12/11/2010

Les joues de cochon à l’orange ou la recette du bonheur en trois plombes

Bien le bonjour, les porcelets ravis
 

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Le bonheur, c’est simple comme un coup de fil, disait naguère une pub pour les Télécoms. Ben non. Même pas vrai. Tout dépend du coup de fil. On en connaît qui se sont fait virer, larguer, harceler, lobotomiser, étriper, crumbelisés même, par un simple coup de fil. Pas toujours bon, le téléfon.
A vrai dire, le bonheur, c’est simple comme…
Un coussin péteur soigneusement planqué sous le fauteuil de votre chef de service, celui qui manque un brin d’humour. Gros, le brin.

L’enlèvement de Sarah Palin par des chirurgiens extraterrestres (et de toutes les bigotes frappadingues du Tea-Party avec) en vue d’examen approfondi des recoins putrides de l’âme humaine.

Un barbu au regard doux qui se met à jouer du blues comme un sauvage, là devant vous, sur sa guitare vintage, avec un son gros comme un building et un feeling de diable.

Une lueur de lubricité complice qui se met à luire dans la pupille de l’être convoité en silence depuis des lustres. Genre, c’est OK, darling, right now.

Une joue de cochon à ce point mijotée, qu’elle fond dedans votre cavité buccale et y dégageant une cascade de parfums acidulés autant qu’exquis.

Z’avez vu la transition?

Pour réaliser cette couillonnissime quoiqu’affolante recette de joues de porc mijotées à l’orange, il nous faut trois joues par personne (ce qui nous fait un cochon et demi, quand on y songe), deux oranges, une mignonnette de Cointreau, des épices, un bon fond de veau artisanal (par de merdouille en poudre, je vous en conjure à genoux et la larme à l’œil), deux carottes, deux brins de céleri branche et une chouette polenta pour jouer les garnitures moelleuses.

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Zestez une demi-orange puis pressez-la. Pressez l’autre aussi. Blanchissez les zestes deux minutes dans de l’eau frémissante.
Dans une boule à thé, tassez une feuille de laurier, deux clous de girofle, un demi-brin de romarin et quelques graines d’un poivre aromatique venu de très loin avec SwissAir.
Faites dorer les joues au fond d’une cocotte dans une lichette d’huile d’olive. Réservez. Faites blondir deux échalotes et une gousse d’ail émincées dedans ladite cocotte. Ajoutez la viande. Assaisonnez. Mouillez avec un déci de fond de veau, le jus d’orange et une giclée de Cointreau. Immergez la boule à thé. Couvrez. Laissez glouglouter tout doux environ trois plombes.

Ce qui vous laisse le temps de songer au bonheur, un concept total ringard et réac inventé par la CIA pour endormir la vigilance du petit peuple opprimé.

DSC03748.JPGUne demi-heure avant le miam, déposez sur la viande les zestes, ainsi que les carottes et le céleri, les uns et l’autre artistiquement et respectivement émincés en rondelles et virgules. Quand les légumes sont tendres, rectifiez avec vigueur d’une pincée de sel vengeresse ou d’un tour de moulin à poivre flamboyant. Puis servez avec la polenta, et un vin du Piémont, oui du Piémont, un Gattinara racé et profond, ça change, ça fait exotique, ça te chavire la bouche.

Bye, bye love

PS: Mais que fait ce briquet d’un goût déplorable à côté du cochon? Hein? Ben, il passait par là. Chez les Slurp, on sait accueillir les gens et les objets, aussi indécents soient-ils.

 

Commentaires

Trois joues par personne : donc 1,5 cochon. Mais que ne comptez-vous le veau qu'il aura fallu faire fondre ?
Je sens que dimanche va être carnassier.

Écrit par : La Salamandre | 12/11/2010

Miam, tout ce que j'aime, bravo !
Des joues de porc pour les fesses boeuf aux papilles.

PS : Ce briquet lubrique a un code qui file la barre

Écrit par : Roger | 12/11/2010

Bien envie d'essayer, d'autant que je fais souvent presque la même chose avec de la joue de veau (mais là une joue par personne suffit amplement), Cointreau excepté : en tant qu'Angevine (de poitrine), j'ai le mauvais esprit de délaisser cette spécialité locale... En fait, je mets une demi-boule de pastis ou bien de l'armagnac.

