17/12/2010

Le Dr Slurp te file des gentils tuyaux pour Noël

Driling, driling, font les lutins

 

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Au gré de ce long fleuve bouillonnant qu’est le blog Top Slurp, les plats merveilleux susceptibles d’enguirlander ton réveillon ne manquent pas. Hou non! Il y a là de quoi s’offrir un Noël de princesse de la forêt, avec des tresses dorées et un bustier en dentelle rose.
Bon, on dit ça, tout en soupesant la poisseuse immodestie du propos. D’aucuns estiment peut-être que les recettes du Dr Slurp sentent le derrière de fennec en décomposition. D’aucuns ont peut-être raison.

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Tu pourras quand même dénicher des idées rigolotes cachées dans les tréfonds dudit blog. L’indémontable gigot de sept heures aux épices douces (les épices, ça fait Noël; les sept heures de cuisson, c’est les étrennes d’EDF). Des croustillants de Saint-Jacques aux cèpes (accord terre-mer d’une témérité défrisante en aumonière de la mort). Un croquignolet colvert laqué au citron vert et à d'autres trucs aussi (nickel pour un tête à tête langoureux, limite précopulatoire). Un poulet aux morilles et vin jaune (on en connaît qui ont vendu leur mère en nuisette pour ce truc-là). Une pintade aux agrumes et des petites cailles farcies au bonheur; une verrine de pétales de cabillaud aux lentilles et une terrine de jarret à la grenade.
Un ou deux trucs avec du foie gras aussi.
Pfffff... on t'en passe et des plus velus.

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Quoi?? Qui a dit: ya quoi pour le dessert???
Que pouic, Simone!
Les desserts, ça fait grossir et ça file des caries. Reprend du fromage et mastique en silence.


Bien à vous, mes oies sauvages

14/12/2010

Le velouté de cerfeuil tubéreux aux éclats de truffe, parce que Dieu existe (enfin, qu'ils disent)

Bonjour, bonjour, bonjour (oui, trois fois)

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Vous a-t-on déjà susurré à l'oreille l'amour quasi mystique que l'on nourrit pour cette petite racine qu'est le cerfeuil tubéreux? Voilà un machin génial. Avec un look certes un rien décourageant, évoquant pêle-mêle la crotte de vieux bouc, le suppo médiéval ou la burne de nain malade. Mais doté par la Nature d'un croquant merveilleux et d'une saveur rafraîchissante autant que subtile, quelque part entre la pomme reinette, la châtaigne et l'artichaut. Ou l'inverse.
D'aucuns voient même dans le cerfeuil tubéreux la seule et unique preuve de l'existence de Dieu. Il s'agit là de spéculations théologico-maraichères, dans lesquelles on évitera lâchement de glisser un orteil. Tout en rappelant que, si Dieu existait, le cerfeuil tubéreux serait un brin moins cher sur le marché. Et paf!

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Bon, voilà un velouté de cerfeuil tubéreux aux éclats de truffe qui, soit dit en passant, devrait faire l'effet d'une bombe voluptueuse en entrée le soir de Noël. Lequel approche, paraît-il. On sent déjà l'haleine du renne aviné qui volette dans l'air du soir.

DSC03812.JPGComptez deux racines par personne. Epluchez, nettoyez à l'eau claire et courante, coupez en morceaux, couvrez de lait dans une casserole et laissez glouglouter quinze-vingt minutes le temps que le tubéreux s'attendrisse.
Mixez.

Puis montez
votre velouté avec du lait et de la crème fraîche jusqu'à l'obtention d'une fluidité crémeuse émoustillante. Assaisonnez vaillamment. Puis versez dans de petits verres design (ou verrines selon le jargon contemporain), avant de mélanger avec les éclats de truffe en bocal; truffe qui parfois n'a rien perdu du sien, d'éclat.
Ajoutez
un tour de moulin à poivre rose pour faire genre.

Et débouchez-moi l'extrémité liégeuse d'un vin racé et croquant avec des bulles dedans. Pas forcément du champ', non. Pourquoi pas l'exaltant crémant du Jura de Fanfan Ganevat à Rotalier? Hein?
L'est trop bon ce vin-là. Rien que d'y taper son blaze sur le clavier, on en a la papille qui twiste de joie.

