27/08/2012

L’étrange manie du Dr Slurp et le monument multicolore italien

Bien le bonjour, les gens

 

tomates mozza

Il y a des gens qui sucrent leurs nouilles et d’autres qui taquinent les mouches.
Il y a des gens qui s’épilent les pavillons auriculaires et d’autres qui dorment en Moonboots.
Le Dr Slurp, lui, pèle ses tomates.
Ben oui. A chacun ses névroses.
Il pèle ses tomates donc, depuis toujours, ou juste avant.
Il pèle ses tomates parce qu’il trouve ça plus voluptueux à manger avec la bouche. Pour beaucoup de ses congénères, cette habitude fait de lui un gentil illuminati. On le raille, on le brocarde, on glousse dans son dos. «Hou, mais qui voilà? Ne serait-ce le peleur de tomate?» Rires.
Mais le Dr Slurp s’entête, pèle, pèle, pèle encore, espérant secrètement que la postérité reconnaîtra une certaine grandeur dans cette obstination ménagère. Ce n’est pas gagné.
Tout ça pour vous dégainer une archiclassique salade tomates-mozza-basilic, monument italien, trop souvent interprété avec nonchalance, voire crapulerie. Combien de fois, au resto, a-t-on vu ce glorieux triptyque saccagé par des ingrédients de basse extraction. Tomates insipides, fromage mastic, basilic oxydé, huile puante. Voyez le vandalisme.


Bref, voilà comment qu’on fait chez les Slurp.
Payez-vous de belles tomates, mûres et charnues, de pleine terre et de toutes les couleurs. Rouges, noires, oranges, vertes. Bleues même, s’il y a.
Payez-vous de la mozza flor di latte, fraîche et fondante.
Payez-vous un bouquet basilic thaï, picotant et entêtant.
Payez-vous une huile d’olive ardente et fruitée, aux nobles arômes végétaux.
Et puis, et puis, et puis… pelez les tomates. Oui. En les ébouillantant. Ou non. Avec un économe spécial ou avec les dents.
Détaillez-les en tranches. Disposez-les sur un plat sans trop les chevaucher, en observant une alternance chromatique propre à flatter les rétines des convives.
Découpez et essorez la mozza sur du papier ménage.
Juste avant le miam, émincez le basilic. Saupoudrez-en le plat. Une grosse pincée de fleur de sel. Une petite pincée de poivre aromatique. Un généreux filet d’huile d’olive. Une pointe de balsamique. Et paf! Réaction à table: «C’est bizarre ces tomates, on dirait que quelqu’un les a… pelées.» Rires. Rideau.

PS1:Oui, ça faisait une paye qu'on avait pas gribouillé dessus le blog. Désolé.

DSC04397.JPGPS2. Il est très bon de boire du vin en mangeant les tomates à la mozza. Oui. La cuvée Uva Arbosiana du Domaine de la Tournelle, par exemple; un poulsard light, pur et joyeux, qui glisse tout seul le long de ton tuyau ravi en y laissant un sillage fruité sexy en diable. Quand Uva, tout va.

Commentaires

Ils sont bizarres, vos congénères.

Écrit par : rose chiffon | 27/08/2012

Mince alors. Ce jour même, regardez ce que j'ai ouvert: https://twitter.com/fannybens/status/240140956228263936

Pas de salade pelée au menu, mais du frais et de l'été, oui oui.

Écrit par : fannyb | 27/08/2012

Bien content de te retrouver !

... mais le fils d'italienne que je suis ne peut supporter l'occultation du grand vert (ciselé) par le thaï ; et préfèrera toujours une bonne bufflonne à une vache aux pis gonflés de fleur de lait !
Quand au déshabillage d'une bonne tomate bien mûre, la peler entre le pouce et la lame d'un petit couteau, à la manière d'une pêche, me semble être le top de l'efficace facilité.
Bon, je ne dirai rien à ma mère et je t'aime bien quand même.
L'important n'est-il pas de donner l'envie ? Là, c'est réussi, merci.
Au plaisir.

