31/03/2007

Le destin terrible de l'aligoté, si fin, si beau, si racé

Zour,

Naguère, il régnait pépère sur la Bourgogne. Puis vint un bulldozer odoriférant nommé chardonay, qui le repoussa dans des zones toujours moins propices. Aujourd'hui, il végète, relégué jus de troisième catégorie, juste bon à arroser le kir. Lui, c'est l'aligoté, cépage blanc et fin, dont la subtile modestie n'aura pas résisté à l'exubérance, putassière parfois, de l'omnipotent chardo. Voilà pourtant un plant palpitant qui, chez les vignerons soucieux, donne des vins tendus, digestes et délicatement parfumés. Des vins d'apéritif, oui, dans le sens le plus noble du terme. Ben oui, quoi de plus beau que l'apéro?

Quasi éjecté de chez lui donc (à part dans le village de Bouzeron, où l'autochtone a compris sa grandeur), l'aligoté a trouvé refuge ça et là, en Roumanie, en Bulgarie, dans la Drôme. Et à Genève aussi. Ici, certains le courtisent avec intelligence, comme Laurent Villars à Anières ou les Mermoud et les Dupraz à Lully.

 

Dans le Chablis, il fait un peu de résistance aussi. Tiens, il faut se plonger presto dans le bel Aligoté naturel d'Alice et Olivier de Moor dans l'Yonne, issu de vignes centenaires, qui sniffe discrètement le pain d'épice, la fougère et la pomme verte. La bouche, pleine et souple, s'orchestre sur une acidité magistrale, qui propulse le vin vers une finale à l'élégante amertume pamplemoussée. C'est un vin au fruité très vivant et à la fraîcheur décoiffante, qui paraitra zarbi aux lapeurs de jus de chêne d'outre mer. Laissez-les laper. Et gloire à l'aligoté, si bon, si fin, si vrai. 

Frères et soeurs, à tout à l'heure  

PS: C'est aujourd'hui qu'est lancée la très attendue collection printemps-été de Top Slurp. Laquelle se résume pour l'heure à un unique tee-shirt - très gai, très in - et à un seul taupe-modèle: mèzigue. La Moss, la Campbell et la Choufleur étaient occupées.

 

19/03/2007

Hommage à notre caviste adoré

Yeap,

 

 

 

 

On l'a rencontré il y a 16 ans. Et on ne l'a jamais plus quitté. A part quelques infidélités de ci, de là, bien sûr. Faut bien aller boire ailleurs. Mais on y retournait toujours, la truffe à terre et le gosier pentu.
L'objet de cette dévotion, ben, c'est notre caviste, le Cave SA à Gland (oui Gland, j'en vois d'ici qui ricanent), dont l'étendue de la gamme et la justesse des choix nous arrachent encore et toujours des sanglots de reconnaissance. Jamais une bouteille sortie de ce catalogue-là n'a fini dans l'évier ou dans la sauce. Excellente toujours, mirobolante souvent, cette sélection mériterait la médaille du bon goût. Et celle du flair prospectif aussi. Car bien des stars actuelles du vignoble européen ont été repérés là avant que leurs noms s'affichent dans les gazettes et les cartes de bistrots in. Des héros de l'Hérault aux phénix du Piémont, via les cadors de Loire, du Jura, de la Bourgogne ou du Valais. Des noms? Dugat Py, Olivier Jullien, Ostertag, Deiss, Alquier, Marlène Soria, Puffeney, Marco Parusso, Bruno Rocca, Perrot-Minot, Philippe Forreau, Joguet et on en passe et même des Girondins.

Bref, tout ça pour dire qu'on s'est slurpé récemment quelques nouvelles trouvailles du Cave SA à prix riquiqui. Des "petits" vins du sud de la France. Nickel, comme d'hab. Harmonieux, digestes, précis, sans lourdeur, boisé intempestif ni fumet suspect.
Une Syrah du Mas des Aveylans dans le Gard, une petite bombe épicée, tout en intensité et en définition.
Un Costières de Nimes, les Grimaudes de Marc Kreydenweiss, dont la sveltesse et le naturel font que la bouteille atteint le ground zero à peine le tire-bouchon posé sur la table (quasi véridique).
Un Côte du Ventoux du Domaine Martinelle, juteux, plein et gourmand en diable.
Les Intillières de La Jasse Castel, un fitou pulpeux et élancé, avec un zeste de belle sauvagerie.
Et un Espagnol aussi, de la Ribera del Duero chez Pago de los Capellanes, épicé, corsé mais pas vulgos pour un sou. 

