16/03/2007

Un pinot trop chou

 

Coucou, les aminches

 

 

 

Tiens, l'autre jour, on a goûté (dans la cohue et le brouhaha) un pinot noir de l'an de grâce 2003 qu'était craquant de chez craquant. C'est celui des Dupraz, Domaine des Curiades, Lully, entre Arve et Rhône, canton de Genève, far west de la Suisse. Ce Pinot 1er cru a vu plein de soleil. Mais peu ou pas de soufre. Barriqué avec doigté, non filtré, mûr mais pas brûlé, il embaume gracieusement, avec un gentil doigt de vanille, de la cerise par wagons, et déjà comme un zeste d'évolution (millésime oblige). Puis offre une bouche au fruité voluptueux, super gourmande et suave, aux mini tannins sexy. On ne chasse pas vraiment sur les terres des jus longitudinaux de la grande Bourgogne. Mais ce rouge-là, une fois oxygéné, se siffle presto et allegro. A vrai dire, on tient encore le tire-bouchon que la bouteille est déjà vide.

Bien à vous, frères et soeurs connectés  

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Et hop! Deux flacons gigantesques

Mes hommages,


Tiens, l'autre jour, on s'est glouglouté deux bouteilles drôlement émouvantes. Une de blanc, une de rouge. Elles nous ont tellement plu qu'on vous en parle.
Ici, sans façon, en ami.  

Von Othegraven "Maximus" 2000. Un grand riesling des bords de la Sarre au tarif amical (à l'époque du moins), au nez puissamment minéral - hydrocarbure, silex, fumé... maman, quel terroir!- et à la bouche charmeuse autant que ciselée, fulgurante d'abord puis douce et fruitée sur la fin. Splendide charpente, bien droite, tendue autant qu'harmonieuse. Et riante avec ça. On sort de là avec les papilles fraîches comme celles d'un bébé, le rose aux joues et le gazouillis aux lèvres. Tout jouasse, en somme.

Jacques Puffeney, Arbois, 1998. La robe de ce rouge-là peut faire peur. L'est rose foncée. Ou vieille brique. Ou cerise de juin. Toute claire, quoi. C'est que le trousseau, vénérable et mésestimé cépage du Jura, n'est pas du genre teinturier. Mais ce look diaphane cache un vin à la snifette exubérante et atypique, de noyau de cerise, d'écorce et de curry doux, qui annonce une bouche classe et racée, toute en longueur et en parfums d'épices et de fruits secs. Voilà un vin de culture et de caractère, qui ne joue du biceps ni de la jarretière. Un vrai vin, quoi, d'un vrai vigneron. Applause!

 

Voilà. A très bientôt, très chers

17:10 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

De Bouze et sans reproche

Les gens, bonjour 

Et hop! Voilà mon rouge préféré de tous les temps. Ou en tout cas de la semaine. C'est le mirobolant Gamay de Bouze 2004 de Henry Marionnet. Roulements de tambour. Applaudissements. Evanouissements, même.mario.jpg
Le gamay de Bouze (rien à voir avec Jamel), c'est encore un aïeul du gamay (voui, comme le plant robert), mais à jus noir celui-là, naguère choyé sur les bords de Loire pour sa couleur sombre et son caractère généreux autant que rustique. On l'avait oublié, ce plant-là. On avait tort. Sous sa robe violette, celui de Marionnet nous cause voluptueusement de cerise noire et de poivre. En bouche, ça démarre tout doux, tout rond, tout suave, avant que ne se pointe un peps d'enfer, qui amène ce jus divin vers une conclusion au fruité ensorcelant. Yahou! Et pas cher avec ça: une dizaine d'euros et 17 francs au CAVE SA. Si les vins d'autrefois goûtaient comme ça, ben alors, c'est qu'on est né trop tard.

