10/12/2009

Popote, années 00. L’abécédaire des mots de cuisine de la décennie.

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Bien le bonjour, contemporains affamés

Tiens, vous avez remarqué? La décennie s’achève. Oui, déjà. Exeunt les années 00. Bonjour les années 10. Avant de fixer notre regard altier sur la ligne bleue de la période radieuse qui éclôt, récapitulons, si vous le voulez, les dix ans de cuisine qui s’achèvent. Qu’a-t-on popoté, picolé et mijoté depuis l’an 2000?

Petit abécédaire gourmand autant que rétrospectif.



Basse température (cuisson à). Tiens, si je mets ma côte de bœuf au four 10 heures à 75°, elle cuit aussi. Mieux même. La note d’électricité, remarquez, elle me cuit aussi.

Bento (et lunch box ouvragée). Ou comment réaliser des dessins très jolis avec le miam de midi contenu dans un Tupperware. C’est dans le vent; ça vient du Japon (voir ce mot); ça occupe.

 

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Blogs (explosion des). Dans les années 90, des recettes de cuisine, il n’y en avait quasi que dans les livres et les mags de dames. Maintenant, il y a un milliard de blogs qui ne pensent qu’à ça. Dont celui que vous becquetez. On en est même venu à causer de blogomiam, charmante communauté pleine de camaraderie, d’éthique et de LOL en cascade.

Bio. A cause de ce que vous savez (la planète, la vache dingo, les saloperies chimiques), le bio, confidentiel naguère, est devenu une préoccupation unanime et un business d’envergure (voir naturel). D’ailleurs, ce blog est bio. Ta voisine est bio. Ton chien aimerait bien l’être.

Bistronomie. Néologisme accouplant bistrot et gastronomie, qui désigne des bistrots où l’on mange quasi gastro. Ne riez pas. C’est atchement bon, parfois.

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Cours de cuisine (explosion des). Les dames de naguère fréquentaient des écoles d’économie domestique. Aujourd’hui, t’as un cours sur le couscous à midi trente; un cours de dégustation de mousseux à six heures; puis un cours de cuisson basse température bio (voir ces mots) à 19 h 30.

Cuillère (la). Elle abrite tes bouchées apéritives. Elle te sert à laper les verrines, granitées et petites soupes. Elle est partout, la cuillère. Elle a enterré les autres couverts, la cuillère. Elle se la pète, la cuillère. Grave.

Cupcakes. Il aura suffi qu’une paire de greluches à longues jambes s’en goinfre dans le feuilleton Sex And The City (And The Cream Chantilly) pour que le monde entier s’entiche de cette pâtisserie ricaine, joufflue, calorique et pop.

Design (épuré et contemporain). Côté décor de restos, les années 00 n’ont pas franchement fait dans la rigolade. Le principe? Moins, c’est bien. Rien, c’est mieux. Et un peu beige, le rien, si possible.

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Equitable (produits issu du commerce)
. Tu bouffes encore du thon rouge en boîte pêché par des enfants handicapés en Chine????

Espuma (de pommes vertes, crevettes et artichaut). Technique contemporaine pour désintégrer des aliments qu’il faudrait mâcher autrement (voir moléculaire). Car mâcher, voyez-vous, c’est ringard.

Fooding (le).
On aurait adoré écrire une définition désopilante. Encore aurait-il fallu que l’on pigeât ce que signifie ce terme-là.

Finger food (le)
. Nul ne sait trop comment, manger avec les doigts est devenu un signe extérieur de branchitude intérieure (voire cuillère).

Gluten (le boum des allergies au). Rien à dire, sinon que l’on n’aimerait guère en souffrir.

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Japon (l’engouement pour le miam du). Yuzu, wazabi, soba, udon, matcha, umeishu… le gourmet des années 00 a la papille braquée vers le soleil levant. Et donc la baguette ouverte.

Joues (de bœuf, de porc…). Crise économique et nostalgie de la popote de mémé ont précipité certains bas morceaux sur le dessus de la scène du miam. J’en pince pour les joues. Elles me le rendent bien.

Légumes (oubliés puis retrouvés)
. Idem. Topinambour, mon amour. Panais, mon aimé. Cerfeuil tubéreux, mon amoureux. Scorsonère, mon… euh.

Lignac (Cyril). Très sympathique spécialiste des bons produits (dérivés). Voir télé-réalité.


Macarons (l’averse de). La cuisinière d’aujourd’hui doit savoir tricoter des macarons à tous les parfums de la création. Le cuisinier, lui, est exempté. Ouf.

