21/01/2010

La nuit des longs couteaux (gentiment acidulés et gratinés aux amandes)

 

Bien le bonjour, les surfeurs bivalves

 

DSC02930.JPG

Tiens, une petite histoire drôle en guise de préambule.

C’est deux œufs qui s’ennuient au frigo.
Le premier entame la conversation:
-    T’as une drôle de tête, toi
-    Mmmmm
-    Oui, t’es tout sombre, fripé avec plein de poils

A ce stade de la boutade, beaucoup d’entre vous craignent le pire, vu la réputation sulfureuse, libidinale même, et probablement méritée, de ce blog. Ben, ils se mettent le doigt dans l’œil.


On reprend. Le premier œuf, donc, dit à l'autre:
-    Oui, t’es tout sombre, fripé avec plein de poils
-    Normal, idiot. Je suis un kiwi.

Lol de chez lol

Sans transition passons au couteau, ou manche à couteau, qui n’est autre que cet amusant mollusque bivalve, qui se planque dans le sable comme un trouillard et qui forme l’ordinaire des pêcheurs à pied futés. Malgré son physique ingrat et son Q.I. notoirement bas, le couteau est un interlocuteur intéressant à table, particulièrement dans cette recette que l’on a baptisé avec simplicité "manches à couteaux du littoral, acidulés à la canaille et gratinés aux amandes". Quoi, tu pleures de rire?

DSC02932.JPG



Comptez trois quatre couteaux par gulu. Rincez à l’eau claire plein de fois. Et tâchez d’ouvrir les coquillages avec vos deux pouces, sans briser la coquille (tu me brises, la coquille, toâ). En cas d’échec, plongez les bestioles quelques minutes dans l’eau frémissante.
Extrayez donc prudemment l’animal de sa planque, virez la poche intestinale et les filaments. Puis émincez en minirondelles de 6,4 mm. Rincez à grande eau.
Puis touillez avec un filet de citron, une grosse lichette d’huile d’olive, une pincée de piment d’Espelette, une pincée de poivre de Sichouan et une cuillère de gingembre frais haché. Laissez macérer au frais.
Tiens, pendant ce temps, nettoyez donc quelques coquilles qui serviront d'écrins. Et allumez le gril à donf', en glissant la grille en haut du four.
DSC02838.JPGJuste avant le miam, garnissez les coquilles avec la chair acidulée, coiffez d’amandes émincées, salez mollo à la fleur de sel et laissez gratiner cinq minutes.
La nuit des longs couteaux, tu le sais bien, il faut boire du vin. Blanc, le vin. Jurassien, croquant, lutin, nature et vif comme la marée au Mont St-Michel. La cuvée «100% Rien que du fruit» de Fanfan Ganevat par exemple, qui cache dans un coin de son étiquette une recommandation pour le moins culottée, discriminante même… (clic ci-dessous to enlarge)
Tchou!


Commentaires

"Ce n'est pas l'appétit qui aiguise les couteaux, mais les couteaux qui aiguisent l'appétit" (proverbe assassin)

Écrit par : Santo | 21/01/2010

C'est pas des couteaux suisses !
Sérieux, où con en trouve ?

Écrit par : dano | 21/01/2010

A la PlaPla, mon cher Dano, rayon bizarreries océanes

Écrit par : Estèbe | 21/01/2010

Si vous rangez ce couteau-là dans votre poche, la mer répandra ses saveurs iodées jusqu'au seuil de vos embouchures ...

Écrit par : Santo | 21/01/2010

Aux cons fins ?

Écrit par : dano | 21/01/2010

Excellent, Dano, vous m'avez compris (slurp) !

Et comme avec des couteaux tirés il faut être bien armé, buvons alors un vin tiré à blanc ! Voici par conséquent l'énigme du jour :

"Pourquoi un vin blanc pas trop CHER ne fait dormir comme un LOIR que si l'on S'EN SERT ? "

Solution de l'énigme :
Car le SANCERRE est produit dans le département du CHER, près de la LOIRE ...