Tout ça pour une dizaine de francs la bouteille, soit moins de huit euros. Comprenez qu'on l'aime notre caviste. Remarquez y'en a d'autres qu'on aime aussi, celui-là et celui-ci, par exemple. On chantera leurs louanges une autre fois.

Fin de la page de publicité. Fin de la déclaration d'amour aussi.

Aimables papouilles

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Petites bulles et orgasme global

Coucou 

Peut-être savez-vous déjà que demain, 22 décembre, sera la première Journée mondiale de l'orgasme. Si, si, si. Il s'agit donc de forniquer avec sa (son, ses) partenaire(s), ou de mener sa petite affaire solo, et , au moment suprême, d'avoir une pensée pour la paix dans le monde. Lancée par des militants pacifistes, cette initiative part du principe que l'humanité jouissante à l'unisson pourrait provoquer un choc tellurique susceptible d'ébranler les autorités en guerre. Traduisez que si tous les garçons et les filles du monde se tenaient la zizette (zizette, nom féminin, désignant à la fois l'appareil féminin et masculin), les choses iraient atchement mieux.

 

 

 

 

Joli projet, un brin baba-cool, mais joli quand même. Seul problème: la date. Qui est mal choisie. Car pour une bonne partie des terriens, impossible - à deux jours de Noël - de se concentrer sur autre chose que le menu du réveillon. Et l'image d'une farce de dinde ne s'avère pas forcément propice aux transports voluptueux. Quoique...
Bref, hier on a justement poussé la porte d'un nouveau et impeccable caviste genevois (le retour aux affaire du docte et amical Emmanuel Heydens, qui a eu la bonne idée de s'installer à deux rues de chez nous), pour se retrouverez nez à nez avec le Mauzac effervescent des Plageoles du Domaine des Tres Cantous. Sacré vin de fête, ça. Avec un nez de noisettes et pommes rainettes; une bouche légère et croquante; tout plein de petites bulles spirituelles et une larme sucrée de bon aloi. Un naturel confondant. Et pas cher avec ça. Bon, on n'est pas dans la grande Champagne urf, d'accord, mais dans le club des mousseux naturels, élaborés avec des techniques saines et roots. Pourtant ce vin-là peut avoir son rôle à jouer au dessert du réveillon. Voire demain, juste après votre contribution au rââh lovely global.

Et si on ne se revoit pas, joyeux Noël, chers tous

PS: Le caviste suscité, c'est "Le Passeur de Vin", au fond d'une cour 24 bis rue de Zurich à Genève, ouvert les mercredi et samedi. Epatant choix de vins naturels venus des quatre coins de France, Suisse et Espagne. Accueil radieux. (0041) 22 994 20 20.

PS2: Oups, on allait oublier le dicton du jour. Le voilà: Noël au balcon, Pâques au Rabanne.

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L'Ambre et le bleu, un couple inouï sous le sapin

Bonsoir,

Ben nous y voilà. Va falloir passer en mode estomac. Distribuer des smacks et des voeux. Rien de terrible. Mais l'esprit rebelle renâcle parfois devant la chronologie archiritualisée qui s'annonce. Car ya peu ou pas de place pour la fantaisie dans le calendrier cadenassé des fêtes. Cadeaux, foie gras, chapon, bisous, digestion, recadeaux, etc.

Mais soyons fous. Soyons séditieux. Et un de ces jours, sur les coups de cinq heures de l'aprème, offrons-nous un goûter hédoniconoclaste. Goûter simplement composé d'un roquefort anthologique et d'un liquoreux mirobolant. L'occasion d'échapper pour quelques minutes sublimes au bulldozer de la tradition judéo-cucul. Nyark.

A ma droite, le roquefort d'Yves Combes, l'un des rares producteurs de bleu aveyronnais indépendant (oui, son Vieux Berger ne fait pas partie du consortium Société-Papillon). Roquefort d'un moelleux, d'une subtilité, d'une fleur, d'une longueur en bouche à vous embuer les mirettes d'une joie purement animale. A Genève, c'est notre fromager fétiche qui cache ça dans un coin de son étal.

