08/11/2010

Voilà comment j’ai foiré mon crumble

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Messieurs Mesdames, applaudissez les débuts de Petit Corps Sain, le culino-slammeur qui monte (et qui descend).
En avant-première cosmique, oyons son nouveau titre intitulé Voilà comment j’ai foiré mon crumble.

Envoie le beat, Jacky.
Poum, tchak, poum, tchak...

 

Aux fourneaux, chéri, je suis un genre de phénix
Je tambouille, je mijote, je cocotte, je flamboie
Au feeling, à la louche, sans grammage fixe
Pour l’arithmétique, ne comptez pas sur moi

Il aurait peut-être fallu se montrer plus humble
Voilà comment j’ai foiré mon crumble

L’autre jour, une fulgurance me frappe l’occiput
Un gratin de poireaux au roquefort et noisettes
Avec un crumble salé en guide de huppe
Sitôt rêvé, sitôt fait, je bricole la recette

Le croustillant des Anglais, c’est vraiment la jungle
Voilà comment j’ai foiré mon crumble

Du beurre, de la farine, et au pif comme d’hab’
Crumbéliser des porreaux, un jeu de môme
Hop, hop, Dr Slurp se prend pour un nabab
Il mitonne sans balance ni vade-mecum

Dans la cuisine, la radio passait les Bangles
Voilà comment j’ai raté mon crumble

Le gratin était sec comme Gobi au mois d’août
Le crumble collait comme un vieux chewing
Pire qu’un plat du jour au restoroute
La prochaine fois, je tricoterai un pudding

Il aurait peut-être fallu se montrer plus humble
Voilà comment j’ai foiré mon crumble
Voilà comment j’ai foiré mon crumble
Voilà comment j’ai foiré mon crumble
Voilà comment j’ai foiré mon crumble

Bis repetita placent


PS : Va trouver des rimes en français avec crumble. Sacrée galère, je te jure.

27/10/2010

Quoi, tu ne connais pas le sprunch et le McWedding?

Quoi, tu ne connais pas le sprunch et le McWedding?

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La modernité culinaire nous étonnera toujours. Il faut la suivre. Et elle va vite, la crapule. Sont ainsi apparus ces dernières semaines deux concepts furieusement contemporains, qu’il va bien falloir apprendre à tutoyer sous peine de passer pour le dernier des ringards à moustache et bigoudis. Nul n’en a envie, pour sûr.
Ce sont le sprunch et le McWedding. Oui, Germaine. T’as bien lu dessus ton écran.

Commençons par le premier (boudu, c’est beau ce que j’écris aujourd’hui),  qui n’est autre que la stupéfiante contraction de spa et de brunch. Le brunch étant déjà l’étreinte de lunch et de breakfast. Et le spa le nom d’une bourgade belge où, dit-on, les romains se balnéothérapaient comme des loutres en rut.
Euh… où en étais-je ? Ah oui, le sprunch, que proposent depuis peu quelques établissements urf et in, disséminés dans les capitales occidentales. Il s’agit donc de bruncher en se payant un spa. D’avaler ses œufs brouillés en dégoulinant dans le jacuzzi. De mastiquer son bircher dans un bain à remous plein d’huiles essentielles. C’est exquis. C’est branché. C’est pas donné, bien sûr. L’addition, même qu’elle te sprunche le porte monnaie, paraît-il.

Quant au McWedding, il pourrait un de ces quatre débarquer chez nous. Et on en tremble d’effroi jusqu’en bas dans le boxer. C’est à Hong Kong que ça se passe pour le moment, où une succursale de McDo s’apprête à lancer un service d’épousailles rapides. Oui, des fast noces, arrosées de ketchup, avec Big Mac et barquette de frites congelées en option. Sans oublier Ronald (son sourire gore, sa tignasse débile) dans le rôle de l’abbé. Petits prix, certes, à condition de réunir cent convives minimum. Le McWedding, parfaitement. Pinch me, i’m dreaming.
Mais gare à la nuit de noce. Car mariage vite célébré, mariage vite consommé.
Hi, hi. Trop drôle, la conclusion.

Tchou

30/09/2010

Les tatanes bacon

Bien le bonjour,

 


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L’autre jour qu’on surfait sur la Ternette à la recherche de jolis habits masculins et automnaux, on est tombé sur ces tatanes bacon.
Elles nous ont illico plu.
Car les tatanes bacon, voyez-vous, cela va avec tout; ça fait chic sous un kilt; ça fait choc sous un short.
Ça se porte sans faim, à la maison, au bureau, à l’église.
Les tatanes bacon, elles chaussent l’homme moderne, l’homme gourmand et décontracté, en lui conférant une dosette d’espièglerie charcutière au bout des petons.
Les tatanes bacon, parfaitement.