A plouche

PS1: Oui, tu peux remplacer la truffe en bocal par de la truffe noire fraîche. Même que c'est peut-être atchement mieux.

PS2. Mais que fait ce nounours punk derrière le velouté? Ben, il le convoite. Il adore la truffe, le nounours punk.

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09/12/2010

Le magret de Magritte (à la grenade et aux pousses de radis)

Coucou, les aminches

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Ceci est le premier volet d’une série comique que nous avons pompeusement intitulé « les recettes minuscules mais majuscules du Dr Slurp ». Il s’agit de recettes réalisables en 16 minutes chrono avec trois ingrédients grand max. Des recettes minuscules donc, quand à l’effort consenti et le nombre de caractères nécessaires pour les coucher sur la Toile; mais majuscules aussi, de par la volupté qu’elles te procurent dedans la bouche.


Ouvrons là une courte parenthèse explicative. (
L’homme et la femme modernes (voyez de qui on veut causer ?) ont une vie über trépidante, qui te ferait passer le dernier John Woo pour un très vieil épisode de Derrick. L’homme et la femme modernes (encore eux) s’ils veulent s’aimer, rester propres sur eux, visiter des expositions d’art conceptuel, gagner de quoi payer leur loyer, faire des rêves en couleur, se balader en solex dans la campagne givrée, s’intéresser à l’actualité internationale (ça va mal, dit-on), jouer au Cluedo avec des amis chers et dévorer le dernier Avantages, n’ont pas vraiment quinze plombes à passer en cuisine pour mitonner leur pitance. Et ça ne vas pas s’arranger avec le 21e siècle, celui qui démarre à peine et nous les casse déjà.
D’où l’aigüe pertinence des recettes minuscules mais majuscules du Dr Slurp.
Fermons là cette courte parenthèse explicative. )

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Pour faire un magret à la grenade et aux pousses de radis, (dit magret de Magritte tant le peintre raffolait de ce plat-là. Enfin, parait-il, rien de prouvé, les historiens se déchirent), il te faut chacun de ces trois éléments en quantité suffisante (c’est malin ça, comme remarque), une gazinière et un quart d’heure.

C'est parti, mein kiki...

Tu cuis ton magret à la régulière. Soit dix minutes piano côté peau, en virant le gras, puis trois minutes vivace côté chair. Tu réserves. Tu déglaces d’une giclée de vinaigre balsamique. Tu balances tes petites grenades dans la poêle, tu shakes vite fait. Tu découpes la bête et tu coiffes de grenades et de pousses de radis. Sel poivre. Et l’addition.

T’as vu la vélocité du machin???
Plus speed, tu fumes

Tchou

06/12/2010

Ces ustensiles débiles qui grouillent dans mon placard

Bien le bonjour, mein cocos


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Un jour, on a rencontré une dame qui achetait tous les gadgets de cuisine qu’elle rencontrait. Même les plus improbables, comme le foodloop lacer en silicone pour brider ce pauvre poulet rôti qui, pourtant, se contente de bouts de ficelle. Et comme ladite dame renouvelait aussi tout son nécessaire à cuire, poêler, émincer, trancher, effiler, moudre, hacher, mixer, blender, mouler, yaourter, sorbeter, lunch-boxer, décorer, touiller, mesurer ou peser tous les deux ans, et sans se débarrasser du matos précédent, sa cuisine ressemblait à la caverne d’Ali-Bab. Un empilement insensé mais fascinant d’objets, de machines et de trucs souvent inutilisés, dont aurait pu faire payer la visite. Cette dame était une foodista. La reine des foodista, peut-être même.

