28/01/2010

La cocotte de rognon au porto et la place à Ferran

Bien le bonjour chez vous

 

DSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPG
DSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPG
DSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPGDSC02882.JPG

 

T’as vu ça? Ferran Adrià ferme son resto pendant deux ans. Le chef catalan en a ras la pipette. Il a chopé les bulli. L’est tout fatigué. Besoin de faire le point. De courir tout nu sur la plage avec son chien, sans penser aux molécules du chou-fleur.

So what? Ben, pas grand-chose. Sinon que cette démission nous laisse enfin le champ libre pour devenir le plus grand cuisinier du siècle et du cosmos réunis. Dr Slurp va piquer la place à Ferran. Nyark. Il va faire la Une de la Gazette de Vierzon, signer de l’autographe en cascade et massacrer la langue française sur TF1 face à un panel de Français incrédules. Accroche ta ceinture, ça va dépoter dans les chaumières.

Tiens, on démarre tout de suite, avec un plat d’une créativité suffocante, d’un molécularisme confondant, d’une audace inouïe. Une cocotte de rognon de veau au Porto et raifort. Et paf, dans ton pif.
Bon, il y a un petit souci avec ce plat mirobolant, c’est sa photo, top naze, giga moche, über berk. Du coup, on a rusé comme un sioux en composant une série de mosaïques byzantines qui flattent l’œil et stimulent l’appétit.

 

DSC02885.JPGDSC02885.JPGDSC02885.JPGDSC02885.JPG
DSC02885.JPGDSC02885.JPG
DSC02885.JPG

Dégraissez un max, avec un couteau pointu, un gros rognon de veau aux formes voluptueuses, sans faire de carnage SVP. Assaisonnez.

Dans une cocotte et avec une noisette de beurre, dorez tranquilou la bête sous toutes ses coutures, six sept minutes, pas plus, qu’elle reste toute rosée à cœur.

Arrosez d’un bon gros déci de Porto. Laissez macérer hors feu et à couvert quelques minutes. Puis réservez le rognon au tiède. Faites réduire un poil le jus. Ajoutez une cuillère à soupe de crème fraîche et une cuillère à café de raifort râpé. Touillez. Assaisonnez. Goûtez. Rassaionnez s’il le faut (du verbe Rassaisonner: je rassaisonne, tu rassaisonnes.. encore aurait-il fallu qu’il rassaisonnasse).

Ajoutez
enfin le rognon into the cocotte, laissez mijoter à couvert quelques minutes de rab. Découpez, coiffez de pluches de persil et nappez avec la sauce.

 

DSC02883.JPGDSC02883.JPG
DSC02883.JPG
DSC02883.JPGDSC02883.JPGDSC02883.JPG

Voilà ce chef-d’œuvre de canaillerie futuriste s’avale avec jovialité, une timbale de riz blanc et un rouge naturel, aux parfums de cachou et d’épices, aux tannins coquins et au fruité croquant. Soit la cuvée «Marginal» du Domaine Terre des Chardons, Costières de Nîmes, France d’en bas et du milieu à la fois.

Bizzzzz

PS: Quoi? Comment? Tu veux la photo de la bouteille en plus? Bon, c'est bien parce que c'est toi.

 

DSC02656.JPG

25/01/2010

La rosace de betterave de la mer et de la terre (deux trucs pour le prix d’un machin)

Bien le bonjour, les plantigrades rieurs

DSC02898.JPG



L’autre jour,
une jeune collègue nous avouait, rougissante et bafouillante, s’être payé un kilo de tomates. En janvier. Des tomates. «Pour faire une salade». Ah, la crapule! Elle allait le payer.
«C’est trop dur, l’hiver, il n’y a pas de légumes», gémissait-elle en se tordant les mains tout en évitant notre regard glacial. On lui a illico flanqué aux fesses la brigade de répression du non-respect des saisons. Une petite lettre anonyme, et hop. Nyark.
Avant de lui lister, d’un ton martial, ces végétaux exquis qui se pavanent sur nos étals ces jours-ci.
-    Les choux (blancs, frisé, chinois…)
-    La pomme de terre
-    La carotte (orange, jaune, violette…)
-    Le panais
-    Le col rave
-    Le potimarron
-    Les brocolis
-    La lambada
-    Le topinambour
-    Les céleris, branche et pomme
-    Le rutabaga
-    La scorsonère
-    Les pommes
-    Les châtaignes
-    L’endive
-    L’épinard
-    Les poires
-    Le navet
-    Le colrave
-    Les haricots secs
-    Le poireau
-    La rillette
-    Le salsifis
-    La macarena
-    Les chicorées (Trévise, scarole…)
-    La rave
-    La racine de persil
-    Le cerfeuil tubéreux
-    Les crosnes
-    La capucine tubéreuse (qu’on oublie trop souvent) et l’ursuline ténébreuse

