24/12/2008

Dernière recommandation avant la naissance de Jésus

 

Diling, diling 

Bonne nouba ventripotente et grosses guirlandes lumineuses à vous, très chers

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Conseil: si vous croisez le Père-Noël, roulez-lui donc un gros pétard bien tassé. Il adore.

A l'an prochain, qui sera atchement bien.

Et vive le chapon libre!

18/12/2008

Les embûches de Noël


Bien le bonjour, les réveilloneurs fous

 

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Loin de nous l’envie de jouer les vilains lutins. De cracher sur le merveilleux esprit de Noël. De pré-vitrioler la festouille. De vous enguirlander le moral. Mais on sait tous que les brillantes noubas de fin d’année ne se montrent pas toujours aussi voluptueuses que prévu.
Pas seulement d’un point de vue gastronomique. Il y a ainsi des familles où Noël fait boum. Ou plutôt clash. Où le champagne est aromatisé au venin; où la soupe à la grimace coule à flots entre dinde et bûche, où le sapin n’est de loin pas le seul à avoir les boules. C’est la distribution de cadeaux à OK Coral, avec baston verbal jusqu’au 12e coup de minuit.
On n’est certes pas là pour gloser sur la psychologie familiale, mais bien de bons petits plats et grandes bouteilles. Que faut-il redouter au cours des festins qui s’annoncent ?

Petite liste subjective...
 
La Chinoise maléfique.
La fondue chinoise est devenue, depuis quelques années, un classique du miam festif. Or, c’est une cata, neuf fois sur dix. On ne parle même pas de la bidoche reconstituée et surgelée, issue de bovins lointains aux pedigrees troubles. Non, car certains chinoisent avec du bœuf top classe. On ne parle pas des sauces industrielles, à la douceur suspecte et au gras gerbatoire. Non, car certains chinoisent avec d’authentiques sauces maison. On parle simplement de l’inévitable mélange des flux dans l’assiette, ketchup-bouillon-béarnaise and co, qui finit toujours par ressembler à un raoul de nourrisson. Berk.
 
Le liquoreux plombant
 Il est d’usage de dégainer un foie gras en entrée lors de ces agapes de fin d’année. Si possible arrosé d’un vin liquoreux. Sauternes classé chez les Urf ; Monbazillac à prix cassé chez les autres. C’est un accord classique, comme on dit. Et parfois exquis. Le problème, c’est la surenchère. Le gras de la liqueur + le gras du foie = papilles tapissées, ointes à mort, et donc anesthésiées jusqu’au lendemain matin. Zzzzzzz.

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La volaille saharienne.
Pas à dire, c’est festif ces bonnes grosses volailles, chapons ou dindes, qui rôtissent fin décembre. Festif mais pas facile à cuire. Entre des mains inexpérimentées, la plus somptueuse des bestioles de la basse-cour se mue en bloc de carton. Desséchant, va sans dire. Du coup, on crève de soif. On picole. Et on finit par dire des atrocités. Hips.
 
Le bourgogne éreinté
Trop mignon, Tonton Robert nous a sorti – comme chaque année - une grande bouteille de sa cave. Un Pommard du début des années 80, couleur peau d’orange ourlé d’inquiétants reflets brunâtres, aux arômes de vieux raisins de Corinthe oubliés au fond du placard et de madère de cuisine, à la bouche décharnée comme un zob de momie. «En plus, je l’avais pas payé cher», exulte Tonton Robert. Tchin.

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Les bulles omnipotentes
Noël, c’est champagne. En apéro. Au repas. Au dessert. A minuit. Le champagne, ça peut être mirobolant. Mais pas toujours. Et la bulle médiocre ne tarde pas à vous trouer le tuyau, tout en plongeant votre muqueuse buccale dans un état de fébrilité proprement épuisant. Blurp.
 
Et en vrac...
La bûche industrielle en papier mâché ; le saumon fumé grassouillet qui sent la marée basse ; les huîtres mal ouvertes avec de vrais morceaux de coquilles dedans ; les fromages trop affinés qui t’amoniaquent la glotte ; le sapin qui crame ; le bouchon de champ’dans l’œil ; les cadeaux stupides ; le sermon de Mamie Pouet ; les vannes nulles de Papi Pouet ; et tout ça quoi.