Écrit par : Olivia_Mohune | 12/11/2010

J'aimerais bie récupérer mon briquet, mais seulement après avoir embrassé cette cochonne sur les quatre joues...

Écrit par : Patrick CdM | 12/11/2010

Bien moite aussi, je vais aussi me la jouer cochon ce soir même.

Écrit par : Benoît Marquis | 12/11/2010

Tu serais viendu hier, t'aurais pu faire la sebi à Lorella Antoniolo. Tant pire !

Écrit par : Scoopeur, le chéri de scoopette | 12/11/2010

Quel humeur et quel humour !
Bien cochon qui mal y pense mais c'est un régal de vous lire.
Bon, les joues de porcelet, je laisse à mon voisin. Et je prends bien volontiers la polente et le verre de rouge qui accompagnent. Non, plutôt la boutielle, tant qu'à faire.
Bonne dégustation et laissez donc ce briquet tranquille, chenapan !

Écrit par : Tatieva art | 12/11/2010

Dans ma région, et celle de :
Olivia_Mohune
Ce produit est vendu sous le nom de " fondant de porc "
au(x) marché(s),
Place Lafayette, le mercredi et le samedi*

*les autres jours, le nom est le même

Et nous avons d'autres marchés...

@ Olivia_Mohune
Vu(pas bu) le nombre de marques du groupe de distribution " d'une " de nos gloires "digestives/apéritives" régionale...

Tout alcool peut être dans leur " giron "

Écrit par : angevain | 12/11/2010

Olivia, plongez donc dans votre vielle bouteille de Curaçao; mon petit doigt me dit que ça le fait aussi.
Mmmmm... délicat, Pat CdM.

Écrit par : Estèbe | 14/11/2010

Le bonheur, c'est simple comme un coup de .... ça me rappelle un gag des Nuls. Lol

Écrit par : sophie XIII | 14/11/2010

Désolé, j'était à " bloguer " ailleurs...
Monsieur Estèbe ... prévenez --- quand même ...
Pas du " Curaçao bleu "
(Fabriqué et distribué par des grandes marques de notre Grand Ouest ...)

Même le daltonien (angevain) que je suis y perdrait peut être goût
Quoique, bleu d'Auvergne, du Cantal, pardon de Gex, etc etc ...

Écrit par : angevain | 15/11/2010

Miam ca donne vachement faim a l'heure du diner quand même

Écrit par : parler anglais | 15/11/2010

Le bonheur c'est aussi simple qu'un petit mot de votre part cher monsieur et d'un soupe de panais au savagnin (de chez Macle pour une fois et non pas Puffeney!)ou bien quelques tendres joues de por... serait un produit tripier cette joue-là, je pense que oui.. un bon point alors puisque novembre est le mois des produits tripiers.

Écrit par : mamina | 15/11/2010

Bien le bonjour sieur Estèbe,

vous êtes revenu aux fondamentaux, à la bonne heure !! La chanson n'était pas faite pour vous, les joues de cochon si !! La perspective de voir Sarah Palin flatulant au bras d'un gros barbu lubrique mangeant un cochon le jour de l'Aïd dans un planning familial m'aurait aussi comblé de bonheur...

Cordialement

Écrit par : docadn | 16/11/2010

Cette recette tombe vraiment à pic, j'avais deux joues de porc qui se "languissaient" au fond de mon congélo. Un peu de vôtre faute, car vous aviez
donné il y a qq mois une recette de terrine à base de joues de porc qui m'avait
emballée et puis..... moins envie..... et les joues ont finies au congélo !!
C'est vraiment délicieux cuit ainsi, (j'avais même un vrai de vrai fond de veau)
Merci l'ami.

Écrit par : gabriella | 16/11/2010

Hou, hou : elles ont fini..

Écrit par : gabriella | 16/11/2010

Sans carottes mais plus d'orange et avec du carvi à la place du romarin, beaucoup de céleri et du picon (avec un peu de Pouilly fuissé) au lieu du cointreau c'était superbe, merci.

Écrit par : rose chiffon | 04/12/2010

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