27/09/2010

Paul l’oracle et le carpaccio de poulpe qui botte en bouche



Bien le bonjour, les céphalopodes frisés

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Sans doute connaissez-vous Paul, le poulpe de l’aquarium d’Oberhausen en Allemagne. C’est un animal sans imagination ni conversation. Moche, rancunier et mou. Un poulpe, quoi. Mais il devine à l’avance l’issue des matchs de foot (clic). Paul est un oracle sportif. Parfaitement. En juillet dernier, il a anticipé la victoire des Espagnols en demi-finale. Et a prédit ainsi les résultats d’une douzaine de matchs auparavant. Trop fort. Le principe? On pose de part et d’autre de Paul des boîtes aux couleurs des deux équipes en lisse et la bestiole, après hésitation, ouvre, d’un tentacule habile, celle des futurs vainqueurs. Paul est un devin visqueux. A huit bras.
Evidemment, toi le pote cartésien, tu doutes. Un gros mollusque n’a ni les armes intellectuelles ni le bagage culturel pour établir des pronostics valables, fussent-ils footballistiques. Tu n’as pas tort. Probablement Paul a-t-il une chance de cocu, un bol géant, le cul bordé de ventouses, en somme.


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Tiens, profitons-en pour avaler dans la joie ce carpaccio de poulpe en vinaigrette tiède au gingembre et cardamome. Très facile à bricoler. Atchement bon sous la dent. Ravissant pour les mirettes.

DSC03567.JPGPayez-vous
trois tentacules dodus. Rincez. Et expédiez dans l’eau frémissante 40 minutes. Avec du sel. Plus un bouchon de liège, pourquoi pas, d’aucuns affirment que ça attendrit le monstre.

Pendant ce temps
, versez dans une casserole un demi-déci d’huile d’olive, avec une phalange de gingembre frais émincé mini mini, le jus d’un demi-citron et quelques graines de cardamome dûment décortiquées. Sel, poivre de Sichuan. Faites chauffer tout doux et aux premières bulles, retirez du feu. Gardez au tiède.

Retirez
le poulpe de son bain, virez en pestant la pellicule noire et la fine membrane sur la partie antérieure des tentacules. Ce qui n’est pas l’étape la plus drôle de l’affaire. Coupez en minces tronçons. Disposez sur un plat plat. Coiffez d’oignon frais émincé, d’olives noires hachées, de basilic ciselé. Avant d’humecter de vinaigrette tiède. Une pincée de fleur de sel et vlà le travail.

DSC03523.JPGAvec ça, on peut, on doit, on va, se siffler un beau chenin de Loire. «Les Moyens du Bords» du Domaine de la Grange aux belles par exemple, un chouette blanc naturel, ample, vif. Et parfumé aussi. Ce qui n’est pas toujours le cas. Car tous les chenins ne mènent pas arômes. Hum…

A sous peu, mes très chers

Commentaires

J'adore ça le poulpe... mais je n'ai jamais osé le "manipuler" mais je ne savais pas que ça se vendait "par tentacule", peut-être que ça va me donner du courage !

Écrit par : funambuline | 27/09/2010

Oui, oui. Si le poissonnier est aimable, il vous fait la pieuvre en kit.

Écrit par : Estèbe | 27/09/2010

Peux-tu demander à Paul si c'est Martine ou DSK qui se présentera?

Écrit par : yves | 27/09/2010

Recette brillante, plus que le poulpe pronostiqueur.

Écrit par : Anne-laure | 27/09/2010

Je vous trouve bien dur avec ce mol invertébré. Pas beau mais sympathique et joueur, tous les plongeurs vous le diront. Paul le Poulpe et ses congénères valent nien tous les pronostiqueurs, sondeurs et experts qui nous abreuvent à longueur d'année de leur science... pour affirmer le contraire le lendemain. Sans même sourire. Paul lui au moins, il sourit. Regardez bien.

Bon, que ça n'empêche pas de manger les oracles octopodés moi je dis. Je vais m'empresser de mettre en pratique la recette proposée en toute confiance comme à chaque fois que Mr Estèbe nous ravit de sa tchatche et de son génie du Miam.

Écrit par : Marcolino | 27/09/2010

Oui, on le dit malin même. Moi, il me file les chocottes. Quelque chose dans le sourire.