 

 

A ma gauche, l'Ambre 2001, que le passionnant vigneron valaisan Christophe Abbet vient juste de mettre en bouteille. Un vin doux issu de marsanne et petite arvine flétries sur souche, puis élevées quatre ans en fûts neufs. Voilà un vin magique (déjà loué par l'Olif et le Colibri), qui nous cause joliment tabac blond et miel, coing et bergamote, le tout souligné de délicates notes oxydatives, safranées et pétroleuses. Un bouquet en feu d'artifice, dont on retrouve toute la superbe en bouche. Avec ses accents de confiture d'orange, la liqueur se montre onctueuse et enveloppante, rafraîchie d'une acidité aérienne, qui fait tintinnabuler la finale d'immenses secondes une fois la dernière goutte bue. Vin OVNI. Classe inouïe. Nectar béni. Mais pas oui-oui. 

Inutile de dire que l'Ambre et le bleu s'entendent comme larrons en foire. On se tartine le second sur du pain de campagne un rien grillé, on se sert le premier dans un beau verre de cristal acheté à crédit. Et youplaboum!
Voilà. C'était notre bon plan casse-croûte des fêtes.

A bientôt

PS: Christophe Abbet, 18 rue du Bourg, Martigny. (0041) (0)79 287 97 33

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18/03/2007

Balade slurpique dans les Parcelles

Hi! 

 

Laurent Villard est un adorable vigneron d'Anières, canton de Genève, nord des Alpes, Suisse. Un vigneron sans vignes. Entendez qu'il achète le raisin qu'il vinifie. A l'enseigne des Parcelles, sa gamme demeure, année après année, un exemple de précision, simple et charmeuse, à des tarifs d'une amabilité confondante. L'autre jour, on est allé goûter le millésime 2005. Qui est bien mûr mais vif. Voilà quelques bouteilles qui nous ont tapées dans le gosier.

Convergence est un assemblage blanc (chasselas pour un tiers, charmont-doral, plus un zeste de pinots blanc et gris) qui est devenu une évidence genevoise. Joliment aromatique, le 2005 fleure le tiileul et les agrumes, avec un zeste de minéralité bienvenue. Ya du gras, une pointe de carbonique, une amertume fugitive et une acidité rafraîchissante. Chouette apéro, il peut jouer sa partition à table. Surtout, voilà le meilleur qualité/prix du cosmos: 7, 50 fr. Soit cinq petits euros. Banzaï!

L'Aligoté de Villard s'est profilé depuis des années comme l'un des plus purs de la place. Nez délicat de fruits rouges, là encore joliment minéral. Bouche pleine, zébrée d'un swing vivifiant. Finale droite dans ses bottes. Carton plein.

L'altesse est une nouveauté. Ce cépage savoyard autant que sous-estimé retrouve quelques adeptes ça et là au bord du Léman (cf le "A" de Cruchon). Bingo pour Villard! Il signe là sa plus belle cuvée du millésime. Sniffette complexe, où tournicotent mangue, figues, agrumes et notes mentholées. Bouche sculpturale, limpide, riche et tendue, traversée par une fraîcheur éclatante. En plus, c'est long. Et donné. Morbleu! Bougez-vous le joufflu, y'en aura pas pour tout le monde.

Le blanc de noir demeure un rosé cool en diable, moins fruité peut-être que d'hab', mais bien vineux et parfumé, qui fera des ravages quand le mercure consentira à grimper.

Le gamay, s'il ne régate pas avec le slurpissime 2003, reste un jus très estimable, avec un bouquet de framboise et d'épices; et une chouette matière, souple et pleine, marquée de notes fumées et de fruits murs. Un brin fermé encore, il devrait rigoler dans les mois à venir. Et comme, ce gamay-là titre à 11°5, on peut s'en slurper tout plein. Et ça, c'est bien.

Merci Laurent, à vous la Terre

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Un Solstice de fruit à se slurper toute l'année

 

Mes hommages, chers gastronomes connectés

 

 

 

L'autre jour, l'intrépide Scoopette débarque à la maison avec un petit panier en osier. Oui, comme le Chaperon Rouge. Seulement, le panier du Chaperon Rouge n'a jamais contenu une bouteille de vin jurassien slurpissime. Celui de Scoopette, oui. Le vin jurassien, c'était la cuvée Solstice 2004 du Domaine de la Tournelle. Un savagnin récolté à la mi-novembre, flétri sur souche donc, pourtant sans sucre ni reproche. Puis élevé en fût ouillé. Et alors? Ben alors, un pif anthologique, pacsant la gourmandise du coing, l'exotisme des épices douces et la fraîcheur de la pomme reinette. Une bouche à l'attaque suave (mais pas molle), à la chair capiteuse (mais pas lourde) et au fruité voluptueux (mais pas racoleur); le tout traversé d'un gai swing acidulé. Caramba! Et elle se boit quand, cette merveilleuse OVNI? "Tout le temps, en apéro, en mangeant, au dessert", a affirmé Scoopette, en faisant tournoyer son verre avec la dexterité des vrais sages.
Ja wohl, liebe fraülein: glouglouglou.