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Joyeux Noël et meilleurs vœux, quand même

PS. Ce texte léger quoique pertinent a été initialement publié sur la Fureur de Vivres; l'incontournable et odoriférante revue slurp on line étant, ce mois-ci, consacrée au salmis de lutin, au gigot de renne et à la vie sexuelle du Père Noël.

PS2. Vous cherchez encore des idées de menu pour le Grand Soir? Allez donc guigner cette liste toujours fumante d'actualité.
 

27/11/2008

Gare à vos fesses: Lignac part en croisade culinaire.

Bien le bonjour, malbouffeurs contrits (and western)

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Cyril Lignac est vraiment un garçon formidable. Non content de publier un recueil de recettes tous les quinze jours et de piloter un magazine culinaire à sa gloire, il dirige les cuisines de deux restos à Paris, plus un resto à Marrakech. Fortiche, le mec.
Et c’est pas fini. Parce qu’en plus, il s’est lancé dans l’évangélisation du Royaume de France. Royaume boudiné de malbouffe et perclus d’ignorance alimentaire.
Lignac part donc en croisade.
Lignac, c’est la Jeanne d’arc de la blanquette.
Lignac, c’est le De Gaulle du produit frais.
Pince-moi, j’hallucine la Vierge.
On a vu ça lundi soir sur M6, passablement abasourdi. Ça s’appelle «Le chef contre-attaque», un mix entre télé-réalité, reportage bidonné et programme pédagogique à vocation sanitaire.
On vous fait le tableau
Lignac, plein de jeunesse et d'empathie, débarque avec une nutritionniste dans une cité à côté de Paris. Il sonne aux portes, pas gêné.
-         Bonjour, c’est Cyril Lignac. J’enquête sur la nourriture des Français. (simplicité désarmante)
-         Raymonde, c’est Cyril Lignac!!! Celui de la télé!!! (grosse surprise)
-         Je peux rentrer?
Bien sûr, qu’il peut rentrer. Avec l’équipe de M6 avec, que le téléspectateur ne voit pas mais qui comprend, au bas mot, un cameraman, un électro, un preneur de son, une attachée de production, plus, peut-être, la maquilleuse perso du chef.

Cyril ne tarde pas à se retrouver devant le frigo ouvert des ignares de banlieue. Un désastre calorique, le frigo. Plein de pizzas sous cellophane, de frites surgelées et autre cochonneries pour micro-onde. Lignac se tripote de bouc, l’air catastrophé. Comme si tout le cholestérol du monde lui était tombé sur le moral. Mais le chef va contre attaquer.
Gare à nos (grosses) fesses.

Après ça, il trouve deux autres familles mabouffantes. Puis il organise un cours de cuisine pour les brebis égarées. Menu: un poulet basquaise à la cocotte-minute. Le poulet avec les légumes, et pouf, dans la cocotte. Je te dis pas le bon poulet basquaise. Berk.
Parmi les élèves, y’en a une qui croit savoir cuisiner. Une forte tête. On va la dompter. Lignac te la convoque dans les cuisines de son resto. La fait bosser comme une folle. Elle massacre une sole. Elle craque. Elle pleure. Matée, la rebelle. Sacré Lignac.

Après ça, Lignac amène un couple à la découverte des merveilles de la Nature sur un marché. Lignac, il aime ça, les produits. Surtout les produits dérivés. Le couple, pas gros, pas con, pas moche, se fout juste royalement de la cuisine. Pourquoi pas? Mais Lignac a une mission divine, comme le boy-scout qui fait traverser la rue à une mémé qui ne veut pas traverser. Il invite même les jeunes à manger chez lui. Il a trois restos. Mais, à l’heure du lunch, il catéchise les mécréants à la maison. Formidable.

Après ça, on se retrouve dans une famille où le type déteste les légumes. Son épouse est énorme. Lui, il ne veut manger que des pâtes. Ah, l’impie. Lignac va le remettre dans le droit chemin. Voilà le légumophobe forcé d’avaler un tian et des endives. Il grimace, le pauvre. «C’est bon, non?», hulule Lignac.