Alors, il n’y a pas de légumes en hiver? La scélérate s’est agenouillée en pleurs pour implorer notre pardon. Non, plus jamais elle ne mangerait des tomates en janvier. On l’a rapidement absous, en lui grattouillant le crâne. Allez, un Pater, six Ave et trois Gloria Patri pour la route. Suivante. Le Dr Slurp sait être magnanime, parfois.
Oups, on avait oublié de citer la betterave.

Tiens, voilà d’ailleurs une recette d’hiver qui rigole, sobrement intitulée rosace de betterave acidulée et tronçons de gambas rôties à la vinaigrette tiède. Ça le fait comme intitulé, non? On dirait un peu du Maupassant sous ecstasy.
Bon, dedans ton cabas à fleurs, il te faut des germes d’oignons, des betteraves cuites, une grosse gamba par personne, des citrons verts et c’est tout.

 

DSC02904.JPG


Décortiquez
les gambas. Laissez mariner au frais dans un peu d’huile d’olive, citron vert et poivre exotique.

Pelez
(en enfilant des gants de vaisselle pour éviter d’avoir les pattes rouges) puis émincez les betteraves en fines rondelles. Disposez sur un grand plat en rosace (ou en colimaçon, ou en escargot, exercice périlleux exigeant un Bac + 12 en architecture ornementale).

Arrosez joyeusement d’huile d’olive et de jus de lime, salez poivrez. Parsemez de germes d’oignon.

Dans une casserole, faites tiédir une vinaigrette tonique d’huile d’olive + jus de citron vert + piment.

Allumez le four à 50°

Poêlez presto les gambas à feu fou, puis tranchez en tronçons biseautés. Puis installez les dits tronçons sur les betteraves.

Passez deux minutes l’assiette au four. Brumisez enfin les crustacés de vinaigrette tiède. Servez au pas de course en tortillant du joufflu.

DSC02902.JPG



Variante carnée tout aussi slurp
: le carpaccio de betterave et bœuf en trompe-l’œil.

Composez la rosace décrite ci-dessus en intercalant une tranche de carpaccio de bœuf et une rondelle de betterave.
Arrosez d’huile de noix et jus de citron. Poivre. Fleur de sel.
Puis coiffez d’éclats de cerneaux et vieux copeaux de parmesan. C’est tout rouge. C’est tout bon. C’est la recette bonus qui prouve une fois encore que le Dr Slurp a des ressources inimaginables dessous le capot.

A plouche, amigas

21/01/2010

La nuit des longs couteaux (gentiment acidulés et gratinés aux amandes)

 

Bien le bonjour, les surfeurs bivalves

 

DSC02930.JPG

Tiens, une petite histoire drôle en guise de préambule.

C’est deux œufs qui s’ennuient au frigo.
Le premier entame la conversation:
-    T’as une drôle de tête, toi
-    Mmmmm
-    Oui, t’es tout sombre, fripé avec plein de poils

A ce stade de la boutade, beaucoup d’entre vous craignent le pire, vu la réputation sulfureuse, libidinale même, et probablement méritée, de ce blog. Ben, ils se mettent le doigt dans l’œil.


On reprend. Le premier œuf, donc, dit à l'autre:
-    Oui, t’es tout sombre, fripé avec plein de poils
-    Normal, idiot. Je suis un kiwi.

Lol de chez lol

Sans transition passons au couteau, ou manche à couteau, qui n’est autre que cet amusant mollusque bivalve, qui se planque dans le sable comme un trouillard et qui forme l’ordinaire des pêcheurs à pied futés. Malgré son physique ingrat et son Q.I. notoirement bas, le couteau est un interlocuteur intéressant à table, particulièrement dans cette recette que l’on a baptisé avec simplicité "manches à couteaux du littoral, acidulés à la canaille et gratinés aux amandes". Quoi, tu pleures de rire?

