19/02/2010

Top Slurp: quatre bougies déjà. T’y crois, toi?

Haaaaapy Biiiiirthday to Miiiiiii

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Ben nous y voilà. C’est avec une larme dans le clavier et un frelon dans la culotte qu’on te l’avoue: Top Slurp a quatre printemps.
Oui, Madame.
C’était un jour cotonneux de février 2006 que naquit en effet le blog hirsute vers lequel tu viens te surfer; oui, toi, internaute déluré(e) et fan d’Epicure (de rappel).
Que de casse-croûte joviaux, de topettes riantes et de palpitants dialogues alimentaires avons-nous partagé depuis. Tiens, rien que d’y penser, on se sent tout chose.
Une party d’anniversaire s’impose. Au menu? Surimi à gogo, chips à la Vache-qui-rit et chamallows au genièvre. Le tout arrosé de Pepsi tiède, bien sûr.
Que la nouba commence!

Bizzzz

PS: Pas de slurperies la semaine prochaine. On s’en va pêcher au vers solitaire sur les rives du lac Piou-piou.

PS2: Euh... quoi? Que ça fait un peu petit joueur de se souhaiter son propre anniv comme ça? Mais, voyez-vous, si mèzigue ne s'y collait pas, qui le ferait? Hein? Personne ne t'entends hurler dans l'espace de la blogomiam.

PS3: Il est pas chouette le déguisement du Dr Slurp, là-haut, sur la photo? Le chapeau, surtout...

J’en pince pour le homard (au safran et cognac en platée de spaghettini)

Bien le bonjour, crustacés aimés

Le homard, l’ail et la téléphonie ont beaucoup influencé les artistes, mais aussi les ingénieurs de chez Apple. En témoignent les deux inventions représentées ci-dessous.
La première, totalement inutile, fut créée par un moustachu catalan fort en gueule, qui faisait accessoirement des ménages pour le chocolat Lanvin.
La seconde, beaucoup plus utile, est aujourd’hui répandue sous le nom d’ail-phone.

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Le télé-pinces
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L'ail-phone


Bref, avec de l’ail et un homard, mais sans téléphone, tu peux aussi te bricoler de glorieuses spaghettini au safran et homard, recette à peu près aussi originale que le croque-monsieur ou la tartine de Nutella, mais à ce point délectable que l’on ne peut s’empêcher de vous la bloguer dare-dare.

Pour la bestiole, trois solutions.
Soit tu as un homard mort et cuit. Soit tu as un homard mort et cuit et congelé. Soit tu as un homard vivant. Gustativement, le troisième rafle le pompon. Encore faut-il avoir le cœur de balancer la créature gesticulante dans l’eau bouillante. Neuf minutes de bain, qu’il faut. On l'a eu fait (clic). C’est risqué, mais indéniablement meilleur. Les deux autres cas de figure s’avèrent bien plus reposants, pour un peu que le crustacé n’ait pas été cuit avec acharnement, ce qui transforme sa précieuse chair en un piteux coton mouillé. Il existe des homards congelés à peu près fréquentables, dit-on.

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Or donc, après cuisson éventuelle, décortiquez le homard, en brisant son coffre d’un coup de canif vengeur et en extrayant de ses cruelles pinces le bon manger qui s’y cache avec l’engin idoine (un long machin vaguement recourbé au bout). Réservez pinces et tête. Ainsi que le jus qui n’a pas manqué de couler pendant le carnage.
Découper la queue en tronçons. Réservez.
Pelez et émincez quelques virgules de céleri branche. Réservez.
Dans un poêlon, faites suer une gousse d’ail et une échalote émincées.
Détendez quelques stigmates de safran dans une larme de cognac, puis balancez le tout avec le hâchis. Ajoutez le jus du homard et un bon coulis de tomates, fait maison en saison ou acquis auprès d’un épicier scrupuleux. Sel, poivre, une minipincée de piment.
Coiffez enfin la sauce tomate avec la tête et les pinces. Couvrez et laissez mijoter une demi-heure.