On vous passe les stratagèmes de notre sympathique héros, les repentirs et révélations des estomacs dévoyés, les rires, les larmes et tout ça.
Parce que toute les bonnes choses ont une fin (sauf  le saucisson qui en a deux), on a éteint la téloche avant terme, vaguement nauséeux, pour aller lire Kierkegaard en braille au plumard.
En rêvant d’une bonne pizza surgelée.


Lignac et M6 nous prendraient-ils pour des nouilles?

Tchou!

15/09/2008

La tartine de figue et l’aberration du savoir-vivre

Coucou

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Les bonnes manières à table recèlent de profondes absurdités. Prenez la fourchette et le couteau par exemple. Ben, le code exige que l’on tienne la première de la main droite et le second de la gauche. Enfin, pour les droitiers. Or, quand il s’agit de couper son steak, il faut échanger. Hop, le couteau passe à droite; et la fourchette à gauche. Enfin, pour les droitiers. Ce petit bout de bœuf, il s’agit de l’engloutir maintenant, et donc de le piquer. Hop, nouveau changement de côté. Le couteau repasse à gauche et la fourchette à droite. Enfin, pour les droitiers.
Mais vous avez vu ce bazar?
Que de vent inutile!
Quelle perte de temps avant la mastication!
Quel gâchis énergétique!
Si l’humanité occidentale consentait à abandonner cette vaine gymnastique (par exemple en apprenant aux mômes à piquer avec la main gauche, enfin pour les droitiers), l’énergie économisée permettrait, selon nos calculs, d’illuminer une ville comme Vierzon pendant un an six jours et trois heures. Environ.
Bref, croquez donc dans cette tartine de figue, cerfeuil et sbrinz. Tartine apéritive, à attraper avec les doigts, ce qui est très mode et constitue donc une indiscutable avancée écologique.

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La recette? Top périlleuse. Faites griller du pain. Oignez d’huile d’olive. Poivrez. Coiffez d’une tranche de figue fraîche, d’une feuille de cerfeuil et de quelques copeaux de sbrinz* bien sec.
Puis, entre chaque bouchée, laissez dévaler la merveilleuse petite arvine de Christophe Abbet (Martigny, Valais, Suisse occidentale du milieu) le long de votre glotte. Grand vin blanc. Abbet est bon. D’ailleurs, dans tous les blogs qui savent boire, l’Abbet rôde (comme diraient les Beatles).

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A plouche

PS1: *"Sbrinz???, kézako?", se sont peut-être écriés nos lecteurs français. Sbrinz: fromage à pâte dure de Suisse centrale, dégueu jeune et sous cellophane au supermarché; exquis affiné et tout sec chez le fromager. Le parmesan helvète, rien de moins. Voilà.

PS2: Rien à voir. Mais notre chère collègue blogueuse Mamina vient de sortir un bouquin avec ses recettes dedans. Youpiiii!

PS3: Rien à voir. Mais un blogueur cubain du nom d'Audaciosus à fait une de nos recettes, l'a mangé, l'a aimé et l'a posté en espagnol sur son blog. Grande fierté dedans notre coeur.

04/09/2008

Gloire à la cuillère! Sus aux couverts et canines!

Bonjourno,

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"La défaite". Estèbe 2008. Quatrième prix au festival d'images militaires de Montluçon.


La cuisine contemporaine a deux dadas: le manger avec les doigts et le manger sans les dents.
On s’explique. Rien de plus branché que de sluncher, de lunch-boxer, de pique-niquer, de picorer, d’apéro-dîner, de finger-fooder. Bref, de nourrir ses potes et proches de bouchées, cakes salés, wraps, tartelettes, bruschettas et autres petits mets charmants à attraper avec les mimines. La moitié des bouquins du rayon miam de la libraire du coin sont consacrés à ce trend-là. Nombre de recettes de ce blog itou.

L’autre moitié des livres du même étal, ben, ils coulent: soupes, veloutés, émulsions, jus variés. Oui, la modernité aime sa popote liquide. Preuve en est la cuisine moléculaire qui blende, siphonne et espumate à tire-larigot. Pendant que les bobos du Monde Libre s’envoient des hectolitres de smoothies en rigolant. La mastication? Top ringarde. A ce rythme-là, nos râteliers, condamnés au chômage technique, risquent fort de se déchausser par désœuvrement. La canine a le blues. La molaire déprime.

