14.06.2010
Le tartare de féra trop bon et la tactique pour garder le tube sain
Comment allez-vous, les gnous?
Chez nous autres Slurp, l’envie de poisson cru est fort rare. Mais follement impérieuse, façon flambée hormonale. Chériiiiiiiiiiiie, je veux des sushiiiiiiiiiiis. Là, tout de suite, maintenant, fissa, presto, hop hop, du cru, du cru, du cru!
L’autre jour, alors qu’un crépuscule tiédasse invitait à la somnolence des sentiments (n’importe quoi), voilà qu’un violent désir de poisson cru nous saisit au débotté. Hiiiiiiiii. Du cru, du cru, du cru! Ce qui tombait bien. Suite à une partie de pêche décrite sur ce blog il y a peu, deux filets d’une grosse féra, fraîchement extraite de son lac natal, nous attendaient au frais et sans moufter.
Impossible pourtant de les gober à la hussarde sur un coin de table. Car les poissons lacustres ont cette fâcheuse habitude de parfois cacher des petites bestioles dedans leur chair. Des vermisseaux, pas méchants, mais tenaces. Avaler sa féra crue peut donc équivaloir à ouvrir grand sa porte (désolé pour l’image) à une escouade de squatters gratouillants.
La technique? Très simple: une nuit au congélo. Ça nettoie, ça dèzingue le parasite et trucide la bactérie, tout en s’avérant totalement inutile, voir criminel, pour un poisson promis à la cuisson. Mais pour un tartare, c’est juste nickel. Pour un tartare acidulé de féra à l’estragon en particulier, recette mirobolante, dont je vous confie l’alchimie illico.
La veille, épilez vos filets à la pince. C’est que la féra arbore une rangée de petites arêtes au-dessus de la ligne médiane de son filet; arêtes qu’il est bon d’extraire pour la paix du foyer. Pas ultrafacile. Mais pas über ardu non plus.
Expédiez les filets au congélateur, une nuit.
Au matin, décongelez tranquilou au frigo.
Le soir, virez la peau, détaillez le poisson en tout petits cubes. Ajoutez trois radis taillés en rondelles, deux brins d’oignon frais, cinq feuilles de roquette et six brins d’estragon, le tout émincé, quelques zestes de citron, le jus dudit citron, un peu de gingembre râpé, une lampée d’huile d’olive (de la bonne, un rien ardente), du sel, du poivre et une pincée de piment. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase.
Enfin, faites griller des tranches d’un brave pain de campagne. Et tartinez dans la joie, sans oublier d’ouvrir un vin blanc sec, tonique et charmeur, susceptible de tenir tête au tartare lacustre. Un chablis bien tendu, par exemple. Un chardo jurassien qui frétille, par exemple. Un aligoté vif comme un pinson, par exemple.
Bref, un jus pur et frais, conçu dans un chai comme il faut.
Tchou, bonsoir
15:54 Publié dans Recettes: la mer et le lac, Recettes: scroutchs et préliminaires | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : féra, tartare, estragon |
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Commentaires
Une belle recette ça par exemple.
Belle journée.
Ecrit par : Anne Hélène | 14.06.2010
Voilà. Votre cru c'est pas du poulet. Je ne vois pas comment faire pour enjoliver cette vérité.
Ecrit par : rose chiffon | 14.06.2010
Rose...
Ecrit par : Louise | 14.06.2010
Rose a raison. Je ne vois pas comment dire autre chose!
Ecrit par : mamina | 14.06.2010
Bien vu la recette,celle-là elle est dans le pipe-line.Chapeau bas Sieur Estebe,l'art du simple,c'est donné qu'aux meilleurs,z'en êtes bien sur!!
Un FAN
Ecrit par : pascal henry | 14.06.2010
Tu ne penses jamais aux garnitures... Moi, j'imagine bien ce cru bordé de nouilles.
Ecrit par : Yves | 15.06.2010
Ah, Rose et Yves, vos histoires de cru m'ont fait rire; qui l'eût cul?
Ecrit par : Estebe | 15.06.2010
Jamais entendu parler de cette féra...???
Ecrit par : anne-laure | 15.06.2010
Oups, Anne-Laure: la féra est un poisson de la famille de salmonidés et de la tribu des corégones, qui vit dans les eaux du Léman. Un très bon poisson. Rieur et câlin.
Ecrit par : Estèbe | 15.06.2010
Vous ne voudriez pas nous envoyer une petite caisse, mais toute petite, pour
découvrir ?
Ecrit par : gabriella | 15.06.2010
Moins long qu'une aisselle portugaise quand même... Ok je sors, mais avant, c'ets une fera pêchée par yourself ?
Ecrit par : Tiuscha | 15.06.2010
Bon, je retiens qu'il ne faut pas oublier de faire décongeler tranquilo au frigou...
( au cas ou j'en trouverais,évidemment).
Ecrit par : Marie-Hélène | 15.06.2010
Cette recette, c'est un peu la particule du noble dans un raout genevois. Chapeau bas, grâce à vous la féra rit.
Ecrit par : Camille | 15.06.2010
Bien joué Adrian!
Ecrit par : Patrick CdM | 16.06.2010
La Fera de Nîmes étant déjà passée, il vous reste la Fera des vendanges du 16 au 19 septembre prochain toujours à Nîmes.
Et pour le chardo jurassien, on mets une belle chemise qu'on Fera repasser...
Ecrit par : docadn | 16.06.2010
Un poisson cru que c'est du velours en bouche (je le sais, j'y ai goûté pas plus tard que l'autre soir) et que l'on ne saurait confondre avec le pompyx du mûrier, dont les chenilles sont connues sous le nom de fera soie.
Ecrit par : olif | 18.06.2010
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