27/12/2007

Le Christ, les donuts et le boudin

 

Bonne trêve, les confiseurs(ses)

Entre deux gloutonneries sauvages et trois séances de consumérisme endiablé, cette période de la Nativité devrait nous inspirer quelques pensées résolument spirituelles. Pensées à propos de l'Homme, de la Nature et de la Bruni. Sans oublier le Petit Jésus, qui a beaucoup souffert, comme l'atteste l'image ci-dessous.

 

 

 

 

Après ça, on se mitonne un petit boudin antillais (huit minutes dans une noisette de beurre à feu pépère) élégamment flanqué de pommes confites aux épices (piment, muscade, cannelle, clou de gigi). Comme ça, pour rigoler entre deux réveillons.

 

 

 

A demain, et demain, c'est le dernier vendredi du mois, et le dernier vendredi du mois, c'est le vendredi du vin.

Bien à vous, les joyeux papistes

 

 

09/11/2007

Trois nouvelles de mèzigue en passant (mais pas par la Lorraine)

 

Bien le bonsoir,

 

Photo sans rapport avec ce qui suit, mais d'une élégance rare.

 

Estèbe va disparaître une semaine. Il s’en va bosser en cuisine, au sein d’une brigade prestigieuse, pour un stage haletant. Comprenez qu’il va couper des échalotes pour huit jours. Il reviendra las mais heureux, avec plein de trucs à vous raconter le soir au coin du blog.


Estèbe passe à la téloche, cet après midi vers 17 h à la TSR, invité par la pimpante Scoopette. Il réalise live et (presque) sans trucage son carpaccio de racine de persil devant l’œil noir et humide de la caméra.


Estèbe est allé manger le repas de la Bénichon à la Pinte des Mossettes (mirobolant chalet gastro là-haut sur l’alpage). Un marathon culinaire épatant et probablement empâtant (10 plats en six heures, dont quatre plats principaux, détails ), dont il vous a ramené une seule image, illustrant une nouvelle utilisation des os à moelle. Soit les lorgnettes et le téléobjectif.

 


 

Estèbe, par ci; Estèbe par là. Mais il n’aurait pas choppé la citrouille géante sous le bob Ricard, machin?

Non. On est resté très simple. Limite simplet.

Bizzzz.

18/09/2007

Sus aux foires, parce que le vin n'est pas une boîte de conserve comme les autres

 

Gasp!

 

 

 

 

Nous voilà en pleine période des foires au pinard en supérette. Entendez que comme chaque année, les grandes enseignes (françaises surtout, mais l’Helvétie s’y colle gentiment) proposent une gamme de vins à prix plus ou moins cassés.
Les amateurs frétillent. Les journalistes pépient. Et nous, on renâcle dur du goulot.
Pourquoi? Parce que ces histoires de «bonnes affaires», ça nous les casse menu menu. Sans doute se fait-on une idée trop noble du vin pour se réjouir de le voir relégué au rang de marchandise soldable, comme les Pampers et les flageolets en boîte.


Car voyez-vous, pour nous, «une bonne affaire», c’est bêtement une bouteille à tarif loyal, qui procure plein de plaisir et d’émotion. Une bouteille conseillée par le caviste du coin, qui n’a pas une tête de gondole, mais une passion déontologique dans la pratique de son métier.

Drôle d’idée que d’aller compulser la presse pour économiser trois sous sur une étiquette prestigieuse, girondine dans la plupart des cas et honteusement chère quand même, que l’on aurait probablement jamais acheté autrement.
Mammouth peut toujours vendre du Château Mildiou, Gros Cru Glacé, avec deux balles de rabais, la foire aux vins, nous, on l’a fait toute l’année avec nos potes cavistes, çui-là, çui-ci, çui-là; sans oublier çui-ci, dit Lolo 1er, qui a aussi des choses rigolotes à raconter sur le sujet.
Ben oui, on a su rester un brin sentimental.

 

 

 

 

 

 

Arrosoir

31/08/2007

Le thon moribond et le pinard paillette: rien ne va plus, ma pauvre dame!

Grrrrrrrrr

Aujourd’hui pas de recettes, de quiz, de photos alléchantes ou d’idioties. Non, non, non. Aujourd’hui, on s’agace. Vendredi, c’est grognerie.
On s’agace pour deux trois trucs qui ne tournent pas rond dans ce cher monde œnophilo- gastronomique.