DSC01108.JPGPlus triste: ces tendances, certes exquises, expédient les couverts aux oubliettes. Dans un monde d’amuse-bouches et de jus de légumes, qui a encore besoin de couteaux et de fourchettes? Hein? On ne voudrait pas annoncer la mort prochaine de l’argenterie de votre Tante Ursule, mais c’est mal barré. Elle risque fort de se retrouver fissa dans une vitrine du Musée des curiosités culinaires anciennes (qui est à Vierzon, sauf erreur).

La grande gagnante de tout ce tralala, c’est, je vous le donne en mille,… la cuillère. Applause! Elle qui s’est faite indispensable pour se slurper les verrines et granités. Ou pour abriter vos exquises bouchées apéritives. Bref, cette bonne vieille cuillère entame le nouveau millésime le torse bombé et le manche dressé. La voilà qui règne sur tous le repas, des tapas à la soupe de figue. La voilà qui se fait la belle en tête de gondole dans les boutiques d’art de la table. La voilà qui se retrouve consacrée par de pleins bouquins de recettes. La voilà qui se la pète grave, en somme.

Question. Une humanité qui vénère la cuillère et ne mâche guère ne devrait-elle pas porter des couches?

Bonsoir

PS: On a l’air un peu réac pour le coup, voire nostalgique. En fait, non. Tout ça nous fait bien rigoler. Tiens repasse-moi la pipette de gaspacho virtuel.

PS2: Le tire-bouchon, lui, va bien. Merci.

01/09/2008

Coulis dominicaux et fable à deux balles


Hello!

Le dernier dimanche d’août, tout un chacun occupe son temps comme il veut.
D’aucuns jardinent en écoutant Mötley Crüe.
D’autres relisent Kirkergaard en VO. Vérifient leur petit cartable avant la rentrée. S’excitent devant Téléfoot. Astiquent leur I-Phone. Chinent aux puces. Ou pucent en Chine.
A La Rochelle, on se castagne entre éléphants.
A la Nouvelle Orléans, on attend Gustave en tremblant.
A Casablanca, on s’enfile un couscous avant le ramadan.

Le dernier dimanche d’août, chez les Slurps, on fait des coulis de tomates. Bien mûres et charnues, les tomates. Manière de pas se retrouver dépourvu quand la bise sera venue. De ne pas aller chanter famine à la supérette voisine, la priant de nous négocier d’infâmes fruits hors sol pour subsister.

Voilà tout

La fourmi vous smacke

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11/07/2008

Fin provisoire de slurperies

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Tiens revoilà la pause estivale.
Ben nous, on s’en va chasser le triton dans les grandes plaines.
Mais sèche tes larmes, Jane. On sera de retour dans une demi-lune.
Yippiiiii!

29/05/2008

Sus aux menus machos!


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Salud! 

Tiens une humeur, pour changer. Une humeur féministe même. Farpaitement.
C’est que, l’autre jour, on s’est offert un dîner dans un deux étoiles Michelin à la fois jurassien et top succulent. Et voilà qu’à peine assis à table, on nous refait le coup de la carte sans prix pour la dame. Comprenez que mézigue se retrouve avec les mets dûment tarifés. Pendant que Madame Sonson n’a qu’à imaginer le coût de l’opération. Oui, comme au XVIIIe siècle.
Les nombreux restos qui pratiquent encore ce type de ségrégation ringardissime imaginent sans doute faire preuve de tact. Ben non. Car ils sous-entendent que (rayez la mention inutile)…
1- ces bécasses ne captent rien aux réalités économiques.
2- les clientes sont toutes des semi-mondaines entretenues et dociles.
3- le monsieur invite et la femme n’a qu’à sourire, voire à coucher ensuite.
Or à l’heure moderne d’aujourd’hui, il parait qu’il y a des femmes qui gagnent leur vie toutes seules comme des grandes. Qui savent faire les additions. Et invitent même parfois les mecs à souper.
Et puis, tant qu’on en est au chapitre des vexations sexistes et ordinaires, qu’on arrête aussi de filer la carte des vins au gaillard. Sa nana aussi, elle a le droit de boire une bouteille qui lui plaît.