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21/06/2010

La troublante palourde royale

Bien le bonjour, les coquelettes

 

Aujourd'hui, une vidéo défrisante autant que maritime venue du Québec: la recette de la palourde royale. Y goûter, c'est l'adopter.

 

27/05/2010

Dame Nature est une fieffée cochonne

Bonjour, amis jardiniers


Question. Faut-il interdire l’entrée du potager aux mineurs? Oui, Madame.


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Le potager, c’est Sodome +  Gomorrhe + Babylone + le red light district + le quartier de la gare de Vierzon le dimanche soir.

Le potager, c’est la fin des haricots de la bienséance.

Amen

18/05/2010

La Tâche sur la table d’à côté


Bien le coucou

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L’autre jour, nous déjeunions dans un bistrot avec M’Zelle Sonson et Mister Oliver. Un bistrot fort recommandable, canaille comme on dit, où rillettes et quenelles se font maison, à l’aube, à l’heure où bon nombre de cuistots arpentent les linéaires de plats sous vide dans les supérettes de gros.

Bref, nous allions attaquer un jambon à l’os sauce madère, quand un minuscule machin nous accrocha la face externe droite de la rétine de gauche. Qu’était-ce? Petit coup d’œil panoramique. Rien.  Si ce n’est… ah, oui : une étiquette de vin. Un vin qu’un serveur versait dans une carafe à la table à côté. Et sur l’étiquette, il y avait marqué «La Tâche» 2006. Pour ceux que cette référence laisse de glace, précisons que La Tâche n’est autre que l’un des deux monopoles du Domaine de La Romanée–Conti, Côte de Nuits, Bourgogne, France d’en haut un peu à gauche sur la carte.

Soit l’un des vins les plus prestigieux, rares et chers du monde.
Une légende bachique. Un mythe vinique. Un truc de ouf plein aux as.

Vive-le-loup-de-Tex-Avery.jpgEvidemment, l’apparition nous laissa sans voix. Là, juste à côté, à portée de glotte, scintillait un breuvage d’anthologie que jamais encore nous n’avions ne serait-ce que humé de loin. Une fois nos esprits recouverts, on se renseigna en catimini sur le prix de la chose. Qui s’avéra un peu moins élevé que la moitié de notre salaire mensuel. Saloperie.
Soudain, le trio qui avait commandé la précieuse bouteille se leva comme un seul homme pour aller fumer une clope dehors. Sans avoir bu une goutte de ladite bombe. Emotion.

On hésita à bricoler illico une paille télescopique pour slurper une lampée du nectar des stars sans quitter notre place
On hésita à jaillir, à rafler la carafe, et à s’enfermer presto dans les toilettes pour siffler La Tâche en Suisse, jusqu’à l’intervention de la police et des pompiers.
On hésita à échanger notre pichet de Côte du Rhône contre le flacon royal, ni vu ni connu, paf paf j’t’embrouille, nyark.
On hésita, on hésita. Et les voisins revinrent, papotant business. Sans un regard sur leur investissement, qui rougeoyait sur un coin de la table.

Le café bu, il fallut payer l’addition et déguerpir. On s’exécuta, en pestant contre notre lâcheté. Notre honnêteté. Notre stupide concupiscence.

N’aurions nous pu, simplement, demander aux nantis d’à côté de goûter un demi-verre de leur divin Bourgogne? Cela ne coûtait rien. Et ça aurait pu marcher.

Alors, c’est qui la grosse Tâche?

Tchou !

26/04/2010

Le plus petit cappuccino du monde

Il est vraiment tout petit, le plus petit cappuccino du monde.

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23/07/2009

La terrible histoire du marbré qui flanche

 

Très chers vous,

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Quelques secondes avant le drame.


Dans la lugubre série des mégafoirages, des Berezina en sauce et autre fiasco aux fourneaux, aujourd’hui: le marbré bicolore de tomates aux anchois et olives noires.

Sacré défaite que voilà.