DSC02932.JPG



Comptez trois quatre couteaux par gulu. Rincez à l’eau claire plein de fois. Et tâchez d’ouvrir les coquillages avec vos deux pouces, sans briser la coquille (tu me brises, la coquille, toâ). En cas d’échec, plongez les bestioles quelques minutes dans l’eau frémissante.
Extrayez donc prudemment l’animal de sa planque, virez la poche intestinale et les filaments. Puis émincez en minirondelles de 6,4 mm. Rincez à grande eau.
Puis touillez avec un filet de citron, une grosse lichette d’huile d’olive, une pincée de piment d’Espelette, une pincée de poivre de Sichouan et une cuillère de gingembre frais haché. Laissez macérer au frais.
Tiens, pendant ce temps, nettoyez donc quelques coquilles qui serviront d'écrins. Et allumez le gril à donf', en glissant la grille en haut du four.
DSC02838.JPGJuste avant le miam, garnissez les coquilles avec la chair acidulée, coiffez d’amandes émincées, salez mollo à la fleur de sel et laissez gratiner cinq minutes.
La nuit des longs couteaux, tu le sais bien, il faut boire du vin. Blanc, le vin. Jurassien, croquant, lutin, nature et vif comme la marée au Mont St-Michel. La cuvée «100% Rien que du fruit» de Fanfan Ganevat par exemple, qui cache dans un coin de son étiquette une recommandation pour le moins culottée, discriminante même… (clic ci-dessous to enlarge)
Tchou!


20/01/2010

Le quinoasotto au radicchio et bresaola (t’as compris de quoi il cause, machin, aujourd’hui ?)

Mes hommages, contemporains hirsutes

DSC02895.JPG


Devinette.
1er indice. Les Incas, avant d’être pogromisés par les conquistadors, en engloutissaient des tonnes. Au souper, mais pas seulement.
2e indice. Madame Betterave est sa cousine, monsieur Epinard son cousin. Bonjour la famille.
3e indice. Ton bidon la digère en rigolant, tes papilles la papouillent en gloussant.
4e indice. On n’en causait guère naguère. On en cause beaucoup maintenant.
5e indice. La deuxième partie de son nom évoque celui d’un champion de tennis fort populaire, qui fait dans la chanson reggae pour Club Med'.



Mmmm, t’as pigé ?



Bravo. C’est du quinoa dont on cause. Tût, tût.
Le quinoa, donc, qui croque gentiment sous la molaire et exhale un discret parfum de noisette. Qui se popote un peu comme le riz, salé, sucré, en sushi, en galette, en taboulé, en soupe, en monokini, en état de transe ou en chantant l’Internationale à tue-tête.
Tiens, voilà justement un quinoasotto au radicchio et à la bresaola. Et toc.
Quoi, il faut qu’on répète en articulant? Bon, OK: le quinoasotto, c’est donc un risotto de quinoa; le radicchio (trevigiano pour les intimes), une chicorée italienne croquante qui peut susciter une vénération quasi sectaire (clic); et la bresaola, du bœuf séché, rital itou, light et parfumé.
Tout est clair ? Pour le quinoa, faudra juste faire un crochet par la boutique diététique, celle du baba qui a l’accent germanique. Pour le reste, l’épicier transalpin du coin a tout ça en stock.

DSC02888.JPGDSC02886.JPG


Pour réaliser ce plat complet, cosmopolite et rusé, il faut aussi une carotte, deux brins de céleri branche, une échalote, du bon parmesan râpé, un verre de blanc sec et un litre de bouillon de légumes, maison si possible (recette sur demande, oui, juré).
On compte un grand verre de quinoa pour deux gulus à table. On décline le reste en faisant des multiplications selon le nombre d’invités.
En voiture, Simone.

