vous fort important vers lequel le propulse verticalement l’ascenseur n’est en fait prévu qu’une semaine plus tard. Le dentifrice s’accroche à la mèche. L’ascenseur file vers un rendez-vous fantôme. Et le miroir réfléchit la tête d’un abruti en train de frotter nerveusement sa chevelure avec un mouchoir en papier, qui se pulvérise en une nuée de petits bouts blancs.
Quiconque est déjà arrivé à un rendez-vous avec une semaine d’avance et la tête pleine de pellicules de Kleenex mélangées à du dentifrice, comme nous l’autre matin, sait pertinemment qu’il y a des jours où il faudrait peut-être songer à rester chez soi.

Par exemple pour bricoler, en sifflotant d’un air dégagé et d’un gosier enjoué, une échine de cochon aux agrumes, pastis et légumes d’avant-hier; une recette mijotée, savoureuse et vivifiante, à l’excellent rapport besogne en cuisine/satisfaction buccale. Car ce ne sont pas les plats les plus fastidieux à échafauder qui bottent le plus en bouche. Et vice versa. Méditons cela.



DSC02727.JPG

Pour deux personnes (ou trois personnes toutes petites et sans appétit, ou pour une seule personne gigantesque et affamée par six ans de jeûne draconien en cellule de dégrisement), volez une tranche d’échine (ou cou par ici) de cochon épaisse comme trois doigts, joyeusement entrelardée, flirtant avec les 400 grammes; plus une lime, une orange, de la cardamome en poudre, trois clous de girofle, un doigt de pastis, une grosse carotte, une racine de persil et un topinambour dodu.

DSC02721.JPGPelez et taillez les légumes en rondelles.
Pressez l’orange et le citron vert.
Dorez la viande sous toutes les coutures au fond d’une cocotte.
Déglacez d’une giclée de pastis.
Ajoutez le jus d’agrumes et les clous de girofle.
Salez, poivrez, saupoudrez largement de cardamome.
Laissez glouglouter quelques minutes. Intégrez les légumes.
Laissez cuire tranquilou, à couvert, 45 minutes.
Rectifiez l’assaisonnement. Tranchez le cochonou en jolies tranches. Coiffez de fleur de sel. Et servez dare-dare, avec une polenta crémeuse et un jéroboam d’un très bon blanc sec, dont on vous laisse le choix.
Aimeriez-vous vraiment qu’un crétin avec la chevelure pleine de bouts de mouchoir en papier collés à du dentifrice décide du pinard à votre place?

Tchou, bonsoir

19/11/2009

La patate farcie à l’automne

Coucou, les gens

DSC02739.JPG

La scène se passe en 2049. Le Dr Slurp prend le frais dans le jardin. Il remonte d’une main un peu tremblotante le plaid sur ses genoux, ferme doucement les yeux, en laissant échapper le journal électronique dont la manchette relate la troisième élection triomphale de Jean Sarkozy à la tête des Etats-Unis d’Europe. L’air est doux. Les oiseaux minaudent. Le Dr Slurp se prépare à un gros roupillou. Quand soudain jaillissent d’un bosquet ses deux petites filles.
Papiiiii, qu’elles piaillent.
Oui, grommelle-t-il, certes content de voir ses petites, mais un rien contrarié dans ses projets immédiats. La sieste, donc.

Comme d’ordinaire, les gamines ont des questions plein la bouche.

-    Tu faisais quoi Papi dans les années 2000?
-    Heu… je bricolais en cuisine.
-    Tu faisais quoi Papi, quand on expulsait les sans-papiers?
-    Heu… des viandes mijotées avec du vin et des herbes et tout ça.
-    Tu faisais quoi Papi, quand Genève virait gentiment à l’extrême droite?
-    Heu… des terrines : de poissons, de légumes, de viande.
-    Tu faisais quoi Papi, quand les banquiers s’enrichissaient comme des gorets sur le dos du peuple?
-    Heu… des gratins, des soupes, des brochettes.
-    Tu faisais quoi Papi, pendant que la planète pourrissait, que la crise grondait, que les inégalités sociales se creusaient?
-    Bon, ça suffit comme ça, allez jouer plus loin

Les fillettes s’éloignent en riant. Le vieux respire profondément, un rien mal à l’aise. Ben oui, qu’avait-il fait de valable durant ces terribles années 2000? Pas grand-chose. L’air est doux. Les oiseaux minaudent. Papi Slurp s’endort enfin. Et rêve d’un plat cuisiné à l’époque. Un plat old school, roboratif et drôlement gourmand; des patates farcies aux chanterelles (ou girolles) d’automne, jambon cru et tomates séchées.