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DSC03000.JPGPeu avant le miam, poubellisez pinces et tête. Liez la sauce d’une lichette de crème fraîche. Rectifiez. Ajoutez deux gouttes de cognac s’il le faut. Puis posez la chair du homard et le céleri sur la sauce tomate, juste pour les réchauffer. Faut que le céleri reste croquant comme un Jacquou.
Cuisez les spaghettini al dente. Touillez le tout avec d’infinies précautions.

Puis commandez une pizza avec votre ail-phone.

Tchou!

NB: Vous noterez que l’on n’a pas filé de conseil œnologique avec ce plat. Ce qui n’indique nullement que l’on n’en a point bu. De l’italien, même. Et du atchement bon. Mais la routine nuit. Et un peu de mystère ravigote. Oui, Charlotte.

15/02/2010

Gare aux morilles (dans leur hamburger de veau aux pousses vertes)

Bien le bonjour, bichons bichonnnes

Une charmante petite histoire en guise de préambule:

Ce sont deux morilles dans une casserole.
- «Il fait chaud ici», note benoîtement la première
- «ARGHHHHH, une morille qui parle!!!», hurle la seconde.
Hilarant. Non?

Tiens, restons le pif dans les morilles – l’une des expériences nasales les plus exaltantes qui soit, cela soit dit en passant – avec notre glorieux hamburger de veau aux morilles. Recette fastoche autant que joyeuse, qui tire, mine de rien, la langue aux titans de la malbouffe et autres multinationales de la frite molle, en offrant une déclinaison du sandwich ricain malicieusement ointe de culture culinaire européenne. Hi, hi, hi. Le Dr Surp se rit de l’ouragan mondialiste.

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Munissons-nous de buns (soit ces pains un peu replets pour burger), de steaks de veau joufflus fraîchement hachés par ce moustachu de boucher (attention Simone: le haché de veau a la durée de vie du papillon, voire moins), de quelques pousses de roquette (ou d’oignon, à défaut), d’un bout de vieux gruyère fleuri de là-haut sur l’alpage, d’une lichette de crème fraîche et de dix petites morilles déshydratées par personne.
Réhydratez les morilles un quart d’heure dans un peu d’eau tiède. Filtrez soigneusement l’eau. Réservez. Poêlez alors, tout doux, les morilles dans une noisette de beurre. Assaisonnez avec volontarisme. Ajoutez un filet d’eau de réhydratation (voir plus haut, banane), laissez évaporer partiellement. Puis liez d’une lichette de crème. Touillez. Goûtez.
Assaisonnez puis poêlez vos steaks hachés à feu dru. Après les avoir retournés, coiffez-les de copeaux de gruyère. Qui va se mettre à fondre, comme un collégien devant l’Origine du monde.
Dorez les buns au four, voire au grille-pain.

Et alors? Ben alors, this is the end (My only friend, the end): Humectez chaque pain de crème, aménagez un lit de pousses de roquette, installez-y des morilles, puis le steak. Refermez. Passez au four ouvert vingt secondes. ET CROUNTCH CROUNTCH CROUNTCH. Oui, trois fois.
Ça, c’est de la coda poétique ou on ne s’y connaît pas.

A sous peu, chers vous

DSC02937.JPGPS. Il n’est pas outrecuidant de boire du vin avec le machin sus-décrit, tout plein même, un vin ferme et vif, épicé et frondeur, rouge et nature, qui te fait dresser les poils des portugaises et écarquiller les orteils de volupté. Par exemple la cuvée La Guerrerie 08 (cot + gamay) du Clos du Tue-Bœuf, sis en Touraine, bords de Loire, France-du-milieu-un-peu- à-gauche-sur-la-carte-routière. Voilà, voilà.

