30/09/2010

Les tatanes bacon

Bien le bonjour,

 


bacon shoes.jpg

L’autre jour qu’on surfait sur la Ternette à la recherche de jolis habits masculins et automnaux, on est tombé sur ces tatanes bacon.
Elles nous ont illico plu.
Car les tatanes bacon, voyez-vous, cela va avec tout; ça fait chic sous un kilt; ça fait choc sous un short.
Ça se porte sans faim, à la maison, au bureau, à l’église.
Les tatanes bacon, elles chaussent l’homme moderne, l’homme gourmand et décontracté, en lui conférant une dosette d’espièglerie charcutière au bout des petons.
Les tatanes bacon, parfaitement.

bacon30.jpgbacon-shoes_0479.jpg


 

27/09/2010

Paul l’oracle et le carpaccio de poulpe qui botte en bouche



Bien le bonjour, les céphalopodes frisés

PaulPoulpe1.jpg
Sans doute connaissez-vous Paul, le poulpe de l’aquarium d’Oberhausen en Allemagne. C’est un animal sans imagination ni conversation. Moche, rancunier et mou. Un poulpe, quoi. Mais il devine à l’avance l’issue des matchs de foot (clic). Paul est un oracle sportif. Parfaitement. En juillet dernier, il a anticipé la victoire des Espagnols en demi-finale. Et a prédit ainsi les résultats d’une douzaine de matchs auparavant. Trop fort. Le principe? On pose de part et d’autre de Paul des boîtes aux couleurs des deux équipes en lisse et la bestiole, après hésitation, ouvre, d’un tentacule habile, celle des futurs vainqueurs. Paul est un devin visqueux. A huit bras.
Evidemment, toi le pote cartésien, tu doutes. Un gros mollusque n’a ni les armes intellectuelles ni le bagage culturel pour établir des pronostics valables, fussent-ils footballistiques. Tu n’as pas tort. Probablement Paul a-t-il une chance de cocu, un bol géant, le cul bordé de ventouses, en somme.


DSC03564.JPG

Tiens, profitons-en pour avaler dans la joie ce carpaccio de poulpe en vinaigrette tiède au gingembre et cardamome. Très facile à bricoler. Atchement bon sous la dent. Ravissant pour les mirettes.

DSC03567.JPGPayez-vous
trois tentacules dodus. Rincez. Et expédiez dans l’eau frémissante 40 minutes. Avec du sel. Plus un bouchon de liège, pourquoi pas, d’aucuns affirment que ça attendrit le monstre.

Pendant ce temps
, versez dans une casserole un demi-déci d’huile d’olive, avec une phalange de gingembre frais émincé mini mini, le jus d’un demi-citron et quelques graines de cardamome dûment décortiquées. Sel, poivre de Sichuan. Faites chauffer tout doux et aux premières bulles, retirez du feu. Gardez au tiède.

Retirez
le poulpe de son bain, virez en pestant la pellicule noire et la fine membrane sur la partie antérieure des tentacules. Ce qui n’est pas l’étape la plus drôle de l’affaire. Coupez en minces tronçons. Disposez sur un plat plat. Coiffez d’oignon frais émincé, d’olives noires hachées, de basilic ciselé. Avant d’humecter de vinaigrette tiède. Une pincée de fleur de sel et vlà le travail.

DSC03523.JPGAvec ça, on peut, on doit, on va, se siffler un beau chenin de Loire. «Les Moyens du Bords» du Domaine de la Grange aux belles par exemple, un chouette blanc naturel, ample, vif. Et parfumé aussi. Ce qui n’est pas toujours le cas. Car tous les chenins ne mènent pas arômes. Hum…

A sous peu, mes très chers

23/09/2010

L’aiguillette Baronne en robe de mi-saison

Bien le bonjour, aminches éparpillés

 

DSC03555.JPG

L’Aiguillette Baronne pourrait être l’un de ces 4000 mètres anguleux autant qu’alpins, que tous les alpinistes de la terre rêvent d’affronter, au risque de perdre un membre, la raison, la vie même. Cet été, je me grimpe l’Aiguillette, dussé-je y laisser un orteil.
Ben non.
L’Aiguillette Baronne pourrait être le surnom d’une vieille aristocrate russe, particulièrement osseuse et revêche, dont la pingrerie fait rire sous cape. Hi, hi, hi, l’Aiguillette a encore oublié de donner un pourboire au cochet.
Ben non.
L’aiguillette Baronne pourrait être ce délicat ruban couleur saumon que les demi-mondaines de la Belle Epoque aimaient à se nouer autour de la cuisse. Déliez vite cette aiguillette, Caroline, que nous marivaudions.
Ben non.