 

DSC02897.JPG

Chauffez tranquilou le bouillon. Rincez le quinoa à l’eau claire. Lavez et émincez céleri, carotte, radicchio et échalote. Réservez quelques pluches de radicchio et virgules de céleri pour le final.
Faites fondre le reste des légumes dans un peu d’huile d’olive, sans les cramer. Ajoutez le quinoa. Touillez quelques minutes à sec. Puis mouillez avec le verre de vin blanc. Retouillez jusque que liquide se fasse la malle. Puis intégrez le bouillon, par louches successives. Il faut compter environ une vingtaine de minutes et deux tiers de litre pour un grand verre de graines. Quand le quinoa a absorbé tout le bouillon, qu’il fond en bouche tout en gardant son affolant croquant à cœur, il ne reste plus qu’à lier le tout, d’un coup de poignet mâle et félin, avec trois noisettes de beurre et plein de parmesan râpé.
Assaisonnez avec véhémence mais selon affinités.
Ajoutez la bresaola taillée en lamelles. Puis le radicchio et le céleri crus (voire plus haut : oui, il y a une logique dans ce boxonou) pour faire joli sur le dessus.
DSC02861.JPGVoilà. Il n’est nullement répréhensible de se siffler un coup de rouge avec tout ça ; par exemple l’une des très  gourmandes, fraîches et pétaradantes cuvées du domaine Tenuta delle Terre Nere, sis sur les flancs nord de l’Etna,  Sicile orientale, mer Méditerranée du milieu, Europe de tout en bas.

Ciao, ciao, ciao

PS : Le conseil du chef. Si t’as pas de bresaola, utilise de la viande  séchée lambda. Si t’as pas de radicchio, utilise de la Trévise. Si t’as pas de quinoa, fais toi de la purée de marrons.

PS2 : La grenouille qui louche sur le plat, là-haut, est une sacrée crapule.

19/01/2010

Le pressé de jarret à la grenade pour vivre très très vieux

Bien le bon jour, les grenadiers

DSC02920.JPG

2446360106-la-grenade-un-fruit-anti-cancer.jpgLa grenade est un fruit drôlement sain, qui te protège quasiment de tous les maux: le cancer du sein et l’hypertrophie du périnée, le mildiou et la myxomatose, le vague à l’âme et le stress hydrique. Voire plus encore.
Engloutir une grenade quotidienne, c’est donc l’assurance de vivre jusqu’au XXIIIe siècle, tout en continuant à enchaîner les cabrioles avec la postière en hululant des chansons populaires. L’autre jour, dans un quotidien du soir très comme il faut, Le Monde pour ne pas le nommer, un article te listait les vertus de la chose. Mazette ! On est sorti de là avec la certitude qu’il fallait dare-dare entamer un régime sévèrement grenadé.

On a commencé le jour même, en mitonnant ce pressé de jarret de veau à la grenade qui fait scrountch sous tes crocs. La beauté de ce truc-là, tu l’auras capté illico, c’est la dialectique voluptueuse entre le croquant acidulé du fruit et le moelleux dodu de la bestiole mijotée. Parfaitement.

 

 

DSC02914.JPG


Pour une terrine d’un litre, remplir son cabas à roulettes avec 800 grammes de tronçons de jarret, ou osso-buco, une grosse carotte, deux brins de céleri branche, un bon fond de veau artisanal, un citron vert, une grenade, quatre feuilles de gélatine, quelques feuilles de poireaux et l’intégrale remasterisée de Michèle Torr (facultatif).

DSC02912.JPG



Immergez les jarrets dans un mix eau claire-fond de veau, avec une larme de vin blanc, la carotte épluchée mais entière, le céleri et le poireau. Dans une boule à thé, tassez trois clous de girofle, dix grains de poivre noir, trois feuilles de laurier et six brins de thym. Plongez itou.
Assaisonnez. Laissez glouglouter à couvert, trois heures. Ce qui laisse tout loisir d’écouter en boucle C'est dur d'avoir 16 ans de Michèle Torr.
Quand la viande s’abandonne, extrayez-la de son bain à l’écumoire. Et effilochez-la du bout de doigts, en prenant soin de récupérer la divine moelle que les os planquent. Réservez. Et occupez-vous du bouillon. Filtrez. Récupérez carotte et céleri, virez le reste, émincez et mélangez à l’effilochée.
Remettez la cocotte sur le feu. Ajoutez une giclée de cognac et le jus du citron vert. Laissez réduire. Rectifiez l’assaisonnement avec vigueur. Goûtez en soupirant d’aise. Intégrez enfin les feuilles de gélatine. Point trop n’en faut, les os gélatinent tout seuls, qu’ils disent.
Chemisez la terrine avec du film alimentaire. Disposez une couche de veau, mouillez d’un rien jus. Tassez. Parsemez de grains de grenade.
DSC02836.JPGPuis recommencez en strates, jusqu’à épuisement de la matière première. Mouillez jusqu’au bord de bouillon. Couvrez. Et laissez somnoler au frigo jusqu’au lendemain.

