Le sauté de veau aux parfums du Siam (ou mon curry chez les Thaïlandaises)

 

Bien le coucou, mein choux

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Question. Pourquoi se la couler douce quand on peut se casser dru la nénette? Hein?
Ou pourquoi acheter sa poudre curry à la supérette, voire à l’épicerie fine, quand on peut transpirer une heure en cuisine à se pilonner la sienne? Parce qu’on est comme ça chez les Slurp: intègres, jusqu’au-boutistes, un brin tordus du bulbe et finement musclés du bassinet.

Bref, alors qu’une paire de citrons keffir (ou combava, agrume asiate au doux parfum de citronnelle) nous faisait de l’œil dans le panier à fruits, on a imaginé un plat exotique aux senteurs mirobolantes: un sauté de veau au kefir, gingembre et curry maison. Comment qu’on fait? Ben, on file faire les courses. Ben oui, banane.

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Dans le chariot et pour quatre gulus à table, il faut une grosse carotte, une racine de persil, 697 grammes d’épaule de veau taillée en cubes harmonieux autant que menus, deux citrons kefir, du lait de coco, du gingembre et plein d’épices à zieuter ci-dessous.

Dans une poêle, faites-moi griller tranquille une demi-cuillère à café de graines de cardamome décortiquées, une autre de graines de coriandre, une autre de graines de fenouil, une autre de cumin, plus quelques grains de poivres cubèbe et deux clous de girofle. Broyez ensuite le tout au moulin, au mixeur ou au mortier, en y ajoutant une demi-noix de muscade râpée, une pincée de piment et une tombée de curcuma.
Et paf, voilà comment on se transforme en bonne du curry. Hum... Je sors.

Zestez les citrons kefir puis pressez-les. Hachez une demi-phalange de gingembre. Détaillez en julienne la carotte et la racine de persil.
Faites fondre tout doux deux échalotes hachées et une gousse d’ail dedans la poêle. Ajoutez une énorme pincée du curry susbricolé et le gingembre; touillez jusqu’à obtention d’une papâte giga odoriférante.
Balancez le veau, colorez-le, puis arrosez avec le jus d’agrume.
Humectez d’une tasse d’eau, couvrez, laissez mijoter une demi-heure en vérifiant le jus de temps à autre.
Ajoutez ensuite les légumes pour dix minutes de rab.
Puis mouillez le tout de lait de coco avec largesse. Laissez réduire tout doux vingt minutes. Rectifiez le curry.
Coiffez enfin des zestes et de quelques pluches de coriandre.

Après, il s’agit de manger ce truc. Avec du riz, bien sûr. Les enfants n’aiment pas trop ça. L’appartement empeste le curry. Le conjoint dit que ça a un drôle de goût. Mais au moins, on s’est occupé pendant toute une après-midi.

Tchou!

Commentaires

  • Ah! mais les enfants et l'conjoint ils commencent à nous énerver grave : on les envoie chez " Mac Kebab" et on invite une bonne copine qui saura apprécier...comme moi par exemple :-)

  • Grande amatrice de curries et autres délices asiatiques, il faudrait m'expliquer où trouver à Genève du kefir car cela doit faire bien 15 mois, si ce n'est plus, que je n'arrive plus à mettre la main dessus - il semblerait qu'il y ait un problème d'importation ! Alors vite, que je puisse me régaler à nouveau de ce goût incomparable...

  • Comme tjs...BRAVO
    J adore la demie phalange de gingembre....
    La lecture se deguste aussi
    Bonne nuit
    Mariew

  • Solides références culturelles, bravo. Il faut voir et revoir "Y'a un os dans la moulinette" (1975), quasi aussi bon que "Mon curé chez les nudistes".

  • Contente que votre bassinet soit musclé, c'est si rare de nos jours :-;

  • Joli menu, ça a l'air vraiment délicieux! Merci beaucoup

  • J'ai eu du mal à m'arracher à la contemplation de l'affiche de ce film à la distribution fascinante, qui sent plus les curries d'Augias que le kaffir au lait.

  • Curries d'Augias et kaffir au lait... trop fort Capitaine Pat. Vous restez un phare spirituel, pour ne pas dire hilarant, dans la tempête de notre morne modernité sans malice.

  • Bien Cher Jérôme,
    Je tiens par ces quelques lignes à te témoigner toute la gratitude
    de la Boucherie Bula. Ton article de samedi passé met une fois de
    plus en exergue le travail des artisans genevois.
    Les métiers de la bouche doivent faire face à la concurrence
    Industrielle, mais au travers de tes rubriques hebdomadaires tu fais
    prendre conscience aux lecteurs et consommateurs que les
    les produits locaux artisanaux ne sont pas morts, bien au contraire.
    La Boucherie Bula, tous ses employés, Jacky et moi-même, nous nous
    sentons, grâce à toi reconnus dans notre profession et nous t’en remercions
    vivement.

    Dans l'attente de te revoir aux Halles, je t’adresse mes plus cordiales

    salutations.

    Eric Richard

  • Faire ou ne pas faire son curry, c'est un débat de taille dans notre petite cuisine.

    On a des copains qui sont pour : http://www.cuisinedelamer.com/archives/2006/09/10/2646241.html

    Et il y a les copines qui sont contre :
    http://www.shesimmers.com/2010/06/easy-thai-green-curry-recipe-interview.html

    Impossible de se décider - mais on note votre préparation soigneusement.

    Sinon pour ceux qui ne trouvent pas de keffir, je signale ce site internet thailandais expédiant à prix modique de l'essence naturelle de keffir de grande qualité, à utiliser en cas de pénurie (même si les puristes remarqueront que l'essence remplace plutôt les feuilles que le zeste). Bises ! http://thaifoodessentials.com/

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