20/09/2010

Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous

Salamaleïkoum, les potes


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412.jpgIl y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.

Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.

Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.

Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.

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  • Les brochettes express de l’orient

Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.

Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.

Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.

  • La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)

DSC03527.JPGPelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.

  • La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad

Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire.  Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).

Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.

DSC03477.JPGServez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.

A bintôt, les aminches

NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.

Commentaires

Votre méthode semble d'une efficacité prometteuse - on y est vraiment, enfin moi j'y étais, mais pourquoi milliard de dieu en reparler à la fin ?

Écrit par : rose chiffon | 20/09/2010

S'il suffisait d'ajouter une pincée de sumak pour péter le feu, le Moyen Orient rigolerait.

Écrit par : Yves | 20/09/2010

Faut-il de tels préliminaires en cuisine avant de pouvoir exécuter une danse du ventre?

Écrit par : anne-laure | 20/09/2010

très beau triplet... on est obligée de faire tout à la fois?

Écrit par : Sophie 13 | 20/09/2010

Moi aussi je kiffe ce beaujol..." Côte de Py" d'chez Foillard!
mon caviste n'en a plus (quel inconséquent!)
Quant aux brochettes, tout dépend de qui les cuit...non?

Écrit par : Marie-Hélène | 20/09/2010

Marie-Hélène,
Entre personnes de bonne(s) compagnie(s)
TU... ne confie pas la cuisson à n'importe quel(le) gougnafier(ére)
soyons entre gens sérieux

Si tout fout le camp... ou allons nous...

Quand au vin préféré de l'Astre de Neuilly, notre guide oenologique (ou pas)
Je te souhaite, mon bon Estèbe, de ne pas avoir à passer la frontière...
Bon, tu n'es pas du Luxembourg, une chance

Écrit par : angevain | 21/09/2010

Marie-Hélène, changez de caviste!
Angevain, je la passe parfois, mais en me déguisant en industriel chinois. Fastoche.

Écrit par : Estèbe | 21/09/2010

Ha moi aussi comme marie Hélène j'ai pour Monsieur Foillard et son côte de Py une amitié toute particulière :)

Écrit par : Claire | 21/09/2010

Bonjour,
Même si je tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, la découverte de votre univers m'enchante.
Je viens vous demander une autorisation:
Sur mon site de cuisine réservé aux fauchés de tout poil (chômeurs, étudiants, mamans solo...) j'instille en filigrane la force de l'humour comme une arme fatale, arme contre les cons, contre le désespoir, une arme sur laquelle on s'appuie comme sur une béquille pour mieux avancer.
Mais je n'ai pas votre talent.
Et même si vos recettes outrepassent le budget de mes lecteurs, je classe votre humour au chapitre des remèdes !
Donc, si vous me le permettez, je souhaiterais poster une note sur votre travail et placer un lien vers ici.
En vous remerciant.

Écrit par : Maryse | 21/09/2010

L'humour du cuisinier déteint sur l'assiette? Pourvu qu'il ne devienne jamais indigeste!

Écrit par : mamina | 21/09/2010

Une fois de plus, je ris rien qu'à lire le titre! J'adore ton sens de l'houmous, c'est un régal.
BRAVO et excellente suite à toi!

Écrit par : Juliane | 22/09/2010

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