M’enfin! Voilà. Fin de l’agacement. Ça va mieux en le grognant.



Tchou

04/04/2008

Couillonneries agroalimentaires et petites tomates confites

Coucou!  

 

Il y a un site allemand nommé Pundo qui trouve très drôle (et nous aussi) de démonter les combines de l’industrie agro-alimentaire. La technique? Comparer la photo du produit sur l’emballage et dudit produit une fois sorti dudit emballage. D’un côté, donc, l’image attrape couillon; de l’autre, la réalité dans l’assiette du pauvre couillon. Stupéfiant.
Le marketing alimentaire arriverait à nous faire croire que le cheval blanc d’Henri IV était une fausse blonde.
Quelques exemples, que l’on s’abstiendra de commenter tant ils causent tout seuls.

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Remarquez, pour les recettes de blogueurs, c’est un peu pareil.
Ya des photos de plats sur la Toile, elles sont si chouettes et chiadées, qu’on se demande si ce n’est pas les Studios Pixar qui les ont bidouillées sur ordinateur, avec un poulet numérique et des petits pois de synthèse. Après, vous essayez de vous popoter le même truc à la maison, et vous vous retrouvez avec un charnier grisâtre dans le plat de service, genre pâtée rendue par Médor après ses vacances à Tchernobyl.
Nous par exemple, on a prudemment mis en grand l’image de ces tomates cerise confites et chips de poivrons avant cuisson. Et mis en petit le même plat, au sortir du four.

 

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170604308.JPGPeut-être aimeriez-vous avoir la tactique qui mène à ce résultat exaltant?
La voilà.
Taillez les poivrons en fines rondelles. Disposez dans un plat en compagnie des tomates cerise. Humectez d’huile d’olive, ail nouveau émincé, thym, romarin, sel et poivre. Une larme d’eau au fond. Et hop, au four, à 100°, pour deux heures au moins.


Tchô!!!


PS: Pendant les trois semaines qui s’annoncent, on va s’immerger sérieusement dans le milieu du miam et du glouglou professionnel. On va apprendre à chaptaliser et à désosser, à terriner et à débourber. Slurperies allégées donc ces prochains jours.

21/03/2008

Quelques plans slurp pour la table pascale

 

Diling diling,

 

 

 

 

On en entend d’ici qui sanglotent. «Par le cul glabre du Diable Pourpre, que vais-je bien pouvoir faire à manger pour Pâques???? », se désolent-ils, perdus au milieu des bouquins de Cyril Lignac.
Séchez vos larmes, les agnelets, Dr Slurp déboule à votre rescousse.

 

A Pâques, la tradition dit agneau. Ne la contrarions pas.

 


Avec ce gigot au citron, ail et coriandre

Ou ces souris mijotées au thé de menthe

 

A Pâques, les peuples du sud disent cabri. Ne les contrarions pas.

 


Avec ce demi-cabri rôti aux herbes

Ou cette épaule de cabri aux cumin, gigembre et patates douces.

 

A Pâques, le Midi dit Brandade. Ne le contrarions pas.

Avec The brandade slurp

 

A Pâques, d’aucuns s’empiffrent de lapins en chocolat.
Pourquoi en chocolat? Mangeons du lapin tout court.

Par exemple un râble farci au brocciu

Voire un lapin au laurier et genièvre

 

A Pâques, certains pensent très fort au Petit Jésus. Nous, on a fait une croix dessus.

 

Diling diling.

 

PS: La semaine prochaine, point de slurperies. On va jouer au ping-pong avec les grands singes de Bornéo.

29/02/2008

L'éprouvante dégustation de sodas energisants

 

Bonjour, les buzzers

 

 

 

 

Nous aussi, on rêverait de gagner des thunes et des cadeaux en vantant des produits de l’industrie agrocacalimentaire sur notre blog. On pourrait faire des publireportages fiévreux, qui engendreraient des buzz planétaires. Et permettraient à des boîtes de raviolis synthétiques de se vendre comme des capotes en Chine.