Voilà. Ça se mange avec une salade verte et trois cornichons. Ça s’arrose d’un chouette gamay ardéchois au cœur fidèle, par exemple l’irrésistible, épicée et corsée La Souteronne de ce bon Hervé Souhaut. Une idée, comme ça, en passant, gratos.

A plus tard

PS
: En cas de choc post-réveillon, il n’est pas aberrant de dégraisser le bouillon. C’est un peu moins bon, mais votre slim vous en sera reconnaissant.

PS2: « Les jeunes savent pas nous parler
Les autres faut s'en méfier
C'est dur d'avoir 16 Ans
Mais si cet âge nous ennuie
Il y a une chose qui nous ravit
Inévitablement un jour on a 20 ans
Un jour on a 20 ans
On a 20 ans
On a 20 ans... »

Miss Torr, millésime 1964

 

11/01/2010

La rétro 009 du Dr Slurp

Coucou

creepy-kid-with-ham.jpg

Ben, nous y voilà. C’est la tradition dans la blogomiam: alors que s’estompe doucement la gueule de bois des réveillons et que le mois de janvier soulève une paupière, il s’agit de se lancer dans un exercice de rétropédalage contemplatif de l’année écoulée. Comprenez dans la rédaction d’un palmarès masturbatoire de ses œuvres passées. Entreprise pleine d’immodestie, voire d’autosatisfaction gluante, à laquelle le Dr Slurp se livre chaque année. Et avec gourmandise.
Nos plats favoris de l’an de grâce 09? Les voici...


Le Top Ten miam (dans le désordre)

DSC02068.JPG

-L’effilochée de lapinou au chardonnay. La volupté des rillettes sans le gras qui saute aux hanches. Fortiche.


-Le risotto über printanier.
Car les beaux jours reviendront bien un jour. Qu’ils disent.


-La Morteau en salade de lentilles en crème de wasabi et coriandre
. Quand le n’importe quoi embrasse le n’importe comment, on retient son souffle.


-Les calamaretti farcis au pesto qui fait boum. Plaisir d’offrir, joie de recevoir.


-La soupe de melon à la verveine citronnée et gambas rôties en croûte de sésame.
Ce qu’on peut se monter le cou, des fois.


-Les paillassons en spags de carotte et courgette
. Mais les paillassons, c’est pas pour s’essuyer les pieds? DSC02215.JPG(rires)


-Le châteaubriant de lotte cochonne et son cortège estival.
Bon, si on mettait un peu de musique?


-Le burger de betterave au jambon ibérique
.
«Il a neigéééééé sur Yesterdayyyyy…»


-La terrine de canard aux cerises.Le soiiiir où ils se sont quittéééééés.»


-Le brik de veau au citron confit. Hum, t’as pas autre chose? Du rap?


Il est possible que ta recette fétiche de l’année passée ne figure pas dans la liste. Ravale tes sanglots. Les listes récapitulatives sont conçues rien que pour frustrer les honnêtes gens. Bon, ce n’est pas tout ça. Il s’agit maintenant de passer au…

Top Five pinards

DSC02347.JPG

 

-Yannick Pelletier à Saint-Chinian, pour ses deux cuvées rouges et boombastic: L’Oiselet et Coccigrues.

-Catherine et Jean-Mary Le Bihan, Côtes de Duras, pour leur Pie Colette 08 qu’on aime tendrement.

-Frantz Saumon à Montlouis pour son merveilleux et ciselé Petit Caporal blanc.

-Le Domaine des Côtes de la Molière, Moulin-à-vent, pour l’ensemble de son œuvre.

-Philippe Villard, Anières, canton de Genève à gauche au bord de l’eau, pour son exaltante cuvée de Savagnin

On en oublie plein. Qu’ils nous pardonnent (et nous expédient fissa trois cartons).
Impossible de s’arrêter en si bon chemin. Tiens le…

Top five zizique moderne qui fait un peu de bruit dans ton salon

wilco.jpg


-Wilco, avec le nouvel album éponyme (ça veut dire qu’il s’appelle Wilco comme le groupe, banane).

-The Dead Weathers
, Horehound. Calorique, sauvage et venimeux. Tout ça.

-Dead Man Bones
, avec un premier album éponyme (ça veut dire qu’il s’appelle Dead Man Bones comme le groupe, banane).

