26/03/2012

Rêverie libidinale et pommes archiduchesses qui ont vu l’ours

Bien le bonjour

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Une très sérieuse enquête américaine s’est récemment intéressée à la méditation libidinale. Nos chers scientifiques ont cherché à évaluer combien de fois les jeunes hommes et les jeunes femmes pensaient à la galipette en une journée. Ben, pas tant que ça: 19 fois en moyenne pour les gaillards contre dix fois pour ces damoiselles. Comme quoi les humains ne sont pas si obsédés de la braguette que ça. Notez que l’on en connaît même qui n’y songe qu’une fois par jour. Oui, du matin 6 h 15 au soir 23 h 55. Warf.

L’étude s’est également penchée sur la rêverie culinaire. Combien de fois salive-t-on in petto chaque jour? Presque autant: 18 fois pour les garçons; 15 fois côté filles. Ce qui signifie qu’entre le miam et la bagatelle, notre cerveau est tout de même fort occupé. Sans compter que l’on peut rêvasser à l’un et à l’autre simultanément, en échafaudant par exemple des scènes de genre sur la gazinière. Que l’on peut aussi s’abîmer dans des réflexions farouchement coïtales tout en préparant sa pitance. Ou ne penser qu’aux marmites fumantes lors de l’accouplement sous couette.
- Chéri(e), tu n’es pas avec moi, là…
- Non, je suis à la cuisine.

DSC04353.JPGA quoi pensait le Dr Slurp en préparant ses exquises pommes archiduchesses à l’ail des ours? Ben, aux pommes archiduchesses à l’ail des ours qu’il était en train de préparer, précisément. Le Dr Slurp n’est pas fichu de faire deux choses à la fois.

Pour trois personnes à table, il nous faut une livre de pommes de terre à chair ferme, deux jaunes d’œufs, 40 grammes de beurre, de la muscade et quatre belles feuilles d’ail des ours.

Pelez,
coupez en gros morceaux idiots puis faites cuire les patates à l’eau. Essorez. Écrabouillez à la fourchette ou au passe purée. Intégrez le beurre et les jaunes d’œufs. Touillez jusqu’à texture homogène et riante.

Emincez
finement l’ail des ours. Ajoutez à la purée. Salez, poivrez, muscadez mollo.

Puis saisissez-vous d’une poche à douille avec une petite étoile au bout. Ou d’un sac en plastoc avec un trou au fond (moins chic, mais bon…). Sur une plaque vêtue de papier sulfurisé, moulez vos archiduchesses façon Gaudi, en imprimant un roulis circulaire à votre poignet. Est-ce clair? Non! Zut alors! Enfournez à 190° et laissez dorer une dizaine de minutes, en pensant exactement à quoi vous voulez.

A tout soudain, les copains

12/03/2012

La salade de carciofis à l’orange sanguine et la grande découverte sémantique


Gros poutoux

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Le Dr Slurp, qui jamais ne somnole intellectuellement, a eu récemment une révélation d’ordre sémantique. Oui, Madame.
C’est que bon nombre de verbes actifs conjugués à la première personne du pluriel deviennent des homonymes de bonnes choses à manger. Ça te la coupe, non?
Viiiiite, un exemple.
Prend le verbe rogner, au hasard. Conjugue-le à la première du pluriel. Hi, hi, rognons les rognons. Rebelote avec le verbe cocher: cochons les cochons. Et puis aussi sommons les saumons, meulons les melons, pigeons les pigeons, grattons les grattons, oignons les oignons (ben oui, de l’adorable verbe oindre), poissons les poissons, etc.

On se rend compte au passage de la pauvreté de la langue française, à laquelle manque désespérément des verbes comme champigner, cornicher, pigner, jamber, estraguer, macarer, potimarrer ou citrer.

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Hélas, on ne peut s’amuser de la sorte avec la recette du jour, qui est toutefois drôlement comestible, légère et lutine. Il s’agit de très mignonne salade de mini artichauts primeurs (ou carciofis) à la menthe et à l’orange sanguine. C’est que les carciofis italiens sont de retour au marché, qu’ils sont goûtus en diable, qu’ils annoncent le printemps et que tout le monde il est gentil.