L’aiguillette Baronne est un morceau de bœuf.
Oui, Madame.
Une pièce bon marché et savoureuse, cachée quelque part sur le haut de la cuisse arrière de la grosse bestiole, à côté de la hampe et de l’onglet, deux voisins dignes d’intérêt. Une pièce pour amateur donc, qu’il faut attendrir longuement sur la gazinière pour s’en régaler.

Tiens vlà justement (quel hasard merveilleux!) une aiguillette baronne mijotée à la tomate, au safran et aux graines de fenouil. Recette lutine de mi-saison, low budget mais high slurp.

DSC03558.JPG


Dans une cocotte, faites fondre deux gousses d’ail hachées et une grosse échalote émincée. Réservez. Faites dorer l’aiguillette sous toutes ses coutures. Déglacez avec une grosse giclée de vin blanc.

Ajoutez l’ail et l’échalote, puis trois ou quatre grosses tomates bien mûres et joufflues, dûment pelées, épépinées et émincées. Puis huit pistils d’un bon safran, un demi-morceau de sucre et une large pincée de graines de fenouil. Laissez mijoter à couvert, deux plombes larga manu.

Ôtez
ensuite le couvercle, laissez réduire le jus, salez et poivrez vaillamment. Puis, au moment de servir, coiffez de pluches de persil et de virgules de céleri branche cru.

Notez pour finir que l’on peut élaborer une présentation urf, voire giga chichi, sur assiette ouvragée, comme dans les mags de dames. On peut aussi trancher la viande et la replonger avec désinvolture dans la cocotte, façon ragoût jovial. Et même si c’est pour la première solution que l’on a opté – photogénie oblige -, c’est la seconde que l’on préconise afin de décontracter les convives les plus boutonnés.

Il faut aussi boire du vin en mangeant (ou pas), c’est la Faculté qui le dit. En l’occurrence faisons donc sauter le bouchon de la radieuse mondeuse de Monsieur Chollet, sis à Aran-Villette, Lavaux, Suisse Romande, Europe non alignée. Un rouge souple mais racé, parfumé et tonique, qui nous fait pousser des petits haaa de volupté quand il nous glisse dedans la glotte.
Et puis, matez-moi cette étiquette si elle est chouette!

DSC03551.JPGDSC03550.JPG
DSC03553.JPG
DSC03546.JPGDSC03552.JPG
DSC03547.JPG


Tchou!

 

20/09/2010

Triologie orientale : des courgettes et des brochettes qui ont le sens de l’houmous

Salamaleïkoum, les potes


DSC03534.JPG

412.jpgIl y a des jours où l’on rêvasse d’ailleurs. Où le quotidien se fait lourdingue comme une bouteille de propane. Où les contemporains lassent. Et la bonne humeur croasse.
Il y a des jours où le moral glisse donc inexorablement en direction des charentaises. Il faisait chaud, on se les gèle (ou on se l’Hegel, pour faire dialectique). Les jours se ratatinent et les charters français se romatisent. Un con de chien a pissé sur ton vélo. Et la Une de Libé avec Bono te fait froid dans le dos.
Tiens, il y a des jours où on serait mieux tout seul dans le désert. Le tutu calé entre les deux bosses d’un chameau débonnaire, qui dodeline bravement. Avec l’haleine brûlante de l’alizé qui te chatouille le pif. Et le panorama indolent des mamelons sableux à perte de vue.

Voyez le tableau, quoi. Genre vieille pub pour les eskimos Gervais.

Evidemment, il faut réagir. Presto. Nouer autour de ses hanches un tablier fantaisie et cuisiner vite fait un miam oriental, qui dépayse gentiment la papille et balaie les idées grises en deux pincées d’épices. Et paf. Voilà des brochettes d’agneau canailles et mentholées à l’orientale, un houmous façon Dr. Slurp et une salade de courgettes acidulées au sumac.