Plantons le décor. Six tomates jaunes et noires mûres autant que joyeuses. Quelques filets d’anchois de noble extraction. Une poignée de chouettes olives grecques. Un bouquet de basilic embaumant. Plus une idée glorieuse: utiliser l’eau de végétation des tomates, additionnée d’un filet de citron et de feuilles de gélatine, pour cimenter un sublime marbré avec tout ce bazar monté en échafaudage. Une terrine vegétalo-marine aux saveurs étagées. Une ode vibrante à la saison chaude, à Dame Nature et Demis Roussos.
Un chef-d’œuvre, en somme.

DSC02251.JPGOn s’est mis au boulot sans oublier de passer en mode autosatisfaction. N’allait-on réaliser un mets prodigieux promis à la postérité cosmique?
Il a fallu blanchir, peler, épépiner, émincer, réfléchir, reréfléchir, louvoyer, chauffer, refroidir, composer, improviser, jurer même parfois. Au bout d’une heure de taf, l’affaire était dans le sac. Ou plutôt le marbré dans sa terrine. Prêt à un repos réfrigéré de 24 heures avant l’extase.

Le lendemain
, donc, pique-nique sur gazon entre potes. Rosé glacé et blagues lestes. Votre attention, SVP. On gonfle le poitrail. On décrit sans modestie la création à la cantonade. Et on démoule, fier comme Bartabas. Avant de trancher. Et là… patatras! Horreur! Niquerie! Crapulade! Le machin s’est effondré sous la lame comme une aubergine blette. Comme une merdouille de bonobo. Comme une tour new-yorkaise un 11 septembre. Désastre.
Bref, on a mangé du coulis de tomates à la petite cuillère.
«Le goût est bon, quand même», a dit quelqu’un, manière de rompre le silence.
Ce «quand même», il a achevé de nous liquéfier l’ego.

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Bonne journée, quand même

15/06/2009

Sucer Bond, James Bond

Bien le bonjour, barbouzes en cornet

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Evidemment, on vous épargnera le torrent de jeux de mots scabreux qui tourbillonne dans notre petit cerveau depuis la découverte de la nouvelle invention de cette chère industrie agroalimentaire. Soit la glace à l’effigie de Bond. James, Bond.
Oui, Madame.
Voilà donc Daniel Graig dans son plus bel état, torse poil et maillot de bain bien ajusté, pectoral saillant et regard minéral, prêt à se faire suçoter par tous les gosiers. C’est la maison Del Monte qui a récemment mis cette douceur glacée en vente sur le marché britannique, sous le nom de «Licence to Chill» (permis de rafraîchir), clin d’œil à l'illustre "Licence to Kill" (permis de tuer). Succès dégoulinant outre-manche.

license_to_chill_popsicle_m.jpgBon, les gens lèchent ce qu’ils veulent. Nous autres, on s’abstiendra de gober ce Bond frigorifié.

C’est que, voyez-vous, l’espion des services secrets britanniques est une de nos idoles de jeunesse. Et voir ce mâle balèze, doublé d’un vrai gentleman, se liquéfier lamentablement au premier rayon de soleil, qui plus est, empalé sur un stupide bâtonnet en bois, cela nous mite l’imaginaire. Trop triste, le dur à cuire qui fond.
Sans compter qu’il suffit d’un coup de dent pour décapiter le héros, chose que les plus tordus tueurs du KGB et autres crapules à la solde des puissances du mal ne sont jamais parvenus à faire en un demi-siècle de sourde lutte. Inimaginable.

Non, non, non, jamais on ne sucera 007.

Notez que si l’industrie venait à commercialiser des glaces épousant la plastique de quelques-unes des James Bond girls historiques (au hasard Ursula Andress, Jacqueline Bisset, Halle Berry ou Tanya Roberts), un jour où il fait très très chaud et qu’il n’y a rien d’autre de drôle à faire, on pourrait éventuellement revenir sur notre décision.

Bien à vous

09/03/2009

Le désastre du cochon shooté à l’ananas


Amis de la science, bien le bonjour

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Ce matin, vénérables lecteurs, fêtons - si vous le voulez bien - un anniversaire.