 

PS1: Au fait, ce vin-là doit impérativement s'engloutir en écoutant le dernier autant que brillant album de Jurassic 5, meilleur groupe de hip-hop de Californie, d'Amérique, voire du système solaire. Oui, madame.

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La valse des étiquettes rigolotes

Zour,

 

 

 

 

Avant les étiquettes de vins, c'était pas glop du tout. On y voyait un château stylisé, trois quatre infos réglementaires, plus le nom de la cuvée (en général emprunté à la progéniture des producteurs) calligraphié à l'ancienne. Total ennui. Pour draguer la jeunesse et les marchés émergents (si c'est pas bien dit), il a bien fallu dépoussiérer tout ça. D'où une nouvelle vague de pinards baptisés avec fantaisie et empaquetés avec drôlerie. Voilà donc des flacons punkasses, joyeusement discriminants, coquins (Cf L'un dans l'autre d'Abbet) ou fatalistes (Jour de soif de Gauthier). Ben, à ce rayon-là, il faut ajouter les productions politico-rigolardes d'une boîte de négoce "nature" du Maconnais, L'Ancestra, dont on s'est slurpé deux exemplaires ya peu.

 

Le beaujolais blanc "Attention: vin vivant" a une robe toute trouble, genre souillonne revenant d'une rave dans la boue. C'est un chardo souple et aimable, gentiment nature, avec une petite amertume en finale. Pas de quoi se suspendre pas aux rideaux en chantant La Carmagnole en braille, mais pourquoi pas d'arroser une tomme de chèvre dans la bonne humeur. 

L'Antithèse "Vin voilé pour terroiristes" est un mâcon village oublié sept ans en tonneau et voilé à la jurassienne. Il sent bon la cire, le miel, la tarte tatin, et offre une bouche ronde autant que gourmande, qui ne chasse en rien sur les terres des grands savagnins voisins, mais peut guider des jabots non initiés vers le monde merveilleux des breuvages oxydatifs. On a récemment vu deux filles s'en siffler une bouteille à la vitesse d'un TGV lancé. Vroooooum.

A bientôt. Et vivement bientôt.

14:30 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Les pifs qui rient (3): la revanche du bourboulenc

Yaou!

Des vins au charme immédiat et aux tarifs amènes pour une fin d'été jouasse.

On le pensait abonné aux seconds rôles, aux fins de cuve et vignes de plaines inondables. Scoop: le bourboulenc, cépage blanc méridional vieux comme Mathusalem, peut avoir son nom en haut de l'affiche. Le Domaine de Simonet  - Côtes de Pérignan, à côté de la Clape, dans l'Aude - réalise ainsi une cuvée à sa gloire. Laquelle réserve quelques surprises. Derrière un nez joliment singulier, fumé et épicé, où pêche blanche et résine jouent à cache-cache, la bouche démarre cool, fraîche et souple, puis enfle sans crier gare pour atteindre une opulence entêtante, zébrée de notes salines. Voilà un vin en forme de poire, de calebasse, de contrebasse même. A engloutir sur un plat de la mer solide et relevé. Répétez après moi: Ô bourboulenc, Mon Dieu, que tu slurpes bien.

PS: On peut acheter ça ou . Ou même .

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Les pifs qui rient (2): "Santat!", la gamme del païs

Bonjorn,

Des vins au charme immédiat et aux tarifs amènes pour une fin d'été toute jouasse.

 

 

 

Monsieur Larrieu, boss du recommandable Lapeyre dans le Jurançon, a initié une croquinolette gamme de pinards intitulée Santat! Soit tchin-tchin en occitan. Ou à la bonne vôtre. Il a demandé à plein de copains à lui du grand sud-ouest de réaliser un vin de cuve, simple et aimable. S'y sont bravement collés Alain Gayraud du Château Lamartine (Cahors), Didier Barre du Domaine Berthoumieu (Madiran), Alain Gazottes des Terrisses (à Gaillac), Larrieu himeself et quelques autres. Du beau monde, quoi. Chaque flacon, rouge ou blanc, décline la même ligne graphique, avec le nom du cépage et celui du vigneron. C'est pas cher. Et drôlement bon, si l'on en juge par les trois exemplaires goûtés cet été. Mention spéciale au merlot du bergeracois David Fourtout, au fruité dense, gourmand et, pour tout dire, totally slurp.   

