22/11/2011

La poutargue, l'Epure et la copine

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Quand une copine blogueuse fait un bouquin, on est content. Oui.

Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l’Epure, le phénix des éditeurs miam, on est super content.

Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l'Epure sur la poutargue, l’une de ces spécialités méditerranéennes scotchantes qui illumine la cuisine des Slurp, on se roule par terre en poussant des petits gémissements de volupté et en riant aux larmes.
Deux choses très difficiles à faire en même temps.

Vous l’aurez capté: il s’agit d’acheter dare-dare «La Poutargue: dix façons de la préparer» de la sémillante Mayalen Zubillaga.
(Ne serait-ce que pour la salade aux cocos de la page 5. Une tuerie.)

Merci à vous

21/11/2011

La lutte des classes au fond d’un bol de soupe aux panais et éclats de truffes

Coucou, les gens


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L’autre jour, le Dr Slurp et M’zelle Sonson se baladaient downtown Geneva. Avec un objectif atchement précis: acheter une truffe. C’est que M’zelle Sonson s’est récemment entichée des parfums telluriques et impérieux dudit champignon. Et exige depuis de les renifler régulièrement, de préférence tous les soirs, au dîner, dans son assiette.
Son paternel en a conçu une certaine fierté. Que sa descendance fasse montre de goûts à ce point raffinés, qu’elle préfère la melanosporum au Big Mac, voilà qui le caresse dans le sens du poil gastronomique.

Reste un détail. Le prix du machin. Douloureux, le prix. Voire total ouf. L’autre jour donc, le tandem pousse la porte d’une épicerie de luxe et se met à rêvasser devant deux cloches, respectivement pleines de truffes blanches d’Alba et de truffes noires d’automne, notoirement inodores autant qu’insipides. Avisé, le Dr Slurp se fait peser la plus petite des Piémontaises, à peine plus volumineuse qu’une burne de paon. La dame s’exécute gentiment, pianote sur sa bascule. Et prononce la sentence: 89 francs. QUATRE-VINGT NEUF BALLES!!! POUR UNE MICRO BOULETTE!!!! M’ENFIN!!!! QUI C’EST LA TRUFFE????

On est reparti le plus dignement possible, avec dans la besace une petite boite d’éclats de truffes noires à 28  francs. Et la sensation que la lutte des classes pourrait bien flamboyer encore. Oui, Groucho.


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Le soir même, M’Zelle Sonson engloutissait, ravie, ce velouté de panais aux éclats de truffe noire (à 28 fr. la boîte) dont voilà la recette simplette.
Pelez les panais, coupez en morceaux. Couvrez-les d’eau salée dans une casserole. Portez à ébullition pépère et laisser glouglouter jusqu’à ce que la racine s’abandonne sous la pointe de votre couteau.
Mixez avec l’eau de cuisson. Puis montez votre purée jusqu’à texture onctueuse, en alternant giclées de lait et lichettes de crème fraîche. Assaisonnez. Râpez un poil de muscade. Puis répartissez dans des jolis bols. Coiffez enfin de graines de sésame noir, d’éclats de truffe noire et d’un filet d’huile d’olive. Puis servez en chantonnant l’Internationale, qui est quand même une chanson drôlement bonnarde.

Bien à vous, mein choux

14/11/2011

Les joues de cochon poêlées: histoire d’une illumination mystico-porcine

Groink, les copines


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Evidemment, on n’a plus jamais été le même ensuite.
C’est un matin de juillet blême mais poisseux, comme souvent sur les bords de la Garonne en été. Petit Labs et moi-même remontions le marché aux légumes du Boulevard d’Arcole d’un pas paresseux, tâtant les cœurs de bœuf par ci, palpant les aubergines par là. Nous causions philosophie, comme d’ordinaire, en évoquant nos préférences respectives en matière de pièces de boucherie. Forcément, la conversation tomba sur les joues de cochon. Ben, oui. A parler bidoche, on tombe toujours sur les joues de cochon.
C’est là que Petit Labs balança sa bombe.
«Nous à la maison, on les fait souvent griller, les joues, tout simplement, paf, paf, à la poêle», glissa-t-il, comme ça, pépère, sans imaginer le chaos qu’il venait de semer dans les certitudes de son interlocuteur. C’est que sombre corniaud borné que nous sommes, jamais nous n’avions songé à poêler ce morceau-là, le mijotant et remijotant, le braisant et le rebraisant, parfois jusqu’à ce que l’atomisation de la fibre. La grillade, bien sûr. Voilà quel était le biais, la voie royale, l’apprêt à porter. Oui, c’était un matin de juillet à Toulouse, lourd et brumeux, qu’un rai de lumière écarquilla le cervelet obtus du Dr Slurp (n’importe quoi).