 

11/02/2010

Saint Valentin: goûte mon petit nombril au citron

Bien le bonjour, les Cupidons du dimanche

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41T84DFT57L._SS500_.jpgCe bon Saint-Valentin approchant à pas de géant, il serait urgent de réhabiliter le nombril au rang des zones anatomiques dignes d’intérêt. Le nombril, parfaitement. Là, le truc, juste au-dessus de ta ceinture.
D’ailleurs Gutierre Tibòn, éminent philologue d’origine italienne, ne s’y est pas trompé, lui qui a publié un traité nommé «Le nombril, centre érotique», (ed. Horay, 1992 pour la traduction française). Dans cet ouvrage drolatique autant qu’érudit, le savant se livre à une balade historique et esthétique autour de la chose, en proposant une typologie des ombilics: convexes, asymétriques, boudeurs, en grain de café, sinistres; ou ronds et profonds, classiques en somme, comme celui de la Vénus de Milo.



Le nombril de Venus, justement - le tortellino comme l’appellent les Italiens -, fait l’objet d’une légende exquise, que l’on s’empresse de vous raconter ici. Un beau soir, Venus et Jupiter s’arrêtent dans une auberge. Ils y cassent la croûte pépères, sous l’œil concupiscent du patron, qui a succombé aux charmes de la déesse. Quand Vénus, un peu avinée, gagne sa chambre, l’aubergiste file à pas de loup derrière elle et essaie de la zieuter toute nue par le trou de la serrure. C’est mal. D’ailleurs, il ne peut guère apercevoir que le divin nombril, éclairé d’une bougie chancelante; nombril qui lui fait un tel effet que dès le lendemain, il moule une pâte fourrée pour immortaliser son extatique vision nocturne. Le tortellino est né.

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On peut penser ce qu’on veut de cette histoire – après tout, les divinités romaines qui s’arrêtent bécqueter dans un troquet de campagne ne courent probablement pas le Latium. N’empêche que quand vous croquez dans un tortellino, c’est une parcelle du bidon de la déesse de l’amour que vous goûtez. Pour un tête-à-tête de St Valentin, quelques tortellinis aux formes évocatrices ont donc un brin plus de classe que l’on ne sait quel plat à la symbolique épaisse.

Et comme par hasard, voilà nos tortellinis maison aux noix et citrons. Recette pour laquelle le Dr Slurp est sorti de ses bricolages coutumiers pour s’approcher d’une ingénierie culinaire proche de la mathématique. Il va y avoir de la farine, du rouleau à pâtisserie, du grammage précis et tout ça.
Pour un couple à gros appétit (ou trois personnes en cas de St Valentin triolique; aujourd’hui, plus rien ne nous étonne), prévoyez 200 grammes de ricotta, un citron bio, dix cerneaux de noix, 300 gr de farine, trois œufs, une cuillère à soupe d’huile d’olive, une petite cuillère de sel et un peu de muscade râpée.

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  • Pour la pâte

Sur le plan de travail, formez un volcan avec la farine; un Vésuve avec un cratère balèze, dans lequel il s’agit de casser les œufs. Ajoutez l’huile d’olive et le sel. Puis liez le tout délicatement à la fourchette, en intégrant peu à peu la farine des bords. Pétrissez alors d’une poigne vigoureuse, jusqu’à obtention d’une pâte lisse et ferme. Ajoutez un peu d’eau si besoin. Roulez en boule. Et laissez reposer une demi-heure dans un torchon à peine humide.

  • Pour la farce

Zestez le citron. Faites blanchir une minute les zestes à eau frémissante. Puis émincez-les menu. Mélangez ensuite à la ricotta, intégrez les cerneaux concassés au pilon, quelques gouttes de citron, une tombée de muscade râpée, sel et poivre. Goûtez. Et riez. Ou pas.

  • Pour les tortellini

Farinez un brin votre rouleau à pâtisserie, puis abaissez la pâte systématiquement et patiemment (au contraire du stupide auteur de ces lignes qui, galvanisé par la grandeur de sa tâche, s’est acharné sur le rouleau comme un malade jusqu’à s’ouvrir le petit doigt contre la machine à caféDSC02973.JPG). Abaissez, donc, un bon moment, en retournant la pâte, jusqu’à ce qu’elle se montre quasi translucide. Sacré taf, croyez-moi. On en a encore des courbatures.