A bientôt, les gens

  

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Le bon Plant Robert

 

Contemporains, smack

 


robert.jpgIl a de gros favoris blancs (modèle Karl Marx), un air super gentil et le débit vocal le plus véloce du nord des Alpes.  Lui, c'est Henri Chollet, l'une des trois producteurs vaudois favoris de mézigue. D'abord, parce que Chollet fait des chasselas slurpesques. Parfumés, denses et vifs comme la buse qui fond sur le souriceau. Des chasselas déclinés par parcelles, qui ne ressemblent pas au méchant chasselas ambiant. Mais alors, pas du tout du tout. C'est que ceux-là sont bichonnés et ne font pas la malo, ce qui leur va bien aux nerfs. Autant dire que dans le coin, cette vinification tonique fait figure d'hérésie majuscule. Tant pis pour le quand dira-t-on. Et glouglouglou. Oui, trois fois.
On l'aime aussi, le Chollet, à cause de ses rouges. Sa mondeuse est friande; son gamay juteux; son pinot gourmand. Et puis, avant-hier, on a englouti son Plant robert 2004, qui est un mystérieux cousin du gamay, remis en selle par quelques irréductibles vaudois. Voilà un vin charnu et tendu - tension explosive susceptible d'effrayer les gosiers épris de ces liqueurs pourpres à la mode -, qui sniffe les cailloux du Lavaux, les baies rouges et les épices douces. Les tannins? Tout petits et croquants. La finale? Décoiffante. Prévoyez un fichu. 
Oui, le Plant robert. C'est chez Henri Chollet, Domaine du Graboz, Aran-Villette, Lavaux, Suisse occidentale, hémisphère nord.

Mes hommages

PS1: En plus, Chollet, il fait ses étiquettes à la main. Et elles sont très rigolotes, ses étiquettes.

PS2: En plus, Chollet, avant, il jouait de la batterie dans un groupe de rock'n'roll.  

PS3. Cadeau Bonux: deux petits tests pas très corsés de culture générale sur le pinard.  

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Le mystère des vins d'avant et le Morgon de Papanous

Esprits curieux, bonjour 

Il y a souvent une question qui turlupine l'Estèbe. Quel goût avaient les vins autrefois? Avant le phytosanitaire triomphant. Avant la science oenologique, les vendanges vertes et les blouses blanches. Avant le phylloxéra même. Etaient-ils rustiques, dilués, corsés, malodorants, authentiques, exquis?
Evidemment, on peut s'en faire une (petite) idée avec des vins issus de vignes franc de pied (merci Joguet, merci Marionnet, merci à quelques autres). Evidemment, il y a aussi ces bouteilles prestigieuses et âgées, qui sont parfois ouvertes en grande pompe et complaisamment décrites par la littérature. Des Bordeaux, des Bourgognes, et tout ça. Mais quid des autres? Des vins de tout le monde, des vins de tous les jours?

Chez les grand-parents, à Montauban, à l'aube des années 70, on buvait au quotidien un méchant rouge tout noir, acheté à la Coopérative de Villaudric, Haute Garonne, France. Ce pinard-là avait l'air terrible.
Chez les grand-parents, on avait dû faire du vin à une autre époque. Restaient un grand pressoir tout noir, des foudres intimidants et une cave de stockage sombre, humide et vaguement puante. C'est là que le grand-père, appelons-le Papanous, disparaissait avec un sourire satisfait, ou gourmand peut-être, les jours de gratin aux macaronis, quand débarquait sa fille. "Je vais chercher le rouge de Mimi", annonçait-t-il. Il permettait au petit-fils, mézigue en bas âge et culottes courtes, de l'accompagner dans les profondeurs du chai, d'où il extrayait deux flacons sans étiquette. Du morgon. Acheté en vrac chez un négociant et mis en bouteille maison.
Etait-il bon ce vin du dimanche? Mystère. Le fait est qu'il déliait les langues, rosissait les joues adultes et tamisait pour un instant les aigreurs familiales. A vrai dire, oui, il devait être bon le morgon de Papanous. 

Adiou

PS. Et puisqu'on cause de l'évolution de la chose pinardesque, un papier dans Le Monde sur l'affaire des copeaux. Pas jojo.

16:29 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

St-Hippolyte, priez pour nous

Youhou!