On a les illuminations qu’on peut.

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Evidemment, on s’est dare-dare mis à griller ladite pièce, comme dans cette recette couillonissime mais fort riante de joues de porc poêlées
aux noisettes et au gewurstraminer.
Les noisettes pour le croquant, le gewurst pour la petite douceur acidulée. Oui, il y a un plan d’ensemble derrière tout ça.

Balancez
quelques noisettes dans une poêle. Grillez-les quelques minutes. Puis débarrassez-les de leur peau (grosso modo, inutile d’en faire une fièvre porcine) avant de les écrabouiller (grosso modo, bis repetita). Réservez.
Assaisonnez les joues (on en compte deux par appétit standard), oignez-les d’huile d’olive. Et poêlez-les à feu moyen-balèze un bon quart d’heure. Qu’il hâle, ce cochon. Laissez ensuite reposer la viande au tiède, par exemple dans le four entrouvert.
Déglacez la poêle avec un bon gros déci de gewurst (ou autre blanc aromatique arrondi d’une larme de sucre résiduel), ajoutez un tour de moulin à poivre, une pincée de muscade. Et laissez réduire tout doux jusqu’à obtention d’un jus qui vous plaît.
Le cochon va sur son assiette, arrosé du jus et coiffé de noisettes. Et vous savez quoi? Il adore ça.

11/11/2011

Bone appétit

Tu cherchais un cadeau à offrir à ce vieux Dr Slurp pour Noël?
Ben, le voilà.
La designeuse Meredith Host nous a inventé la vaiselle Bone Appétit. Et c'est mortel.

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16:08 Publié dans Des ustensiles | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : vaiselle |  Imprimer |  Facebook | | |

04/11/2011

L'effilochée de haddock et l'anorexie de Tintin

Bien le bonjour

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Non, non, non, bande de bachi-bouzouks. N’allez pas imaginer que c’est le dernier blockbuster de Steven Spielberg qui nous a inspiré cette salade de haddock aux machins exquis qui picotent en bouche. Non, non, non. D’abord, on n’a pas vu le film. Pas encore. Jamais peut-être même. C’est que pour cet idiot de Dr Slurp, un bon Tintin est un Tintin en mouvement. Et donc sur papier. Car jamais Tintin n’est aussi leste, vif et speed que sous le Bic d’Hergé. Quand Tintin s’anime pour de bon, à l’écran donc, ben, il nous devient tout mou. Vous suivez?

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Et puis, on voit mal pourquoi il faudrait causer de Tintin sur un blog à manger. Car on ne mange guère chez Tintin. Ça bâfre dur chez Astérix, ça boulotte dru chez Lucky Luke, ça boustifaille chez les Schtroumpfs, ça boulotte gentiment chez Spirou & Fantasio. Et à Moulinsart ? Ceinture ! Il y a bien un vague casse-dalle au Tibet. Milou pique des saucisses à bord de l’Aurore. Haddock picole ça et là, voire plus. Mais s’éclater pour de vrai à table, se cajoler le burlingue et se câliner la gidouille, jamais de jamais. T’y crois, toi? Hergé a vendu 230 millions d’albums avec des héros qui becquettent que pouic! De quoi classer les aventures du petit reporter au rayon des anorexigènes les plus retors.

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Où qu’on en était ? Ah, oui : l’effilochée de haddock au radis noir, avocat et piment. Soit une petite entrée drolatique et stimulante pour quatre personnes, qui exige un bout de radis noir, un petit piment rouge, un avocat mur (Maitre Vergés par exemple), 120 grammes de haddock (soit l’aiglefin fumé), une branche d’oignon frais, un citron vert et deux branches de persil. Vamos!

Effilochez sans acharnement le haddock, en virant la peau. Taillez un petit bout de radis noir en mini mini cubes. Emincez l’oignon et le piment en fines rondelles. Ciselez le persil. Touillez une vinaigrette généreuse et corsée : huile d’olive + jus de citron + deux gouttes de vinaigre.
Juste avant le miam, détaillez l’avocat en cubes. Dans une jatte, salez, poivrez et mélangez le tout sans faire de carnage. A l’orée d’une soirée chic, on pourra répartir l’effilochée dans des verres à whiskey pour faire urf. A l’orée d’une soirée pas vraiment chic, on pourra s’en abstenir. Jeter le saladier sur la table. Et contempler le spectacle désolant des convives qui se ruent sur le haddock en poussant des jappements d’olibrius.

A pluche