31/05/2010

De l’exploitation des enfants en prélude à la folle salade verte et noire

Coucou, les esclavagistes gourmands

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On s’est beaucoup indigné sur le thème du travail des enfants. C’est moche, certes. Mais ces crapules en culotte courtes peuvent quand même bosser un tantinet. Ils peuvent même s’avérer drôlement utiles dans la gestion de nos petites affaires domestiques.

Exemple n°1. Les mômes télégénisés font un assez bon compost.
Placez un, voire deux mômes, devant la télé. Avec un dessin animé dedans la télé. Avisez une botte de vieux radis qui dépérissent au fond du frigo. Tout mous, tout fripés. Passez les sous l’eau. Et balancez-les sous le nez des créatures hypnotisées. Ben, totalement absorbés qu'ils sont par leur cartoon, ils t’avalent la totale. Inutile de dire qu’ils refuseraient catégoriquement de manger ces vieux machins en toute autre occasion. Vive la télé.

PS:
Ça marche aussi avec le pain de l’avant-veille et le jambon sec, voire verdâtre. Attention toutefois de ne pas gâter le compost.

Exemple n°2. Les mômes rivalisés font d’assez bon écosseurs.
Prenez deux mômes doux et complices. Placez, entre les deux têtes blondes, un kilo de petits pois dans leur cosse. Puis créez une saine émulation en annonçant que l’enfant qui aura, devant lui, le plus petit tas de cosses vides sera la reine des andouilles. Ben, totalement boostés par la concurrence et la trouille de passer pour la reine des andouilles, ils te mâchent le boulot en trois minutes chrono. Vive le sport.

PS: Ça marche aussi avec les fèves, les haricots et autres borlottis. Attention toutefois de ne pas abuser, le môme le plus crédule finit par flairer l’entourloupe.

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Nous voilà avec un paquet de petits pois écossés. Nickel pour bricoler cette salade bicolore aux herbes fraîches, qui pacse riso venere (le riz black à la saveur si particulière de nos chers voisins italiens), basilic, ail frais, oignon en botte, menthe et petits pois. Chouette bi-chromatisme à l’arrivée; oui, le vert et le noir cher à Stendhal.


La tactique? Complexe.
Pochez quatre ou cinq minutes les petits pois, qu’ils demeurent croquants. Cuisez 25 minutes (enfin, matez sur l’emballage) le riz noir dans de l’eau salée frémissante. Egouttez et rafraîchissez dûment.
Emincez les herbettes (menthe + basilic) et l’oignon frais. Hachez l’ail. Mélangez le tout. Puis assaisonnez avec plein d’huile d’olive, un trait de vinaigre, un gros filet de citron, sel et poivre. Goûtez et rectifiez jusqu’à palpitation voluptueuse de la muqueuse buccale.

Ah, vous voulez raffiner?
Coiffez donc la salade d’une poêlée de petits poulpes, simplement fricassés à l’ail et au piment. Poulpes pêchés par les mômes, bien sûr.
Tchou!

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27/05/2010

Dame Nature est une fieffée cochonne

Bonjour, amis jardiniers


Question. Faut-il interdire l’entrée du potager aux mineurs? Oui, Madame.


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Le potager, c’est Sodome +  Gomorrhe + Babylone + le red light district + le quartier de la gare de Vierzon le dimanche soir.

Le potager, c’est la fin des haricots de la bienséance.

Amen

25/05/2010

Les particules fugitives et la salade aux trois poivrons mignons

Mes hommages, sœurs et frères dotés de papilles

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geluk.jpegHervé This - vous savez le chimiste de la popote et des médias - est quand même un sacré empêcheur-de-rôtir-en-rond.  Voire un über enquiquineur. Parfaitement. Dans un de ses bouquins, il raconte par exemple que les bonnes odeurs qui s’échappent de la cuisine sont de mauvais augure. Grosso modo, ces parfums divins signifient que de chouettes molécules aromatiques sont en train de se faire la malle. Et manqueront donc à l’appel une fois le plat terminé. Du gâchis volatil, en somme.

