19/04/2012

Les mirobolantes raviolis aux morilles et l'angoisse préélectorale entre coeur et raison


Bien le bonjours, happy électeurs

 

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L’autre jour, le Dr Slurp s’activait en cuisine, en compagnie de la diligente M’zelle Sonson, à la confection de prodigieux raviolis dont on va vous recauser ci-dessous. Tous deux pétrissaient donc, abaissaient, farcissaient avec componction, alors que la radio crachotait les derniers épisodes de la campagne électorale française.
Rien de palpitant. Sinon ce casse-croûte de luxe organisé par les apparatchiks de l’UMP au Crillon, l’un des palaces les plus chics de Paris. Tarifs himalayens, pour sûr. Cinq ans après un début de règne au Fouquet’s, voilà qui boucle la boucle dorée. Sacré Nico: bling-bling un jour, bling-bling toujours. Du coup, on s’est mis à rigoler doucement sur le plan de travail. M’zelle Sonson nous a alors demandé pour qui on allait voter dimanche. On lui a confié notre indécision, notre valse-hésitation entre la raison et le cœur. Vilain dilemme.
«Mélenchon?», qu’elle a dit un peu plus tard. «C’est rigolo comme nom, j’aime bien.»

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Sans transition comme dirait l'autre, gobez donc la recette de nos raviolis aux morilles et ricotta.
Pour trois indécis à table, il faut 100 grammes de ricotta, 25 grammes de morilles (fraîches pour les chanceux oisifs, déshydratées pour les autres), 300 grammes de farine, trois œufs et deux trois petites choses encore.

La farce.
Rincez plusieurs fois les morilles. Réhydratez-les éventuellement une heure dans de l’eau.
Faites revenir pépère une échalote hachée dans une casserole avec une bonne noisette de beurre.
Ajoutez les morilles. Salez, poivrez, gingembrez. Mouillez d’une giclée de madère. Laissez mijoter.
Emincez grossièrement les morilles aux ciseaux.
Puis, hors du feu, touillez avec la ricotta. Goûtez. Rectifiez. Il faut que ça gazouille dans la glotte.

La pâte.
Dans un saladier, formez un volcan avec la farine. Et dans le cratère du volcan, cassez les œufs. Ajoutez une cuillère à soupe d’huile d’olive et une cuillère à café bien pleine de sel. Liez à la fourchette.
Puis pétrissez de vos blanches menottes jusqu’à obtention d’une boule homogène. Si ça colle, on farine.
Au rouleau, abaissez alors la pâte comme un beau diable. Une fois, deux fois, dix fois, qu’elle se montre aussi fine que le tulle d’un tutu.
Avec un emporte-pièce, découpez ensuite des cercles (une autre école préconise le carré, moins gracieux il est vrai) de 4,72cm (environ) de diamètre. Déposez une noisette de farce au centre de la moitié d’entre eux. Puis coiffez avec le reste des cercles, en collant les parois avec vos mimines préalablement humidifiées.

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La conclusion. Cuisez les raviolis 7-8 minutes à eau frémissante. Humectez-les d’une bruine d’huile d’olive et servez avec un bon parmesan râpé. Puis avalez en songeant à la solitude de l’isoloir.

A dimanche soir, mes camarades

Commentaires

C'est vrai que l'indécision reste même après avoir humé de loin ces magnifiques raviolis aux morilles...mais bon au dernier moment l'illumination va se faire...il suffit d'y croire.
Bizzz

Écrit par : bullesdegourmandises | 19/04/2012

L'angoisse de l'option, le pauperisme latent et le miserabilisme ambiant, ainsi que l'absence de morilles fraiches ou seches, m'ont pousse a transformer votre recette de raviules en remplacant les morilles, cher Estebe, par des cornes d'abondance savoyardes sechees regenerees dans un peu de Saint-Amour. Des lors par besoin de gingembre aphrodisiaque, le nom seul du vin suffit, surout lorsqu'il accompagne le met.

Écrit par : Amedee de Reignier | 20/04/2012

Amedee, toutes les déclinaisons, même savoyardissimes,sont bonnes à slurper. Raviulez donc.

Écrit par : Estebe | 21/04/2012

Ici aussi on doute, mais entre le coeur et le coeur: il y a si peu de filles dans cette course.

Écrit par : Sophie XIII | 21/04/2012

Pour éviter toute confusion: la petite Le Pen n'est PAS une fille.