Mais voilà. Le Grand Capital ne nous envoie jamais rien. Pas un seul paquet de croquettes pour chien. Pas une couche à tester. Pas une barre de cacao chimique. Rien. Snif.

Du coup, on s’est dit que si les industriels ne venaient pas à nous, nous, on allait venir à eux. Et hop, on a organisé une dégustation technique et sensorielle de sodas énergisants. Une vraie dégustation. A l’aveugle. Avec trois gosiers avertis (un œnologue patenté, un diététicien œnophile et une exquise frangine blogueuse à qui on ne la fait pas). Et sept Energy Drinks du commerce (achetés avec nos propres deniers, t'y crois à ça??), préalablement chemisés et numérotés comme l’exige la doctrine.

 

 

 

Ben, on a dégusté, justement.


Diable que ces breuvages sont infects. Avec des bouquets chimiques et puants, des bouches archi sucrées et méga acides, à la fois pâteuses et aigres, qui te font tomber le dentier et écarquiller les orteils.

Voilà notre pire-parade, soit le podium des canettes les plus infectes.
 

1. «Burn», lancé récemment par Coca-Cola, rafle la médaille d’or de la boisson la plus éprouvante, «qui décape et te fait fondre l’émail façon vinaigre». Jury unanimement pétrifié.

2. «Bio Energy» de Biotta, «aromatiquement infâme» écope de la deuxième place.

3. L’Energy Drink de la Coop et le Red Bull arrivent ex aequo à la troisième place des dégoûtants, avec un maigre avantage de l’original (le Red Bull) sur sa copie caricaturale.

Dans le peloton final se placent, dans l’ordre, Dr Pepper, BodyStyle et l’EnergyCola de la Migros, qui triomphe grâce à sa discrète platitude.

 

 

 

 

Bon, après ce premier pas vers nos copains industriels, on attend de petits cadeaux.

Grosses papouilles du Léman

 

21/02/2008

L'affaire du papet déviant et menus propos autour des classiques du patrimoine miam

 

Coucou 

Il y a quelques semaines, un de nos chers lecteurs nous a carrément et vertement interdit de parler d’un plat. Interdit. Trop fort. Cette mise à l’index nous a agacés d’abord (de quoi je me mêle?), puis amusés (hou, le mec!). Elle portait sur le papet vaudois, plat de tradition et de terroir, que l’on avait gentiment bousculé avec une version très vaguement déviante. Sans autre argumentaire de la part de notre censeur, on a imaginé qu’il enrageait de voir une recette immémoriale ainsi interprétée. A moins qu’il n’ait pas pu supporter qu’un Franco-Genevois glose d’un mets identitaire vaudois. Chacun chez soi, zut quoi.


Du coup, a jailli The question.

Que faire des grands plats du répertoire?
Hein ?
Les taquiner?
Les oublier?
Les vénérer?
Les dynamiter?

 


Nous autres chez les Slurp préconiserions plutôt le chahut tranquille. Ben oui, ces phénix gastronomiques, il faut qu’ils vivent avec leur temps sous peine de se transformer en pièces de musées. Et un plat fossilisé, c’est pas bon. Trop sec. Ou trop gras. Ou trop rance. Voyez quoi. Qui a envie de croquer dans une momie? C’est en les reliftant, les triturant, les adaptant au gré des humeurs, saisons et régions, modes même, qu’ils enjambent les siècles la tête haute.
D’ailleurs, il n’y a pas de recette traditionnelle inscrite dans le marbre. Prenez le cassoulet par exemple: c’est lequel le vrai, le prototype, le modèle original? Celui de Douzens en Aude, de Sorèze dans le Tarn ou de Revel dans le Lauragais?


Et puis, ce qu’il y a de bien avec ce vénérable patrimoine gourmand, c’est qu’il regorge d’idées pour faire le foufou aux fourneaux (ou le foufourneaux). Ben oui, des générations de marmitons ont sué au piano, autant profiter de cet héritage pour pomper quelques combines utiles. Des cuissons. Des tours de mains. Des mariages (la saucisse, le poireau et la patate par exemple, hi, hi). On ne va quand même pas se gêner pour farfouiller là-dedans.