Avec un emporte-pièce circulaire de 5 cm de diamètre (j’y crois pas d’écrire des machins comme ça), détaillez ensuite la pâte en cercles (une autre école préconise le carré, 5 cm itou, solution plus rationnelle quoique moins gracieuse). Garnissez chacun d’entre eux d’une demi-cuillère de farce, puis refermez en demi-lune, en collant les parois avec vos doigts préalablement humidifiés. Avant de rouler le tortellino comme une bague, en pinçant les extrémités. Pas fastoche. Quelques essais malheureux sont inévitables: on ne parvient pas au nombril de Vénus sans avoir balancé quelques ombilics de Quasimodo à la poubelle.

Laissez reposer une demi-heure sous un torchon. Faites cuire enfin sept-huit minutes à grande eau salée. Une giclée d’huile d’olive, une tombée de parmesan, voire quelques gouttes de vrai balsamique. Et voilà que Saint-Valentin vous montre son nombril au-dessus de la table du salon.

Smacks

08/02/2010

Les tendrons rôtis au colombo et le débat enfin ranimé

Bien le bonjour, interacteurs bavards

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On l’oublie trop souvent çà et là sur la Toile, mais un blog, par essence, doit être un outil interactif. Oui Madame. Une machine à faire causer les gens entre eux, à susciter la confrontation théorique, le partage philosophique, l’échange suave et la conversation lutine.

Sur Top Slurp, on se guigne un peu trop souvent le bidon, qui est palpitant certes. Mais trop de nombrilisme nuit. Surtout le soir. Dès aujourd’hui et pour le reste du millénaire, le blog sur lequel vous venez de cliquer va se transformer en monstre forum public, où le débat sera roi (et la bouffe reine).

T’en penses quoi, toi, de cette intro débile?

Ça démarre presto avec ces tendrons de veau laqués au colombo. Plat follement slurpique, qui n'exige guère que dix secondes de travail en cuisine et quinze centimes d'investissement. Ou un peu moins.

Tiens, tu aimes le veau? Ou tu préfères les fraises tagada?

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Le colombo, comme bon nombre d’entre vous le savent, est le cousin antillais du curry, un mix d’épices (curcuma, gingembre, coriandre, cumin, girofle, poivre, fenugrec…) doux et atchement parfumé. Et non pas le flic à l’imper et au cigare mâchouillé.

Quelle est ta série préférée à la télé? Les Mystères de l’Ouest ou Magnum?

Dans une jatte, mélangez un yaourt nature et bio à une énorme pincée de colombo, un filet de citron vert, quelques feuilles de laurier réduites en poudre, un bout de gingembre frais haché, une gousse d’ail balkanisée, un trait de piment, sel et poivre. Goûtez. Rectifiez jusqu’à éprouver un sentiment de plénitude aromatique.

Depuis quand n’as-tu pas éprouvé un sentiment de plénitude aromatique?

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Roulez les tendrons dans cette joyeuse pâte, laissez mariner au moins deux heures au frais.

As-tu déjà vu un combat de catch féminin dans la boue?

Préchauffez gril et four à 220°. Installez les tendrons sur la grille, avec la lèchefrite dessous. Sur un plat lambda, notez, ça marche aussi. Rôtissez 20 minutes, en retournant les bestioles à mi-parcours. Il faut que le cœur de la bête demeure rosé, mais que son enveloppe charnelle croustille à donf’.

Faut-il vraiment envahir l’Andorre?

DSC02980.JPGDécoupez enfin en charmants tronçons et débouchez une quille riante au fruité malicieux et à la bouche joufflue, le Domaine du Grès Saint-Vincent par exemple, la nouvelle cuvée de la très recommandable coop des vignerons Eztezargues, Appellation Côte-du-Rhône-Villages contrôlée, 750 ml, ALC 14,5% by vol, red wine, product of France. Prix bisou; bonheur total.