Écrit par : Roger | 27/08/2012

Ouf!
J ai bien eu peur de ne plus pouvoir vous lire!
Bonne rentrée
Mariew

Écrit par : Mariew | 27/08/2012

Rose, oui, ce sont des aliens cruels et ignares.
Fanny, Mon Dieu, The Coïncidence. Saint Glouglou, priez pour nous.
Roger, bisez donc Madame votre mère de ma part. Et la bufflonne itou.
Mariew, nous aussi.

Écrit par : Estèbe | 28/08/2012

Et ces vacances de six mois, c'était bien?

Écrit par : Annne-laure | 28/08/2012

Et les raisins, fauty les peler et les épépiner aussi ? (en général les névrosés de la tomate sont aussi ceux du raisin...), je ne pèle pas, j'aime bien le craquant de la peau sous la dent, mais pour la qualité, que oui ! Ou burrata en place de la mozza... benvenuti chez vous même !

Écrit par : tiuscha | 28/08/2012

Bon, le principal dans une salade de tomates, c'est la tomate. Actuellement, c'est la récolte des miennes. Une splendeur, telle que personne ne se poserait la question de les peler ou non. Débrouillez-vous comme vous voulez, comme vous pouvez, mais si vous deviez produire dans un jardin une seule chose, c'est une rose de Berne bien de chez vous.
Pour ma part, je fais pousser aussi le basilic. Et des courges. On en reparlera en temps voulu...

Écrit par : Géo | 28/08/2012

J'en connais d'autres qui aiment peler le jonc, comme au bailli du Limousin qui a été pendu avec ses ... Hum, mais je m'égare. Sinon, comment qu'Uva bien, le Docteur Slurp? Le poulsard est une bonne thérapie...

Écrit par : olif | 29/08/2012

Gloire ! Vivas ! Le docteur Slurp bouge encore ! Bel hommage à ce monument effectivement trop souvent maltraité. Nous on l'aime avec des câpres et des anchois, mais c'est comme on veut.

Écrit par : Claire | 30/08/2012

Et que préparez-vous avec les pelures de ces tomates ?

Écrit par : Pat | 30/08/2012

Un lotion d'après-rasage formidable

Écrit par : Estèbe | 31/08/2012

"Bon, le principal dans une salade de tomates, c'est la tomate." me disais-je plus haut. Ouais mais parlons de mozzarella. Vous tombez bien avec votre billet, Slurp. (vous avez été chercher votre pseudo dans "le sceptre d'Ottokar" ou "Coke en stock" ?) Donc Piotr Slurp Slurpovitch, faites un billet sur la mozzarella!
Je veux bien être croqué par le grand Cric, mais là c'est trop : je demande urgemment la création d'un peloton d'exécution pour ceux qui ont commis ça : Mozzarella (tu parles, plastique blanc et mou serait plus correct) de la Coop. Je sais qu'il faut être complétement idiot pour acheter ça, mais bon, on se laisse tous aller à quelques bassesses. La preuve, je lis vos billets. Même ceux qui parlent de spaghettis et cervelas. Mais là, j'avoue, vous m'avez surpris. Vous avez vraiment mis la barre très, très bas. Bref...

Écrit par : Géo | 31/08/2012

Je trépigne d'impatience à l'idée de lire votre version d'un autre monument de la gastronomie comme... le "Paris-beurre " !

Écrit par : Marie-Hélène | 02/09/2012

Quel plaisir de vous relire Doc !!! C'était bien la Pantagonie ?

Écrit par : gabriella | 02/09/2012

Quel plaisir de vous relire Doc !!! C'était bien la Pantagonie ?

Écrit par : gabriella | 02/09/2012

Hé ! Le plat ! J'ai le même ! ;-)

Écrit par : p | 23/10/2012

Écrire un commentaire