Reste que l’époque est à l’iconoclasme débridé en matière de cuisine. Ce qui peut irriter, certes. On carpacciose à tout vent (en oubliant Vittore Carpaccio,  le rouge et tout ça); on tartare en cascade (en oubliant Gengis Khan, les Mongols furax à cheval et tout ça); on mille-feuille, on tatine, on rillette, on blanquette, on bouillabaisse, on choucroute avec tout et n’importe quoi.
Une fois, un «couscous de lentilles aux écrevisses», benoîtement proposé en plat du jour dans un resto, nous avait ainsi fait un brin tousser. Faut pas non plus pousser Maïté dans les orties.
Il y a quand même une histoire d’esprit et de lettre dans cette affaire-là. A trop faire mumuse avec les classiques, ils finissent par devenir des coquilles lexicales vides.

Bref, la popote est enfant de bohème, mais elle a un gros bagage.

Méditons ça. Je relève les copies dans trois heures.

Tchou!

05/02/2008

La mayo, la vinaigrette, la doctrine et mèzigue

 

Bien le bonjour,

 

Peu après qu’il eut parfaitement réussi la cuisson de son cuissot de mammouth sur la braise, le premier homme de l’humanité, fier et repu, s’empressa de décrire sur un mur de Lascaux le bon petit plat qu’il venait de mastiquer. Scoop archéologique! Les peintures rupestres ne sont que des recettes de barbecue.


Après ça, d’Apicius à Thierry Marx, via Carême et La Chapelle, l’humanité gourmande n’arrêta plus de noircir du papier sur le thème du miam. Cette masse de gribouillages, on appelle ça la doctrine. La Grande Doctrine Slurp. Ou GDS. Respect.


Seul hic: parfois, la grande doctrine pédale dans la semoule. Oui.

Prenez la vinaigrette par exemple. Du Larousse Gastronomique aux Confessions de Robuchon, on nous répète qu’une bonne vinaigrette se fabrique avec trois volumes de gras pour un volume d’aigre. Comprenez trois cuillères à soupe d’huile d’olive pour une cuillère de vinaigre. Or, en touillant avec vaillance, on parvient à une émulsion parfaite avec un rapport 1 pour 2. Soit deux cuillères d’huile et une cuillère de vinaigre. Evidemment, il faut adapter un brin les doses selon les liquides employés. Mais la proportion demeure indiscutable. Troublant, non? La GDS se fourre le doigt dans l’œil. La GDS devrait faire gaffe à sa ligne.

Deuxième exemple? La mayonnaise. On nous a toujours dit et répété que la mayo ne pouvait monter qu’avec de la moutarde en sus du jaune d’œuf et de l’huile. Même Hervé This vous martèle ça à coup d’équations chimiques. Pas de mayo compacte sans moutarde, donc. Tout faux.
Pour des raisons génétiques autant que personnelles, on n’utilise jamais de moutarde. Et on vous fait une mayo d’enfer, ferme comme le pectoral du déménageur breton, juste avec un jaune et de l’huile d’olive. Faut y aller mollotissimo. Ne pas s’économiser le poignet. Et ça marche. Sans moutarde, ni combine ni machin. Sel, poivre, un filet de citron même, et vlà de la mayo pure et parfumée, sans ciment verdâtre dedans.

 

A force de prendre les grands textes initiatiques en défaut, on s’est imaginé plus malin que les voisins. C’est humain, la vanité. Alors, on a décidé d’ajouter notre brique au grand édifice gastro-littéraire en inventant un plat qui ferait date: le poulet piqué au pamplemousse.

 

 

 

 

C’est que, voyez-vous, on rôtit quasi chaque semaine une volaille aux agrumes, qui la farcissent et l’oignent, avec un résultat fruité peu satisfaisant. La peau se parfume; la chair guère.
Alors, on est allé acheter une seringue chez la pharmacienne (tout étonnée). Filtré le jus d’un pamplemousse. Et piqué la malheureuse volaille dans tous les coins de son anatomie. Partout, partout. Une passoire, la poulette. Affligeant. Voilà d’ailleurs qui n’est pas une mince affaire. Les seringues n’ont pas été usinées pour la popote.