Merci This.

Car depuis, on culpabilise comme une bête dès qu’un fumet volette gentiment autour de la gazinière. Damned, les particules odoriférantes se font la belle !!! Viiiite, retenons- les !!! Nous voilà essayant de calfeutrer fiévreusement la porte du four. Ou de menacer les fragments parfumés du mitard, de la potence, du knout. Voire de tenter de chopper les fugitives avec un filet à papillon en sautillant comme un crétin devant les fourneaux. Peine perdue, bien sûr. Les atomes n’en font qu’à leur tête.
Ça sent bon.
Et on déprime.
Merci This.

L’élaboration du plat qui suit peut ainsi se préluder par un sentiment d’impuissance terrible chez le cuistot. Inutile de sombrer dans le désespoir. Il suffit de se boucher le pif en travaillant.
DSC03269.JPGVoilà la salade aux trois poivrons rôtis à l’huile d’argan et au thym. Un classique du genre estival et méditerranéen, une tarte à la crème sudiste peut-être bien, mais qui fait drôlement du bien dedans ton bec quand même.

Payez-vous un poivron rouge, un poivron jaune et un poivron vert.  Et un orange aussi, en cas d’humeur lutine. Rincez et balancez les poivrons sous le gril, à fond les manettes, juste un petit moment, en les retournant afin qu’ils grillent bien de toutes parts. (C’est là que ca fleure délicieusement dans la cuisine et que tu tombes à genoux en sanglotant ; merci This).

Enfermez ensuite les poivrons dans un sac en plastique bien hermétique. La claustration va détacher la peau de la chair. Magique. Dès lors, vous pelez du bout des doigts, et en chantonnant l’Internationale avec ça. Avant d’épépiner, puis de détailler en lanières.
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Disposez le tout sur un grand plat, en prenant soin d’alterner les couleurs façon marqueterie post-cubiste, ce qui flattera l’œil des âmes simples. Arrosez d’huile d’argan bien fraîche, d’un filet de citron. Puis parsemez d’ail nouveau haché et de thym. Salez à la fleur de sel. Poivrez. Et poum !

Avec ça, rien n’empêche de vider une bouteille d’un beau blanc bien frappé et taillé à la serpe. Dans le genre jus cinglant et superbe, naturel et racé, l’aligoté vieille vignes 2008 de Alice et Olivier De Moor, ben mon colon, il se pose là. Hou oui.

A plusssss

20/05/2010

Les très subtils tortillons de sole en nage maraîchère et radieuse

Hello! Comment ça va bien?

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Parmi les gens qui cuisinent bien ou atchement bien, il existe deux catégories. Il y a les gens qui cuisinent bien et les gens qui cuisinent bien, mais avec subtilité. C’est indéniable, socialement admis, quoique passablement mystérieux. Voire un brin ésotérique.
C’est quoi la subtilité aux fourneaux? Hein? Hein?
Tenez mèzigue, par exemple. Pendant quelques décennies (jusqu'à hier soir, en fait), mèzigue estimait qu’un plat subtil, c’était - grosso modo - un plat mal assaisonné. Ou trop light pour être honnête. Mmmm… pas mal, mais un peu subtil, grognait le Dr Slurp en faisant crépiter le moulin à poivre au-dessus de la marmite. Avant d’y immerger une motte de beurre, deux piments et la moitié de l’armoire à épices.

Puis, doucement, le concept de subtilité se précisa dedans notre crâne de béotien. Aujourd’hui, tout est clair. Ou presque.
Un plat subtil, c’est un plat mal assaisonné mais bon quand même.
C’est un plat qui ne te saute pas à la papille, mais la stimule élégamment, de manière plurielle, singulière et délicate. Ce n’est pas non plus le truc dont tu t’empiffres, en te donnant la sensation - pourtant fort distrayante - d’auto-gavage adipeux. En gros, le sandwich merguez-fromage fondu-frites, cela peut être bon, mais subtil, guère. Tout comme tout autre met qui, sitôt avalé, t’expédie dans une sieste comateuse autant que bruyante.

