20/04/2011

Les recettes auxquelles vous avez échappé et le quignon tomaté

Coucou

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On aurait pu te refiler la recette du lièvre à la royale (un très gros lièvre vidé, 3 truffes, 750 g de foie gras d'oie, etc.). On aurait pu te refiler la recette de la timbale à la mantoue d’Antonin Carême (six petits jours de boulot en cuisine, trois crises de nerfs, un suicide éventuel). Ou la recette de la merguez aux truffes, du gratin de queues d’écrevisse à Polo Bokuse, voire des pigeonneaux en demi-deuil de ta belle-mère.

Mais non.

Aujourd’hui, frottons-nous à un classique indémodable. Une évidence catalane et gustativement ravissante. J’ai nommé… le pain à la tomate. Tût tût.

Avisez un bout de pain qui sèche bêtement dans sa panière. Découpez-y six tranches, ou plus, ou moins. Et gardez le reste pour nourrir les canards chipeau. Z’ont les crocs, les chipeaux.
Avisez deux tomates qui végètent bêtement au fond du frigo. Elles n’ont d’ailleurs rien à ficher là, ces deux machines. Ce n’est pas la saison de la tomate, ni la fête du slip d’ailleurs.
Extrayez puis ciselez trois feuilles de basilic du bouquet en pot qui trône fièrement sur votre balcon. Tiens, faudrait peut-être songer la laver les vitres. On voit que pouic à travers tellement sont crades.
Sortez du placard une bonne huile d’olive italienne, un poil ardente, acquise un soir de liesse dans une épicerie transalpine aux tarifs himalayens.
Toastez le pain. Frottez la tomate dessus. Un filet d’huile d’olive. Une pincée de fleur de sel. Un tour de moulin à poivre. Le basilic par-dessus. Et paf.

Certains aillent le pain. Nous point.

Ce plat prodigieux se croque en priant la Vierge avec _ pourquoi pas_  quelques tranches de pata negra. Et de gigantesque lampées d’un gamay mûr et tonique, vendu à prix câlin. Çui-ci, par exemple.

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Tchou!

PS: La trêve pascale pointant son pif, ce blog se mure dans un silence religieux autant que chocolaté pendant quelques jours. Son auteur s’en va pêcher le lion de mer dans le lac Pissols. Bon Jésus et gros lapin à tous.

14/04/2011

Top Berk avec Estèbe (ou le chant de la loose le soir au fond de la cuisine)

Bien le bonjour

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Dilate ton karma, écarquille tes chakras. Le Dr Slurp va te filer un tuyau philosophique. Gros, le tuyau. C'est un oléoduc existentiel même, qu’on t’offre.
Le voilà:
Quand tu t’y crois, ben, t’y es pas forcément.
C’est fort non?

Prenons un exemple. Au hasard, mèzigue (n’est-t-on jamais mieux servi que par soi-même?). Mèzigue, donc, se croyait parvenu en haut de mont Ventoux de l’art culinaire. Ou à mi-pente en tout cas. Il se pensait fortiche, inspiré et un tantinet iconoclaste à ses heures (ou à 16h30). Il te bricolait des petits plats croquignolets autant que lutins. Paf, paf. Une pincée de fleur de sel. Une lichette d’huile d’olive. Top moumoute. Le rôti est saignant. Les fourneaux chantent. Demain sera une nouvelle fête.
Bref, le Dr Slurp se la pétait un brin.

Et pataras!
Depuis 15 jours, le crétin présomptueux foire tout ce qu’il entreprend.
Tout, tout, tout. C’est la loose qui dégouline. La Berezina en cascade. Le chemin de croix roussies.
Le Dr Slurp, il en a l’égo tout ratatiné au fond de la chaussette gauche, celle qui est trouée.
Il dort mal.
Il te coule en douce des torrents de larmes intérieures.
Tu le crois pas? Tiens, guigne ces désastres.

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1-    La terrine de la honte
Une aprème, on a échafaudé une terrine de légumes printaniers à la gelée d’agar-agar. Avec des asperges, de jeunes carottes, des petits pois et je ne sais quoi encore. Deux heures d’épluchage, découpe sourcilleuse, cuisson maniaque, tricotage d’un bouillon maison, etc. Le soir même, le pote Dave débarque. On lui démoule le machin sous le pif (avec le secret espoir de l’épater à vie). Et la terrine de s’effondrer au premier coup de couteau. Un charnier de déliquescence baveuse. On l’a avalé à la petite cuillère, en s’échangeant des sourires crispés.
Pas bon pour le moral.

