25/06/2010

Magret vapeur dans sa gaine caféinée aux épices douces: antchoubi, il est madur, ce type!

Adieu, coussi ba?

 

DSC03375.JPG

En Gascogne, cette recette-là vaudrait à son auteur de passer pour le dernier des quaouèques. Peut-être même se ferait-il escagasser la fatche au point de voir 36 bïmbarolles. C’est qu’en Gascogne, on ne pijole pas avec la tchappe. Particulièrement avec celle du canard. Boudu que non! On peut vous le certifier. On est de là-bas. Oui.

 

Au risque donc de se faire castagner en effigie par nos ex-compatriotes toulousains, voilà un magret vapeur dans sa gaine d’épices douces, café et orange. Oui, mamie.

Huuuu, on entend d’ici le chœur désapprobateur: Un magret à la vapeur, antchoubi!! Il a fumé l’usine St-Maclou ou quoi??!! Putaingue, mais il est pec ce type!

Courage. Allons-y.

 

DSC03379.JPG

DSC03376.JPGDans une poêle sans matière grasse, faites griller quelques minutes une petite cuillère de graines de coriandre, un demi-bâton de cannelle, une petite cuillère de poivre aromatique, une petite cuillère de graines de fenouil et une petite cuillère de cadamome décortiquée. Pendant ce temps, zestez une orange, puis émincez les zestes mini mini. Ecrabouillez enfin les épices, les zestes et deux petites cuillères de moka en grain. Au mortier ou au mixer. C’est qu’il ya là deux façons de faire, deux manières de voir l’univers même. Le mortier laissera des particules de café atchement croquantes sous la molaire; le mixeur réduira l’ensemble en une poudre confortable autant que rassurante. Boulègue, collègue !

Dégraissez entièrement le magret, ôtez l’aiguillette, et tranchez-le en deux dans le sens de la longueur. Oignez les deux moitiés et l’aiguillette avec le mélange d’épices, en frottant bien pour que la mixture adhère aux chairs. Puis roulez les trois morceaux dans du film alimentaire, bien serré, façon saucisson. Nouez les extrémités comme un bonbon. Puis balancez dans le panier vapeur. Quatre minutes l’aiguillette. Sept minutes les demi-magrets. Laissez reposer un bon moment. Découpez le film avec des ciseaux, puis tranchez en menues sections façon sushi. Servez tiède, avec une salade verte, ou des haricots verts vinaigrette.

DSC03344.JPGEt on se tchuque quoi avec? Ben, un Mas Jullien 2007, le plus fin, racé et digeste des rouges du Languedoc. Voire du monde. Macarel, ça c’est de la jaja! Merci Olivier. Merci Olivier.

Adissiatz

22/06/2010

L’inouïe capture de la verveine citronnée (en soupe verte, froide et tonique)

DSC03362.JPG

Bien le bonjour, camarades des deux sexes et de toutes les couleurs

DSC03365.JPGLa verveine citronnée, la fraîche, exhale un parfum d’une délicatesse mirobolante, qui donne envie d’enfiler sa robe de bal pour aller twister jusqu’à plus d’heure à la fête du Lycée. Subtil, frais et juvénile, le parfum. Hélas, six fois hélas, cette fragrance divine ne se laisse pas aisément apprivoiser.

A part quelques essais concluants en cuisine ( et et aussi ici), nos tentatives pour faire infuser la rebelle, en vue d’un jus tonique susceptible de magnifier une côte de veau ou un poisson empapilloté, se sont soldés par d’insipides bérézinas. Plouf dans l’eau, comme on dit au large de la bande de Gaza.

On s’est obstiné. On a cogité très fort. Cent fois, on a remis l’ouvrage dedans la casserole. Avant de parvenir à une potion branchouille et apéritive, drôlement taquinante pour tes bajoues. Voilà donc la soupe de concombre et céleri à la verveine citronnée, à siffler entre gens du monde le soir sous la tonnelle, si possible en grignotant des gros crabes vivants. Ou pas.

DSC03355.JPG
Chantier post soupe: Nature morte, Estèbe, 2010,
6e Prix (dit de consolation) au Festival de l'Image Inerte de la Lacapelle-Livron.


La tactique?
Pour quatre gulus, mixez très fort les feuilles de six brins de verveine, trois branches de céleri épluchées et les deux tiers d’un concombre taillé en gros cubes.
Humectez d’un gros filet de citron et d’une lichette d’huile d’olive. Ajoutez une cuillère de ricotta. Sel, poivre. Emulsionnez.
Rafraîchissez au frigo.
Et paf: dans un verre à wiski, avec une paille idiote plantée dedans. Et sluuuurp.

