14/11/2011

Les joues de cochon poêlées: histoire d’une illumination mystico-porcine

Groink, les copines


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Evidemment, on n’a plus jamais été le même ensuite.
C’est un matin de juillet blême mais poisseux, comme souvent sur les bords de la Garonne en été. Petit Labs et moi-même remontions le marché aux légumes du Boulevard d’Arcole d’un pas paresseux, tâtant les cœurs de bœuf par ci, palpant les aubergines par là. Nous causions philosophie, comme d’ordinaire, en évoquant nos préférences respectives en matière de pièces de boucherie. Forcément, la conversation tomba sur les joues de cochon. Ben, oui. A parler bidoche, on tombe toujours sur les joues de cochon.
C’est là que Petit Labs balança sa bombe.
«Nous à la maison, on les fait souvent griller, les joues, tout simplement, paf, paf, à la poêle», glissa-t-il, comme ça, pépère, sans imaginer le chaos qu’il venait de semer dans les certitudes de son interlocuteur. C’est que sombre corniaud borné que nous sommes, jamais nous n’avions songé à poêler ce morceau-là, le mijotant et remijotant, le braisant et le rebraisant, parfois jusqu’à ce que l’atomisation de la fibre. La grillade, bien sûr. Voilà quel était le biais, la voie royale, l’apprêt à porter. Oui, c’était un matin de juillet à Toulouse, lourd et brumeux, qu’un rai de lumière écarquilla le cervelet obtus du Dr Slurp (n’importe quoi).

On a les illuminations qu’on peut.

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Evidemment, on s’est dare-dare mis à griller ladite pièce, comme dans cette recette couillonissime mais fort riante de joues de porc poêlées
aux noisettes et au gewurstraminer.
Les noisettes pour le croquant, le gewurst pour la petite douceur acidulée. Oui, il y a un plan d’ensemble derrière tout ça.

Balancez
quelques noisettes dans une poêle. Grillez-les quelques minutes. Puis débarrassez-les de leur peau (grosso modo, inutile d’en faire une fièvre porcine) avant de les écrabouiller (grosso modo, bis repetita). Réservez.
Assaisonnez les joues (on en compte deux par appétit standard), oignez-les d’huile d’olive. Et poêlez-les à feu moyen-balèze un bon quart d’heure. Qu’il hâle, ce cochon. Laissez ensuite reposer la viande au tiède, par exemple dans le four entrouvert.
Déglacez la poêle avec un bon gros déci de gewurst (ou autre blanc aromatique arrondi d’une larme de sucre résiduel), ajoutez un tour de moulin à poivre, une pincée de muscade. Et laissez réduire tout doux jusqu’à obtention d’un jus qui vous plaît.
Le cochon va sur son assiette, arrosé du jus et coiffé de noisettes. Et vous savez quoi? Il adore ça.

Commentaires

Ah quand même !
mais voilà les joues de porc on les trouve où ?
à part tuer le cochon chez soi en décembre ?
j'en ai jamais vu chez mon boucher et les charcutiers c'est une denrée de plus en plus rare...
Bon Jour

Écrit par : ella | 14/11/2011

j'ai goûté des joues de porc ce week-end pour la première en Aveyron, c'est divin !

Écrit par : nat@cha | 14/11/2011

Ella, faut menacer le boucher d'excommunication, du goulag, de Céline Dion. Ou commander à l'avance, pourquoi pas... Tous les cochons ont des joues. Tous les bouchers peuvent donc les pincer.

Écrit par : Estèbe | 14/11/2011

Avez-vous goûté les joues de veau? On les dit fort savoureuses.

Écrit par : Charly | 14/11/2011

Je ne sais pas si mon copain Grouin-Grouin, fort bon vivant, va apprécier. Mais pourquoi pas? Et à basse température, vous avez essayé? Une bien jolie façon de se débarrasser de ses blancs aromatiques, en tout cas.

Écrit par : olif | 14/11/2011

Pour avoir essayé les deux manières, je les préfère nettement mijotées-confites-et-fondantes. n fait j'ai eu la même illumination, mais à l'inverse de la vôtre ! ;-)
Donc je dis oui à tout, le gewüst et le reste, mais mijoté au moins trois bons quarts d'heure à une belle heure... évidemment chacun fait comme il veut, hein, le principal est de se régaler !

Écrit par : Marie-Claire | 14/11/2011

Olif: suis démasqué.
MC: le tartare, peut-être?

Écrit par : Estèbe | 15/11/2011

Contrairement à notre (délectable et succulente!?)habitude, nous avons mis du temps à commenter ces commentaires...

Bikoze, là haut dans notre Hipstabulle, amarrée à Port Montmartre-Delano'mans-land,des joues de porcinet, y a pas !
Nous voulions tester avant de louanger or critiquer.
L'idée est géniale mais nous craignons qu' à l'Hipstacantoche, ce met ne demeure pour nous qu'un fantasme... de plus.

Snifffffff.
Et resniffffffffffff !

Écrit par : Hipstagazine.com | 15/11/2011

Il y a des gens qui ne savent pas où trouver des joues de cochon !!! pfff
On les trouve chez les bouchers " tradi " que l'on reconnait eux mêmes à leurs bonnes joues un peu rouges, et non pas dans des barquettes en polystyrène.
En ce qui concerne cette recette, on obtient donc des joues parfumées à la rose si j'ai bien compris l'idée !

Écrit par : Marie-Hélène | 17/11/2011

On en trouve a Hauchan des joues de porc, tout simplement

Écrit par : Lapin | 07/04/2015

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