Deiss.jpgOn vous parlait l'autre jour des vignerons prénommés Marcel. Ben, on va remettre une couche sur le Deiss du lot, mythique vigneron alsacien dont le domaine est aujourd'hui géré par son fils, le poète biodynamique Jean-Michel. Tout ce blabla because, hier soir, on a débouché son riesling Saint-Hippolyte 2004 (compter 26-27 francs à la Cité des Vins ou au Cave SA), vin d'entrée de gamme qui fait pourtant montre d'une pureté et d'une construction stupéfiantes. Plongeons notre pif dans le verre, et un exquis mix de mandarine, craie et fruits blancs nous submerge. Mamamia! Et hop, une petite goulée: voilà une matière voluptueuse et corsée, d'où jaillit une minéralité étincelante, qui nous propulse vers une belle finale citronnée. Slurpesque, va sans dire.
C'est quoi qu'ils chantaient déjà les Rolling Stones? Ah oui, Tumbling Deiss. Ben, ils se trompaient. Deiss de tumble pas le moins du monde.

Tchou

16:16 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | |

L'Arvine, pas petite du tout

œnofans, œnofanes, coucou


arvine.jpg

Je vous sens brûlants de connaître les quatre membres du club fermé des cépages blancs fétiches de mézigue. Brûlez plus. Les voilà. Ben, ya le riesling (ah! le riesling), le chenin (oh! le chenin), le savagnin (hou! le savagnin). Et une Suissesse injustement méconnue des amateurs planétaires: la petite arvine. Qui n’a de petite que le prénom. Car elle peut se montrer immense (petite présentation là .doc ) particulièrement quand elle est sèche, sur les grands terroirs et chez les producteurs avisés.
Chez Christophe Abbet à Martigny par exemple, qui est un vigneron artiste, un savant fou du cep, un Picasso du fouloir, qui réinvente ses vins à chaque cuvée. Du coup, une dégustation chez lui vous file un méchant tourni (ou un méchant Tournus, comme on dit en Bourgogne), tant les bouteilles racontent toutes une histoire distincte et passionnante. Il y a là des liquoreux atypiques et étourdissants. Un gamay d’une folle densité. Et plein d’autres choses encore. Le problème, c’est qu’on a paumé le carnet où tout était noté. Bougre d’âne jaune. Heureusement que ce cher blogueur d'Olif est plus ordonné.
Et heureusement qu’on avait ramené une bouteille d’Arvine 2004 à la maison, qui s’est fait déboucher pas plus tard qu’hier soir. Voilà un vin anthologique, issu de vignes très haut perchées, à l’orée des remontées mécaniques. Ça sniffe bon les agrumes, la mirabelle, les fruits exotiques et les schistes. Quant à la bouche, pleine, racée et lumineuse, elle s’achève sur un de ces interminables frissons minéraux qui vous fait écarquiller les orteils. Pas de bois. Pas de sucre. De la joie, de l’élégance et de l’expression. Slurpissime.

Arrivée d'air chaud

16:09 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | |

Sans soufre ni rancune

Hi, les gens

 

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Avouons-le sans soufre, euh… sans ambages, au début on a trouvé les vins sans SO2 cools. La pureté du fruit, la transparence du terroir, l’écologie au fond du verre, et tout ça...
Après, on en a eu plein le crachoir des vins sans soufre. Le sectarisme relou de ses adeptes, le côté jus de fruit universel, les bouquets qui fouettent l’ours pétomane, et tout ça....
Après, il y a eu une chouette fin de soirée de septembre chez Foillard (un vieux papier sur lui là..doc), à Villié-Morgon, en plein air, avec plein de vieux millésimes épatants qui apparaissaient comme miracle sur la table, table plantée dans la cour, à quelques mètres du dortoir où les vendangeurs faisait une sacrée nouba. Après, ben, après rien.  
Jusqu’à l’autre jour. Voilà que notre marchand se plante. On avait demandé du Daniel Bouland 2004 (slurpesque). Il nous livre du Lapierre 2004. Accomodant qu’on est, on lui a dit O.K, laissez comme ça. Le soir venu, on a débouché le Morgon à Marcel. Et on s’est dit waou. Quel jus délicat et charmeur! Quelle expression vibrante et précise du fruit! Quelle grâce modeste et aérienne! La bouteille était vide avant même qu’on ait eu le temps de hoqueter le moindre top slurp. Oui, Lapierre, Marcel, Villié-Morgon, Beaujolais, France, gamay noir à jus blanc, sans soufre, 2004.
Hips, les gens

16:02 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Les copains touchent le grolleau

Les gens, bonjour 

copains.jpgEvidemment, le nom du vin, «Les copains d’abord», peut inspirer un brin la méfiance. On pense à la fulgurance du jeune commercial longuement dentu et fraîchement débarqué à la méchante Cave Coopérative du coin, qui claironne «votre pinard, là, j’ai trouvé une idée pour le vendre».