Le vendredi 14 mars 1969 , le professeur Nicholas Kurti faisait une communication d’ampleur à la Royal Institution de Londres, devant un parterre sévèrement diplômé. Même la BBC était là. Le chercheur allait taper un grand coup, en démontrant la puissance des enzymes de l’ananas, ou bromélines pour les intimes. Lesquelles ont ceci de dingue qu’elles te dégradent les protéines sans faire de prisonnier. Les protéines donc, dont le collagène, responsable de la dureté des viandes. Devant une assistance haletante, Kurti dégaina une seringue et injecta un jus d’ananas fraîchement extrait dans un rôti de porc. Une moitié de la bête seulement fut shootée. Puis il mit la pièce au four. A l’issue d’une cuisson plus brève que nécessaire, la messe était dite. La partie indemne était rose et coriace, l’autre était «parfaitement cuite», les chairs «presque réduites en purée». Applaudissements.
L’expérience est narrée à la page 102 des «Secrets de la casserole» d’Hervé This, éditions Belin, 2006.

Le dimanche 8 mars 2009, quasi trente ans après jour pour jour, le Dr Slurp refit l’expérience. Dr Slurp, qui entretient une vieille passion à la fois pour la viande de porc et les savants britanniques, dut au préalable régler un certain nombre de problèmes.
D’abord, acquérir un joli carré de côte de porc et un gros ananas de Caraïbes. Assez fastoche.
Puis, aller acheter une seringue à la pharmacie.
_ Bonjour Madame, je voudrais une seringue.
_ Quel type de seringue?
_ Euh… Sais pas
_ C’est pour quoi faire?
_ Pour piquer un cochon.

Long regard dubitatif de la pharmacienne. Silence de mort dans le magasin. Honte sur nous.

Ensuite, il fallut extraire le jus de l’ananas. On imagina alors utiliser un vulgaire presse-fruits, quand un être cher nous fit remarquer que l’ananas n’était pas l’orange. Ben oui. On pela donc et découpa le fruit. On en mixa la chair pour obtenir une pulpe super épaisse, qui fut patiemment filtrée, jusqu’à obtention d’un demi-déci de jus clair. Une heure de taf. Merci Kurti.

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DSC01885.JPGEt après? Rigolade. Shooter un carré de porc, c’est top relaxant. Ploutch, ploutch. La bestiole avait été ointe de curry, piment doux et graines de sésame noir. Elle fut donc amplement pikouzée. Puis expédiée au four une petite heure, d’abord à donf, puis tout doux.
Et alors?
Et alors?
Et alors?

Ah, ah. Désastre absolu. Un waterloo gustatif. Un cauchemar fétide. Voilà même sans doute la chose la plus infecte qui soit entrée dans notre pauvre bouche. Le cœur de la viande, attaqué par le fameux enzyme protéinophage, s’était transformé en une pâte ignoble, une bouillie répugnante, une purée puante. C’est que le goût de l’ananas et celui du cochon, s’ils peuvent éventuellement cohabiter agréablement (quoique…) en faisant chambre à part, s’avèrent totalement gerbatoires une fois accouplés.
D’ailleurs, on écrit ces quelques lignes d’une main tremblante sur notre lit d’hôpital. En sanglotant sur le sort de ce superbe carré de porc. Dans la pièce à côté, les médecins discutent avec animation de notre pronostic vital. Visiblement, c’est pas joué d’avance.

Merci Kurti. Merci la science.

Inutile de nous envoyer une corbeille de fruits exotique si par hasard les choses tournaient mal.

Adios!

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Ce machin est dangereux

12/01/2009

Test : découvre le meilleur cordon-bleu du sytème solaire

Bonjour,

C’est pas tout ça. Mais il s’agit déjà de sacrer le (a) meilleur(e) cuisinier (ière) du XXIe siècle.
Pour cela, on a décidé d’éliminer les techniques démocratiques, romantiques, subjectives ou approximatives, pour utiliser l’outil scientifique, le seul capable de nommer, sans émotion ou parti-pris, le (ou la) plus grand cuistot de notre ère.

Quel est donc le phénix des marmites contemporaines selon toi? Hein ?

Fais donc le test ci-dessous, sans regarder les réponses, et tu découvriras l’éclaboussante vérité.

1) Choisis ton chiffre favori de 1 à 9
2) Multiplie ce chiffre par 3
3) Additionne 3 au résultat, et multiplie par 3 à nouveau
4) Le résultat de ce calcul donnera un chiffre de 2 à 3 positions
5) Additionne ces chiffres (exemple: 64 donnerait 10)
6) C'est ce résultat qui te donnera le nom du plus grand cordon-bleu du système solaire…

 

Allez, au boulot

Interlude zen

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Et voilà:


1 Thierry Marx (attacks)
2 Alain Ducasse (noisettes)
3 Cyril Lignac (gnac gnac)
4 Anne-Sophie Pic (à glace)
5 Ferran Adrià (tique)
6 Frédy Girardet (à coudre)
7 Hélène Darroze (bonbon)
8 Maïté (à la menthe)
9 Estèbe (Mèzigue 1er, quoi)
10 Jamie Oliver (de terre)

Hou. surprise. Ne discute pas. C’est arithmétique.