 

Commençons avec le thon. Le thon, c’est bon. Juste poêlé, en tartare, en sushi. On se souvient de s’en être slurpé de belles tranches, qui nous vibrionnent encore les papilles. Le thon, c’est mode aussi. Avant, c’était le saumon. Maintenant, c’est le thon. Sur toutes les cartes, dans tous les canards culinaires, sur les blogs aussi; l’humanité gourmande n’a pas d’autre poisson à la bouche. Sans visiblement prêter une oreille à ce que martèlent tous les spécialistes de la faune marine: le thon, le rouge, il meurt de surpêche. A ce rythme de prélèvement, il devrait bientôt rejoindre le loup, le bison ou le lynx au cimetière des bestioles exterminées par l’homme. Et juste pour son plaisir buccal en l’occurrence. Comme on aimerait bien que notre descendance puisse goûter cette chair-là dans vingt ans, ben, on a décidé de ne plus en manger. Ni à la maison ni au resto. Il y a plein d’autres trucs exquis dans les océans. Et si tout le monde levait un peu le pied sur ce pauvre animal, ben, ça lui ferait des vacances. Prenez ça pour une consigne impérative. Et demandez-vous la tête que vous feriez si, à la carte d’une auberge pyrénéenne, on vous proposait du ragoût d’ours.

 

Continuons avec le pinard paillette. A la page 38 du dernier numéro de la Revue du Vin de France, un article richement illustré et intitulé «Grandes soirées bordelaises» nous a fait lever les yeux au ciel et froncer les sourcils (double grimace très difficile à exécuter). C’est que voyez-vous dans les grands domaines girondins, au moment de Vinexpo, on organise des galas d’un luxe débordant. Avec des robes de soirée, des sillons prémammaires bronzés aux Seychelles, des smokings et du pipole. PPDA, le Prince Roro de Luxembourg ou Martin Bouygues étaient là. Comme dans Paris Match. Normal me direz-vous: quand le pinard devient un produit de luxe, les pinardiers jouent les nababs. Pendant ce temps, la moitié des vignerons bordelais tirent la langue et mettent la clef sous la porte. Le vin, on l’aime. Mais le vin à la sauce jet-set sent des pieds, aussi manucurés qu’ils soient.

 

Finissions avec le bio, qui devient l’objet d’une cabale branchée. Car cracher sur le bio, voyez-vous, c’est à nouveau cool en diable. Impossible bien sûr de ne pas citer la croisade hargneuse et aveugle d’un journaliste français notoire (lire le Grand Olif sur le sujet), qui trouve malin de tirer au bazooka sur les vins biologiques ou naturels. Sans faire de prisonnier. Tatatatatat. C’est vrai qu’au sein de cette petite production-là, on croise parfois des jus troubles et malodorants guère recommandables. Une larme pourtant dans l’océan des mauvais pinards conventionnels, qui puent tout autant du goulot, mais en plus polluent dame Nature à coup de saloperies chimiques. Du coup, on comprend mal les gesticulations du vieux gourou, sans doute menacé sur son trône par un phénomène qu’il ne pige pas. Même remarque pour ces gens qui trouvent chic de dénigrer les produits bio. Par fatalisme (de toute manière tout est pollué), paranoïa de PMU (tous pourris…) ou mépris ricanant (ah les carottes biscornues!). C’est vrai qu’on peut discuter sur l’opacité des labels, le contrôle de la chaîne de production et les prix. Mais remplir son cabas de légumes dont la culture respecte peu ou prou l’environnement, de légumes qui n’ont pas cramé du kérosène pour venir des Antipodes, ben ce n’est pas du mysticisme hippie ou du militantisme d’arrière-garde. Mais simplement du bon sens.
Et puis rassurez-vous : chez les Slurp on boulotte toujours du foie gras, des petits oiseaux et du gibier en saison. On a même quelques beaux souvenirs de corrida. Olé!

Tiens, on part une semaine pour ruminer tout ça

Adios!

 

06/07/2007

Fin provisoire de slurperies

 

 

Tiens, revoilà la trêve estivale.

Top Slurp va faire un gros dodo de trois semaines.

On se revoit sous peu (à l'oignon).

Et sans soirée diapo.

Amicales papouilles

07/05/2007

Faire la popote en Sarkoland

Coucou,

 

 

 


Amis de la blogomiam française, désolé d'avoir à vous le glisser dans l'oreille, mais il va falloir songer à redimensionner velu le spectre de vos recettes.
Adieu tajines et couscous, tandoori et guacamole. Seuls quelques plats de la communauté européenne seront désormais admis par le Ministère du miam national, tout comme ceux des pays amis (hamburger, cheeseburger, baconburger, etc.).
Chacun de vos billets devra se terminer par une citation du Général (ou de Jean Jaurés le dimanche) et démarrer par un vers de la Marseillaise ou de Johnny.
Chacun de vos billets devra être également rédigé dans le respect de l'autorité, du travail et de la hiérarchie. Les dosages devront donc être exacts, les ingrédients tricolores et transgéniques.
Côté pinards, finies les escapades aussi. Uniques exceptions: les vins californiens, bénis par Schwarzie, et italiens du nord aussi, à la condition qu'ils soient issus des millésimes compris entre 2001 et 2006 (ou années Silvio).