A sous peu

DSC03360.JPG

PS: A la réflexion, on aurait pu chinoiser un tantinet. T’ajouter en surface un cumulus de mascarpone un rien pimenté, une chips de bacon, une cuisse de grenouillette rôtie à l'ail doux. Mais parfois le meuh est l’ennemi du bain. Parfaitement.

21/06/2010

La troublante palourde royale

Bien le bonjour, les coquelettes

 

Aujourd'hui, une vidéo défrisante autant que maritime venue du Québec: la recette de la palourde royale. Y goûter, c'est l'adopter.

 

18/06/2010

La pelle du 18 juin et les cigarillos aux deux pestos

Coucou, les gars et les filles

harrison_fishers_the_kiss_vintage_valentine_card-p137444473359741379qiae_400.jpg

Vendredi matin, peu avant huit heures. Une humanité fraîchement douchée et pomponnée, rasée ou maquillée, se hâte dans l'aube humide. Les bus se suivent et se vident sur les trottoirs. Pétaradent motos et scooters. Trottinent costards et tailleurs. Au milieu de cette agitation, un couple s'embrasse à pleine bouche. Pas un couple de jeunots, comme dans les publicités. Un couple du troisième âge. Elle a un anorak mauve et les yeux qui brillent. Lui porte une casquette et un cuir fatigué. Ils ont la septantaine bien tassée. Et ils s'aiment très fort. Il lui murmure quelque chose à l'oreille. Elle verse une larme. Et c'est reparti pour un long baiser frissonnant. Les salariés du matin passent devant eux, passent derrière eux, mais ne les voient pas. La galoche dure. Jusqu' à l'arrivée du bus. C'est celui que doit prendre le monsieur. Il caresse les cheveux gris de sa dame, lui sourit doucement. Et monte. Elle reste là, en pleurs sur le trottoir, incapable de détacher son regard du car qui emporte son bien-aimé.
Elle est belle et triste, la pelle du 18 juin. C’était ce matin. On en est encore tout chose d'avoir vu ça.

DSC03294.JPG

Tiens, on va se remonter le moral avec des cigarillos de cochon aux deux pestos: le vert et le rouge. Une recette hilarante autant qu’imparable, pour laquelle il nous faut de petites escalopes de porc, des tomates séchées à l’huile, du basilic, du parmesan, du mascarpone, de la roquette, des pignons et voilà.


DSC03298.JPGLe pesto rouge. Dans le bol du mixer, vroumvroumez les tomates séchées (60 grammes au bas mot), le parmesan râpé (une petite cuillère à soupe), une pointe de piment, une demi-gousse d’ail (la plus fresh possible) et une grosse giclée d’huile d’olive. Goûtez. Rectifiez. Tralala.

Le pesto ver
t. Dans le bol du même mixer, vroumvroumez une bonne poignée de roquette, une demi-gousse d’ail (la plus fresh possible), quelques pignons, une giclée d’huile d’olive et une cuillère à soupe de mascarpone. Assaisonnez. Goûtez. Rectifiez. Tralala.

Les cigarillos
. Au rouleau à pâtisserie, aplatissez les escalopes cochonnes. Tartinez la moitié d’entre elles de pesto vert; puis le reste de pesto rouge. Alouette. Roulez façon crêpe. Fermez avec un cure-dent. Puis faites dorer une douzaine de minutes à feu mezzo dans une noisette de beurre. Assaisonnez. Et paf.

DSC03191.JPGDébouchez enfin une bouteille de vin, rouge le vin, un chinon naturel, super gourmand et joliment gaulé, soit la cuvée «Les Graves» du Domaine Gasnier (que le pote Olif, parangon du raffinement et tsar de la blogougou, il nous a vidé une bouteille en moins de 37 secondes pas plus tard qu’avant-hier, c’est dire) et trinquez à la santé de tous les aïeux qui s’aiment.

Tchou

14/06/2010

Le tartare de féra trop bon et la tactique pour garder le tube sain

Comment allez-vous, les gnous?

fera.jpg
Sur l'image, ce sont les mains du pêcheur qui lève les filets de féra avec une dextre vélocité.

Chez nous autres Slurp, l’envie de poisson cru est fort rare. Mais follement impérieuse, façon flambée hormonale. Chériiiiiiiiiiiie, je veux des sushiiiiiiiiiiis. Là, tout de suite, maintenant, fissa, presto, hop hop, du cru, du cru, du cru!