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2-    Les mini-poulpes de la méduse
La cuisson des poulpes, même les bébés, c’est vingt secondes ou vingt heures, dit la rumeur. On a opté pour deux minutes à feu furieux. On a eu tort. Le pesto de cresson était très bon, merci. Les bestioles, elles, ont failli provoquer le décès par étouffement de l’un des convives. De l’imbouffable absolu, en caoutchouc massif. Poubelle.
Pas bon pour le moral.

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3-    Le tajine de l’amer
Bon, tapons dans le classique. Pourquoi pas un tajine de veau au citron, herbettes et petits légumes? Risque nul. Plaisir de saison assurée. Fraîcheur en perspective. C’était hier soir. Ces crapules de citrons ont conféré à tout le reste du plat une amertume carabinée, qui te zébrait encore la bouche deux heures après la dernière bouchée. Infect. M’zelle Zonzon s’est lavée les dents trois fois avant de se coucher. Un Waterloo gustatif, en somme. Un de plus.
Pas bon pour le moral.

Le Dr Slurp songe à la démission.


Quand tu t’y crois, ben, t’y es pas forcément.

Snif.
Adios

PS : Pour les raisons suscitées, il est possible que ce blog reste un brin amorphe dans les jours qui arrivent. Ne nous en voulez pas. Mieux vaut se la coincer que raconter des immondices.

01/04/2011

L’étreinte matinale et les crevettes à l’ours

Coucou!

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Eloignez les mômes du poste. La gag qui suit suinte d’érotisme.

Un matin, un monsieur se lève, tout chiffonné de sommeil, puis se dirige, tel le zombie en pyjama, vers la cuisine pour se siffler presto un café.
Sa femme est justement en train de se préparer des œufs à la coque. Vêtue d’une très brève nuisette couleur chair, elle se retourne vers lui, une flammèche lubrique luisant dans la pupille. «Chéri, s’il te plaît, prends-moi là, sur la table, tout de suite», lui souffle-t-elle, les yeux déjà mi-clos, d’une voix rauque qui en dit long (n’importe quoi).
L’époux, stupéfait, s’exécute.
Une fois l’affaire achevée, la dame remet de l’ordre dans son pas-grand-chose de satin et retourne à ses œufs. Son mari, toujours abasourdi, bégaie: «Mais Belette??? Qu’est-ce qu’il t’arrive ce matin???» Sans se retourner, elle répond: «J’ai cassé le minuteur
Spirituel, n’est-il pas?

Sans transition et pour l’agrément de vos papilles chatouilleuses, voilà le méli-mélo de crevettes et fèves à l’ail des ours et basilic, la recette light et drôle que t’attendais sans le savoir depuis le jour de ta naissance. Voire avant.

Pour deux personnes et demi aux appétits notables quoique standards, payez-vous 400 grammes de grosses crevettes crues, six brins d’ail des ours, six brins de basilic, deux branches d’oignon frais et 500 grammes de fèves.

Ecossez les fèves. Blanchissez deux minutes. Rafraîchissez et dérobez (ce qui signifie extraire la graine de sa gaine, banane). Réservez.

Décortiquez les crevettes. Rincez. Puis tranchez l’abdomen dans le sens de la longueur, en prenant soin de virer cet intestin jaunâtre si disgracieux.

Emincez l’ail des ours, l’oignon et le basilic. Zestez un demi-citron. Pressez-le.

Raidissez quelques minutes les crevettes dans le panier vapeur. Ajoutez les fèves dix secondes, juste pour les réchauffer.

Avant de touiller le tout avec précaution dedans un très joli plat avec les herbettes, le jus de citron, les zestes émincés et une large rasade d’huile d’olive de haut vol.

DSC03991.JPGTiens, on vous a débouché une drôle de topette avec ça: l’Ondenc de Bob et Bernie Plageoles à Gaillac, un blanc racé et singulier, intempestif pour tout dire, qui nous rappelle à chaque goulée que le monde bachique est une terra incognita pleine de phénix rieurs.


Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les plus velus


PS:
On vous cause de vin blanc et il y a du rosé sur la photo. Oui, c'est du n'importe quoi puissance 16.

PS2: Oups, c'est le 1er avril aujourd'hui. Vous savez quoi? Les Extraterrestres ont enlevé Sarkozy.