Écrit par : Sophie XIII | 21/04/2012

Amedee, il ne semble pas dans les habitudes de votre clavier ami de fourcher de la sorte. Devons-nous considérer que vous soyez en délicatesse avec le verbe mettre ou bien sommes-nous à côté de la plaque, répondez, je vous en prie.

Écrit par : rose chiffon | 22/04/2012

Au vu des résultats, le Dr. Ravioli a semble-t-il choisi la raison. Me too

Écrit par : Yves | 23/04/2012

Diantre! J'en reste sans voix...

Écrit par : Lililatigresse | 23/04/2012

شكرا لك على هذه الوصفة لطيفة... هذا الجبن أيضا جيدة جداً في طاجين طريقة الكعك

Écrit par : Lililatigresse | 23/04/2012

Rosa canina : non possumus !

Écrit par : Amedee de Reignier | 24/04/2012

Allons allons, Amedee. Me traiter de chienne (fût-ce en latin !), procède je suppose d'une vague erreur de lecture de mon propos. Il y a malentendu.

Écrit par : rose chiffon | 24/04/2012

Certes, il y a malentendu, en latin comme en botanique. Rosa canina est le nom d'une fleur charmante et un prenom qui ne l'est pas moins : EGLANTINE. Je voulais vous flatter, Mademoiselle Rose Chiffon, en pensant que vous n'aviez que des emois comme un poeme connu l'affirme. Auriez-vous alors des epines comme Rosa rogusta ?

Écrit par : Amedee de Reignier | 24/04/2012

Je ne lis pas le latin dans le texte cher ami et ne saurais vous répondre comme ça devant nos gens, néanmoins chienne m'avait amusée, eu égard à ces choses que je donne à regarder ici et là en cette période et qui n'en sont pas, au contraire. Ajoutons à cela que d'une manière générale l'erreur est amusante, n'est-ce pas ? En ce qu'elle a de potentiellement utile à l'art. Mais je ne voudrais pas abuser de l'hospitalité de notre bon docteur, malgré que ses petits coussins fourrés à l'angoisse paraissent bien confortables.

Écrit par : rose chiffon | 24/04/2012

Z'êtes si mignons vous deux. Et si on mettait un peu de musique?

Écrit par : Estebe | 25/04/2012

vu votre silence cher ami depuis dimanche, j'en déduis que vous êtes resté coi devant ces décisions électorales des décidés des urnes du dimanche. Votre indécision est émouvante, les décisions déstabilisantes.
vous avez raison, un peu de musique adoucira les mœurs, puissent-ils vous écouter, les urnes de décidés... ajoutons quelques morilles afin de faire un pieds de nez à toutes ces truffes.
Sophie XIII : on n'avait même pas pensé que ça puisse en être une dans quelque esprit bien slurpé qui se respecte. Mon vote a penché pour l'une des vraies.

Écrit par : vanessa | 26/04/2012

On doit attendre le 6 mai pour la prochaine prouesse culinaire ? The economist a déjà trouvé la recette ad hoc : http://www.economist.com/node/21543595

(frivolité : on a le même plateau - les grands esprits se rencontrent)

Écrit par : Camille | 27/04/2012

Nous sommes tous des femmes à plateau.

Écrit par : Estèbe | 27/04/2012

Quoi, Estèbe, vous voilà coi ?!

Écrit par : Dnad | 09/05/2012

On nous avait promis de la batave rouge, appelez-moi le patron.

Écrit par : rose chiffon | 09/05/2012

La gazinière a du mou, certes.

Écrit par : Estèbe | 10/05/2012

Après les montres molles de Dali, la gazinière molle du sieur Estèbe !

Écrit par : Dnad | 11/05/2012

Saviez-vous que Claire et Louis s'étaient séparés ?!
Louis ne voyait plus clair et Claire avait perdu l'ouïe... Estèbe'ien triste.

Écrit par : Dnad | 14/05/2012

Compliments quant à ce post. La recette est vraiment géniale aussi! Merci beaucoup

Écrit par : faire part naissance fille | 02/07/2012

J'ai vu récemment une recette thaïlandaise qui utilise la même technique, c'est passe-partout alors! Merci pour le blog!

Écrit par : assurances expatriées | 05/07/2012

Ça à l'air bon comme tout!

Écrit par : nail art | 31/07/2012

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