L’autre jour, alors qu’un crépuscule tiédasse invitait à la somnolence des sentiments (n’importe quoi), voilà qu’un violent désir de poisson cru nous saisit au débotté. Hiiiiiiiii. Du cru, du cru, du cru! Ce qui tombait bien. Suite à une partie de pêche décrite sur ce blog il y a peu, deux filets d’une grosse féra, fraîchement extraite de son lac natal, nous attendaient au frais et sans moufter.

Impossible pourtant de les gober à la hussarde sur un coin de table. Car les poissons lacustres ont cette fâcheuse habitude de parfois cacher des petites bestioles dedans leur chair. Des vermisseaux, pas méchants, mais tenaces. Avaler sa féra crue peut donc équivaloir à ouvrir grand sa porte (désolé pour l’image) à une escouade de squatters gratouillants.

La technique? Très simple: une nuit au congélo. Ça nettoie, ça dèzingue le parasite et trucide la bactérie, tout en s’avérant totalement inutile, voir criminel, pour un poisson promis à la cuisson. Mais pour un tartare, c’est juste nickel. Pour un tartare acidulé de féra à l’estragon en particulier, recette mirobolante, dont je vous confie l’alchimie illico.

DSC03337.JPG



La veille, épilez vos filets à la pince. C’est que la féra arbore une rangée de petites arêtes au-dessus de la ligne médiane de son filet; arêtes qu’il est bon d’extraire pour la paix du foyer. Pas ultrafacile. Mais pas über ardu non plus.
Expédiez les filets au congélateur, une nuit.

Au matin,
décongelez tranquilou au frigo.

DSC03334.JPGLe soir
, virez la peau, détaillez le poisson en tout petits cubes. Ajoutez trois radis taillés en rondelles, deux brins d’oignon frais, cinq feuilles de roquette et six brins d’estragon, le tout émincé, quelques zestes de citron, le jus dudit citron, un peu de gingembre râpé, une lampée d’huile d’olive (de la bonne, un rien ardente), du sel, du poivre et une pincée de piment. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase.

Enfin, faites griller des tranches d’un brave pain de campagne. Et tartinez dans la joie, sans oublier d’ouvrir un vin blanc sec, tonique et charmeur, susceptible de tenir tête au tartare lacustre. Un chablis bien tendu, par exemple. Un chardo jurassien qui frétille, par exemple. Un aligoté vif comme un pinson, par exemple.
Bref, un jus pur et frais, conçu dans un chai comme il faut.

Tchou, bonsoir

10/06/2010

Carl Warner: des paysages à croquer

Amis des beaux-arts, bonjour

Aujourd’hui, on te cause photographie artistique. Ferme la bouche et ouvre les yeux.
Voici le photographe britannique Cal Warner, dont l’un des dadas, c’est le paysage fait avec du miam. Parfaitement. Les montagnes en miche de pain. Les pirogues en cosse de petits pois. Les fermes toscanes en fromage. Les pentes enneigées en mortadelle.

cal3.jpg
cal8.jpg
cal8e.jpg
cal332.jpg
carl21.jpg


Selon son humeur, tu trouveras ça follement inventif, techniquement balèze, ou kitchounet à pleurer de rire.

Mais c'est de l'art, babe

Tchou!

PS: Tiens, ben nous, un jour, on t'avait fait une tête d'Elephant Man en poulpe. Trop fort.

poulpe2.jpg

12:17 Publié dans Art Slurp | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : carl warner |  Imprimer |  Facebook | | |

08/06/2010

Les croustillants de poulet aux flocons de patate et la honte cosmique du Dr. Slurp

Bien le bonjour chez vous

DSC03311.JPG


stok.JPGL’autre jour
, le pote Nanard et mèzigue conversions agréablement d’une foule de sujets graves autant que variés. Pinard et cuisine, en gros. Et brusquement, Nanard nous balance un scoop en plein museau. «Pour paner un machin, tu peux utiliser des patates en flocons, ça marche à donf’
De la purée déshydratée en guise de chapelure? Quelle idée merveilleusement séditieuse! Quelle maligne manière de recycler la laideur agroalimentaire sur l’autel de la plus gourmande ingénierie domestique!