Le souper triologique de Shéhérazade dans ta kitchenette septentrionale, parfaitement.

DSC03536.JPG
  • Les brochettes express de l’orient

Il faut glisser dans son cabas du filet d’agneau, et des rognons d’agneau itou, que le boucher aura gentiment paré sans carnage. Soit viré le gros de la graisse et ouvrant les rognons façon crapaudine. Ajoutez aux emplettes un bouquet de menthe, un poivron doux genre paprika et un oignon doux.

Pour l’huile de menthe. Dans une petite casserole, amenez au seuil de l’ébullition un demi-déci d’huile d’olive, avec trois feuilles de menthe, une échalote et une demi gousse d’ail, l'une et l'autre épluchées. Retirez du feu et laissez infuser tranquilou.

Pour les brochettes. Taillez le filet en cubes et les rognons en quatre parts égales. Puis plongez le tout dans une jatte. Arrosez avec une partie de l’huile aromatisée, de ras-el-hanout, d’un tour de moulin à poivre et d’un filet de citron. Laissez mariner une heure. Au moins. Puis poubellisez la menthe, l’ail et l’échalote.
Dans une poêle, faites fondre tout doux l’oignon et le poivron, taillés respectivement en rondelles et en petits carrés élégants. Quand ils s’attendrissent, enfilez vos brochettes en alternant oignon, filet, rognon et poivron. Poêlez à feu vif quatre ou cinq minutes. Salez. Et coiffez enfin de pluches de menthe.

  • La salade de courgettes byzantine (Pfff… n’importe quoi)

DSC03527.JPGPelez puis taillez les courgettes en spaghetti, à la mandoline, à l’économe, ou tout autre ustensile idoine qui dormirait au fond du placard. Réservez la partie centrale pleine de pépins. Elle servira pour la purée (miracle d’économie domestique!). Mélangez à quelques olives noires émincées avec une bonne giclée d’huile d’olive, un jus de citron, trois brins de coriandre émincée et quelques éclats de tomates séchées. Parsemez de sumac moulu. Assaisonnez, touillez et goûtez.

  • La purée de pois chiches au cumin façon Sinbad

Faites tremper les pois chiche. Un jour. Une nuit. Un jour et une nuit. Une nuit et un jour, voire.  Changez l’eau du bain quand vous passez par là. Puis faites cuire les pois chiches dans un grand volume d’eau. Une heure et demie, minimum. Une demi-heure avant la fin, ajoutez les cœurs de courgette (voir ci-dessus, ben oui, banane).

Dans une coupelle, écrabouillez deux gousses d’ail dans un jus de citron. Passez les pois chiches et courgettes au presse-purée, ou au mixeur, ou à la moulinette à Mamie, intégrez l’ail et le citron, liez à l’huile d’olive, assaisonnez puissamment, réchauffez d’un pincée de piment, parfumez de graines de cumin. Goûtez. Et rectifiez jusqu’à l’extase orientale dedans la bouche. Pour faire le malin, coiffez enfin de graines de sésame noir.

DSC03477.JPGServez tout ça en effectuant une danse du ventre pleine de sensualité et d’athlétisme. Sans oublier de déboucher au préalable une topette d’un gamay top moumoute, épicé et framboisé, ample et coquin, par exemple le Côte de Py du Sieur Foillard à Morgon.

A bintôt, les aminches

NB: Connaissez-vous le Bourgogne favori de Sarko 1er? Non? C'est le Romano-Contue, bien sûr.

16/09/2010

Le rôti en laine et le saucisson doudou

Bien le bonjour, les végétaliens

La plupart des êtres humains connectés connaissent la tendresse du Dr Slurp pour l’art du lard. Ou l’inverse. Nous voilà donc fous de joie de présenter le travail de la jeune designer Clémence Joly, qui fait des rôtis doudous et des sauciflards en crochets. Elle a ouvert une Wool Butchery à Londres. Une boucherie laineuse. On est client, va sans dire.

3_beef-joint.jpg
38_cote-de-boeuf.jpg38_jambon-cru.jpg
38_saucisson.jpg


38_toute-la-viande.jpg


Tchou!