Pour prouver au monde incrédule qu’on a totalement capté l’affaire, voilà donc une recette avec de vrais morceaux de subtilité qui barbotent dedans. Enfin qu’il nous semble. C’est les tortillons de sole dans leur nage safranée aux petits légumes de printemps et verveine citronnée. Déjà, rien que l’énoncé du plat te donne envie de siffloter une partita de Bach en enchaînant les entrechats sur un parquet Troisième Empire (n’importe quoi).

Au marché puis chez le poissonnier, il faut s’offrir une botte de carottes fanes et une botte de navets nouveaux, un bouquet de verveine citronnée, plein de petits pois dans leur cosse et trois ou quatre petits filets de sole par gulu à table.

 

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Acte 1er: The bouillon.

Balancez les fanes des carottes, les tiges des navets et les cosses des petits pois dans un grand volume d’eau (deux litres au bas mot), avec deux carottes en morceaux, un navet coupé en quatre, un bouquet garni, un demi-poireau, deux gousses d’ail écrabouillée, un oignon piqué de quatre clous de girofle, une petite cuillère de gros sel, une autre de poivre en grain. Laissez frémir  une bonne heure. Filtrez. Puis laissez réduire de moitié, avec une dizaine de filaments de safran et autant de graines de fenouil. Goûtez. Rectifiez. Regoûtez. Il faut que ça soit, disons… subtil.

sole2.jpgActe 2: The légumes.

Les petits pois sont écossés (enfin, normalement, zieutez donc ci-dessus). Pelez les carottes et taillez-les en mignons bâtonnets biseautés. Lavez deux ou trois navets et tranchez en minces demi-lunes. Balancez d’abord carottes et navets dans le bouillon. Une bonne dizaine de minutes. Puis ajoutez les petits pois. Gardez le tout bien croquant. Goûtez. Il faut que ça soit, disons… subtil.
Gardez au tiède.

Acte 3. The poisson.

Salez, poivrez les filets de sole. Puis enroulez-les façon escargot, en les piquant d’un cure-dent. Farinez mollo. Et faites sauter à feu furieux dans une noisette de beurre et une lichette d’huile d’olive. Une minute sur chaque face. Pas plus. Citronnez subtilement.

Acte final. The totale.
Répartissez le bouillon et les légumes dans de très belles assiettes à soupe. Ajoutez les tortillons. Et parsemez de pluches de verveine citronnée. Avant de déboucher un vin subtil. Un kéravi en litron étoilé, par exemple.

A +

PS. Demain : sandwich merguez-gruyère-frites à la mayo.

18/05/2010

La Tâche sur la table d’à côté


Bien le coucou

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L’autre jour, nous déjeunions dans un bistrot avec M’Zelle Sonson et Mister Oliver. Un bistrot fort recommandable, canaille comme on dit, où rillettes et quenelles se font maison, à l’aube, à l’heure où bon nombre de cuistots arpentent les linéaires de plats sous vide dans les supérettes de gros.

Bref, nous allions attaquer un jambon à l’os sauce madère, quand un minuscule machin nous accrocha la face externe droite de la rétine de gauche. Qu’était-ce? Petit coup d’œil panoramique. Rien.  Si ce n’est… ah, oui : une étiquette de vin. Un vin qu’un serveur versait dans une carafe à la table à côté. Et sur l’étiquette, il y avait marqué «La Tâche» 2006. Pour ceux que cette référence laisse de glace, précisons que La Tâche n’est autre que l’un des deux monopoles du Domaine de La Romanée–Conti, Côte de Nuits, Bourgogne, France d’en haut un peu à gauche sur la carte.

Soit l’un des vins les plus prestigieux, rares et chers du monde.
Une légende bachique. Un mythe vinique. Un truc de ouf plein aux as.