-Sparklerhorse et Danger Mouse, Dark Night of The Soul. Çui-là, on ne le chope qu’en téléchargement. Demande à ton petit-cousin pirate d’aller farfouiller sur la Toile.

-Ex aequo: Grizzly Bear (Veckatimest) et Passion Pit (Manners). Des disques inégaux avec des vrais morceaux de bonheur cachés dedans.


Bon, on ne va pas vous quitter sans brosser un…

Top Five cinoche

christoph-waltz-remplace-nicolas-cage-face-fr-L-1.jpg

 

-Inglorious Bastards du Baron de la Tarantine (pour le solo maboule de Chrisoph Waltz).

-Ponyo sur la falaise, de Hayao Miyazaki.

-Etreintes brisées, le nouveau mélo de notre pote Pedro.

-Gran Torino de et avec Clint Eastwood.

-Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. Quoi? Ce n’est pas sorti cette année que tu dis, toi?

A sous peu, chers ami(e)s

04/01/2010

La fricassée de couilles d’agneau au Xérès

Bien le bonjour, les aminches

mouton%20du%20n%B012.jpg

Vous connaissez sans doute la rectitude morale et le sens aigu du bon goût qui caractérisent ce blog depuis sa création. Sur Top Slurp, le verbe est corseté, le petit doigt érigé et le propos convenable. Oui, Madame. Et ce ne sont pas les effluves d’un réveillon sévèrement arrosé qui nous feront dévier de cette ligne vertueuse. La direction présente donc, par avance, toutes ses excuses si le texte qui suit présente certains termes anatomiques susceptibles de choquer le lecteur. Le lecteur coincé du bulbe, en particulier.

Car aujourd’hui, on va vous causer couilles d’agneau. Couilles, couilles, couilles (hum... désolé mais c’est tellement bon de tapoter ce mot-là sur un clavier d’ordinaire châtié).
Couilles d’agneau donc, que la triperie baptise pudiquement rognons blancs, frivolités de la Villette ou animelles, et qui se révèlent à la mastication le plus délicat, tendre et succulent des abats. Oui, la burne de mouton affole la papille. Récemment, on a d'ailleurs vu une assistance mixte, jeune, saine et honorable, croquer dans la dite roupette avec une joie gourmande proche de l’extase chamanique.

Pour cette fricassée de roustons ovins aux câpres flambée au xérès, il vous faut 200 grammes de joyeuses par personne, des câpres et du Xérès. Plus une échalote, une gousse d’ail, quelques brins de persil plat, un nuage de farine et c’est tout. Notez le côté économique de l’affaire: la valseuse flambée ravit sans ruiner.

DSC02847.JPG



Hachez
et faites blondir ail et échalote. Réservez.

Déballez avec quelque émotion les bijoux de famille, que votre boucher aura aimablement débarrassé de leur pellicule au préalable, en évitant de comparer leur taille et aspect à des choses familières. Certains de ces animaux sont sévèrement pourvus par la Nature; inutile de se dévaloriser bêtement.

BDSC02843.JPGalancez
les bouboules à la poêle une minute et à feu furax, qu’elles perdent leur flotte. Emincez-les ensuite en tronçons mignons. Farinez mollo, poivrez.

Puis fricassez
à feu dru dans une noisette de beurre, deux trois minutes, jusqu’à ce qu’elles dorent joliment. Arrosez d’un demi-verre de Xérès. Flambez illico les burnettes, sans cramer le plafond de la cuisine ni embraser votre permanente. Laissez réduire un poil. Salez. Ajoutez ail, échalote, câpres, persil haché, une pincée de piment d’Espelette. Touillez. Et servez tout chaud, si possible en passant sous silence l'armada de jeux de mots grivois qui vous vogue dedans la cervelle.

Avec les bonbons d’agneau, il faut un pinot - noir, le pinot -, par exemple la très savoureuse et naturelle cuvée «La Caillère» du Clos Tue-Bœuf, sis à Cheverny, bords-de-Loire, France-du-milieu, Vieux-continent-de-l’ouest, dont le fruité pur et la chair tendue font ami-ami avec ces roubibis miraculeux.

DSC02829.JPG



A plouche

PS: Vous avais-je souhaité une pétaradante, drolatique et voluptueuse année 2010? Non? Ben voilà. C’est fait. Bisoux.