Écrit par : Estèbe | 27/09/2010

Pour le match Servette de Genève-Bayern d'Oberhausen, il avait pronostiqué quoi, Paulot, avant que vous ne le carpacciez?
Tout le monde aura également pu constater, je pense, qu'afin de virer -difficilement- la petite pellicule noire qui recule pendant que la tentacule, nous avez fait avec les Moyens du Bord. Le bon vin ne vous réussit pas toujours, Estèbe! Et pourtant, celui-ci, il est bon!

Écrit par : olif | 28/09/2010

Paul donne les numéros du loto aussi? J'ai besoin d'un peu de liquidité pour m'acheter du poulpe.

Écrit par : Sophie 13 | 29/09/2010

Sieur Estèbe,
D'habitude j'aime pas trop boire moyen,ferais bien une exception pour cette quille du domaine de la Grange aux Belles,dont j'ai bu il y a peu un Cintré 100% cabernet pas mal du tout.
Salutations polyphénolisées

Écrit par : pascal henry | 29/09/2010

Mieux vaut mâcher un poulpe que palper une mouche.

Écrit par : Camille | 30/09/2010

Inspiré par vous et le capitaine Némo, je suis bien décidé à m'essayer à cuisiner un poulpe au pot sauce Nautilus ; mais oú trouve-t-on des bouchons de Liège à Genève ?
De son temps, Jules Verne avait déjà rencontré ce fameux Paul en pleine mer et le trouva très joueur.
http://www.plonkreplonk.ch/html/cartes/grandes_cartes/346.jpeg

Écrit par : Benoît Marquis | 02/10/2010

Cher estèbe,
Vos lecteurs et occasionnellement commentateurs ne se bornent pas à vous lire. Ils essayent aussi vos recettes (le saviez-vous?). Bon eh ben quand vous dites "virez en pestant la pellicule noire et la fine membrane sur la partie antérieure des tentacules. Ce qui n’est pas l’étape la plus drôle de l’affaire. " c'est un euphémisme. C'est m...dique l'étape pour parler clair.

A moins que vous n'ayez un truc pour faire ça rapidos les mains dans les poches, truc que vous vous êtes bien gardé de partager en ricanant d'avance, sadiquement, de nos misères, Niark. Appel à tous les Galiciens, Galiciennes qui en connaissent un bout en matière de poulpe: comment on fait?

Ah, autre chose encore (j'ai eu une dure journée au turbin alors je me défoule sur vot' blog m'sieur Estèbe, c'est injuste je sais!)Avec 300gr de tentacules, même dodus, après 40 mns de cuisson il me restait au mieux 18 grammes de Pythie à ventouse, si Môssieur, et que la Sardine du port me foudroie si je mens. D'une entrée pour 3 morfales j'ai révisé le plan d'origine en un tapas-apéro, puis me dendant compte que cela ne faisait que 6 grammes par convive, j'ai tout mangé en préparant le reste du repas! Et c'était bon, comme d'hab' quoi.

Écrit par : marcolino | 11/10/2010

Oui, c'est une plat infect à réaliser qui ne nourrit guère son homme. Une infâmie. Mais comment ais-je pu poster un machin pareil?

Écrit par : Estèbe | 11/10/2010

Cher Estèbe,

Renseignement pris chez ma voisine qui est la reine du poulpe à la galicienne (vu qu’elle est galicienne... Que le monde est petit! s’écria alors le Poulpe) pas besoin de démembraner les tentacules. La Galice entière se marre rien qu’en imaginant la scène il paraît.

Autre truc appris sur la cuisson de l’invertébré ; plonger dans l’eau frémissante puis ressortir immédiatement ; répéter 3 fois. Cette manœuvre permet d’éviter une brutale contraction du tentacule (s'est donc déjà demandé pourquoi on aime écrire des machins comme ça? nous sommes peu de choses quand même). Grâce à quoi, au lieu d'obtenir une scorie à ventouses, la bête conserve un volume et une amplitude qui flatteront l'oeil autant que l'estomac.

Et on me dit encore que 20 minutes de cuisson suffiraient, parole de Galicienne une fois de plus.

A partir de quoi, je me réjouis de la prochaine recette de poulpe sur ce blog; bien à vous

Écrit par : marcolino | 17/10/2010

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