Vive-le-loup-de-Tex-Avery.jpgEvidemment, l’apparition nous laissa sans voix. Là, juste à côté, à portée de glotte, scintillait un breuvage d’anthologie que jamais encore nous n’avions ne serait-ce que humé de loin. Une fois nos esprits recouverts, on se renseigna en catimini sur le prix de la chose. Qui s’avéra un peu moins élevé que la moitié de notre salaire mensuel. Saloperie.
Soudain, le trio qui avait commandé la précieuse bouteille se leva comme un seul homme pour aller fumer une clope dehors. Sans avoir bu une goutte de ladite bombe. Emotion.

On hésita à bricoler illico une paille télescopique pour slurper une lampée du nectar des stars sans quitter notre place
On hésita à jaillir, à rafler la carafe, et à s’enfermer presto dans les toilettes pour siffler La Tâche en Suisse, jusqu’à l’intervention de la police et des pompiers.
On hésita à échanger notre pichet de Côte du Rhône contre le flacon royal, ni vu ni connu, paf paf j’t’embrouille, nyark.
On hésita, on hésita. Et les voisins revinrent, papotant business. Sans un regard sur leur investissement, qui rougeoyait sur un coin de la table.

Le café bu, il fallut payer l’addition et déguerpir. On s’exécuta, en pestant contre notre lâcheté. Notre honnêteté. Notre stupide concupiscence.

N’aurions nous pu, simplement, demander aux nantis d’à côté de goûter un demi-verre de leur divin Bourgogne? Cela ne coûtait rien. Et ça aurait pu marcher.

Alors, c’est qui la grosse Tâche?

Tchou !

17/05/2010

La highland, notre nouvelle copine rousse

Meuhhh, les gens

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La highland est une vache farouche aux impressionnantes cornes façon viking et à la frange yé-yé genre Jane Birkin au réveil. On la reconnaît à sa plastique trapue et à ses longs poils roux, qui confèrent aux petits veaux un look de peluche. Adorable, va sans dire. Originaire d’Ecosse du nord, où elle pâture dans les marécages et sur les plateaux incultes, la bestiole s’avère frugale autant que rustique. Elle vit dehors toute l’année, pépère. Se fait mouiller le museau aux embruns sans sourciller. Et te débroussaille les bocages hirsutes aussi sûrement qu’une armada de cantonniers sous EPO.

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Or donc, l’autre jour, L'Arnault – boucher et cuisinier genevois méga baraqué, pour lequel le bien manger relève de la morale -, l’Arnault donc nous invite chez son pote Serge Kursner. Kursner, lui, élève des chèvres drôlement sympas sur les contreforts du Jura. Depuis peu, il s’est aussi lancé dans la highland. Et il en est tout content. Nous aussi. Car outre contempler ce plaisant ruminant dans son pâturage, on a pu croquer dans sa chair. Qui est singulière et racée, superlight, mais savoureuse et fondante, pour un peu qu’elle ait rassis quelques semaines avant mastication. Une viande de carnivore averti, qui se prête au carpaccio comme à la grillade, au corned beef comme au mijotage. On vous en recausera, de la highland. Promis. Scrountch.

Adios!

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NB: Impossible de confondre la highland avec Highlander, le personnage incarné à l’écran par Christophe Lambert. La vache ne louche pas.

14/05/2010

Piquées aux Pouilles: les aubergines farcies au parmesan à l’ail et au reste aussi


Salut les copeaux

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Voilà une super combine pour transformer l’aubergine en machine slurpatoire gorgée de sex-appeal, que l’on a piqué sans scrupule à l’ami Pietro. Lequel doit la recette à sa mère, qui vit dans les Pouilles. On le sait, les Pouilles ne sont pas friquées (les Pouilles sont aussi de grandes pourvoyeuses de curés, dit-on); il s’agit donc d’un plat modeste quoique mirobolant. Un plat qui permet même de sentir l’écho des Pouilles, voire d’imaginer les cors des Pouilles. Ce qui est émouvant, pour sûr.

