Un tartare de tomates trop couillon pour MasterChef

Bien le bonjour, contemporains avisés

 

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Avant, la cuisine, c’était le partage, les retrouvailles, le plaisir et tout le tintouin. On vous parle d’une période courant grosso modo du paléolithique à la puberté de Cyril Lignac. Avant donc, la cuisine, réunissait. Autour d’une daube, d’un gros risotto moelleux, d’un poulet tandouri (aux larmes). On communiait dans la mastication jubilatoire et dans la déglutition conviviale. Amen.

Ben, maintenant, c’est fini. La cuisine rassemblait; elle exclut. La voilà même qui carbure à la rivalité, à la performance, à la compétition. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à jeter un œil à la cascade d’émissions de télé-réalité tournant autour de la popote. Dans ces Forts Boyard culinaires, le candidat est mis à l’épreuve, chronométré, scruté, jugé, banni. On s’y agite; on y pleure; on y stresse comme un homard devant la marmite bouillante. Avec un but ultime: l’épate (pas les pâtes, banane, l’épate). Il faut que ça brille. Il faut ébahir ses congénères. En mettre plein la vue; les papilles, elles, passent visiblement au second plan.

Rassurez-vous, le Dr Slurp ne s’est pas transformé en censeur passéiste, qui sanglote sur le bon vieux temps en brandissant un index vengeur sous la statue d’Escoffier. Les mœurs changent, voilà tout. D’ailleurs, votre serviteur mate de temps à autre l’une de ces distractions cathodiques; et avec quelque satisfaction à l’occasion.

Mais une chose de sûre, son tartare de tomate à la féta, noix de cajou et olives noires ne passerait jamais la rampe à MasterChef. Trop couillon pour concourir.

 

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Emiettez un bout de féta, mettez-le à mariner avec une grosse lichette d’huile d’olive, quelques gouttes de citron, quelques olives noires hachées menues et trois tours de moulin à poivre.

Ecrabouillez les noix de cajou (grillées et salées); émincez le persil.

Pelez et épépinez une bonne tomate (par bec à nourrir) charnue et mûre, genre Noire de Crimée. Taillez en mini cubes. Pressez au fond d'une passoire afin d'égoutter un max. Puis touillez délicatement avec la féta, l’huile, les olives et le persil. S’il le faut, rectifiez l’assaisonnement d’une pincée de sel et d’un filet de vinaigre.

Moulez en mamelon mignon, en cernant le tartare de miettes de Cajou.

Puis amenez votre assiette devant la téloche. Ya Un dîner presque foiré qui commence.

Tchou

Commentaires

  • Oh bon dieu. La belle bleue.

  • Ils ont tenté de m'avoir avec "Le dîner presque parfait" entre blogueurs, déjà que l'ambiance est limite pourrie sur la blogo (c'était mieux avant), si en plus y'a de la compète télévisée, on va se lancer les marmites (dans lesquelles agées ont fait la meilleure soupe si le poireau est bien vert).

    Parfois c'est l'inverse un excès de passéisme/produits anciens/cuisine de mamie, je viens ainsi de refuser un reportage sur moi en Bretagne, faute d'être entrainé à "assommer à coups de poings les sangliers et les romains"; l'ont pas bien pris je crois...

  • la gourmande que je suis adopte ce mamelon illico !

  • De l'ambiance d'autrefois à la présente assiette il n'y aurait donc qu'un jet de noyau d'olive, hein docteur.

  • On vit dans une époque de "déco de table"... c'est tout dire. Sinon, hier, avec 2 millions de personnes dans les rues, le goûter était presque parfait :)

  • Que de propositions, Pat! Vous êtes le phénix de la blogo celtique. Oui Renalda, gros succès réjouissant. Hier dans les rues, c'était un ZobChef (si j'ose). Vivement la retraite qu'on puisse regarder la télé!

  • La cuisine est à la mode, ou la mode est à la cuisine. Mais pas celle de la brave mère de famille, qui jour après jour essayent d'enchanter les papilles de sa progéniture tout en éveillant ses goûts, et en respectant un budget plus ou moins serré et en augmentant les rations au rythme de leur croissance, et tout et tout.
    C'est la cuisine des stars, qui plait, une nourriture artistique à base de coquilles st Jacques, de filet de veau et de petits légumes hautement décoratifs. Pas de pain, pas de pâtes, que du cher, que du compliqué.
    Alors merci pour toutes tes idées, simples à multiplier par le nombre de convive, et à adapter à son humeur (ou fond de placard) du jour.

  • Et les meilleures cajoux c'est ici : www.pakka.ch

  • Nael, ne seriez vous pas en train de profiter du forum libre et joyeux que sont les commentaires ouverts de ce blog pour procéder à une sournoise entreprise publicitaire? Un soupçon, comme ça...

  • Il ne faut pas cracher dans la soupe non plus, ces émissions font quand même la promotion d'une certaine idée du bien cuisiner et du bon manger. C'est toujours ça de pris sur la malbouffe.

  • Comme dirait Gordon Ramsay, rien ne vaut la cuisine dite familiale ! Un bon ragoût de mouton et hop, tout le monde se régale, et à sa faim !

  • Des pâtes à la banane ? C'est une bonne idée, mais où est la recette ?!!

  • tu oublies de dire que la cuisine ne rassemble plus mais qu'en plus elle dure des plombes à la TV

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