Et toi, tu préfères le vin rouge ou le Pepsi?

Bien à vous
A tout soudain

PS: Obama porte-t-il des fixe-chaussettes?
La vie mérite-t-elle d’être vécue?
Quand c’est qu’on mange?
Pourquoi?

 

04/02/2010

Les joues de lotte au pavot, l’huile d’argan, la copine de lycée et tout ça

Yo !

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On avait une copine de lycée prénommée Charlotte, que tout le monde appelait Lotte. Ce qui ne la dérangeait nullement. C’était une brunette rigolote, une chic fille, sans histoire ni chichi, toujours partante pour te prêter cinq balles ou te filer sa version latine pour que tu pompes dessus. On ne lui connaissait pas de fiancé, mais la rumeur la disait secrètement amoureuse de ce gros crétin de Francis. Lequel l’ignorait royalement. Bien sûr. Un con, le Francis.
Bref. Un dimanche matin, alors qu’elle faisait ses courses en famille, Lotte (la fille) découvrit, sur l’étal d’un poissonnier de la halle Victor Hugo, une lotte (le poisson). Entière. Avec la tête. Quiconque n’a jamais vu la tête d’une lotte (le poisson) ne connaît pas l’effroi. Cette bestiole-là est d’une laideur inouïe. Avec une tronche grimaçante et dentue, qui occupe les deux tiers du corps. Un cauchemar.
Dès le lundi suivant, nul ne put plus appeler Charlotte par son diminutif. Elle n’y répondait plus. Puis les vacances d’été arrivèrent. Elle changea de lycée. Jamais on ne la revit.

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Spécial dédicace à la copine d’antan: voilà nos ravissantes joues de lotte panées au pavot et noisettes, avec son méli-mélo de légumes d’hiver à l’huile d’argan.
Recette intimidante sur le papier, je le concède, mais d’une facilité de réalisation étourdissante. D’ailleurs, on en est tout étourdi rien qu’à le taper sur le clavier. Hu hu

Il faut se munir au préalable de joues de lotte (voir nota bene n°1), d’une bonne huile d’argan (voir nota bene n°2), d’une bouteille de Mauzac pour boire avec (voir nota bene n°3), d’une poignée de graines de pavot, d’une autre de noisettes, d’un céleri pomme, d’une rave et d’une paire de carottes violettes. Ou pas (voir nota bene n°4).

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Pour le méli-mélo. Pelez les légumes, puis taillez-les en minces lamelles à l’économe. Passez à la vapeur quatre -cinq minutes. Humectez d’huile d’argan. Fleur de sel. Tour de moulin à poivre. Réservez au chaud.

Pour les joues. Virez les peaux et filaments. Rincez. Séchez. Oignez d’huile d’olive.
Au fond d’un mortier, écrabouillez ensuite les noisettes. Mélangez-les au pavot, avec une pincée de sel et quelques tours de moulin à poivre.
Roulez les joues dans les petites graines, en insistant pour qu’elles s’agrippent à la chair du poisson comme un ministre à son portefeuille.
Poêlez enfin, à feu furieux, une minute et quelque de chaque côté.

Posez enfin les joues sur la couette légumière. Débouchez le Mauzac et pâmez-vous en sniffant son bouquet divin. Des fleurs blanches. De la poire. Du silex. Un boisé délicat. Rahhhhh…

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Tchin Charlotte!

NB1: Selon notre poissonnier, les joues de poisson (colin, cabillaud, lotte) sont des mets en voie de disparition. De plus en plus, les bestioles maritimes lui arrivent sans tête, écailles ni arêtes. Adios les joues, donc. Sale époque.