Machine à pain. Jadis, c’était Jésus qui faisait le boulot. Maintenant, ils vendent la machine.

 

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Malbouffe (le drame de la). Que les gens avalent n’importe quoi, cela ne date pas de la dernière promo sur le surimi et la pizza congelée à la supérette du coin. Mais on s’en inquiète désormais.

Marx (Thierry). Ex-légionnaire et inventeur du wiff, le chocolat à sniffer.

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Moléculaire (la cuisine).
Quand il avait huit ans, Ferran Adrià a reçu Le petit chimiste pour Noël. Après, il est devenu cuisinier.

Naturel (le vin). Sans soufre, ou presque, sans douleur, sans saloperie dans les vignes, sans machin dans la cuve. Mais avec du vrai raisin dedans. Tchin!

 

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Produits branchés (la folle valse des). Baies de Goji, fève Tonka, poivre de Tasmanie, petit épeautre, pandan, quinoa et on en passe et des plus in. Zut, c’est quoi ce mois-ci, au fait?


Smoothies (ploutch). La centrifugeuse est l’avenir de l’homme. Aux fruits exotiques, l’avenir.

Proximité (vive les produits de). Pourquoi se ruiner pour des asperges des Antipodes qui empestent le kérosène et te trouent l’ozone quand, en attendant un tantinet, on peut croquer dans celles du voisin maraîcher? Plus qu’une preuve de conscience écologique, une affaire de bon sens. Et de gourmandise (voire bio et malbouffe).

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Télé-réalité. On causait assez peu popote dans la piscine de Loft Story. Mais M6 a rapidement humé le doux parfum de ressources publicitaires et d’audimat glorieux qui sortait de la cuisine (voire Lignac).

TVA (la baisse de). Si, si, si, elle se répercutera sur les additions. Après-demain, sûrement.

Verrines (la mode des). Nos aïeux appelaient ça simplement des verres. La modernité, après les avoir remplies de bonnes choses à manger, si possible chromatiquement étagées et à manger à la cuillère (voire ce mot), a décidé de les baptiser verrines. On attend les tassines, les assiettines et les coupines.

Salut, les coupines

Commentaires

A la lettre E, tu as oublié Estèbe, le blogueur qui déconne en cuisine.
J'ai pas tout compris, pas assez branchée, sûrement.

Écrit par : Anne-Laure | 10/12/2009

Abécédaire ou glossaire... tu es le Chef de la branchitude en décryptant bien les "maladies" qui nous atteignent... je n'ai pas succombé aux bentos et si je peux apporter mon grain de sel (normal dans ce genre d'abécédaire, non?), je t'explique.
A l'heure ou les gens ne savent plus écrire sans faute d'orthographe, c'est normal aussi qu'ils mangent avec les doigts... j'ai pas été élevée comme ça, je préfère les cuillères!
C'est quand les prochaines vacances?

Écrit par : mamina | 10/12/2009

Dans ce monde aseptisé qui vire au politiquement et écologiquement correct, ça fait du bien de lire un tel billet. Comme de manger des nounours à la guimauve. Et ce sera toujours mieux que des fraises à Noël.

Écrit par : Moi, mon nombril | 10/12/2009

Tant qu'il y aura des Barbot pour nous faire du miam,des Barral pour boire leurs sirops et Jérome Estèbe pour lier les 2,je veux encore croire en l'avenir!

Écrit par : pascal henry | 10/12/2009

Je pense que la décennie à venir sera celle des bouchées à la reine (vol-au-vent) et peut-être des îles flottantes. Question de climat. Et sans doute qu'à l'instar du tiramisu à la fraise (en verrine), l'île flottante 2015 sera déconstruite - et au chou-fleur.

Écrit par : rose chiffon | 10/12/2009

Impayable, le pipi. Quant aux divinations culinaire, elles me semblent bien plus probantes que le clap de fin du 25/12/2012.

Écrit par : Estèbe | 10/12/2009

Scorsonère, sacré pépère ? ... mon vieux compère ?

Écrit par : Claire | 10/12/2009

A la lettre S, il faut aussi ajouter le verbe snacker. Je snacke, tu snackes, il snacke... Si nous nous snackions un porcelet ce soir?

Écrit par : Yves | 10/12/2009

Yes, Claire! Rutabaga, j'en suis gaga

Écrit par : Estèbe | 10/12/2009

Je n'ai jamais fait de macarons, cuisiné Cyril Lignac, n'ai pas acheté ce kit à l'agar-agar, ni le siphon, et les cupcakes me paraissent un peu dégoûtants avec leur crème au beurre.
Je suis total résistante aux années 00, on dirait.
Quelle fierté. Quelle indépendance d'esprit.
Bon, j'vous laisse, j'ai des navets des paniers bios à découper sur ma table alvar alto, avant de les mijoter au poivre de java pour mon bento de demain.