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Cela dit, on aurait tort d’ironiser. Ce bon vieux Dr Slurp n’est pas le dernier à s’offrir des machins débiles. Il en a plein le placard. Une poêle à faire les œufs au plat en forme de cœur. Un rouleau en silicone pour peler les gousses d’ail. Un tranche-pomme en forme d’OVNI. Un couteau pour denteler les carottes. Une planche à découper aux rebords pliables. Des spatules révolutionnaires et des moules à cannelé, un presse-tube très pratique, des tire-bouchons futuristes et une boîte à conserver les demi-citrons.
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Le même Dr Slurp s’est récemment pris à rêvasser devant une cuillère doseuse avec balance digitale intégrée. Devant une manivelle à ananas probablement probante. Et même devant un siphon de poche, pour espumer pépère au camping des Flots bleus.


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Un soir, on a rencontré un type qui nous a assuré d’une voix mâle quoiqu’un rien avinée que pour bien cuisiner, il suffisait d’une grande casserole, d’une cocotte, d’une poêle et d’un bon couteau. Le reste, assurait-il, n’était que littérature, marketing et singeries. Quelques jours plus tard, il nous a invités à manger chez lui. C’était pas bon. Du tout du tout. Il manquait de matos, le bougre, mais pas seulement.

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La morale de tout ça? Aucune idée. A vous de voir. On a une salière auto-vibrante à tester.

Tchou

02/12/2010

Le silence des St-Jacques (en croustillant aux cèpes compotés)


Bonjour, les bivalves rieurs

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Le règne animal est un enfer plein de sons épouvantables. Oui, Madame. Le bouc béguète. Le bélier blatit. Le dindon glougloute. La souris chicote. L’alouette turlute (mais pas tous les soirs). La caille pituite. La belette belote (et rebelote et dix de der). La pintade cacabe. La chauve-souris grince. Le sanglier grumelle (même quand il est de bon poil). Sans oublier la huppe qui pupule. Ni la mésange qui zinzinule. Sacré cacophonie.

DSC03784.JPGEt la coquille Saint-Jacques? Ben, elle ne dit rien. Rien en tout cas d’audible pour nos esgourdes humaines. Car parfois, quand elle se pense seule, la Saint-Jacques chante à tue-tête et d’une voix très fausse: «Tous les bivaaaaalves de mon âge/savent ce c’est d’être mollusqueux/et la vaaalve dans la vaaalve…» C’est là, qu’en général, sa voisine, l’acariâtre anémone de mer, lui hurle un truc désagréable. Genre: «Ferme ta coquille, tu l’ouvriras au dessert!»
La St-Jacques étouffe une larme. Et replonge dans son mutisme légendaire.

Bref, pour se mitonner des croustillants de St Jacques aux cèpes, il nous faut de la pâte phyllo, des bolets – ou cèpes - secs en pagaille, du vin blanc, du gingembre frais, deux noix de St Jacques dodues par personne et du beurre fondu.

Immergez une heure les cèpes secs dans un verre d’un bon vin blanc. Emincez grossièrement les champignons avec des ciseaux. Tchic, tchic, tchic. Au fond d’une casserole, faites fondre une échalote et un rien de gingembre frais haché dans une noisette de beurre. Ajoutez les bolets, le vin et un petit morceau de sucre. Laissez compoter toux doux jusqu’à évaporation du liquide. Quand les champis sont tout tendres, assaisonnez et réservez.

Déposez une grosse motte de beurre sur le radiateur (oui, dans une coupelle, banane).

Rincez puis colorez les St Jacques à feu furax. Une minute de chaque côté. Assaisonnez. Réservez.

Dans les feuilles de phyllo, découpez avec d’infinies précautions des carrés d’environ 15,2cm de côté.
Au pinceau, badigeonnez-les de beurre fondu, en insistant sur les coins et diagonales.DSC03782.JPG

Déposez au centre de chaque carré un petit pouf de cèpe. Installez la St-Jacques dessus. Puis pliez la feuille façon aumônière en appuyant bien entre deux doigts pour joindre les coins.
Passez l’extérieur au pinceau beurré sans trop insister non plus.

Puis faites dorer au four (préchauffé à 180°), six-huit minutes, jusqu’à bronzage inspirant.
Servez presto avec une petite verdure rigolote, en chantonnant un air yéyé millésimé. Par exemple: «Vous les coquilles je ne vous oublierai jamais, di doua di di doua di dam di di dou»

A plouche