Ben, pas du tout du tout. «Les Copains d’abord», c’est une cuvée de rouge, au prix top amical (un dizaine de francs au Cave sa), du très estimable Domaine des Sablonnettes, sis à Rablay-sur-Layon, aux portes d’Angers, in the west part of France.

Un jour, Monsieur Ménard, boss des Sablonnettes, a pensé qu’il pouvait offrir au grolleau, cépage natif des bords de Loire, un autre destin que celui de finir en rosé. Il a donc conçu un grolleau rouge plein de santé et de pulpe, au chouette bouquet de poivre et de cerise mûres, dont l’attaque au fruité flamboyant réserve une fin de bouche plus épicée, corsée et tannique que prévu. Yahou! C’est un vin d’une naturel confondant. Et jovial avec ça. Un vin qui titre à 12°, qui se siffle presto et allegro, en mangeant un plat carné solide, et qui mérite finalement bien son nom de baptême. Même si les copines l’aiment aussi.

 

Les gens, au revoir

15:56 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Bienvenu à la Cour-Cheverny

Coucou, les gens 

cour2.jpgIl arrive un jour où on en a ras la carafe des blancs dans le vent. De ces blancs interchangeables et grassouillets, boisés comme un chalet à Gstaad et parfumés comme une semi-mondaine en chasse. Il arrive un jour où l’on renifle un vrai blanc de terroir et de culture, et où l’on se dit, waou: voilà le bouquet singulier que j’attendais depuis toujours. C’est l’effet que font parfois les Cour-Cheverny des Huards. L’AOC Cour-Cheverny jouxte le Château du même nom, entre Loire et Sologne. Un seul cépage y règne: le romorantin. Cultivé en biodynamie chez les Huards, ce plant injustement méconnu donne des vins amples mais frais, au nez complexe, minéral et miellé, évoquant le pamplemousse et la noix fraîche. Top slurp. Et puis, c’est pas cher du tout, une dizaine de francs au Cave sa de Gland. Et puis, ça affronte bravement les années de cave, en gagnant en complexité aromatique. On se souvient d’une Cuvée François 1er du domaine vieille de dix ans, qui sniffait la truffe blanche, l’eau-de-vie, le balsamique et plein d’autres choses encore. Evidemment, ta cousine bobo va trouver ça zarbi. Laisse lui engloutir son chardonnay ricain. Et arrose donc ta poularde à la crème d’un blanc des Huards. Elle, elle adorera ça.

 

A bientôt les gens

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Gaffe à la Gaffelière

 

gaff.jpgBonjour les gens,

On a beau avoir un jéroboam d’a priori sur les Bordeaux – au hasard trop chers, surestimés, caricaturaux, etc. -, il arrive qu’on prenne de bonnes baffes sur le goulot. L’autre jour, l’ami Sacha déboule avec un La Gaffelière 2001. Un Saint-Emilion grand cru, 65% de merlot, 30% de cabernet franc. L’ami Sacha s’est presque excusé, du genre «je connais pas trop les vins, alors je prends les valeurs sûres.» On allait répliquer avec goujaterie, quand le fumet du dit breuvage a stoppé tout commentaire désobligeant. Sacrebleu, quel nez! Un boisé de luxe. De la cerise noire. Du cèdre. Du sous-bois. Et quelle belle bouche! Une attaque fulgurante, une chair soyeuse et dense, plein de race et d’élégance, et une finale interminable, sertie de tannins d’une finesse miraculeuse. Top slurp.

Pressé de l’engloutir, nul n’a songé à carafer la bouteille. Eussions-nous dû? Peut-être. Car à la dernière gorgée, le fruité a brusquement paru plus joyeux et vibrant qu’aux premières gorgées. Toujours la même histoire. Juré, on ne s’étonnera plus que tous les vignerons du nouveau monde cherchent à photocopier ce type de jus.

Reste The Question. Combien l’ami Sacha avait-t-il déboursé pour cette Gaffelière-là? La moitié du PNB du Congo, probablement.

Au revoir les gens

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