12/01/2012

L’insoutenable massacre du turbot et les bouboules au whiskey qui picotent

 

Coucou, les gens

C’est un spectacle d’une cruauté et d’une ignominie rares. C’est un spectacle qui te lamine la bonne humeur, qui nourrie tes insomnies blafardes, qui pourrait même t’expédier une dizaine d’années sur le canapé du psychiatre.
C’est le massacre du turbot.
Brrrrrr, ça fait trop peur.

On a assisté à ça récemment, dans une auberge de la campagne genevoise. Et on en gémit depuis.
Tout avait pourtant bien commencé. Décor design, accueil aimable, carte des vins souriante. Sur le menu, on tombe sur le filet de turbot… à 81 balles. Soit 67 euros au cours d'hier. C’est cher. Trop sans doute. Mais zut! L’esprit de Noël plane encore sur nos chignons. Et les étrennes ont un brin gonflé le porte-monnaie. Soyons fous. Va pour le turbot!

C’est là que la dînette a tourné au gore. Le poisson a débarqué en traînant un sillage de vieille marée. Sans doute décongelé direct dans la poêle, cuit avec un fol acharnement, il n’avait plus guère à offrir qu’une pauvre chair sèche et cotonneuse, à peu près aussi sexy qu’une croquette oubliée dans les poubelles du McDo. Pauvre bestiole. Et puis, le chef te l’avait claquemuré dans de la crème et une épaisse purée de patates; purée coiffée par quelques tranches… de patates. Voyez le sadisme de la scène. On a (trop) payé. On est (vite) parti. On a pleuré sur ce pauvre turbot qui n’avait rien fait pour mériter ça.
boulettes-légumes 011.jpg

Il fallait se consoler dare-dare. Les boulettes de bœuf picotantes au whiskey semblaient tout indiquées. Car la boulette, voyez-vous, remonte le moral. C’est notoire, établi scientifiquement même.

Pour deux gulus à table
, touillez au fond d’une jatte 317 grammes de bœuf haché bio avec deux gros cornichons émincés mini, une cuillère de petites câpres, quatre brins de coriandre fraîche ciselée, deux petits bulbes d’oignon frais hachés, une large tombée de paprika, une généreuse pincée de poivre de cayenne, une amicale giclée d’huile d’olive, quelques éclats de pistache préalablement grillée, sel, poivre et deux shots de whiskey.
Touillez, touillez donc.
boulettes-légumes 020.jpgPuis moulez de vos habiles mimines des boulettes grosses environ comme une fois et demie la burne d’un castor adulte. Poêlez de toutes parts à feu furax, quatre cinq minutes.
Et dévorez sans façon, en tâchant d’oublier le calvaire du malheureux turbot supplicié.
Dévorez, avec un gros rösti et sept goulées du formidablement fruité, juteux et voluptueux Cinsault du Domaine des Dimanches, sis à Aspiran, Hérault, France d'en bas au milieu. Un rouge sans soufre ni douleur.

Des bises

Commentaires

Un cinsault de l'Hérault face à un whiskey que je suppute scottish, quelle boulette... Qui l'a emporté ?

Écrit par : Catherine | 12/01/2012

2 shots de whikey et 7 splouchs de "Dimanche" Okey .

Écrit par : Marie-Hélène | 12/01/2012

Un pur cinsault ça peut être bon, oui, malgré ce qu'en pensent ces machins de l'INAO qui nous l'on fait arracher

Écrit par : max | 13/01/2012

Pauvre turbot et quel souvenir désagréable !
Hum je te pique l'idée du whisky pour un tartare.

Écrit par : Loïc marande | 13/01/2012

Bonjour
Auriez vous la bonté de citer l'adresse incriminée pour nous éviter une mésaventure?
Merci beaucoup
Continuez à nous distraire ainsi
YB

Écrit par : Mme.Bernet | 13/01/2012

Dac, mais par plis secret et personnel

Écrit par : Estèbe | 13/01/2012

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