26/10/2010

Les cailles au coing et l'esprit humain. Oui, Madame

Bien le bonjour

 

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L’autre matin, mèzigue errait au marché comme un idiot, en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire à manger le soir même. Question récurrente. Et méchamment taraudante. Soudain, un maraîcher qui sautillait sur place en soufflant dans ses mains – l’air était vif, l’autre matin – s’exclama ceci. «Dedieu si ça caille! Cette température en octobre, ça m’en bouche un coin

Ces quelques mots bien anodins jetés dans l’air de l’aube déclenchèrent brusquement un processus cognitif, créatif autant que dialectique dedans notre crâne chevelu. C’est que le cerveau est un engin merveilleux, particulièrement quand il s’associe avec l’estomac, dont on ne sait jamais quand il va se mettre à carburer. L’encéphalogramme était plat, ou quasi; un stimulus odoriférant vient à passer par là; et voilà que la machine démarre au quart de tour. Ça fume. Ça crachote. Ça pétarade là-haut sous le bonnet. C’est magique; c’est soudain; c’est l’esprit humain, baby.

On demanda au marchand s’il pouvait répéter. Il s’exécuta. «Dedieu si ça caille! Cette température en octobre, ça m’en bouche un coin.» Caille-Coin. Caille-coing. On tenait notre plat du soir! Trop fort. Vive le neurone athlétique! Vive le cortex agile!

DSC03613.JPGBref, voilà des cailles farcies au coing et aux noix ­_ truffées à l’automne en somme, quand on y réfléchit ­­avec son cervelet_, flanquées de leur cortège de gros muscats épépinés. Un plat glam, fastoche et savoureux, qui ravira la ménagère de plus de 118 ans qui sommeille en chacun de nous.

Payez-vous des cailles dodues autant que désossées. Une par personne à nourrir. Et un coing ou deux aussi. Et quelques noix encore. Et une grappe de gros muscats. Et voilà.

En jurant, pelez et taillez en tous petits dés ce maudit fruit que le créateur a pourvu d’une chair incroyablement coriace. Balancez la brunoise à la casserole avec un filet de vinaigre, une cuillère de miel, un peu d’eau, du sel, de la muscade râpée, du poivre, du sucre en poudre, un rien de piment, un clou de girofle, une feuille de laurier et une lichette de gingembre râpé. Laissez cuire tout doux à couvert, jusqu’à ce que le coing s’attendrisse, mais ne s’effondre pas. Rectifiez l’assaisonnement selon humeur.

Ouvrez les cailles façon crapaudine. Sel, poivre. Émiettez les cerneaux sur le bidon des volatiles. Garnissez de coings. Puis refermez avec un cure-dent. Sel, poivre.

Et hop, au four, préchauffé à fond les manettes, genre 220°, pour une petite demi-heure. Dix minutes avant la fin, ajoutez les grains de muscat, dûment coupés en deux et épépinés de vos blanches mains. Et voilà le travail.

Bien sûr, il s’agit d’avaler les oiseaux en buvant du vin. Rouge, le vin. Mais là, on n’a rien sous le capot comme suggestion. Demandez à Parker, Bettane et Olif.

Tchou, les crapaudines

Commentaires

Je n'ose même pas imaginer la recette à laquelle on aurait eu droit si le gars avait dit: "Quel temps de chien, on se gèle les burnes !" ?

Écrit par : dano | 26/10/2010

Avec un plat comme ça, il faut au moins un 100 Parker ou un 20/20 Bettane.

A moins qu'un vin de coing de Roisin? http://www.lesvinsderoisin.be/fr/degustation.php

Écrit par : olif | 26/10/2010

Vous auriez pu la faire en gelée, vous savez que j'aime ça.

Écrit par : rose chiffon | 26/10/2010

Et. pour aller dans le sens de Dano, si la maraîchère avait dit: on se caille les miches! on mangerait quoi ce soir?

Écrit par : Marcolino | 26/10/2010

Une ex-poissonnière du bord de mer aurait pu aussi s'écrier :
"vindiou, quelle tempête j'ai la moule en oignon et la marée fut longue..."
Et paf le zigue aurait pondu un "ragoût de mytiloïdes au Vitis vinifera et ses Amaryllidacées confites ".
Dans un autre esprit un volatile, au col souvent vert, pacsé avec le fruit du cognassier auraient fait un joli Coin-Coing...

Écrit par : docadn | 26/10/2010

Ca a l'air vachement bon!

Écrit par : test toeic | 26/10/2010

@ rose chiffon

"Vous auriez pu la faire en gelée, vous savez que j'aime ça. "

le commentaire est glacé :-)

Écrit par : angevain | 26/10/2010

Bu ce soir avec Scoopette la Bégou 2009 de Maxime Magnon. Ca ça l'aurait top fait avec ton "plate". Manu les reçoit bientôt. ABE. (A bon entendeur, quoi... sois à c'qu'on te dit !)

Sinon le nouveau du CA** recommande un beau chenin avec ce met. Un Billes de Roches blanc de mon copain Aymeric Hilaire, Mélaric, 2008. Là aussi t'y aurais vu/bu (rayer la mention superfétatoire) du bonheur dedans à l'intérieur.

Cordialement vôtre.

ps : oui ça est des blancs ! Il fallait bien que quelqu'un te corrigeât.

;-)

Écrit par : Nicolas, aka Le Châ | 26/10/2010

J'ai bien les coings ( depuis une semaine au moins ), ce qui fait preuve d'une belle intuition de ma part...
Ce qui me laisse perplexe, c'est le coup des cailles "désossés": qui s"adonne à ce genre d'exercice? les Romains décadents? les Suisses modernes? quel en est le but?
tout cela est obscur...

Écrit par : Marie-Hélène | 26/10/2010

Le bon volailler, honnête et travailleur, à qui l'on demande de désosser, ben il désosse. Normalement. Le but? S'empiffrer sans entrave.

Écrit par : Estèbe | 27/10/2010

Le volailler... il te tire une tronche ... comme çà...
Si, tu ne lui a pas commandé !!!
Comme le poissonnier, si tu lui demande d'enlever les arêtes par le dos...
donc " Désarêter un poisson rond " pour le farcir.
Alors là " y z'aiment pas "
Et, dans mon marché de province,
derrière la file elle - grince -

Mais moi, je pense marché...

Écrit par : angevain | 27/10/2010

La formule de poisson " rond "( pas aviné) correspond aussi aus poissons du genre daurade/dorade ... et autres.
Les plies, soles, et autres limandes et carrelets nécessitent une dextérité
- mais c'est possible - remarquable

Écrit par : angevain | 27/10/2010

Bonjour,


Description : Mon Blog, présente le développement mathématique de la conscience c'est-à-dire la présentation de la théorie du Fermaton.La liste des questions mathématiques les plus importantes pour le siècle à venir, le No-18 sur la liste de Smale est; Quelles sont les limites de l'intelligence tant qu'humaine et artificielle.


(fermaton.over-blog.com)

Cordialement

Clovis Simard

Écrit par : clovis simard | 15/11/2010

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