Voilà donc des aubergines farcies au parmesan, à l’ail et au cumin, rôties comme à la plancha; nickel en apéro; top en garniture; cool en dessert et à l’Ascension.

Taillez
une gousse d’ail, si possible nouveau et rose, en minces lamelles, quasi translucides. Emincez un bon parmesan en menus copeaux. DSC03218.JPGDécoupez une aubergine en tranches un brin épaisses, genre deux centimètres. Puis incisez chacune d’entre elles d’une lame maligne et pointue, façon portefeuille, sans faire de carnage, de manière à pouvoir y glisser deux copeaux de parmesan, trois brins de romarin, quelques graines de cumin et deux lamelles d’ail.

Puis expédiez
les aubergines dans une poêle sans matière grasse, à feu moyen, longuement – une bonne demi-heure au bas mot – en surveillant avec componction pour éviter qu’elles ne crament. Si par hasard un peu de parmesan venait à échapper de sa cachette, et se mettait à noircir stupidement là au milieu, virez-le presto d’un coup de Sopalin vengeur. Faut que la poêle demeure immaculée, comme la nuisette d’une sainte.

Quand
les tranches d’aubergine vous semblent totalement fondantes à cœur, humectez-les d’une bonne huile d’olive. Trois tours de moulin à poivre, une tombée de fleur de sel et basta cosi. Puis dégustez en compagnie de quelques coquin(e)s des Pouilles.

Amitiés
Von Estebovitch

10/05/2010

Parlez moi d'amour; dites moi des machins tendres



Ramoneurs, ramoneuses, bien le bonjour

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Tenir son petit blog, c’est aussi frétiller de joie chaque fois qu’un lecteur laisse un commentaire sous un billet. Récemment, on a ainsi reçu la visite d’une série de nouveaux hôtes aux pseudos charmants, qui savent choisir les mots qu’il faut pour nous vaseliner l’ego.

«Super le blog », nous flatte ainsi le surnommé «Pronostic quinte». On clique sur son nom, et nous voilà sur un super site de pari sportif on line.  Chouette, alors !
«J'apprécie votre article, merci à vous de partager cette astuce, et notez en 1er lieu  que je suis 100% d'accord avec vous(...) », nous miaule dedans le tympan «Cigarette Electronique Pas Cher». On clique sur son nom, et nous voilà sur un super site de fausses clopes pour arrêter le tabac. Trop chou, les gars.
«J'insiste, oui votre travail est très bon, votre site m'a ouvert les yeux», ça c’est «Ramonage» qui nous l’écrit, ce qui est l’un des sobriquets les plus malicieux de l’histoire de l’art épistolaire. On clique sur son nom, un brin troublé quand même, et nous voilà sur un site de… ramonage. Utile à l’occasion, surtout  quand ta cheminée tousse.
Il y a aussi "Location Voiture Pas Cher" et "X Box 360", qui nous disent des choses très aimables, avec des phrases à ce point élégantes qu’on dirait un peu de la poésie. Que de tendresse, mes enfants. Bref, pour être sûr de la pureté des intentions de ces visiteurs énamourés, on vient quand même d’effacer les liens vers leurs sites respectifs. Ne restent comme ça que leurs mots doux, qui nous chauffent si fort le palpitant.