DSC02742.JPG
Pour deux bouches adultes à nourrir, prévoyez quatre belles patates à chair farineuse, genre bintje; cent grammes de chanterelles (ou girolles) d’automne; de la crème; trois tomates sèches; deux gousses d’ail, deux tranches un rien épaisses d’un bon jambon cru et un bouquet de ciboulette. 
Pour quatre bouches à nourrir? Multipliez les proportions par quatre et divisez par deux.
  • DSC02736.JPGLavez et piquez les patates. Emmaillotez-les, séparément, dans du papier-alu, en glissant les gousses à l’intérieur. Expédiez au four, à 180°, pour une heure.
  • Taillez le jambon en petits dés. Faites le croustiller à la poêle sans matière grasse. Réservez.
  • Emincez les tomates sèches et la ciboulette.
  • Rincez à grande eau les champignons. Hachez-les grossièrement. Puis faites les revenir dans une noisette de beurre. Réservez.
  • Quand les patatas sont cuites, découpez leur chapeau, puis ôtez la chair à la petite cuillère en prenant soin de ne pas destroyer le fond du légume. Dans une jatte, touillez ensuite avec la pulpe des gousses d’ail; ajoutez d’abord une lichette de beurre en morceaux, puis une cuillère de crème. Malaxez à la fourchette. Intégrez enfin les champis, les tomates, le jambon et la ciboulette. Assaisonnez avec vigueur. Goûtez. Puis farcissez les pommes de terre.
  • Faites réchauffer quelques minutes au four. Et toc dans la goulette.


Dans son sommeil, le vieillard se souvient d’avoir servi les patates avec une salade verte, quelques champignons en rab juste poêlés. Et une rasade d’un rouge solaire, racé, précis, frais et plein: la cuvée Coccigrues de Yannick Pelletier à St Chinian. Un vin exquis et requinquant, qu’il avait alors installé sur son podium Slurp des plus grands pifs du cosmos.
C’était fin 2009.
N’avait-il vraiment rien de mieux à faire que des patates farcies?

DSC02631.JPG

 


Tchou


PS: L’idée de cet idiot billet d’anticipation culinaire vient d’une chronique du grand François Morel, ouïe un matin sur la France Inter. Morel is god.

16/11/2009

Le céleri branche en salade lutine et l’expression la plus émouvante de la tendresse humaine

Salut les Nambikwara

DSC02694.JPG


Tiens, aujourd’hui, un peu d’anthropologie. Ça vous fera les pieds. C’est qu’on vient de tomber sur un petit texte charmant de Lévi-Strauss (1909-2009), où il narre sa rencontre avec la plus authentique douceur sensuelle au fin fond de la pampa sauvage. La scène se passe chez les Nambikwara, dans le nord du Mato Grosso, au milieu des années 30.

«Le visiteur qui, pour la première fois, campe dans la brousse avec les Indiens, se sent pris d’angoisse et de pitié devant le spectacle de cette humanité si totalement démunie; écrasée, semble-t-il, contre le sol d’une terre hostile par quelque impalpable cataclysme; nue, grelottante auprès des feux vacillants. Il circule à tâtons parmi les broussailles, évitant de heurter une main, un bras, un torse, dont on devine les chauds reflets à la lueur des feux. Mais cette misère est animée de chuchotements et de rires. Les couples s’étreignent comme dans la nostalgie d’une unité perdue; les caresses ne s’interrompent pas au passage de l’étranger. On devine chez tous une immense gentillesse, une profonde insouciance, une naïve et charmante satisfaction animale, et, rassemblant ces sentiments divers, quelque chose comme l’expression la plus émouvante et la plus véridique de la tendresse humaine.»

Entre deux câlins et trois papouilles, il n’est pas impossible d’imaginer que ces indiens-là se restaurent avec la même gourmandise ingénue. Tiens, on leur proposerait bien notre salade de céleri branche au gingembre, pignons rôtis et copeaux de pecorino. Une salade d’hiver acidulée et spirituelle, dont voilà la savante ingénierie:

DSC02695.JPG
Rincez puis pelez grosso modo les branches de céleri à l’économe. Détaillez en petites virgules.

Rôtissez
les pignons à la poêle sans matière grasse. Laissez refroidir.

Pelez et émincez mini un bout de gingembre frais. Pressez un citron vert. A l’économe, prélevez quelques copeaux filiformes dans un pécorino bien sec.