Adissiatz!

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Les pifs qui rient (1): le gamay des filles

Jour'

Des vins au charme immédiat et aux tarifs amènes pour une fin d'été jouasse.

 

 

 

Diable d'homme. Après nous avoir épatés avec sa cuvée Les copains d'abord, Monsieur Ménard, du Domaine des Sablonnettes en Anjou, remet le couvert avec Les copines aussi. Outre la légère muflerie de l'affaire (les dames ne passent-elles en seconds?), on ne peut que se pâmer devant cette cuvée de gamay au fruité renversant et à la chair pleine autant que croquante. Vin de plaisir certes, mais vin de repas tout de même. Car matière il y a, doublée d'une finale à la fierté toute terrienne. Comme prévu, les copines adorent. Et vingt dieux que c'est beau une tablée féminine qui vide un flacon en riant.

Au revoir, la gente

PS1: Scopette nous avait prévenus: le Cave importe cette merveille rouge.

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Domaine d'Escausses: la croisade de l'Albigeois

Yip,

 

 

 

 

 

Au pays du canard gras et des bastides perchées, on fait du vin. Qui est bon parfois. On a déjà parlé ici des extases plagolistiques. Restons dans le gaillacois, avec un autre phénix du coin: Denis Balaran du Domaine d'Escausses, sis à Sainte-Croix, à un jet de moût d'Albi. Balaran est un vigneron volubile et amical, qui aime entendre ce que l'amateur a à raconter sur son vin. C'est rare. Sa gamme couvre quasi tous les breuvages autorisés par cette décidemment très permissive appellation. Du Gaillac perlé au liquoreux (le très sexy Vendanges Dorées), en passant par un blanc séducteur (La Vigne de l'oubli) et trois rouges d'assemblages, dont une splendide Croix Petite 2004, riche et charmeuse, aux tannins fiers mais courtois.

 

 

 

Voilà l'ordinaire, déjà épatant. Pour un sommelier et caviste voisin, Balaran fait aussi deux cuvées monocépages, spéciales sinon extraordinaires, dénommée Les Vignes Mythiques. La blanche ne contient que du mauzac; la rouge que du braucol. Et c'est la fête à la typicité.
En 2004, le mauzac, derrière un nez de pomme reinette délicatement miéllé et résiné, offre une bouche fluide autant que parfumée, capiteuse mais sans lourdeur, dont l'équilibre atypique et le profil aromatique défrisera les fans de sirops chardonisés ou de lotions sauvignesques. Niark, niark.
Toujours en 2004, le braucol taquine nos narines émues avec un cassis pétaradant, de subtiles notes florales et mille épices, avant de révéler une chair plantureuse mais tonique, classe mais typée, sans faiblesse ni maquillage, sertie de tannins mûrs et chics. C'est long. C'est puissant. C'est ensorceleur. Et sans faire de gonflette confiturée. Oui, le triple top slurp est de rigueur. 
Mythiques donc, et pas tout à fait inaccessibles. Ces deux cuvées-là, l'amateur pourra toujours en dénicher quelques flacons à vil prix au bistrot albigeois suscité. Ou direct au domaine, en faisant un grand sourire au gentil monsieur à lunettes qui les a enfantés.

Tchou les choux

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M'zelle Sonson sur la Côte-Rôtie

 

Zour`

 

L'autre jour, on débouche une Côte Rôtie 1998 du Domaine Clusel-Roch. On hume. Et on s'excite. Quel pif exubérant et formidable! Des fruits noirs bien mûrs et en pagaille. Un rien de tapenade. Un soupçon vanillé. Des épices douces. Yahou! On goûte. Et on s'excite derechef. Une attaque pèchue. Une chair voluptueuse. Une trame fine. Des tannins structurés encore bien puissants. Une longue finale poivrée, qui chante la gloire de la syrah.
Viiiiite, il faut prendre cette belle bouteille-là en photo. Attention: le petit oiseau va sortir. Et vlà qu'une petite fille vient faire la grimace derrière le flacon. Sacrée M'zelle Sonson.