A +

06/05/2010

Comment Dr Slurp est devenu Mr. Cake (aux asperges et jambon)

Bienvenue chez nous, les gens

 

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Ce qu’on peut être couillon, rétrograde et psychorigide parfois. Tiens, prenez mèzigue, par exemple. Ben, pendant quelques décennies (trois ou quatre, pas plus), mèzigue était inconsciemment persuadé (soit sournoisement influencé par un coin du cerveau autant fruste qu’obscur) que la confection de cakes était une activité, disons… peu valorisante pour le mâle. Huuu, le crétinisme. L’homme, le vrai, avec le pectoral touffu et la génitoire bombée, grille une côte de bœuf au piment sur le barbecue, c’est bien connu. Et ne touille donc pas de la pâte gluante avec un stupide tablier en dentelle noué autour du slim.
Or donc, l’autre jour, alors qu’on rêvassait à la supérette, affalé sur le chariot, l’œil rivé sur la ligne bleue du linéaire voué aux pâtées pour chien, l’évidence jaillit: Il n’y a pas de déterminisme sexuel en matière de cuisine; la confection d’un cake peut être une activité compatible avec une virilité flamboyante. A condition qu’il s’agisse d’un cake salé, bien sûr.
Pfffff. Sacré retournement psychologique que çui-ci, avouez-le. D’autres font un long travail à la fois sur eux-mêmes et sur le divan du psychiatre pour arriver ne serait-ce qu’aux prémisses d’une telle prise de conscience.
Sitôt capté, sitôt mis en œuvre. Le soir même, on régalait l’équipe de majorettes du quartier de ce cake aux asperges, jambon cru, parmesan et zestes d’orange (le zeste d’orange, c’est notre part de féminité qui chantonne fièrement), réalisable en sept minutes chrono sur un coin du plan de travail en écoutant Motörhead.

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Dans une jatte, battez trois œufs en omelette, intégrez doucement 150 grammes de farine et un sachet de levure. Mélangez. Ajoutez progressivement un déci et demi de lait tiède – soit 15 cl comme on dit dans Elle à table - et un déci d’huile d’olive – soit 10cl comme on dit dans Marie Claire Cuisine, puis 60 grammes de parmesan râpé. Mélangez bravement.

Rincez
puis détaillez quinze petites asperges vertes bien fraîches (en virant éventuellement le talon duraille) en mini bâtonnets. Effilochez grossièrement une dizaine de très fines tranches de jambon cru. Emincez en petits dés 40 grammes de vieux gruyère. Zestez le quart d’une orange (point trop n’en faut, faut que le cake demeure un tantinet testostéronné tout de même). Balancez le tout dans la pâte. Salez, poivrez.

Et touillez
comme un fou.

Beurrez
un moule, coulez-y la préparation. Et enfournez dans le four préchauffé à 180° pour 45 minutes. En cours de cuisson, coiffez d’une feuille de papier-alu si le cake brunit démesurément.

Démoulez, tranchez en parts gracieuses et dégustez avec un verre d’orangeade en compagnie des majorettes toutes émues.

Bizzzzz
A +

04/05/2010

SO2: le match bachique. Filet de bœuf: la farce lutine

Bonjour, les gens

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Tiens, l’autre jour on s’est livré à une expérience domestique tout à fait passionnante. Il s’agissait de picoler simultanément deux bouteilles de vin rouge. Jusque-là rien que de très banal, pensez-vous. Tout le monde, ou presque, s’adonne à cet enivrant exercice à la tombée de la nuit.  L’intérêt de l’affaire était de comparer deux pinards rigoureusement semblables – le pétaradant Cairanne de Marcel Richaud 2008 –, même terroir, mêmes raisins, même millésime donc; mais l’un vinifié à la régulière, l’autre sans soufre.

L’occasion, enfin, de capter l’impact gustatif du SO2 dedans ta glotte.

Et alors? Et alors? que tu gémis devant ton écran, torturé par la curiosité et le besoin de progresser dans le savoir humain.
Ben alors, on vous refait le match:
Première snifette: euh… kif, kif. Ça sent bon le vin rouge.
DSC03198.JPGDeuxième snifette: le cairanne normal parait droit et bien dessiné; le sans soufre semble un brin chamboulé et imprécis.
Première goulette: le cairanne normal se pose là, balèze, épicé et très mûr; le sans soufre semble moins charpenté, il pétille un tantinet et rigole sous cape.
Deuxième goulette: le cairanne normal la joue mastoc, sérieux et un poil confituré; le sans soufre dégaine un fruité bien plus frais. Taquin, digeste et tonique, il appelle un deuxième verre. Puis un troisième…
«Il est plus espiègle», conclut Madame Sonson, pourtant pas toujours indulgente avec nos tocades viniques.
Résultat? Une heure après, la bouteille sans SO2 est arrivée au ground zéro; l’autre demeure aux deux tiers pleine.

