11/03/2010

Le parmentier de lieu jaune au chorizo pour rigoler quand il ne fait pas très chaud (rizo)

Tchou, les cop’s

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Le lieu jaune, ce poisson bien aimable qui se trémousse dans les eaux septentrionales, se fait appeler pollock en langue anglaise. Oui, comme Jackson Pollock. Drôle de coïncidence. De là à penser que le peintre américain a choisi son pseudonyme après avoir dégusté ladite bestiole, ou se soit même inspiré des taches jaunes de ses flancs pour créer son style inimitable, il n’y a qu’un entrechat. Voilà même qui pourrait être un nouveau rebondissement dans la grande histoire des petites coulisses de l’art moderne autant que fractal. Tu nous suis? Non. Peu importe. Never mind the Pollock, comme dirait l’autre.


Tout ça pour engloutir notre parmentier de lieu jaune au chorizo, plat à la fois écologiquement correct (le WWF veut bien qu’on le mange, ce poisson-là), diététiquement nourrissant (n’importe quoi), calorigène et savourissime.

Pour deux être humains à solides appétits, il faut une livre de lieu en filet, trois grosses patates à purée, un vieux quignon de pain, du thym, du persil, du piment d’Espelette, huit tranches de chorizo (fort ou doux, à vous de trancher), du lait et d’autres petites choses encore.

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Oignez les filets de lieu d’huile d’olive, sel, poivre, thym, persil et piment. Laissez macérer deux heures au frais.

Pelez les patates, détaillez grossièrement (soit en disant des gros mots: putaingue de merdouille de boxon de campagne). Hop, dans de l’eau bouillante pour une grosse demi-heure. Dix minutes avant la fin, ajoutez une énorme gousse d’ail pelée.

DSC03043.JPGEmincez
le chorizo en fines lamelles. Faites griller à la poêle. Essorez sur du papier ménage.
Dans une grosse casserole, immergez le lieu dans de l’eau et du lait (à parité). Portez à ébullition tranquilou. Laissez glouglouter une minute. Virez la casserole du feu. Laissez tiédir.

Extrayez
ensuite le poisson du bain, en conservant le liquide de cuisson. Effilochez la chair, en virant arêtes et peaux moches. Puis mouillez largement avec le liquide de cuisson, additionné d’une cuillère à soupe d’huile d’olive. Assaisonnez vaillamment.

Essorez les patates et l’ail, écrabouillez le tout au presse-purée (à manivelle ou manuel), puis montez avec le liquide de cuisson de poisson et des giclées d’huile d’olive mesurées autant que successives, jusqu’à texture voluptueuse. Assaisonnez. Muscadez (je muscade, tu muscades, il muscate…). Touillez. Goûtez.

Beurrez un plat à gratin. Puis montez votre parmentier, en démarrant avec une mince couche de purée, une couche de poisson (n’hésitez pas à mouiller à donf’), une pluie de brindilles de chorizo, purée, poisson, purée et voilà. Râpez le quignon de pain sur le dessus, parsemez de minipluches de persil et d’une tombée de piment.

Enfournez un bon quart d’heure à 180°.

Ce bidule-là pourrait bien s’engloutir avec un verre de rosé frappé, bien vineux, fruité et vif, mais là, sous le coude, on n’a guère de suggestions. Les deux bouteilles de rosé genevois récemment acquises et dégustées ne nous ayant laissées dans la glotte qu’un arrière-goût de Canard WC éventé, on vous laisse dealer l’affaire avec le caviste du coin.

Bien à vous, les foufous

Commentaires

Avec une petite salade verte, j'imagine

Écrit par : Anne-Laure | 11/03/2010

Une grosse bouchée pour Papa

Écrit par : Yves | 11/03/2010

A propos elle devient quoi votre rubrique sur le manger en tant qu'art plastique ? J'aimais bien. Allez donc au bout de votre démarche avec ce parmentier. Pourquoi pas.

Écrit par : rose chiffon | 11/03/2010

Euh... c'était quoi cette rubrique? Art plastique, vraiment? J'ai tout oublié (il est vrai que j'ai moins de souvenirs que si j'avais un an, comme dirait Charly)

Écrit par : Estèbe | 11/03/2010

Oui, une robe en rondelles de saucisson ou quelque chose comme ça.

Écrit par : rose chiffon | 11/03/2010

Tenez, Art Slurp, ça s'appelle.

Écrit par : rose chiffon | 11/03/2010

Ah que oui! Je vois. Cela dit, pour pollokiser le parmentier, il aurait fallu pilonner sur le ketchup, le pesto et jus de betterave. Pas sûr du goût final.

Écrit par : Estèbe | 11/03/2010

Wouah! ça cale, ce truc! Et ça donne soif...

Écrit par : Azrael | 11/03/2010

Pour le rosé, je vis encore sur les réserves de l'été dernier (importé de Provence). Pas trouvé de bon rosé allemand pour l'instant...mais j'y travaille.
Bon week end sieur Estèbe!

Écrit par : Flo Bretzel | 12/03/2010

Rose, en plissant très très fort les yeux, vous y verrez un Poliakoff. Ces formes quasi-géométriques, ces aplats un peu massif d'ors et d'ocres, notre Estèbe est un génie

Écrit par : Camille | 12/03/2010

Oui, je pensais à Barcelo aussi. Il faudrait laisser sécher les aplats un tout petit peu.

Écrit par : rose chiffon | 12/03/2010

C'est quoi ce piment d'Espèblette ? On trouve ça oú ?
Oh, certainement chez l'EstèbArt, me dit ma belle-mère en enlevant ses chaussettes. Je sais que le cuisto de l'"Encornet Trottineur", à Gruissan, en achète souvent pour sa cuisine jéromatique. Où est-ce alors Paulette qui pimente ses folles soirées en croyant que c'est un composé ayant des vertus benzéniques...?

Écrit par : Rollmops | 12/03/2010

Poliakoff mouais... Tàpies, plutôt, faudrait juste un peu plus de panure sur le dessus (le mec qui commence à se la péter grave)

Écrit par : Estebe | 13/03/2010

J'ai un pote ricain qui s'appelle herring (le pauvre), dis ça se fait aussi sans le chorizo, pour les végétariens de la maison.... ?

Écrit par : anitaa | 13/03/2010

Ce n'est ni un lieu ni un bar pour jacter Haddock...
Canard wc éventé, ici il est enchainé !!

Écrit par : docadn | 15/03/2010

et bien voila un blog super sympa, z'êtes Suisse ou quoi ? nous ici à paris on a le blog à boire et à manger. Je vais vous mettre en contact c'est un peu le meme esprit.
voila un lien, ce jour la l'auteur Guillaume Long invitait un autre dessinateur. Tres drôle.
http://long.blog.lemonde.fr/2010/03/15/welcome-to-the-jungle/#xtor=RSS-32280322
a bientot

Écrit par : valerie from Bastille | 17/03/2010

never mind the pollock ! j'adore. je ressort le tee-shirt déchiré et les épingles à nourrices.

Écrit par : marie | 18/03/2010

Oignez braves gens, c'est une recette au pistolet sexuel. En plus de l'Espelette, j'y verrais bien une pointe de pimenton, et le Rosé Rouge de Marlène Soria. Goûts de luxe certes, mais le lieu jaune est mon poisson préféré, avec une poignée d'autres.

Écrit par : Patrick CdM | 19/03/2010

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