En entrée, comptez trois ou quatre carciofis par bouche à nourrir.
Retirez les feuilles extérieures, moches et coriaces. Tranchez au raz de la queue et coupez la pomme en son milieu, de façon à éliminer toute la partie supérieure des feuilles. Oui, ça fait un gros déchet, comme on dit à Tchernobyl. Coupez enfin ce qui reste en quatre dans le sens de la longueur, en balançant au fur et à mesure dans de l’eau citronnée pour éviter l’oxydation.

Faites cuire les carciofis une dizaine de minutes à la vapeur. Rafraîchissez illico sous l’eau claire. Pelez une ou plusieurs oranges sanguines à vif. Ciselez plein de brins de menthe. Puis disposez le tout dans une très belle assiette, avant de brumiser d’une bonne huile d’olive et d’un filet de citron. Fleur de sel, poivre au moulin. Et slurp, slurp, slurp. Oui, trois fois.

Tiens, une autre fois, on chiquera les chicons.

02/03/2012

Le sauté de veau aux parfums du Siam (ou mon curry chez les Thaïlandaises)

 

Bien le coucou, mein choux

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Question. Pourquoi se la couler douce quand on peut se casser dru la nénette? Hein?
Ou pourquoi acheter sa poudre curry à la supérette, voire à l’épicerie fine, quand on peut transpirer une heure en cuisine à se pilonner la sienne? Parce qu’on est comme ça chez les Slurp: intègres, jusqu’au-boutistes, un brin tordus du bulbe et finement musclés du bassinet.

Bref, alors qu’une paire de citrons keffir (ou combava, agrume asiate au doux parfum de citronnelle) nous faisait de l’œil dans le panier à fruits, on a imaginé un plat exotique aux senteurs mirobolantes: un sauté de veau au kefir, gingembre et curry maison. Comment qu’on fait? Ben, on file faire les courses. Ben oui, banane.

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Dans le chariot et pour quatre gulus à table, il faut une grosse carotte, une racine de persil, 697 grammes d’épaule de veau taillée en cubes harmonieux autant que menus, deux citrons kefir, du lait de coco, du gingembre et plein d’épices à zieuter ci-dessous.

Dans une poêle, faites-moi griller tranquille une demi-cuillère à café de graines de cardamome décortiquées, une autre de graines de coriandre, une autre de graines de fenouil, une autre de cumin, plus quelques grains de poivres cubèbe et deux clous de girofle. Broyez ensuite le tout au moulin, au mixeur ou au mortier, en y ajoutant une demi-noix de muscade râpée, une pincée de piment et une tombée de curcuma.
Et paf, voilà comment on se transforme en bonne du curry. Hum... Je sors.

Zestez les citrons kefir puis pressez-les. Hachez une demi-phalange de gingembre. Détaillez en julienne la carotte et la racine de persil.
Faites fondre tout doux deux échalotes hachées et une gousse d’ail dedans la poêle. Ajoutez une énorme pincée du curry susbricolé et le gingembre; touillez jusqu’à obtention d’une papâte giga odoriférante.
Balancez le veau, colorez-le, puis arrosez avec le jus d’agrume.
Humectez d’une tasse d’eau, couvrez, laissez mijoter une demi-heure en vérifiant le jus de temps à autre.
Ajoutez ensuite les légumes pour dix minutes de rab.
Puis mouillez le tout de lait de coco avec largesse. Laissez réduire tout doux vingt minutes. Rectifiez le curry.
Coiffez enfin des zestes et de quelques pluches de coriandre.

Après, il s’agit de manger ce truc. Avec du riz, bien sûr. Les enfants n’aiment pas trop ça. L’appartement empeste le curry. Le conjoint dit que ça a un drôle de goût. Mais au moins, on s’est occupé pendant toute une après-midi.

Tchou!