Et toc!

Adios

PS. Tu doutais encore qu'on peut faire raconter n'importe quoi aux chiffres?

02/01/2009

Petites bulles, meilleurs voeux et bonnes résolutions

2009, salud!

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Qu'elles sont gracieuses ces petites bulles qui dansent à la surface du verre. Qu'elles sont agiles, fraîches et drôles. Observons-les quelques secondes en rêvassant. Et quand le cachet d'Alka Setzer consent enfin à disparaitre, glouglou cul-sec.
Et hop, retour au dodo. Le premier janvier, c'est comme ça.

C'est aussi le moment des bonnes résolutions. En voilà, et une armada. Cette année, sur ce blog, il y aura:

- Des rillettes folles et des terrines de la mort

- De l'aventure, de l'érotisme soft et du piment d'Espelette

- Des petits plats spirituels et de grands vins à prix copain

- Des débats avec de vrais problèmes d'aujourd'hui dedans (le petit salé rend-il sourd?)

- Des prises de position éthiques autant qu'hardies (oui à l'andouillette d'élevage!)

- Des gags subtils, des sardines et des merguez

- Une poularde en maillot de bain (peut-être)

- Des catcheurs slaves oints d'huile d'olive

Et plein d'autres choses encore.

C'est gratuit. C'est top slurp.

Bonne grosse année zéro n'oeuf, les gens

Smaaaaacks du patron

21/11/2008

Le millefeuille au boudin: histoire d’un désastre canaillou-chic

Salut, les canailles

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Il existe une tendance exquise dans la cuisine d’aujourd’hui que l’on a librement baptisé «le canaillou-chic» Rien à voir avec l’insipide porno chic de la pub. Hou non!
Le canaillou-chic, voyez-vous, consiste à intégrer des mets dits canailles, roots et populaires, dans des plats contemporains sévèrement lookés, voire résolument fusionnés.
Le sushi d’andouille de Guéméné aux salicornes, par exemple, c’est canaillou-chic. Le tablier de sapeur en espuma quadrichromique, c’est aussi canaillou-chic. Tout comme le cristal d’oreille de cochon à la fève tonka ou les macarons de ris de veau aux épices polaires.

Estèbe ironise, pensez-vous. Pas vraiment. Parce que c’est rigolo, le canaillou-chic.

D’ailleurs, l’autre jour, on a subitement décidé de rejoindre le club très fermé des créateurs canaillou-chics, avec une inspiration foudroyante et, osons-le, sublime. Soit le millefeuille de boudin au ketchup de coing. Ça vous la cloue, non?
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L’un de nos cavistes chéri était attendu pour le déjeuner. On est passé en cuisine pour réaliser cette recette prodigieuse, bien décidé à épater notre hôte.

On a fait sécher des fines tranches de pomme paprikées une grosse heure au four à basse température.
On a mitonné un chutney de coing pimenté et acidulé, avec des graines de fenouil dedans
On a dépiauté le boudin, avant de le trancher en tronçons dodus et de le faire dorer à la poêle.
Après ça, on a monté nos millefeuilles, prodigieux échafaudages canaillou-chics, fruits d’une imagination mirobolante et d’un brio culinaire rare.
Humanité gourmande, retiens ton souffle, Dr Slurp va te galvaniser la papille!
Ben, c’était nul.
Sec, etouffe-bougre, idiot et vain.
Même les photos étaient nazes.
F.B.I., comme dit la génération montante.
Et paf, dans l’ego.

Snif!

25/09/2008

Le lexique de cuisine à la mode Slurp

Bonjour,

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Le vocabulaire francophone de cuisine se la pète grave. Bourré de termes précieux et pointus qu’il est, ce lexique-là embrouille en effet quiconque n’a pas été initié. Ce qui est vache. Tenez, par exemple, certaines recettes recommandent de marquer une viande. Marquer??? Lui tatouer au fer rouge le logo du ranch sur la fesse gauche? D’autres nous intiment d’exprimer un jus de citron. Exprimer??? Le brailler à voix haute?
Imbitable, vous dis-je.
Bref, pour vous lecteurs adulés, que tout ce jargon désarçonne devant les fourneaux, le Dr Slurp vous explique tout, clairement et aimablement.
En voiture, (Afric) Simone.

