14/09/2012

L’écrabouillage de noisettes au wasabi: le bonheur est dans le pilon

Coucou, mein choux

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L’écrabouillage des cacahuètes au wasabi peut provoquer comme une sourde volupté chez celui ou celle qui s’y adonne. C’est une réalité vraie, scientifiquement observée chez beaucoup d’individus des deux sexes. Des psychologues de renom ont noirci des pages là-dessus. Il faut ainsi lire et relire l’ouvrage de George Frederick Stout, Wasabi peanuts crushing: a silent sensual delight, paru en 1964 chez Cambridge University Press, et régulièrement réédité depuis dans 19 langues au moins.
Notez que s’éclater au pilon, cela n’a rien de d’immoral non plus. Après tout, les autorités vaticanes, au moins jusqu’à l’heure où nous rédigeons ce billet, n’ont toujours pas classé cette activité au sulfureux rayon des péchés de luxure.
Bref, ne vous étonnez, ni ne culpabilisez, si la réalisation de la recette du jour vous procure un trouble sentiment de bonheur animal. La recette, c’est celle du rôti de baudroie à la verveine citronnelle et aux éclats de noisettes wasabitées. Voilà un plat de la mer sexy et délicieux, vaguement branchouille aussi, qui nous a récemment valu quelques accolades amicales de convives repus. C’est toujours bon à prendre, en ces heures de crise financière.
Il nous faut un rôti de lotte susceptible de nourrir l’assistance (demandez au poissonnier, il vous en vendra deux fois trop), quelques brins de verveine citronnée (ben oui, c’est la saison), deux brins de romarin, un citron vert, des cahouètes de wasabi. Et voilà.

Salez, poivrez la lotte. Colorez-la à la poêle, une minute de chaque côté, à feu dru. Arrosez-la d’un filet de citron puis enfermez-la dans une feuille de papier-alu, avec deux brins de verveine et un brin de romarin. Expédiez la papillote au four, à 150°, une quinzaine de minutes (ou plus si fort grosse pièce).
Pendant ce temps, écrabouillez les caouettes au pilon (mmmmmmh…). Puis ciselez finement verveine et romarin.
Quand le poisson est cuit, juste nacré à cœur, découpez-le en tranches. Oignez de quelques gouttes d’huile d’olive, d’herbettes hachées et d’éclats de cacahuètes. Fleur de sel. Et paf, à table.
On boit du vin avec ça, pour sûr. Lequel? A vous de voir. A vous de boire.

A plouche

Commentaires

Il faut savoir mentir avec aplomb à son poissonnier (ou son boucher), irremplaçable, mais qui a toujours la main si lourde, en le regardant droit dans les yeux quand il vous demande : C'est pour combien ? et répondre : pour Trois, alors que l'on est quatre et demi, voire cinq. Surtout que la lotte, ce n'est pas très réutilisable...
Tiens, on ne dit plus guère baudroie aujourd'hui, ça me rappelle les livres de cuisine de ma grand-mère, qui disaient toujours : « Lotte (ou baudroie)... » Hélas, c'était toujours "à la provençale", et j'en ai gardé une répulsion tenace pour les sauces aux irisations de tomate archi recuite

Écrit par : Olivia_Mohune | 14/09/2012

Merci pour cette recette.....que je vais essayer sans tarder!
Bon dimanche
Mariew

Écrit par : Mariew | 16/09/2012

Scrounch miam slurp...

Écrit par : Dnad | 18/09/2012

Cela a l'air délicieux! Je vais tester ce week end! Merci!

Écrit par : gagner de l'argent facilement | 19/09/2012

Voila une recette qui devrait ravir mon cher et tendre, accro au dernier degré de la cacahuète au wasabi, une chouette idée !

Écrit par : Claire | 19/09/2012

Wasabi peanuts crushing: a silent sensual delight,... Estèbe nous roule dans le wasabi. MDR

Écrit par : Anne-laure | 20/09/2012

kesako la cacahuète de wasabi ? Jamais entendu parlé, c'est suisse ? Cacahuète je vois, wasabi aussi, mais cacahuète de wasabi c'est quoi ???