Disposez le céleri et le gingembre à plat dans une très belle et large assiette. Oignez avec largesse d’huile d’olive et de jus de citron. Poivrez, salez (parce sur le céleri, le sel rit, warf).

Au moment fatidique, celui de la cène donc, coiffez de pignons et pécorino, puis servez avec «une immense gentillesse et une profonde insouciance». Les convives en seront tout chose.

A +
Biz

12/11/2009

Le lapin s'effiloche. Sarkozy aussi

 

Amusant, non? On doit cet exquis détournement de l’antique Félicie à un certain Monsieur Lenuage, joli nom, que l’on tient à remercier ici, (en sortant du droit de réserve que devront bientôt observer les blogueurs culinaires en exil). Ce n’est pas tous les jours qu’on rigole à l’aube devant son ordi.
Ni le soir devant ses fourneaux, d’ailleurs (bonjour la transition). A part les jours où y mijote une effilochée de lapin au chardonnay bien roots et moelleuse. Une version acalorique autant que mégadigeste des rillettes à la papa, grâce à laquelle on a raflé le titre envié de Maître Bunny 2009 et le costume qui va avec.

DSC02709.JPG



Pour quatre ou cinq gulus à table,
il faut commencer par s’offrir un devant et un râble de lapin, soit les deux tiers de l’animal environ, moins les pattes arrière. Lesquelles, étant sollicitées à longueur de journée pour la galopade libidineuse, s’avèrent un brin trop musclées et donc sèches pour ravir le palais. Il s’agit aussi d’acquérir aussi une demi-bouteille d’un chardonnay bourguignon de moyenne extraction (inutile de se ruiner, sans tomber dans la crouille non plus), une carotte, trois gros cornichons, quatre feuilles de gélatine et un demi-bouquet de persil.
Faites suer une échalote et une gousse d’ail hachées dans une cocotte avec une giclée d’huile d’olive. Réservez. Découpez grossièrement le lapin en morceaux, salez, puis colorez-le sous toutes les coutures dans ladite cocotte. Ajoutez échalote et ail. Tassez le tout. Mouillez à niveau avec le vin rallongé du même volume d’eau. Immergez un bouquet garni. Ou une boule à thé truffée jusqu’à la garde de laurier, romarin, thym et clous de girofle (trois max).
Laissez glouglouter doucement deux plombes et quelques, en surveillant le niveau de liquide. Le lapinou doit barboter jusqu’aux oreilles.
Taillez en brunoise cornichons et carotte. Emincez le persil.
Extrayez le lapin de son bain, laissez refroidir et effilochez du bout des doigts en virant os et cartilages; opération troublante qui, selon humeur, peut ressembler à une punition dégoûtante ou à une recréation vaguement régressive et donc voluptueuse.
Faites réduire à plein gaz le jus de moitié, voire un peu plus, en y ayant préalablement plongé les carottes et versé un demi-verre de cognac. Ajoutez les feuilles de gélatine une à une. Puis le lapin, le persil et les cornichons. Normalement la bête doit absorber quasi tout le liquide. A défaut, faites réduire encore un poil. Assaisonnez avec une certaine vigueur. Puis moulez dans une terrine et laissez rafraîchir sur le coin de la fenêtre.

DSC02705.JPG



Voilà, cette glorieuse compote de lapinou se sert à la cuillère, ou à la louche, avec quelques griottes au kirsch. Plus, si entente, trois poivrons rôtis en salade et deux fenouils étuvés aux herbettes. Enfin, on dit ça…

 

DSC02670.JPG


Et comme il ne faut surtout pas rester avec la luette sèche, on a dégotté dans le big boxonou de notre cave une bouteille d’altesse savoyarde vieille de 13 ans. Oui, tricotée en 1996 donc, par Monsieur Michel Grisard, vigneron savoyard visionnaire et admirable. Ben, l’aïeule pétait la forme. Parfumée à la truffe et au safran. Fraîche et tonique en bouche. Une super mémé alpine.
Seul souci: l’étiquette collée à cul par-dessus tête. Ce qui n’est pas grave, a priori. Mais pour la guigner, il peut arriver que le convive idiot retourne la bouteille et renverse donc du vin sur la table.
Et la nappe empeste.
Sarkozy…

 

Tchou

09/11/2009

Grand jeu hilarant: les drapeaux nationaux qui se mangent

Bien le bonsoir, les gros loirs

Houuuu, toi, on sent que t’as très très très envie de jouer, là maintenant.
D’étaler ta culture géo-slurp. De briller dans le salon. De faire le malin, ou la maligne, face à un monde incrédule.
Ben, on va voir ça.