09:13 Publié dans Art Slurp | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : rôti laine |  Imprimer |  Facebook | | |

13/09/2010

La suprême terrine de cocotte aux cèpes

Bien le bonjour, les gallinacés

 

 

DSC03518.JPG

La langue culinaire a parfois de charmantes coquetteries, qui confinent à l’occasion au pédantisme majuscule. Sur la carte d’un resto haut-savoyard, on se souvient ainsi d’une intrigante Pétole de ravine sur une feuilletée de rampon vinaigrette d’épine-vinette (sic) qui, à l’arrivée, ressemblait étrangement à une salade verte au chèvre chaud. Pas mauvaise, d’ailleurs, quoique sévèrement tarifée. La pétole, cela se paye.

On vous passe les perles d’Asie (du riz blanc, warf!) et la morue fraîche (le cabillaud, ça fait populo?). Pour en arriver, en frétillant de bonheur, aux… suprêmes de volaille. Ah Madame, les suprêêêêmes de volaille, dans le genre vieille France en perruque poudrée, ils en jettent quand même plus que les vulgairissimes blancs de poulet. Notez pourtant que le suprême a un brin perdu de sa superbe, voire même pris un poil de plomb dans les plumes, depuis qu’un duo de rap francilien l’a accolé à une expression leste, acronymée en NTM. Il va falloir inventer autre chose. On suggère le sublime de cocotte. Ou, mieux, l’orgasme de gallinacée.

 

DSC03517.JPG

Bon, dévorons presto cette terrine de blanc de poulet aux cèpes et jambon cru. Plat suprêmement volatile dans les assiettes des gourmands, pour lequel il faut se munir de 500 grammes de blanc de poulet bio, de 80 grammes de foies de volaille, de trois petits cèpes joufflus, d’une paire d’œufs bio, d’un peu de crème fraîche et d’une belle tranche de jambon cru un tantinet épaisse.

DSC03514.JPGBrossez puis émincez les champignons en tranches de 4,2mm d’épaisseur. Faites fondre une échalote hachée dans un peu de beurre. Ajoutez les bolets, laissez cuire doucement six minutes, qu’ils s’attendrissent. Sel, poivre.

Hachez les foies et la moitié des blancs, touillez le tout avec les œufs et une lichette de crème. Assaisonnez vaillamment.

Détaillez les blancs restants en minces lanières et le jambon en petits dés.

Chemisez une terrine d’un litre de film. Puis montez votre échafaudage. Une couche de lanières de poulets et de cubes de jambons. Une couche de hachis. Une couche de cèpes. Etc…

Balancez au bain-marie dans un four préchauffé à 160°. Une heure. Achevez la cuisson hors du bain-marie, un quart d’heure, en surveillant le hâle du chef-d’œuvre du coin de l’œil.

Laissez reposer une nuit au frais (de ma blonde, il fait bon dormir).

Avalez avec des êtres chers, trois quignons de pain grillés et une feuilletée de rampon vinaigrette d’épine-vinette. Voyez, quoi. Le tout en ayant pris soin de faire twister le bouchon de l’ébouriffant menu pineau de Franz Saumon, Vallée de la Loire, France du Milieu, Europe alignée, hémisphère Nord de la planète Terre. Beau blanc que voilà.

 

DSC03341.JPG

Et cot cot codette, comme caquetterait l’autre

07/09/2010

Un tartare de tomates trop couillon pour MasterChef

Bien le bonjour, contemporains avisés

 

dinner-family.jpg

Avant, la cuisine, c’était le partage, les retrouvailles, le plaisir et tout le tintouin. On vous parle d’une période courant grosso modo du paléolithique à la puberté de Cyril Lignac. Avant donc, la cuisine, réunissait. Autour d’une daube, d’un gros risotto moelleux, d’un poulet tandouri (aux larmes). On communiait dans la mastication jubilatoire et dans la déglutition conviviale. Amen.

Ben, maintenant, c’est fini. La cuisine rassemblait; elle exclut. La voilà même qui carbure à la rivalité, à la performance, à la compétition. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à jeter un œil à la cascade d’émissions de télé-réalité tournant autour de la popote. Dans ces Forts Boyard culinaires, le candidat est mis à l’épreuve, chronométré, scruté, jugé, banni. On s’y agite; on y pleure; on y stresse comme un homard devant la marmite bouillante. Avec un but ultime: l’épate (pas les pâtes, banane, l’épate). Il faut que ça brille. Il faut ébahir ses congénères. En mettre plein la vue; les papilles, elles, passent visiblement au second plan.