Écrit par : ma Gali | 20/09/2012

Ben, imaginez un cahouète. Roulez-la dans le wasabi. Et vous aurez... devinez quoi?

Écrit par : Estèbe | 20/09/2012

Trop bonne vos recettes!

Écrit par : jeu de voiture | 27/09/2012

Trop bonne(s) vos recettes Monsieur Estèbe ! Non, ne vous sentez pas obligés de cliquer chez moi, il n'y a pas de lien sponsorié ni commercial. N'empêche que cette recette est quand même trop bonne. J'ai ramassé des noisettes chez un ami qui ne sait plus quoi en faire du côté de Brive, et justement j'avais une furieuse envie de les écrabouiller. A défaut de lotte, j'ai une furieuse envie d'écrabouiller ça avec des St-Jacques. Bien à vous cher Monsieur Estèbe, ça fait longtemps que je n'avais pas franchi la porte de votre cuisine.

Écrit par : Marie-France | 19/10/2012

Trop bonne(s) vos recettes Monsieur Estèbe ! Non, ne vous sentez pas obligés de cliquer chez moi, il n'y a pas de lien sponsorié ni commercial. N'empêche que cette recette est quand même trop bonne. J'ai ramassé des noisettes chez un ami qui ne sait plus quoi en faire du côté de Brive, et justement j'avais une furieuse envie de les écrabouiller. A défaut de lotte, j'ai une furieuse envie d'écrabouiller ça avec des St-Jacques. Bien à vous cher Monsieur Estèbe, ça fait longtemps que je n'avais pas franchi la porte de votre cuisine.

Écrit par : Marie-France | 19/10/2012

Moui, c'est sûr, ce blog va passer dans mes favoris tout de suite illico subito presto :-)

Écrit par : Jmemêledetout | 20/10/2012

je trouve que c'est trés interessant cet article :)

Écrit par : Click Here | 09/11/2013

A défaut de lotte, j'ai une furieuse envie d'écrabouiller ça avec des St-Jacques. Bien à vous cher Monsieur Estèbe, ça fait longtemps que je n'avais pas franchi la porte de votre cuisine.

Écrit par : steward | 27/12/2013

je trouve que c'est trés interessant cet article

Écrit par : addd | 07/01/2014

Rien qu'à voir et à lire la recette,on a envie de l'avoir dans notre assiette.
Mais j'ai un regret, c'est de n'avoir jamais lu le moindre article sur ce tout grand chef Jackie Le Guennec qui pratique une cuisine dont vous m'en direz des nouvelles! C'est la gastronomie de haut niveau mais à des prix du bas niveau! Ce grand monsieur a été un chef dans les plus grands hôtels au Japon, Chine, Hong Kong etc... où il était responsable de +100 personnes. Il a fini à La Réserve à Genève, mais le stress pour garder les étoiles a fait que ça lui pesait trop et il a donc rendu son tablier. Cependant, comme c'est un vrai artiste, il ne pouvait pas s'arrêter complètement et il travaille maintenant avec sa femme Fabienne au Club House-Restaurant La Gambade à Laconnex. Un tout petit restaurant convivial. A conseiller vivement!

Écrit par : Mariejo Duc-Reynaert | 19/09/2014

Voilà une superbe recette! A accorder à quel vin? du blanc, sans hésitation. Un vin blanc qui se marie aussi bien avec le poisson qu'avec la noisette et surtout avec le côté épicé du wasabi.
Une petite merveille à essayer sans plus tarder! Merci pour cette jolie idée de recette :)

Écrit par : Séjours oenologiques et gastronomiques | 10/12/2014

Miam miam !

Écrit par : François | 13/02/2015

bonsoir

je copicolle:

"un vin blanc...qui se marie aussi bien avec le poisson qu'avec la noisette et surtout avec le côté épicé du wasabi."

permettez-moi de protester!

en accompagnement de cette créalabonipponation,
je m'élève avec véhémence contte le vin blanc!

mes expériences m'amènent à me tourner bien davantage
et surtout mieux vers ... de la bière...
ou encore plus marivaudeur : du saké tiède!

pardon, mais il faut rendre à César ce qui est à César!

et ce sera tout pour le fromage ce soir...