D’abord, sache que les drapeaux viennent toujours du miam. Parfaitement. Les gens qui les inventent ne pensent qu’à manger. Et s’inspirent donc de leurs plats fétiches pour décliner les couleurs du pays. C’est là un aspect mal connu de la construction des diverses identités nationales de la planète Terre.

Voilà donc 12 assiettes ouvragées autant qu'alléchantes, qui ont servi à créer des drapeaux de nations notables. Retrouve le nom des pays. Et gagne ton poids en carambars frits et en moules surgelées.

2italie.jpg

 

2grèce.jpg
3france.jpg
2swiss.jpg
3chine.jpg
2liban.jpg
3australiue.jpg
3brèzil.jpg
2indonésir.jpg
2Inde.jpg
2Corée.jpg
2japon.jpg

Oui, le drapeau de Groland manque hélas à l'appel.

Bonne nuit, les amis

17:16 Publié dans Questionnaires | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : drapeaux |  Imprimer |  Facebook | | |

05/11/2009

Le curry rouge de lentilles vertes au calamar blanc

Bien le bonjour, les mignons chipirons

DSC02681.JPG


L’autre midi, on se partageait le menu du jour, Miss Sonson et mèzigue, dans un resto japonais urf. Du genre où une clientèle nantie mastique au coude à coude, tout autour d’un maître rôtisseur asiate, qui chorégraphie ses grillades sur une plancha géante. C’est là un spectacle récréatif autant qu’éducatif, qui ne semblait pourtant pas émouvoir l’assistance.
A notre droite, trois dames comme il faut, avec des habits très chers sur le râble et pas mal de crème sur le museau, piaillaient devant leur coca light, en picorant distraitement les plats les plus chers de la carte. Du bœuf de Kobé. Des crevettes géantes. Et tout ça. A leur départ, on a jeté un œil sur leurs assiettes à moitié pleines, où restaient environ trois cent balles de marchandise intacte. Misère.
Face à nous, deux cols blancs entre deux âges, avec chevalière et Rolex, picolaient un bordeaux illustre en avalant à toute berzingue l’opulent menu dégustation. L’un et l’autre pendus à leurs téléphones portables. La conversation de l’un gênant l’autre, le ton est rapidement monté, de sorte que tout le restaurant profitait de leur insipide blabla bancaire.
Miss Sonson, à qui le ridicule de la situation n’avait pas échappé, nous a alors fait remarquer que l’un des deux, ayant changé son téléphone d’oreille, s’avérait incapable de manier les baguettes de la main gauche. Les nouilles s’échappaient. Le canard glissait. Les st-jacques renâclaient. Et le monsieur s’énervait, en rugissant dans son iPhone. Bref, on a bien rigolé.

DSC02675.JPG


Le soir même, sans téléphoner ni chipoter, le clan Estèban avalait ce curry rouge de lentilles vertes au calamar blanc. Vous noterez la trichromie très étudiée du plat, qui n’est pas sans évoquer les drapeaux mexicain, italien et malgache. Rien à voir avec le schmilblick, certes. Mais quelques tuyaux de culture générale ne nuisent jamais.


Pour quatre morfaloux à table, prévoyez 250 grammes de lentilles vertes, genevoises pourquoi pas, une grosse échalote, une gousse d’ail, 500 grammes d’anneaux de calamar (ou un gros calamar à se détailler soi-même comme un grand garçon), un bouquet de coriandre, du lait de coco, deux tomates joufflues (italiennes - les dernières de la saison -, ou en coulis, ou pelées au jus, ou zut quoi..) et deux poivrons rouges. Plus plein d’épices exotiques que vous découvrirez dans la brillante prose que voilà:

DSC02672.JPGDSC02674.JPG


Rincez puis cuisez les lentilles 25 minutes dans une eau frémissante non salée. Essorez. Réservez.
Hachez ail et échalote. Pelez, épépinez et émincez tomates et poivrons. Rincez et détaillez le calamar en lanières.
Faites blondir, au fond d’une cocote, ail et échalote dans une louchée d’huile d’olive. Ajoutez quelques grains de coriandre peu ou prou écrabouillés, un gros nuage d’un chouette curry pakistanais, une pincée de cardamome, de piment, de gingembre en poudre et de garam massala. Laissez rôtir jusqu’à obtention d’une pâte odoriférante.
DSC02683.JPGIntégrez alors poivrons et calamars. Laissez mijoter jusqu’à ce que l’un et l’autre s’attendrissent un tantinet.
Ajoutez enfin tomate et lentilles. Sel, poivre. Voire curry et piment si besoin gustatif. Laissez glouglouter à feu doux un quart d’heure à découvert. Liez d’une grosse cuillère de lait de coco. Rectifiez l’assaisonnement une fois encore. Faut que ça chauffe un poil la muqueuse, cette affaire-là.
Juste avant de servir gaiment, coiffez de pluches de coriandre fraîche.