NB2: L’huile d’argan, élixir marocain à l’envoûtante saveur d’amandes grillées, vient donc de la pression des amandons contenus dans les noix, elles-mêmes contenues dans les fruits de l’arganier. Vous suivez ? Deux gros hics. Certaines de ces huiles, manufacturées de manière très traditionnelle, rancissent à la vitesse d’un chameau à la fois sous EPO et au galop. Très vite, en somme. D’autres, provenant d’arbres squattés par les chèvres (folles dingos des fruits de l’arganier), ont la fâcheuse tendance à empester le caca de bique. Pas super sexy. Il faut donc dénicher une huile à la fois pure et résistante. On a trouvé la perle rare et bio (clic).

DSC02938.JPGNB3: Le Mauzac est un cépage autochtone du pays de Gaillac, aux arômes de pommes et de noix absolument exquis. On est dingo de la vive autant que racée cuvée de Mauzac du Château de l’Enclos des Rozes, d’Aurélie Balaran, la fille de son père d’Escausse (clic), distribuée par l’infatigable monsieur de Vins Etonnants (clic).

NB4: Euh… et  chez vous, ça gazouille?

 

01/02/2010

Des blogs, des canards, des trucs, des machins: les conseils du Dr Slurp

Bien le bonjour, les bipèdes connectés

 

Aujourd’hui, point de recette. Aujourd’hui, point de pinard. Aujourd’hui, le Dr Slurp te refile quelques tuyaux, des adresses, des machins à bouquiner, des trucs à guigner. Gratos. Rien que pour toi. Parce que le Dr Slurp, il a une paroi abdominale grosse comme ça.

 

  • Une revue verte

 

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«La Garance voyageuse» est une revue française furieusement écolo, qui nous parle avec passion et science de toutes ces choses végétales qui poussent dans les champs et jardins. Le dernier numéro (100% papier recyclé) se penche sur l’histoire des plantes qui se boulottent. Drôlement instructif et pointu. Le dossier démarre par le début, soit avec nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs et autres agriculteurs primitifs. Avant de rebondir sur la patate des Incas, de dérouler la saga des fruits consommés en Europe ou d’expliciter le CV du «dieu maïs», des sociétés précolombiennes aux corn-flakes du petit dej’. Sans oublier la peu glorieuse histoire de la sélection des blés, ce long chemin vers la fadeur et l’uniformité. Substantiel.

 

  • Une revue bicolore

 

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Dans la grande et pas toujours respirable famille de la presse œnophile francophone, exigez le «Rouge et le Blanc». Sous son look de fanzine janséniste, voilà un magazine palpitant, sans pub ni reproche, qui depuis plus d’un quart de siècle arpente le vignoble français, et les autres aussi. Quatre numéros par an; une expertise libre et pertinente; une indépendance passionnée. Le No 95 vient de sortir: 44 pages de bonheur bachique. On vient de s’abonner, c’est tout dire.

 

  • Un blog vineux en vidéo

 

 

 

C’est le père Olif qui nous a filé cette adresse. Merci Olif. Cela s’appelle Bu Sur le Web. Et c’est une révélation. On y découvre de brèves vidéos mettant en scène une Québécoise pétillante, Aurélia, qui déguste live une bouteille de vin. Ça pourrait être soporifique. C’est génial. Parfaitement. Elle débouche; elle hume; elle commente avec cet accent si exquis à nos oreilles. Justes et simples, les commentaires; drôles et judicieux, d’une spontanéité rafraîchissante. Sans l’astringent lexique technique ni la pompe sentencieuse qui plombent bien souvent le commentaire œnologique.

Olif, encore lui, s’est empressé de décalquer le concept, avec un indéniable charisme télégénique (clic et clic).

 

 

  • Un blog gourmand en dessin

 


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Le Genevois d’origine et jurassien d’adoption Guillaume Long est un dessinateur de chouettes bédés autobiographiques. Depuis l’automne dernier, il a ouvert le blog A boire et à manger sur la plate-forme du Monde, où il narre ses aventures et trucs culinaires en dessins. Ben, c’est juste mirobolant. Neuf, drolatique et inspirant. Il faut lire ses expérimentations avec le radis noir. Ou les dix commandements de la raclette. A découvrir fissa.

A tout soudain. les aminches