Abaisser. Dire des choses désagréables à une bonne pâte devant tout le monde, juqu’à l’humilier. Cruel.
Barder. Présenter un plat au barde de la tribu. Panoramix, par exemple.
Blondir. Teindre les cheveux d’un oignon qui grisonne.
Blanchir. Expédier une recette aux îles Caïmans pour échapper au fisc.
Chemiser. Vêtir un ingrédient d’humeur naturiste.
Chinois (passer au). Se rendre dans un resto asiatique plutôt que de cuisiner soi-même.
Cul-de-poule. Expression de visage commune chez les cuisiniers mondains.
Brider (une volaille). Mater une poule qui n’en fait qu’à sa tête.
Ecosser. Passer un kilt aux petits pois.
Etamine. Qu’est ce qu’elle a, ma mine?
Filmer. Immortaliser une recette avec son caméscope.
Foncer une terrine. La repeindre au brou de noix (voir blondir).
Fouetter. Réaliser une recette qui ne sent pas bon du tout.
Lever (des filets). Les brandir stupidement dans les airs.
Lustrer. Accrocher un plat au lustre (désuet)
Mijoter. Joter, mais qu'à moitié.
Monder. Amener une tomate autour de la planète.
Pincer. Saisir très fort la chair d’une viande entre le pouce et l’index, jusqu’à ce qu’elle dise ouille.
Pocher. Cacher un plat raté dans sa poche.
Sauter (faire sauter). Demander à un mets de faire un bond, gracieux ou pas.
Suer (faire suer). Ennuyer profondément l’aliment qu’on cuisine.
Singer. Imiter bêtement l’animal qui est au four.
Salpicon: Non, mais?!!
Tamiser. Plonger un aliment dans la Tamise (terme anglo-saxon).
Tamponner. Terme utiliser uniquement pour la préparation du coquillard.
Turbiner. Brasser inutilement de l’air dans sa cuisine et dans son blog.

Ne me remerciez pas

Tchou

22/09/2008

Le départ du pape de la psyche-soul et le gratin au lait maternel

Coucou


Deux nouvelles sans nul rapport entre elles aujourd’hui. Une triste, une con. Car sur Top Slurp, on balance sans souci de cohérence.

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Primo, on vient d’apprendre la mort de Norman Whitfield, décès qui n’a visiblement pas fait transpirer les gazettes.
Pourtant, il s’agit là d’un gaillard majeur dans l’histoire de la musique populaire du dernier demi-siècle. Majeur mais dans l’ombre. Compositeur et producteur pour Tamla Motown durant les années 60 et 70, Norman nous a pondu des joyaux immortels comme I Heard It Through the Grapevine, Ain't Too Proud to Beg ou le mirobolant War d’Edwin Starr.

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On lui doit aussi le virage psychédélique de la musique noire à l’aube des années 70, avec des productions follement inventives, baroques et luxuriantes, pour les Temptations principalement, mais aussi par le sous- estimé The Undisputed Truth. Il faut urgemment se replonger dans ces disques aujourd’hui. Pas une ride. De la ferveur. De la moiteur. De l’épaisseur. Des violons qui cascadent. Des rythmes qui hypnotisent. Des vocaux qui ravigotent. Tout ça, quoi.
Discographie sélective contre enveloppe timbrée et petit poutou.
 

Papa was a rolling stone, my son.
Wherever he laid his hat was his home.
(And when he died) All he left us was ALONE


 

Bye Norman


 

Rien à voir, on l’a dit, mais un cuisinier suisse (Hans Locher du restaurant Storchen à Winterthour pour ne pas le citer) a eu une idée pétaradante pour faire causer de lui: cuisiner de bons petits plats avec… du lait maternel. Humain, donc, le lait. Le chef paye 6 francs suisses pour 400 grammes de lait aux mamans donneuses. Faut donc pas espérer devenir riche en contribuant à ce projet culinaire d’envergure. Le hic, c’est que la législation ne dit rien pour l’heure à propos de cet usage du lolo des dames. Et qu’il n’est pas sûr qu’elle trouvera ça si cool.
Nous, en tout cas, on trouve l’idée vaguement glauque, sans qu’on puisse vraiment l’expliquer. Une crème brûlée avec le lait de Ginette, ben, ça coince.


Bien à vous, les choux