Au glougloumètre, il n’y a pas photo. Le sans soufre a gagné la médaille et notre estime titubante. Youpi.

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Cela dit, tous les vins mirobolants de Marcel Richaud accompagnent délicieusement notre filet de bœuf bien dodu et sa farce lutine de tomates séchées, cresson et noix.

DSC03163.JPGEmincez mini-mini quelques tomates séchées et un bouquet de cresson. Concassez cinq ou six cerneaux au pilon. Touillez le tout, avec une lichette d’huile d’olive. Assaisonnez. Goûtez.
Poêlez le filet de bœuf à feu dru, une minute de chaque côté. Assaisonnez. Puis ouvrez-le dans la largeur d’une lame affûtée, façon portefeuille. Farcissez. Refermez. Et ficelez.
Expédiez la bête dans un plat doté d’un couvercle. Puis au four à 75°, pour une demi-heure. Enfin, tout dépend de la taille de la pièce. L’idée est d’atteindre 55° à cœur. Enfoncez donc un thermomètre dans le tutu du bœuf. C’est si distrayant de jouer au vétérinaire, parfois.

Veuillez agréer, lecteurs distingués, nos sentiments sans soufre.

03/05/2010

La boîte magique à garder les herbettes fraîches

Tchou, les aminches

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Sur la planète Terre, nous sommes quelques centaines de millions de gulus à vivre en ville dans des appartements. Très mignons, éventuellement. Mais sans carré de verdure, balcon pigeonnant ou terrasse panoramique. Quatre murs et basta. Impossible de filer au jardin pour cisailler trois brins de menthe quand rugit le taboulé. Car jardin, ya pas.
Sur la planète Terre, nous sommes donc quelques millions de gulus à devoir acheter à tarifs velus nos herbettes chez le marchand. Et à tâcher de conserver ciboulette, cerfeuil, romarin et je ne sais quelles tiges encore au fond du frigo, dans un linge humide, en assistant d’une pupille humide à leur inexorable dépérissement.
Remarquez, des fois, le végétal déraciné tient bon la rampe. L’ail des ours, par exemple, reste vert et fier des siècles. Ou un peu moins. Mais l’estragon et le basilic, guère. Ces deux-là s’effondrent en quelques heures à peine, comme la gloire d’une starlette de la télé-réalité. Ils étaient drus et flamboyants. Les voilà jaunissants autant qu’avachis. Total spleen.

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Ben, l’autre jour, on s’est payé une boîte magique. Une boîte à garder les herbes jeunes. Notez qu’on était un poil dubitatif au début. Mais ça marche nickel. Il y a un petit réservoir d’eau en bas. Et un dôme équipé d’une grille, qu’on glisse dedans. Le si fragile basilic attend donc son heure debout, les petons dans la flotte, et la tête à l’abri de l’air. Notre dernier bouquet a tenu… huit jours. HUIT JOURS. 192 HEURES.
Pinche me, i’m dreaming, comme on dit à Buckingham. Il aurait peut-être même pu enjamber le mois d’avril si on ne l’avait pas atomisé dans une salade.
Voilà, c’était le gentil blogueur qui te refile gratos ses tuyaux merveilleux. Inutile de préciser qu’on a casqué la chose sans deal ni rabais. Pas donnée, d’ailleurs, la chose. Mais chez Top Slurp, la publi-bafouille et le cadeau-promo, ben, ce n’est pas le genre de la maison. Enfin, pour le moment. Envoyez donc vos colis, on peut toujours discuter.

Bien à vous, mein choux.