18/03/2007

Et hop, une nouvelle bière du terroir!

Hips,

On dirait bien qu'une partie du génie helvète se concentre sur l'élaboration de grandes bières. Après les divines Murailles, voilà une nouvelle brasserie artisanale autant qu'exigeante - celle du Dérochet à Epalinges, à un jet de houblon de Lausanne - dont l'aîné des trois boss n'affiche que 23 petits printemps. Ils sont frais mes brasseurs! On a goûté une Tempête blonde, corsée et parfumé de chouettes notes genre bonbon anglais, dont le caractère explosif - ça titre à 8° quand même - promet de beaux rôles à table plutôt qu'à l'apéro.
C'était juste un petit tuyau. Un tuyau avec des bulles dedans.

Tchou, les gens

Un nouveau copain chez les épices

Hello,

Deux mots pour vous présenter un nouveau copain, rencontré par hasard au rayon épices de la boutique japonaise Uchitomi. Le nouveau copain, il s'appelle House Yuzuiri Shichimi (bonjour le blaze!) et réunit piment, sésame noir, poivre japonais, écorce d'orange, cédrat, algues vertes et pavot. Le nouveau copain - qu'est du genre picotant, fruité et tonique - il vous fait swinguer un thon mi-cuit; il vous réveille un saumon fumé trop pépère; il vous taquine des petits légumes qui ronchonnent au fond du wok. Trop cool, le nouveau copain.
Adieu
PS: Pas de gourance: le nouveau copain, ce n'est pas le vieux sage à barbe blanche, lui ne faisait que passer par là, mais bien le flacon d'épices juste à côté.

Petites graines anisées pour sauces aériennes

Salut,

 

C'est dame Kiki, marchande d'épices du monde entier, qui nous a filé le tuyau. Ou plutôt livrer le secret. Les graines de fenouil font décoller la sauce tomate. Parfaitement. Tout en la rendant digeste pour les boyaux délicats. Cette histoire de décollage nous ayant titillé l'imaginaire, on a acquis un sachet desdites graines. Et on s'est lancé presto dans une purée de tomate au basilic toute simplette. Résultat nickel. Rebelote deux jours plus tard avec une sauce de coeurs de boeuf et poivrons rouges, au romarin, olives vertes et lanières de jambon cru. Renickel. Les graines de fenouil vous embaument la mixture d'un coquin parfum anisé, frais et spirituel, sans masquer les autres saveurs. Trop fort. Du coup, on s'est mis à rêvasser à de nouveaux emplois pour ces graines magiques. Desserts? Salades? Poissons? Volailles? On fait des essais. Et on en recause. 

Bye, bye 

PS. Mais, me direz-vous, que vient faire le pingouin dans cette histoire? Ben, rien. Il passait juste par là.

Ruses de canicule (5): la limonade qui rend Morteau

Jour'

limo.jpg

Malgré la notoire et dévorante oenolophilie de mèzigue, on s'est récemment retrouvé à engloutir des litres de limonade. Si, si, si. Tout ça à cause d'une caviste de Caussade (Tarn et Garonne, France-d'en-bas-qui-s'éclate), qui a la bonne idée de distribuer la Mortuacienne (de Morteau donc, Doubs, France-de-l'est-qui-rit). Un soda préhistorique - la maison date des années 20 -, à faible teneur en sucre, sans cochonneries chimiques, mais bourré de millions de petite bulles lutines, qui vous arrachent un sanglot de bonheur tout en écarquillant vos orteils de fraîcheur. Voilà une limonade comme avant, sauvage, sobre et sublime, qui nous expédie, nous autres quadras assoiffés, dans la cour de récré, avec un paquet de billes dans la main droite et les doigts de la gauche dans le nez. Regressif autant que désaltérant.  

Tralalalère

PS: La limonade au citron est moyen slurp, celle au pamplemousse est slurp et la nature top slurp.

Le poivre diabolique de Tasmanie

Hi,

C'est une baie des Antipodes découverte il y a peu au resto, où elle était infusée dans une petite crème bleutée et ébouriffante arrosant avec majesté un bar de ligne.

 Lady & gentlemen, voilà donc le poivre de Tasmani qui, une fois croqué, emplit gentiment votre goulette d'exquis parfums de cassis, de clou de girofle et le genièvre. Au début, ça rigole. Puis le Tasmanien commence à chauffer, à chauffer, à chauffer. Et vous voilà avec la papille embrasée d'un beau feu net et acidulé. Après quelques minutes, le brasier s'éteint, en laissant la glotte toute fraîche, toute fruitée. Magique. Ce poivre-là est mou. Pas de moulin donc. Mieux vaut l'infuser. Ou le hacher menu. Avec quel plat? A vue de nez, poissons et viandes blanches devraient lui aller au teint. On fait des essais et on vous recause de ce diable en grain.

Papouilles à l'oeil

PS1. Le poivre de Tasmanie, un fois sa baie coupée en deux, colore en un beau violet le jus où il barbote. C'est chouette, va sans dire.

PS2. On peut l'acheter là.

16/03/2007

Epice and love

Yo,

 

 

Je ne sais pas vous, mais quand mézigue découvre une nouvelle épice, il en met partout. Ce qui peut être agaçant pour l'entourage. Voilà ce qui est arrivé avec l'afriolant poivre japonais, ou sansho, qui n'a de poivre que le nom vu qu'il provient des cosses séchées et broyées d'un frêne épineux.
Et elle est comment cette poudre-là? Ben, acidulée façon citronnelle, puissante, gaie, fruitée, tonique, picotante en fin de bouche, atchement parfumée, un brin entêtante même, et tout ça quoi. C'est la copine des légumes grillés, des mets au wok, des poissons, des gambas poêlées, des marinades asiatiques ou des brochettes de poulet. Et de la famille Slurp, bien sûr.