Ce machin, l'air de rien, ben, c’est vachement goûteux, light et rassérénant. Oui, Madame. En plus, tu peux boire du rouge avec; un rouge de fruit et de copains, svelte et simple (comme mèzigue). Par exemple la gigagouleyante cuvée Mano & Mano du Domaine catalan Matin Calme, maison qui a sans doute le nom le plus charmant du vignoble mondial. Maison sévèrement biologique avec ça.
N’oublions pas que l’abus de pesticides est dangereux pour la santé.

 

DSC02666.JPG

A bientôt et vivement bientôt

PS: Hey, les gens, on a fait 9/10 au quiz des looks. Trop fort. Champagne! Rillettes!

02/11/2009

La soupe de courge safranée aux ris de veau croustillants et le masque d’Eric Besson

Bonjour, les lutinettes enjouées


DSC02659.JPG

Tiens, avant-hier, c’était Halloween. Ben oui, vous savez bien, la fête des morts américaine qui consiste à se grimer pour mendier des friandises au voisinage. Et comme il est hors de question de laisser à ces crapules de marmots le monopole de la déconnade morbide, on s’est dit qu’on pouvait, nous aussi, aller taquiner les gens de l’immeuble. Hi, hi, hi. Grosse rigolade en perspective.
Certes, il fallait commencer par dégotter un costume bien effrayant. Dans l’armoire aux panoplies, on a hésité entre Frankenstein, Bernadette Chirac, Dracula et Alien. Pour finalement jeter notre dévolu sur un costard gris anthracite et un masque d’Eric Besson, le ministre français de la désintégration et du charter réunis. Trop chouette.

Première étape, l’appart de la voisine de palier. Driling driling. Bruit de pas. On nous guigne derrière le judas. «Bonbons ou expulsion?», lance-t-on joyeusement. Cri étouffé derrière la porte. Puis plus rien. Bon, tant pis.

Cap sur l’étage du dessus. Toc, toc, toc. Un vieux monsieur ouvre la porte. «Kaboul ou boule de gomme?», qu’on lui glapit au nez. L’aïeul blêmit. Verdit. Noircit. Puis s’écroule sur le plancher. Il est toujours à l’hôpital, paraît-il. Les toubibs ne sont pas très optimistes.

Au 5e étage, un garçonnet, nous apercevant, chope une stupide crise de nerfs, avec pleurs et cris d’oiseau. L’étudiante du 6°, elle, tombe dans les pommes, sans même ôter la chaîne de sécurité.

Misère de misère.

Bref, on est rentré bredouille. Pas un seul bon bec en poche. Les gens ne sont vraiment pas drôles. Heureusement, notre soussoupe d’Halloween chantonnait sur le gaz.

Soupe de courge au safran et ris de veau croustillants: la tactique.


Pour quatre sorcières à table, il vous faut une belle pomme de ris de veau, du persil plat ou pas, 600 grammes d’une courge bien goûtue, une lichette de crème et un bon safran odoriférant.

DSC02664.JPG


Rincez le ris de veau sou l’eau claire. Pochez deux minutes. Puis virez cette maudite membrane et ces divers filaments lovés autour de l’abat. Pas très fastoche. Emincez en mignonnes bouchées. Farinez pépère. Rôtissez à feu dru dans une noisette de beurre. Assaisonnez. Ajoutez une giclée de balsamique. Laissez caraméliser. Réservez au chaud.

DSC02662.JPGPelez et détaillez la courge en cubes. Faites cuire à couvert dans une marmite avec trois ou quatre verres d’eau. Quand elle s’attendrit, expulsez une partie de la flotte, en veillant à garder une partie du liquide au fond du récipient. Mixez. Liez d’une cuillère à soupe de crème. Puis assaisonnez. Ajoutez une pincée d’ail et de gingembre en poudre, puis huit filaments de safran. Goûtez. Il faut que ça soit bon. C’est le but. Le seul. L’ultime.

Dans de très jolis bols en faïence mérovingienne, immergez enfin les ris dans la soupe, parsemez de persil émincé et dégustez sans faire de bruit avec votre bouche.


L’année prochaine, on se déguisera en Marine Le Pen. Na!

A plouche