14/02/2011

L’admi(râble) de lapinou farci à la maligne

Bien le bonjour

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Tiens, on va te causer d’un drame. Un vrai, en béton armé, personnel et dramatique (ce qui est la moindre des choses pour un drame, notez).

Il ne faut plus manger de lapin.

En tout cas pas de lapin que t’as pas connu personnellement de son vivant. Que t’as pas vu gambader dans le gazon en tenue d’Adam velu. Et faire chlika chlika avec Mme Lapine un soir de St Valentin.
Car quasi tous les lapins qui se pavanent sur les étals ont été élevés à la concentrationnaire, dans des cages à ce point exiguës qu’en comparaison les geôles birmanes ressemblent à la suite royale au Negresco. Ne causons pas même de l’ordinaire alimentaire de ces pauvres bestioles. Désastreux.

Et comme sous nos cieux, nul label ne certifie pour l’heure un cursus aimable (en tout cas pas à notre connaissance), nous voilà obligés:
-    D’élever nos propres lapins (ce qui est inconfortable quand on vit soi-même dans un clapier).
-    D’exiger du volailler le CV circonstancié de l’animal convoité (ce qui est hasardeux; le brave homme s’en tamponnant généralement la gibelotte).
-    De ne plus manger de lapin (ce qui est déchirant).
-    De manger du lapin carcéral en culpabilisant comme un fou (ce qui est déchirant aussi).

Notre conseil: débrouillez-vous.

Car voilà justement un râble farci aux épinards, citron, ricotta et pignons, qui est plus bon que bon, voire plus encore si entente.

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Pour un couple averti…

Demandez
au boucher de désosser le râble de façon radicale, jusqu’à obtention de deux escalopes.
Attrapez une bonne grosse poignée de pousses d’épinard (gaffe: ça réduit un max). Lavez à grande eau. Ôtez les tiges. Hachez. Dans une poêle, faites fondre une gousse d’ail hachée dans une cuillère d’huile d’olive. Ajoutez les épinards. Shakez quelques minutes. Assaisonnez. Réservez.
Rôtissez quelques pignons sans matière grasse à la poêle.
Zestez un citron vert.
Puis touillez épinards, zestes, pignons dans deux cuillères à soupe de ricotta. Ajoutez une lichette d’huile d’olive et une pincée de piment. Assaisonnez. Goûtez. Réfléchissez bien: si la saveur vous semble top affriolante, c’est bon.
Sinon, non.
Etalez les deux parties du râble, en les chevauchant un tantinet. Tartinez de farce. Roulez gentiment. Ficelez. Assaisonnez. Colorez quelques minutes le râble sur le gaz.
Puis enfermez la bête dans du papier alu façon papillote. Et hop, au four, à 180°, pour une demi-heure.
Découpez enfin en mignons tronçons.
DSC03959.JPGPuis débouchez le très croquant, vibrant et charmant « Mauvais Temps » de Nicolas Carmarans; un rouge naturel venu de l’Aveyron avec la ferme intention de nous ensoleiller la goulette. Mission accomplie. Oui, c’est un coup de cœur, ce jus-là. Parfaitement.

Tchou!

Commentaires

Entre déchirant et déchirant tu nous sors une farce slurp.
Tu es diabolique.

(N'y aurait-il pas de "petits producteurs" de lapinous qui gambadent, qu'on pourrait coincer une fois de temps en temps au marché ?)

Écrit par : funambuline | 14/02/2011

Dans le Quercy, oui. A Genf, guère. Du moins, pas à ma connaissance. Damned.

Écrit par : Estèbe | 14/02/2011

Le conseil est bon. Je vais acheter de l'ours.

Écrit par : yves | 14/02/2011

Lu récemment de Sophie Brissaud : "L'année du lapin, c'est l'année du développement du râble".

Écrit par : Patrick CdM | 14/02/2011

Ail ail ail, voilà une bonne idée qu'elle est bonne, Yves !
En attendant mars ou avril, j'aiguise ma faux pour la chasse aux ours et je vais suivre les toujours bons conseils de Saint-Estèbe, le grand cru d’Haute-Garonne si je suis bien médocumenté, mais rien à voir avec les lapons de garenne qui eux gambadent dans les frigos chez Mr Scooopette le dealer qui tu es.
Du reste, et pour votre gouverne, on trouve encore quelques lapins non myxomatosés au bord du lac.
http://www.plonkreplonk.ch/html/cartes/grandes_cartes/026.jpeg

Écrit par : Benoît Marquis | 14/02/2011

Dans la campagne vierzonnaise quelques lapinous dodus sentant le thym et le serpolet gambadent encore. Je vais allez poser quelques pièges et je vous un expédie fissa à Genève... vous n'aurez qu'à le désosser radicalement, vous-même mon très cher ami.. A bon entendeur salut.

Écrit par : mamina | 14/02/2011

Benoit, vous êtes notre gros lapin.
Mamina, sous vide et au froid, expédiez-le. Hélas, la plus délicate des chairs subit aussi les assauts de la décomposition organique.
Yves, gare aux femelles, coriaces dit-on.

Écrit par : Estèbe | 15/02/2011

Argggl, dirais-je. Voulez-vous un autre drame, je partage?

http://www.60millions-mag.com/actualites/archives/un_gout_amer_pour_les_consommateurs_de_pignons_de_pin

Non seulement, pour réaliser cette recette hautement tentante, il faut connaître personnellement le lapin mais aussi le pignon!

En ferait-on une pintade à la noisette?

Écrit par : valérie | 15/02/2011

Les pignons... Manquait plus que ça.
En plus les épinards, c'est pas bon.
Et la ricotta, ça fait grossir;)))))

Écrit par : Adèle | 16/02/2011

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