 

Aimables papouilles

PS. Au bord du Léman, la poudre magique, on peut l'acheter là  .

Baston chromatique autour de l'asperge

Amis débatteurs, bonjour,

 

 

Avec le retour des asperges, rejaillit la distrayante bisbille entre les fans des blanches et les fans des vertes. Voilà un vrai débat métaphysique, avec de solides arguments de part et d'autre. Au hasard, le croquant de la verte, qui se gobe de la tête au pied, sans épluchage préalable. Ou la subtilité gustative de la blanche, qui offre une douce amertume à celui qui l'engloutit.
Certains esprits rêveurs et pacifiques, mézigue par exemple, aiment les deux. Et l'on sait le sort réservés aux neutres en temps de guerre. Le mépris dans le meilleur des cas. Ou la potence dans chaque camp. Couic!

Et vous qu'en pensez-vous?

A vos plumes

PS1: L'autre débat, c'est le glouglou. L'asperge a la fâcheuse manie de flinguer les vins qui l'accompagnent. Au point que l'on connaît des oenophiles qui se sont résolus à boire de l'eau. Carrément, oui, de l'eau. Snif!
PS2: On peut étendre le débat aux sauvages, slurpiques itou, et aux violettes. Va y avoir du sport.

Un bleu chez les bleus

Youps, les gens

 

DSC00495.JPGL'autre jour, le fromager nous lance, comme ça, tout de go: "Essaie-moi voir cette nouveauté". Le genre de phrase qu'on imaginerait de la part d'un vendeur de cédé. Mais bon. Curieux de nature et anglophile, on lui a rétorqué: O.K., let's go. 
Ladite nouveauté, c'était le Bleu de Grangeneuve, du nom de l'école fromagère de Fribourg. Laquelle qui a mis au point ce bleu de vache, avec de la vraie moisissure importée de Roquefort. Trop fort. Au look un brin caoutchouteux, on s'est d'abord imaginé une photocopie du bleu de Gex. Ben non. Car le coeur du Fribourgeois se montre tendre à pleurer, moelleux comme un dub jamaïcain des années 70, avec un goût fier et impérieux, qui monte, qui monte, qui monte. Et qui s'arrête juste quand il faut. Avant la piqûre fatale. Avant le coup de grisou. Avant l'amoniaquerie de la glotte. Equilibre prodigieux, qui nous a fait verser une larme sur le génie humain et ces gros pis exquis peuplant les pâturages alpins.

Amen!

PS: Mais que boire avec ce fromage prodigieux? Ben, un vin prodigieux: une Malvoisie Grain Noble de Maurice Zufferey, pardi! 
PS2: Pour la recette d'hier, c'était... euh... un gag. Etourdi, on a dû confondre le 3 mai et le 1er avril.

Voguent les petits mousserons

Salut les cop's de la St-Georges

 

Champi.jpgCe sont de petits champignons mignons que les champignonneurs aiment bien. Car dans le près ou le sous-bois printanier, quand on en trouve un, on en trouve trente autour. Ce qui est toujours satisfaisant. Voilà donc deux bonnes poignées de mousserons de la Saint-Georges, offerts gracieusement par Nelly, partie traquer la morille et tombée sur un aréopage de petits chapeaux blancs au détour d'un pâturage vaudois.

Bon, il n'a pas la saveur de l'enfer, ce champi-là. Serait plutôt délicat, comme on dit des choses au goût menu menu. L'intérêt? Il reste ferme, bien croquant, en offrant une subtile amertume à nos papillettes. Les aïeules le cuisent en deux fois: primo à l'huile pour virer l'eau. Deuzio, au beurre pour le faire dorer. Nous, on a fait ça d'un coup, d'un seul. On a mis une noisette de beurre dans une poêle, avec un peu d'ail et de gingembre hachés. Après un moment, on a ajouté les mousserons, à feu pépère. On a couvert. Puis salé, poivré et relevé d'une modeste tombée d'origan au dernier moment. Il faut balancer l'eau, évidemment, puis servir, comme ça, sans chichi.
C'est ferme, croquant même, et, disons... top délicat.

Bizzzzzzz 

PS: A guigner sur le blog d'Olif, un dossier - que dis-je, une fresque -, sur la chasse aux morilles en pampa jurassienne. Avec une vraie séquence de thriller dedans. Drôle autant que passionnant. 

Extases vacherines

Fromangeurs, bonjour

vachi.jpgCrétin banané qu’on était!! Ignare, obscurci, bouchonné!!! Pensez, on croyait que le vacherin fribourgeois (ne confondons pas avec le Mont d'Or, c'est une autre pâte), c’était toujours le bout de plastique pasteurisé et décroûté que l’on trouve en supérette. Tout autour de nous, l’humanité gourmande tutoyait - dans notre dos, la vache - le vrai vacherin d’alpage au lait cru, né en été sur les gais et verdoyants contreforts alpins, si onctueux, si sexy, si racé, à la fleur affolante et aux mille parfums exquis. Et nous, on en savait que pouic. D’où le choc l’autre jour chez Bruand, fromager fouineur et avisé, à la rencontre du dit prodige. Depuis, on ne le quitte plus. Attention. Le vacherin d’alpage trop frais peut cacher un cœur plâtreux. Trop fait, il peut agacer les jabots frileux. A point, c’est du total slurpisme. Une fondue rien qu’avec ça? On y plongerait dedans. Et sans maillot. Ni bouée. Question: le vieux vacherin d’alpage serait-il le meilleur fromage suisse du monde? Ben, ç’a m’en a tout l’air. J'attends vos bafouilles.

Mes (FR)hommages