09/05/2011

Le merlu n’a pas la berlue (perché sur son mamelon de cocos au chorizo)


Bien, le bonjour, bipèdes on line

DSC04091.JPG

Le colin, ou merlu, ou merluche (Mère Luche, priez pour nous), n’est pas exactement la créature la plus goûteuse des océans. Hou que non. Manque un peu de caractère gustatif cet animal-là. Pourtant chez nous autres, dans la tribu des Slurp, on l’aime bien, le merlu, ou colin, ou merluche.

Primo, parce que sa chair ne manque pas de tenue au feu. Elle te sort de la poêle ferme et juteuse, flamboyante voire, sans s’effondrer au premier coup de grisou calorique comme nombre de bestioles marines.

Deuzio, parce que le très bien rencardé WWF en recommande la mastication sans arrière-pensées. L’est pas menacé de surpêche (sauf en Amérique du sud). Notre conscience écologique s’en trouve ruisselante de satisfaction et notre bidon tout reconnaissant.

Tertio, parce qu’il demeure tarifairement abordable. Et en ces temps de chute tendancielle du pouvoir d’achat, ben, voyez-vous, ça compte dedans le panier de la ménagère (du ménager en l’occurrence, même si "le panier du ménager" n’est guère employé en langue française, voire lexicalement inacceptable; c’est dingue, ça; comme si c’étaient toujours les nanas qui faisaient les courses; mais par la Couille du Malin, dans quel siècle vivons-nous ? Hein ?).

Où en étions-nous ? Ah, oui : la Mère Luche. Ben, la voilà s’alanguissant sur un petit dôme printanier, dans une composition terre-mer, que l’on a pompeusement baptisé darne de colin sur fantaisie pimentée de borlotti au chorizo. Ça le fait, non ?

DSC04097.JPG



Offrez-vous un tronçon bien épais de merlu par personne (visez les 163 grammes) que le poissonnier vous tranchera sans mot piper.

Offrez-vous
de beaux borlotti, ou cocos roses, dans leurs cosses (visez les 227 grammes par bouche à nourrir), une botte de thym frais, quelques tomates cerise venues d’Italie, de minces rondelles de chorizo (visez les quatre tranches par convives), un petit piment rouge et voilà.

Rentrez à la maison.

Ecossez les borlotti. Balancez dans de l’eau frémissante (sans sel, because le sel à la cuisson, ça te durcit le coco ; ne me remerciez pas pour le tuyau). Une vingtaine de minutes, que le haricot s’attendrisse mais ne s’effondre guère.

Hachez une échalote et une pointe d’ail. Blondissez le tout au fond d’un poêlon. Réservez. Emincez le chorizo en lamelles. Faites revenir sans matière grasse. Déglacez d’une larme de vin blanc. Ajoutez l’ail, l’échalote, les tomates coupées en deux, le piment émincé finement, les cocos roses et le thym. Sel, poivre. Laissez mijoter avec une larme d’huile d’olive, à couvert et pépère. Puis goûtez. Il faut que ça soit bon, parfumé et picotant. Parfaitement.

Salez, poivrez, farinez mollo le poisson. Poêlez à feu vif dans une noisette de beurre, deux minutes et demi de chaque côté (ou plus, ou moins, selon épaisseur et affinités). Saupoudrez d’une tombée de piment d’Espelette. Puis installez la bête sur un mamelon de haricots, avant de servir en dandinant du joufflu (facultatif).

A boire ? Oui, il le faut. Un gamay plein et épicé siouplait, naturel aussi, par exemple la drolatique mais convaincante cuvée «Amène» de la maison mâconnaise P-U-R.
Très bon jus, merci.

DSC04086.JPG



A plutarque

Commentaires

De minces rondelles de chorizo émincées en lamelles? Vous travaillez avec un microscope, quand vous cuisinez? Amen!

Écrit par : olif | 09/05/2011

Une pointe d'ail? C'est moins qu'une gousse ou plus politiquement correct?

Écrit par : Azrael | 09/05/2011

Bien vu Olif, on va ciseler tout ça.
Azrael, disons que tout dépend du nombre de bouches à nourrir. Pour 15, c'est plus que pour 2, mais moins que pour 43. Voyez, quoi

Écrit par : Estèbe | 09/05/2011

Allons bon. A quand la journée de l'homme ?

Écrit par : rose chiffon | 09/05/2011

Jolie bouteille, t'en connais beaucoup des vignerons qui déconnent à ce point? Je mange un clown et je passe commande.

Écrit par : Yves | 09/05/2011

Han ! Merci pour la recette bien relevée mais aussi pour les vinerons que je ne connaissais pas.

Écrit par : Loïc marande | 09/05/2011

Ca fait penser aux enseignes des salons de coiffure ces dernières décennies. Imagina-tif.

Écrit par : rose chiffon | 09/05/2011

Précisons que le petit s'appelle "merluchon" sur les marchés: très mignon et bon!
Quant aux "ménagers", selon le "journal d'un bourgeois de Paris" (1405-1450 ), il s'agit des simples habitants (hommes et femmes) de Paris souvent exposés à la famine, par opposition aux riches.
Voila qui est édifiant sur l'évolution du terme "ménagère"!
Bon, j'arrête,
bises.

Écrit par : Marie-Hélène | 09/05/2011

Entre-temps, le ménager est devenu manager, et il gère... La ménagère est relativement en voie de disparition. Espèce peut-être à protéger.
Quant au merlu, je m'en soucie comme colin-tampon, mais pourquoi ne pas tester cette proposition relevée d'ail, de piment et de chorizo

Écrit par : La Salamandre | 10/05/2011

Abonnée aux recommandations du WWF aussi, je pensais que plus aucun poisson de mer n'était mangeable sous peine d'excommunication. Je prierai Mère Luche

Écrit par : Anne-Laure | 10/05/2011

Nickel la recette, même sans chorizo. Déglacé au Noilly. C'est du tout bon, on garde la recette.

Écrit par : linus1232 | 15/05/2011

Adoptée cette recette ! mais les tarbais sortis du congélo, ont remplacé les borlottis.

Écrit par : gabriella | 16/05/2011

Mandieu super. J'essaie cette nuit. Euh non, p'têtre pas, mais demain.

Écrit par : Domi | 25/06/2011

Les commentaires sont fermés.