Pour mettre en œuvre ce concept défrisant, toutefois, un écueil se dressait devant nous: acheter ledit ingrédient. C’est que le Dr. Slurp jouit d’une certaine aura en ville. Et se faire choper en flag avec un paquet de purée instantanée équivaudrait à dynamiter une réputation de puriste culinaire laborieusement bâtie au fil de chroniques vengeresses. Imaginez donc le pape Benoit The Sixteen surpris à la pharmacie en train d’acheter des capotes fantaisies.
Nous voilà donc rasant les linaires de la supérette, avec le paquet de patates en flocons soigneusement camouflé dans le chariot, sous un gigot bio de belle origine et quelques autres denrées aux CV indiscutables. Emplettes crispées, mais sans heurt... jusqu’à la caisse. Après avoir déniché le paquet de la honte, la dame s’en saisit. Le brandit fièrement. Et hurle à sa collègue: «LA PUREE STOCKI, C’EST COMBIEN, DÉJÀ??!! »
Estèbe devient tout rouge. Et bafouille à la cantonade une imbitable histoire de cousine édentée et malade, trop faible pour écraser ses pommes de terre. Trop tard. Le mal est fait. La foule se masse, en le montrant du doigt. Les téléphones portables crépitent. Les journalistes débarquent. L’histoire fait le tour de la Terre. Le cosmos se gondole. Estèbe n’est plus qu’un vieux flocon de patate aux yeux de ses contemporains.


Bon, on se calme. On passe en cuisine. Pour préparer ces ravissants croustillants de poitrine de poulet panés à la patate, romarin et tomates séchées. Oui, je sais : au MC Do, on appelle ça des nuggets. Chez nous, pas. Na !

DSC03309.JPG


Pour deux personnes. Découpez en parallélépipèdes gracieux 300 grammes de blancs de poulet. Bio, le poulet. Salez, poivrez, puis farinez. (Le truc du Dr Slurp? Shakez la volaille avec la farine, le sel et le poivre dans un sac en plastique: über efficace. Ne me remerciez pas.)
Dans un bol mélangez un sachet de flocons de pomme de terre avec quelques brins de romarin émincés et quatre tomates séchées hachées. Salez et poivrez avec véhémence.
Dans une coupelle, battez un œuf en omelette.
Puis passez le poulet fariné d’abord dans l’œuf, puis dans les flocons de pomme de terre.
Poêlez illico, à feu mezzo, dans une noisette de beurre et une larme d’huile d’olive.
Quand le poupou est bien doré, la messe est dite, le miam prêt et l’assistance ravie.

Bref, la cuisine, c’est une aventure de tous les jours. Voire plus.
Commentez cette affirmation. Je relève les copies dans quatre heures.

DSC03299.JPGPS: On avale les glorieux nuggets avec une salade verte et un gamay pur et plein, au fruité follement croquant. Exactement comme l’épatant Chiroubles de Jean-Baptiste Selles. Bonne adresse que voilà. Oui Madame.

03/06/2010

Une nuit sur le lac Léman, ce théâtre d’ombles

Coucouloucoucou

LA_COUV_DU_FUTUR_LIVRE_SUR_LA_PECHE.jpg



Drôle d’expérience que de mettre le réveil à deux heures et demi du mat. A vrai dire, c’est plutôt le genre d’heure à laquelle on va se coucher, enfin les soirs de liesse. L’autre jour, un aimable pêcheur  nous ayant invité à une balade sur le Lac Léman, on s’est donc extirpé du plumard au milieu de la nuit, un poil pâteux va sans dire, pour aller se geler les cahouètes sur un bateau au milieu des eaux noires.
Ben, on ne l’a pas regretté.
Car c’est beau un lac, la nuit. Et plus encore juste avant l’aube. Le paysage, même qu’il te suffoque. L’horizon s’embrase. La montagne rosit. Et croassent gentiment les hérons farceurs dans le grand silence lacustre.
Plus apaisant, tu collapses.

100601_xxPeche_Omble_01.jpg


A bord du bateau, il y avait aussi le pote Vogelsang, qui signe les chouettes photos ci-dessus. Et le pêcheur, évidemment, fort occupé à lever des filets pendant trois grosses plombes. Et dans les filets se trémoussaient plein d’ombles chevalier. Soit ce poisson d’eau douce et bien fraîche, locataire des abîmes, membre distingué de famille des salmonidés et considéré par les amateurs comme la créature dotée de nageoire la plus exquise de la création.
Après vérification, c’est une réalité vraie.
On est revenu à la maison avec un bel omble de 600 grammes, à l’œil brillant et à la robe argenté que tu l’aurais juré tricotée par Courrège en 1967.

 

DSC03329.JPG

En cuisine, on a suivi à la lettre les recommandations du pêcheur. En cuisant le poisson entier, 12 minutes pile, à four chaud. Pas d’épices. Pas d’herbettes. Pas de machins. Nada. Juste un filet d’huile d’olive et un rien de fleur de sel.
Mamamia ! Quelle finesse ! Quelle texture délicate ! Quelle saveur subtile ! Quelle extase lémanique!

Désormais, on marche à l’omble.

PS. Tu veux voir la vidéo de notre nuit de pêche? Oui? Vraiment? Ben, clique donc fissa.