Puis, on a cuit la bête au four.

Et alors? Ben, c’était nul.

Snif

14/01/2008

Les Tops Ten de saison du Dr Slurp

Salud, les gens

Voilà qui est devenu rituel dans la blogomiam: en janvier, tout un chacun dresse son petit panthéon de recettes publiées au fils des douze mois précédents.
C’est là un exercice à la fois plein d’immodestie et de déchirements. Car ces petits plats-là, ce sont un peu nos chérubins. Comment trancher dans le lardon?


Bon, assez larmoyé. Dégainons notre Top Ten slurp et saisonnier.

 

 


 

Un hamburger gascon, avec un steak de magret et un chutney de cerises: la revanche du terroir sur la malbouffe planétaire. Niark!

Des pétales de cabillaud corsées sur pouf de lentilles crémeuses: une entrée qui se la ouédje dru.

Une baguette de pain avec un filet mignon et quelques zestes de citron cachés dedans: couillon mais voluptueux.

Un petit cabri rôti au cumin et gingembre avec plein de patates douces: un plat cocasse mais subtil, oui ma chère, subtil.

Une terrine de haricots aux noix et deux épices: voluptueux, slave et rassasiant.

Une brandade de morue pascale à la régulière: un Himalaya du répertoire.

Un noir et blanc de mozzarelle sur aubergine à la sicilienne: la Méditerranée qui toque au carreau.

Un filet de merlu à la cardamome sur lit de céleri étuvé: rôle royal pour un poisson modeste.

Un quasi de veau aux légumes préprintaniers: une cocotte odoriférante et sexy.

Un curry basquais de coques, crevettes et merguez: un mariage œcuménique autant que canaille.

 

 

Des coques, des merguez et des crevettes. Boudu! 

 

Euh.... ça fait dix?

Ben, maintenant, qu'on est lancé, impossible de s'arréter, vroum vroum:

 

  • Le Top Five des pinards

 

 

 

La cuvée «En avant doute» du tout jeune domaine ardéchois Les Clapas, 100% grenache, 100% naturel, 100% bonheur.


Les corbières bluffants et naturels du tout jeune itou Maxime Magnon.


Le gamay corsé et épicé Otosan 2005, produit par Mademoiselle Noëlla Morantin au Domaine des Bois Lucas.


L’aligoté racé et ciselé d'Alice et Olivier de Moor dans l'Yonne


La Syrah du Mas des Aveylans dans le Gard, une petite bombe épicée, tout en intensité et en précision

Et un prix spécial au Jurassien Michel Gahier (merci Olif) pour l’ensemble de son œuvre.

Bon, tant qu’on y est...

 

  • Le top five cinoche:

 


Les Promesses de l’Ombre de Cronemberg (tu l’as vu ce baston au sauna?)
 

Zodiac de Fincher (le serial killer que l’on ne chope jamais)
 

Boulevard de la mort de Tarantino (kitsch baroque et motorisé: total ouf)
 

Persepolis de Marjane Strapati (le cartoon qui te fait pleurer des larmes)
 

Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner (quoi… il ne date pas de 20007?)

 

  • Et le top five zizique:

 

Avec cinq chansons, parce que de grands albums, on n’en a pas croisé des masses ces temps-ci.

 

Voilà l'Anglaise M.I.A. avec un joli pantalon oxygéné

 


 M.I.A.: Paper Planes (flow lutin, refrain scotchant)

Queens Of The Stone Age: Into The Hollow (ça plane pour eux)

Caribou: Melody Day (psychéludique)

Gossip: Standing In The Way Of Control (une grosse dame qui a la niak)

Rakes: We Danced Together (la poperie britonne de saison)

Voilà, ça sera tout pour le moment. On se revoit le 11 janvier 2008.

Bizzzz

31/12/2007

Bon gros 08, les gens

 

Tous nos voeux, truffes au chocolats et chouettes machins comestibles pour les douze mois qui s'annoncent, chers tous.

Au passage, une image d'un autre réveillon, celui du 31 décembre 525 avant J.C., dont la pauvre Pharaonne Amasis se souvient encore.

 

 

 

 

A l'an prochain, à demain