Cpyright Santo Cappon

Écrit par : Santo | 21/01/2010

trop fort

Écrit par : Estèbe | 21/01/2010

J'ai une autre énigme mienne, également glouglouteuse, mais aussi et surtout poétique, et pourquoi :

"Pourquoi boire un BEAU VERRE irrigue si bien les REINS ?"

Solution de l'énigme : Parce que,
- BEAU-delaire
- VERRE-laine
- REIN-beau

P

Écrit par : Santo | 21/01/2010

Ah bon? Moi, j'aurais dit Beau(cuse)-Verre(mifuge)-Rein(tintin).
Estèbe, surfeur d'accord, mais bivalve non, enfin pas depuis ma dernière inspection sous la douche ce matin.

Écrit par : yves | 21/01/2010

Manche à couteau, j'aime mieux cela, l'introduction faisant plus penser à un manche à couilles... (La couille de cheval (ou mye) étant par ailleurs un coquillage très proche cousin du couteau, je reste muet devant tant de pré-science).

Ils sont bien meilleurs ouverts à la vapeur qu'à l'eau, je parle des couteaux là...

Écrit par : Patrick CdM | 21/01/2010

@Patrick CdM
D'un billet à l'autre et par contagion génésique, la couille semble fleureter avec le couteau, car aux dires de ces dames et vous vous en faites l'écho, elle ne serait pas courte en bouche ...

Écrit par : Santo | 21/01/2010

Eh oui, c'est une vie de combats...

Écrit par : Patrick CdM | 21/01/2010

Je vous laisse entre mecs, mais avant je voulais juste dire que point de vue discrimination la formule me laisse rêveuse.

Écrit par : rose chiffon | 21/01/2010

On en trouve parfois sur la plage à marée basse. Jamais osé les cuisiner...jusqu'à aujourd'hui. Les kiwis sont-ils vraiment fripés?

Écrit par : Anne-laure | 21/01/2010

A la pla-pla répondez-vous d'un ton dégagé, sieur stèbe, à dano qui m'a ôté la question de la bouche. Permettez-moi de me plaindre ici de la grande différence de richesse d'étalage entre la pla-pla de la République de Genève et notre pauvre pla-pla popu du Canton de Vaud. pfffff.

Non, mais en vrai du coup je n'en ai jamais eu sous la dent, de ces couteaux-là et vous me faites bien envie, encore une fois.

Écrit par : funambuline | 21/01/2010

quand on sait que je cépage de l'intérieur du dedans est de l'enfariné, on comprend mieux la mention en petite capitales

Écrit par : Oli | 22/01/2010

Oh là là déjà le père Olif essayait de nous faire avaler des sabres, vous renchérissez avec vos couteaux, qui en passant auraient fait un joli duo avec vos couilles d'agneau et une presque illustration de la très populaire expression "venir avec sa bite et ses couteaux".
PS : avec votre titre vous allez encore réveiller les historiens en herbe qui progromisent vos commentaires...

Écrit par : docadn | 22/01/2010

Blague de Laurent Gerra sur RTL la veille...

Écrit par : JNC | 22/01/2010

A Yenève, y a pa la PlaPla, ce zerez ploutô a ManoMano.
A proximo na rua Corna Pinardo è Canta Poulette.

Écrit par : Rollmops | 23/01/2010

Faut pas mettre les kiwis au frigo: ils se barrent en couille ;)

Écrit par : sophie 13 | 23/01/2010

Je ne sais pas si la blagounette de Laurent Gerra sur RTL concerne la pathétique pirouette stylistique que j'ai élaborée en moins de 12 secondes chrono, mais sachez que je n'ai pas la chance d'écouter ce grand comique ni cette grande radio...
Quand les petits esprits ne se rencontrent pas, voilà ce que ça donne;-))

Écrit par : docadn | 23/01/2010

Petite leçon de choses :
A Laguiole (prononcer "Laïole" = prononciation ancienne en occitan), on déguste ses célèbres couteaux avec de l'aïl pilé. C'est ce qu'on appelle "l'aïoli" ...