Rassurez-vous, le Dr Slurp ne s’est pas transformé en censeur passéiste, qui sanglote sur le bon vieux temps en brandissant un index vengeur sous la statue d’Escoffier. Les mœurs changent, voilà tout. D’ailleurs, votre serviteur mate de temps à autre l’une de ces distractions cathodiques; et avec quelque satisfaction à l’occasion.

Mais une chose de sûre, son tartare de tomate à la féta, noix de cajou et olives noires ne passerait jamais la rampe à MasterChef. Trop couillon pour concourir.

 

DSC03470.JPG

Emiettez un bout de féta, mettez-le à mariner avec une grosse lichette d’huile d’olive, quelques gouttes de citron, quelques olives noires hachées menues et trois tours de moulin à poivre.

Ecrabouillez les noix de cajou (grillées et salées); émincez le persil.

Pelez et épépinez une bonne tomate (par bec à nourrir) charnue et mûre, genre Noire de Crimée. Taillez en mini cubes. Pressez au fond d'une passoire afin d'égoutter un max. Puis touillez délicatement avec la féta, l’huile, les olives et le persil. S’il le faut, rectifiez l’assaisonnement d’une pincée de sel et d’un filet de vinaigre.

Moulez en mamelon mignon, en cernant le tartare de miettes de Cajou.

Puis amenez votre assiette devant la téloche. Ya Un dîner presque foiré qui commence.

Tchou

03/09/2010

One cèpe beyond!

Coucou, les boletus

DSC03504.JPG

L’autre jour, on gambadait en famille sous les grands sapins jurassiens. Manière de s’oxygéner la trachée et de s’aérer le bulbe. Et vlà t’y pas qu’on se retrouve cerné par une armada de cèpes et de chanterelles. Une embuscade mycologique. Les campagnes ne sont plus sûres, ma pauvre dame. La bataille a été terrible. Mais les Estèbe ont gagné. Gnark. Sous leurs gros chapeaux, les champignons ne sont pas si balèzes que ça.

DSC03481.JPG



Après, il a bien fallu cuisiner les prisonniers, mais sans brutalité. On connaît la Convention de Genève par cœur.
Les chanterelles, ou girolles d’été, ont fini dans une croquignolette salade de haricots beurre. Elles ont été gentiment brossées, frottées et grattouillées. Avant de passer à la poêle, dans un peu de beurre, avec une échalote hachée et un rien de gingembre râpé. Sel, poivre. Pouf, pouf. Huit minutes, à feu cool. Les haricots, dûment équeutés, ont filé quant à eux dans le panier vapeur. Pas trois plombes. Une dizaine de minutes. Illico rafraîchis sous l’eau claire, ils en sont sortis tous croquants. On a taillé en cube une tomate charnue autant que mure; émincé un bulbe d’oignon frais, puis touillé une vinaigrette au balsamique blanc. Voyez le tableau? Sublime.

DSC03509.JPG
DSC03512.JPG


Les cèpes ont connu des destins divers, mais flamboyants. Les petits se sont retrouvés carpacciosés. Comme ici, clic. Les moyens se sont fait poêler au beurre. Entiers, ou simplement tranchés en deux, jusqu’à offrir un hâle façon rouquine à la plage. Mirobolant.
Les plus dodus, enfin, ont eu l’insigne honneur d’aller s’alanguir sur une pizza, à la tomate fraîche et aux lanières de jambon cru. Origan. Sel. Poivre. Pâte maison ou pâte de la supérette. Seize minutes à four furax.
Et paf, sous la cravate.

Mes hommages chez vous

PS:
Hum… c’est pas avec des billets aussi stupides qu’on va gagner le Champulitzer. Mais bon.

vin-medium.jpgPS2: Tenez les potes, un très bon bouquin, militant et perspicace, sur le triste état du monde vini-viticole en France. Le gâchis écologique, les gourous ripoux, les médailles en chocolat et les picrates en tête de gondole; dans La Face cachée du vin, Lolo Baraou et Monseigneur Septime tirent sur tout ce qui ne bouge pas. En louant au passage 44 vignerons intègres et recommandables. L’éditeur, c’est François Bourrin. Ça vaut 19 euros. Ça fait du bien pas où que ça passe.