Écrit par : betterave | 10/12/2009

ici, je me régale !

Écrit par : Marie-Claire | 10/12/2009

Je confirme les restes de la veille n'ont pas le même effet dans un vieux tupper décoloré que dans un Bento tendance. Par contre à mon grand étonnement, le tofu n'est donc plus tendance ?! A moins de faire des cupcakes au tofu soyeux bio, cuits à basse température présentés dans un beau bento. Je vais aller chercher la recette sur un blog culinaire ...
Bonne journée à toutes et à tous.

Écrit par : sarah oryza | 11/12/2009

Quel sottisier innombrable, Me Estèbe ! Dans le placard, mon fait-tout et ma sauteuse en sont en transe.

Écrit par : Amilcar | 11/12/2009

J'ai entendu parler de la plupart de ces choses pour la première fois sur ce blog au fil des lectures ;-) Estèbe grand renifleur de modes.

Écrit par : sophie XIII | 11/12/2009

En tête de liste, il y aurait dû y avoir Apéritif dînatoire ou comment ériger le picorage de cochoncetés grasses (flûtes, saucissons et arachides) en event "tondonce", pour peu qu'on y ajoute une dose de bonne conscience sous forme de légumes frais à diper et de sushis de toutes sortes. Sans parler de l'hydratation indispensable durant cette cérémonie sociale qui avant, quand l'apéro était court, nous rinçait simplement le gosier et qui maintenant nous fait nous appuyer discrètement sur le bord des tables, le doigt gras, le verre en équilibre et le sourire béat...
Mais bon, je vais pas me plaindre, j'adore...

Écrit par : Mme K | 11/12/2009

Ami Estèbe, vous oubliez "ice-crime": méthode consistant à placer sa progéniture dans le congélateur afin de la faire passer de vie à trépas.

Écrit par : Zorg | 11/12/2009

Vive les ripailles, les plats canaille, la boustifaille, les bonnes souplettes !
Je lève mon verre à la prochaine décennie, et ses nouvelles phobies, et à vous Maître Estère

Écrit par : chapot | 11/12/2009

Pardon, Maître Estèbe !

Écrit par : chapot | 11/12/2009

pour info (un faux?) le fooding serait un mot valise qui aurait circoncis feeling de la food. néologisme sensé inspirer une nouvelle, nouvelle cuisine "sensationnelle". Mais avant la cuisine? c'était pas déjà des sensations?
Et puis pour 2ème info, arrive le très in the wind " apéritif déjeunatoire"...exactement le même que le soir, mais à midi....pour ceux que ça tanne de cuisiner, ou qui n'ont pas le budget pour la formule complète au Gastro. En y donnant un petit air snob, auprès des invités, ça peut le faire!....si, si!

Écrit par : Venerable Godon | 11/12/2009

Les années 2010 seront vraisemblablement constipuées pêle-mêles, de patates, d'abats, de bas-abats, de confiture de nouilles, de sauce aux câpres sans câpres, de trognons de cervelas, de salades de genoux de serpents, de fondues de coquilles façon TdG, d'un peu de jaja et pour digérer le tout... Consultez le poyasoutra.

Écrit par : Rollmops | 11/12/2009

Bien, très bien même et je me "régale" comme disait le Papet , avec un peu de patience on verra apparaitre le "Kniffing" cher à mon coeur, époque où planter son couteau dans la table était chose courante et puis aussi le "Vautring" décadent des romains qui avaient réunis toutes les tendances actuelles
En attendant je me ferais bien un Lignac à basse température, et peu importe la note EDF non écologiquemtbio
Au faiT Tintin mangeait quoi ? cela me turlupine, pouvez vous vous penchez vers le sujet maitre Estèbe.

Écrit par : jupiter | 13/12/2009

Estèbe, ne vous seriez-vous pas appelé Robert (le petit), dans une autre vie? Vous devriez écrire un dictionnaire. On aurait plaisir à le lire.

Écrit par : olif | 13/12/2009

excellent :)
tu fais fort avec les tassines et les assietines lol

Écrit par : salwa | 21/12/2009

Sehr interessant!

Écrit par : Tee Hamburg | 01/02/2010

Merci beaucoup pour cet article. Sympa.


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Écrit par : kit réparation iphone 4s | 26/07/2014

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