Écrit par : denise park | 13/02/2015

Miammm, miann !

Écrit par : Wellbek | 06/03/2015

Je débarque et j'hallucine. Horrifié par l'engouement de ma fille de 13 ans pour les séries "Chef" sur l'I-pad en mangeant le repas que je me suis efforcé tant bien que mal de concocter, je découvre ici la magie d'un monde et les réponses à mes interrogations.
Je culpabilisais bien un peu en assurant à ceux qui voulaient bien m'écouter que je me satisferais bien d'une ou deux pilules pour couvrir mes besoins énergétiques quotidiens. Le ventre est vraiment l'organe qui m'intéresse le moins et pourtant, quelle place ne prend-il pas ?
Grâce à vous, aujourd'hui, je perçois timidement la possibilité de transformer cet enfer que m'impose la digestion en une jouissance assumée.
J'en crèverai un peu plus vite mais, au moins, j'en aurai joui.
Qui peut dire où se trouve la limite entre raison et passion ? Faut-il durer ou vibrer. Brûler la chandelle par les deux bouts ou optimiser ?

Écrit par : PIerre Jenni | 06/03/2015

Non mais ça va pas le chalet ou quoi?

Attendez, mais vous en êtes où, là?


------- fin de l'introduction cataleptique -----


Voilà, je suis de retour avec une incroyable nouvelle.

Certains cantons de la Confédération Suisse (à lire avec l'accent)
fabriquent des armes de destruction massive.

(voix de Ziegler)

Alors ça c'est dégueulasse, vraiment !


Du calme.
Du calme!

Expliquons:

Il était une fois la bataille de Morgarten.

voyez le plan mitilaire:
http://www.explorateur.ch/galeries/morgarten/photos/carte_bataille_morgarten.jpg

Des gens d'un parti avaient décidé de prendre les parties d'autres gens d'un autre parti.

Tout cela a fini dans un merdier épouvantable.

Mais là où ça devient super-intéressant (toujours avec l'accent de JZ) c'est que les assiégés, quand ils se sont trouvés à court de munitions, ils ont fait quoi?

Eh bien tout simplement ils ont lancé sur les assaillants ce qui leur tombait sous la main?

Et comme ils venaient de faire un super deal avec les gens de Glaris, et qu'ils avaient un stock de Schabziger entreposé dans d'optimales conditions, ils ont fait quoi?

Ils ont lancé les Schabziger sur les ennemis!

Sacrilège, direz-vous!

C'est pas faux.

Moi, le prends le Schabizger de Stöckli (Salut Ruedi, je t'embrasse au passage, je t'aime, I'r gu'ett te 'rini) et je le râpe.

Et je me trouve une belle poire abate.
Ou une passe-crassane.

Bref, une poire.

D'habitude, on entend toujours une chansonnette "entre la poire et le fromage..."

Moi, je les marie. Et même que je les concubine.

Venons au fait, préparons la fête.

Vos poires, vous savez ce que vous pouvez en faire ? Les couper en longueur.
Et avec cet outil magnifique qui permet de tailler des rondelles de melon, eh bien vous enlevez le centre pépineux de votre poire.

Et vous y mettez, en remplacement, cette sublimation olfactive de rapé de schabziger. Délicatement. A la cuillère à café.

Et vous posez vos deux moitiés de votre poire, ainsi farcie, dans une poële un peu graissée.

Le fromage vers le haut.

Une légère tombée de fendant, pour lubrifier.

La flamme au minimum. Comme disait Adèle Davis, "il faut toujours cuire les aliments doucement, sans les brusquer" (ça ne l'a pas empêchée de mourir d'un cancer, mais c'est pas sa faute).

Et vous laisser doucement rissoler, très lentement.

Après... eh bien vous m'en direz des nouvelles.

Bonne soirée!


ps : le schabziger, c'est extra pour obtenir un divorce rapidement. Mangez-en une poignée et roulez un patin à votre futur-ex. Radical.

Écrit par : Denise Park | 24/03/2015

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