15/04/2010

La triple côte en cocote du printemps, ça veau le détour

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Bien le bonjour, très chers

«Demandez nos exquis mots, demandez nos exquis mots
», piaille le Dr Slurp devant son stand de farces boiteuses. «Car qui mourra bien rira le dernier. Et mourir, c’est partir beaucoup.»
La foule se masse peu à peu devant le bonhomme jovial, intriguée par son bagout.
«A trop contempler un lit vide, on le devient», démarre l’Estèbe, flamboyant. Rires polis dans l’assemblée.
«Et biennal maki ne profite jamais», continue-t-il, en se tapotant le ventre de satisfaction. Raclements de gorge, ricanements gênés.
«Mais mieux vaut un calembour d'Anvers qu'un camembert d'Hambourg!» Le Dr Slurp, étranglé de rire, ne voit pas le public se disperser.
«Quand on se sent flageoler, c’est la faim des haricots», jubile-t-il, encore. Silence de mort.
Dr Slurp tente une dernière cartouche: «Qui crawle en brasse a mal aux reins?»
Trop tard: la place est à présent déserte, si ce n’est un vieux chien qui pisse contre le stand du roi de la blague.
«Pourtant, le bébé de la vache veau le détour», murmure l’Estèbe, soudain accablé. Il s’assied en soupirant. Essuie la sueur qui perle sur son front. Avant d’épousseter sa redingote élimée.

Demain, il les fera rire aux larmes.

Tiens, au fait, pour réaliser une triple côte de veau basse température en cocote printanière, il faut se munir d’une triple côte de veau (ben oui), d’une poignée de pois mange-tout et d’une livre de fèves dans leurs cosses, d’une demi-botte de radis, de quatre gousses d’ail nouveau et d’une branche d’oignon primeur.

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Dans une larme d’huile d’olive et au fond de votre cocotte favorite faites bronzer à feu balèze la côte et les gousses sous toutes les coutures. Salez, poivrez. Déglacez d’une giclée de porto blanc. Couvrez. Et enfournez à 70° pour une heure, voire plus. Le veau ravit rosé, c’est là une vérité intangible autant qu’indiscutable.

Extirpez les fèves de leurs cosses. Blanchissez les deux minutes dans de l’eau frémissante salée. Virez-les à l’écumoire, pour les dérober (soit virer leur pellicule duraille). Réservez.

Dans la casserole, toujours bouillante normalement, balancez les pois mange-tout, taillés en losanges. Un petit moment. Faut les garder un brin croquants.

DSC03131.JPGTaillez enfin les radis en fines rondelles, à la mandoline par exemple, et l’oignon aussi.

Dix minutes avant le miam, balancez les légumes dans la cocotte, assaisonnez, et laissez le tout réchauffer gentiment.
Voilà: ça a l’air bon et couillon, mais c’est un boulot épouvantable, qui vous éreinte pour un résultat plus que minable.

On est en droit, enfin, de se siffler un grand pinot noir avec ça, un bourgogne d’âge mûr et de noble extraction, au fruité complexe et à la chair tonique. Et sans modération, bien sûr. Car un verre, ça va; trois verres, ça va, ça va, ça va.
Adios

Commentaires

Que c'est beau.

Écrit par : rose chiffon | 15/04/2010

Tout ça a l'air bien bon...
Et surtout ne pas jeter ni les cosses de fèves ni les fanes des radis :
avec les premières, on peut se concocter un velouté, et avec les fanes, une salade ou une soupe.

Écrit par : Anne-Marie | 15/04/2010

Avec les fanes, on peut faire un beurre rigolo aussi
http://jeromeestebe.blog.tdg.ch/archive/2007/05/22/gédéon-à-l-école-des-fanes-de-radis-en-beurre.html

Écrit par : Estèbe | 15/04/2010

Au secours, ça fait peur! :)

Écrit par : Arnaud | 15/04/2010

Ah les p'tites fanes, les p'tites fanes de radis!

bon je sors...

Écrit par : Azrael | 15/04/2010

Un ami se vantait d'avoir mangé d'un veau qui n'était pas encorné.

Écrit par : Yves | 15/04/2010

j'ai pris plaisir à découvrir cet article... j'en aime le ton ! merci !

Écrit par : rauschy | 15/04/2010

Sans gingembre... aurais-tu fait une over-dose au pays du soleil levant?
Pourtant tu le veau bien comme dirait Claudia!

Écrit par : mamina | 15/04/2010

Moi, je serais resté sur la place à me bidonner. A moins d'être invitée à manger un veau du printemps.

Écrit par : Anne-Laure | 16/04/2010

j'ai une question :

la triple côte, c'est pour trois personnes ou on a le droit de la manger tout seul ?

Écrit par : Louise | 16/04/2010

En fait tout dépend de quel côté est tranché le carré: les côte premières, bien dodues, peuvent amener quelque satisfaction, doublée d'un agréable sentiment de satiété une fois la chose engloutie. Les côtes découvertes sont plus menues.
Faut pas lâcher le boucher des yeux, en somme.

Écrit par : Estèbe | 16/04/2010

Le bouffon est talentueux et admirable, le clown est touchant. Hips...

Écrit par : Colibri | 17/04/2010

Bonsoir! aucun rapport avec le veau... mais si avec le "veau le détour"... J'aurais aimer savoir si vous connaissez le salon "Genève Saveurs" qui se tient au Forum Genève le week-end prochain? et si oui est-ce qu'il vaut le détour?? enfin... est-ce qu'il vaut les 20chf de l'entrée que je trouve un chouillat cher... mais de nos jours... Merci pour l'info.

Écrit par : Bégonia | 18/04/2010

Bégonia, je n'en sais rien. Ya du beau linge en tout cas au générique. Peut-être que ça mérite de lâcher un billet rose.

Écrit par : Estèbe | 19/04/2010

ah merci pour l'explication sur la triple côte, je voulais justement demander !
mon boucher de quartier est hallal, ont-ils la même manière de préparer les côtes de veau, enfin de découper la bête je veux dire ?

Écrit par : victime de la mode | 20/04/2010

ah non, pas de pellicule duraille chez les fèves exquises matutinalement cueillies dans mon jardin
pourquoi donc un résultat minable ?

Écrit par : jupiter | 21/04/2010

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