Bye

13:33 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Sous une cascade de gamays genevois

 

Youp,

 

 

L'autre jour, Mr Slurp, mèzigue donc, a coiffé la casquette de la rigueur oenophilique pour participer au Jury du 3e prix de la presse, dans le cadre du faste Palmarès des vins de Genève 2006. Cette année, le Prix de la Presse se concentrait sur le gamay, cépage "modeste et sublime" (Scoopette dixit, qu'en était itou, du jury), représentant encore un petit tiers du vignoble.
Voilà donc 15 gamays genevois 2005, chemisés jusqu'au goulot et dégustés aveuglément par un quintet appliqué. A vrai dire, on s'attendait à des jus de fête, au fruité spirituel et à l'acidité joyeuse. On a eu - millésime oblige - des robes de veuves siciliennes, des bouquets très mûrs, voire durs, et des tannins guerriers, genre primeurs girondins. Il y a eu d'âpres, quoique civils, débats au sein des sages. Et le vin primé a été annoncé dans la grande presse.

Voilà mes quatre petits chouchous à moi. 

Baron Rouge, Domaines des Charmes, Bernard Conne, Peissy. Un gamay balèze, séveux, serré et épicé, un brin intimidant à ce stade. Mais d'ici quelques mois, ce Malabar montrera son coeur tendre.

Domaine la Mermière, Yves Batardon, Soral. A une voix près, ce vin-là a failli rafler le pompon. Exhalant des notes beurrées et poivrées, il offre une bouche pleine autant que gourmande, aux tannins encore fermes. Long frisson final sur l'air de la cerise mûre.

Clos des Pins, Marc Ramu, Dardagny. Un OVNI dans la dégust'. D'aucuns ont cru à un vin sans soufre: nez de fougère et de moka un poil chahuté; chair d'un friand fruité quasi bonbonesque. Extase régressive garantie.

Domaine Jean Batardon, Laconnex. Sous un nez réduit décourageant, celui-là rassemblait les vertus d'un beau gamay de soif: vivacité, fraîcheur de fruit et harmonie désaltérante.

Vlà le travail. Adios!

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Fou de Foulaquier

Yipi, les gens

Deux fois par an, Pierre Jéquier du Mas Foulaquier (sis au pied du Pic Saint-Loup, Languedoc, south of France) débarque à Genève avec bouteilles et tire-bouchon. Ce vigneron d'origine suisse signe depuis plusieurs années déjà des chouettes rouges d'expression, au fruit pur et affriolant. Lors de sa dernière venue, sa cuvée Rollier 2004 - grenache et syrah élevés en cuve - nous avait rendus tout chose, avec son bouquet de garrigue et de mûres, sa chair pleine mais dynamique, aux tannins méga gourmands. Attention: ce Rollier mérite d'être oxygéné pour dévoiler tous ses appâts. Il peut même perler et renarder léger à l'ouverture. Patience et total slurp.
Remarquez, ses collègues de chai ne déméritent pas dans le genre digeste et pimpant, en particulier le plus sudiste Calades 2003, au style intense autant que solaire. Une gamme ça, on la sifflerait volontiers. 

Tchaou

PS1: Retour de dégustation. Oups! Le Rollier 04, dont on parle haut, n'est pas à vendre en ce moment! Sauf en magnum 2003. En revanche, on peut laper avec bonheur Les Tonillières 2004 (soit la parcelle de la copine Blandine du vigneron), pleines de vieux carignan, de fraîcheur et de souplesse. Et humer la noix, le beau rancio, le tabac et les fruits confits dans un Poil de Lièvre 02 surmaturé, non ouillé et oublié dans un coin de chai. Ce vin-là n'a certes pas la profondeur et la longueur d'un Banuyls, mais la snifette est toute cousine et ça rigole.

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16/03/2007

Cottagnoud mais pas côte-en-long

Hi!
Grand brune de belle allure, la Valaisanne mitonne, dans son chai de Vétroz, des vins racés autant que top slurp. Des liquoreux ambitieux qui ont fait sa réputation. Un épatant vin de voile à base d'Amigne et façon jurassique. Plus des blancs secs généreux et des rouges aux caractères orageux.
Tiens, l'autre jour, on a extirpé (sans mal) le bouchon de son cabernet franc 2004, grande cuvée, qui nous avait paru un poil dur il y a six mois. Ce petit repos l'a transfiguré. C'est un rouge au boisé présent mais classe, gorgé d'épices et de fruits noirs, doté d'une trame puissante et serrée, ourlée de tannins croquants. Voilà un vin noble, séveux et impérieux, qui ne crache pas encore tout ce qu'il a dans le ventre. Dans deux ans, il nous fera tous pleurer. Oui, comme de vieux crocos.

Bisous

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