Écrit par : Santo | 23/01/2010

Quant aux couteaux suisses pêchés en eaux troubles, ils ont des lames qu'il faut impérativement débiter en fines lamelles, dont le compte sera numéroté. Puis elles devront dégorger avec une amande amère et salée, dans une saumure au blé et à l'oseille français. Arroser d'un pot à la source.
(message codé à l'usage du fisc hexagonal ...)

Écrit par : Santo | 23/01/2010

ouahhhhhh je deboule sur ce blog et dis donc le niveau est relevé!!!
bon ca vole plutot au niveau des c... tard que des cou tots...

Écrit par : jull | 23/01/2010

Avis aux pêcheurs :
Les couteaux ne doivent être pêchés qu'à pleine maturité. Ceux qui mesurent moins de 5 centimètres et que l'on nomme "canifs", doivent être systématiquement rejetés à la mer.
Faute de quoi, un procès-verbal sera dressé, ainsi qu'une pénalité fixée pour "coup de canif dans le contrat".

Écrit par : Santo | 23/01/2010

Dans le Vieux-Paris des loubards, on allait le dimanche après-midi pêcher des couteaux dans la Canal Saint-Martin (atmosphère, atmosphère !)
Cette espèce-là, à la fois mutante et agressive, était répertoriée sous le nom de "surin". Il n'était pas rare que jusque dans les plats cuisinés, il faille les séparer avant de se mettre à table (au commissariat).

Écrit par : Santo | 23/01/2010

A mon avis, ces couteaux-là, cher Santo, n'étaient pas très digestes et on devait facilement en avoir le poids sur l'estomac...

Écrit par : Anne-Marie Brunner | 23/01/2010

Sage des couteaux (suite)
Lorsque la pègre de Chicago se réunissait pour la répartition des zones d'influence, chacun laissait son couteau au vestiaire. A l'heure du lunch, le vestiaire se transformait alors en cantine. Les épouses des gangsters, avec l'apport des seconds couteaux de la mafia, mettaient à chauffer des poêles pour faire revenir les couteaux les plus émoussés, ceux qui n'étaient pas dans leur assiette.
Mais à mon aïeul Alfonso Capone, un des couteaux resta au fond de la gorge. Il en tira ombrage sur la margelle du puits où avaient été alignés les verres pour l'apéritif. C'est pourquoi il décida de commanditer un grand banquet pour la Saint-Valentin, où les couteaux furent servis avec la pasta : des fusilli sauce Winchester. Très peu y survécurent ...

Santo Cappon (ou Capone)

Écrit par : Santo | 24/01/2010

Saga des couteaux, suite (et non pas "Sage", il s'agissait bien d'un lapslurp, je veux dire un lapsus).
Certains couteaux bivalves ne voulant plus croupir dans la vase, ont rejoint les pin-up sur des couvertures de magazine : elles ont désormais le couteau sous la gorge, les deux valves évidées leur servant de soutien-gorge.

Écrit par : Santo | 24/01/2010

Saga du couteau (suite et faim).
Les peintres qui travaillent au couteau sont, comme on pourrait s'y attendre, de fins gastronomes.
Leur matière picturale est à la fois souple et craquante sous la dent, les dégradés d'amuse-oeil sont savamment orchestrés sous l'oeil vigilant de la palette et de la chair qui la recouvre. Les vibrations savoureuses sont servies sans chef de rang, mais avec l'intuition gourmandissime du peintre qui saura diffuser seul, l'huile sur une toile qui en redemande.
Quant aux tronçons de couteaux, ils danseront la gigue de mouton avec le pied marin, dans une préparation délicatement aqueuse, qui nous fera chavirer vers ce rivage où notre muqueuse gastrique prend du bonheur ...

Écrit par : Santo | 24/01/2010

Oh là mais où débarque-je ? Ca envoie du lourd par ici !! Faudra que je revienne !

Écrit par : Alice Merveilles | 28/01/2010

@Alice Merveilles.
Il vous faut en effet y revenir, comme au Pays des Merveilles où vous avez déjà fréquenté un chapelier toqué (dans les meilleures guides gastro).

Écrit par : Santo | 28/01/2010

Les commentaires sont fermés.