Naguère, on écoutait Radio Londres à la veillée, les volets clos et les lumières éteintes. On ira désormais consulter les blogs culinaires suisses, canadiens et belges, à la lueur de la bougie, la main tremblante et le front ruisselant d'excitation anxieuse.

Bon appétit!

PS: Hi, hi, tout ça c'était pour rire.
Enfin,  peut-être.

19/03/2007

Un an de slurperies. Oui, un an déjà

Bonjournô,

 

 

C'est avec une certaine émotion que nous fêtons (depuis deux jours et deux nuits, force cocktails tropicaux et louches de rillettes) le premier anniversaire de ce blog. Que d'aventures, d'émotions et de pitreries stupides depuis ce 17 février 2006 où naquit Top Slurp.
Que de succès aussi. Loué par des organes aussi majuscules que le Courrier du Mandement italophone ou la Gazette du petit scrabbleur déluré, Top Slurp avec Estèbe attire environ 140 millions de lecteurs quotidiens. Chiffre lancé au pif -  et sans doute en dessous de la réalité -, vu qu'on n'a toujours pas de compteur sur ce satané engin.
Bref, chacun d'entre vous, millions de fidèles, recevra sous peu et en signe de gratitude un colis contenant une grosse truffe noire du Périgord, un kilo d'osciètre, une caille vivante et une canette de Carlsberg fraîche. Ne me remerciez pas. Vous m'êtes sympathiques.

Si, des fois, vous brûliez de faire un petit geste,  vos dons, dents en or et terrines maison sont à adresser à:

Mr Slurp
Genève
Confédération Helvétique

Bizzzz

PS: L'image ci-dessus montre l'auteur de ce blog essayant vainement de souffler sa bougie d'anniversaire. C'est Georges La Tour qu'a pris la photo hier soir avec son portable.

18/03/2007

Le fromage, la Bourgogne, Dieu et moi

Nyerk,

La semaine dernière, on a enchaîné deux dégustations slurpissimes, qui nous ont inspiré un bataillon de sentiments flous, couillons et éventés. N'est pas Heiddeger qui veut. Ni même Patrick Topaloff. Mais bon, allons-y quand même.

 

La première des deux, c'était un panorama pédagogique sur les vins de Pommard organisé par le Cave SA. Pommard, ses climats, son cône de déjection, sa typicité et tout ça. Passionnant. On s'est slurpé au passage des vins anthologiques tel La Levrière 2004 de Dugat-Py (monstre de densité et de noblesse), les Trois Follots 2000 de Madame Leroy (d'un naturel d'expression et d'un raffinement de texture effarants), Les Rugiens 1995 de ce bon Hubert de Montille (dynamique et gourmand, totale classe) ou encore Les

Jarollières 1995 du Domaine de la Pousse d'Or (structure admirable, finale vibrante, profondeur abyssale). Et plein d'autres encore.

Sans trop savoir comment,  on est sorti de là en pestant contre les grands crus bordelais. Qui te cultivent des domaines de 900 hectares à peu près aussi pentus que la Hollande, en jouant sur deux cépages, en quintuplant les prix à chaque millésime et en se prenant pour le nombril du monde bachique. La grande Bourgogne, c'est tout le contraire. Nous voilà au royaume du vin dans ce qu'il a de plus culturel, raffiné, modeste et émouvant.
Quand on touche du gosier les nuances entre deux climats, parfois distants d'à peine 100 mètres; quand le breuvage, loin de sauter au pif, ne révèle sa grâce et son raffinement qu'au bout de longues minutes d'apprivoisement mutuel; quand on sait que le producteur n'a eu de cesse que de mettre en valeur la typicité de sa parcelle, ben, on se dit dedans sa tête que les Seigneurs d'Aquitaine peuvent aller se rhabiller. C'est bête, hein? On vous avait prévenu.

 

La deuxième dégustation, organisée par le pétulant crémier Dominique Ryser et le valeureux vigneron Laurent Villard, portait sur les accords vin-fromage. Exaltante balade le long d'une vingtaine et sublimes pâtes dures, molles, fleuries, persillées et autres tomes de chèvre, arrosées systématiquement de deux ou trois crus choisis. Des blancs, des rouges, un cidre et un Xérès. Mazette, quelle aventure!

On est sorti de là sans pester. Mais avec la ferme conviction que le vin blanc demeure le meilleur pote du fromage. J'en vois d'ici qui grognent. Désolé, c'est comme ça. Et quand après plusieurs essais d'associations fromagères avec un beau jurassien (un Côte du Jura de Macle), un mignon genevois (L'Altesse des Parcelles)  ou un riesling (Fronholz d'Ostertag), on ingurgite le premier rouge (un Bourgueil du Domaine Bel Air, bien slurpy pourtant), c'est la cata. Le fromage - un St nectaire d'enfer en l'occurrence - paraît pâteux et le vin pataud. Rebelote sur le vacherin Mont d'Or. Pas à dire; le rouge grince.  
Deux beaux mariages? Le cados (affiné au calavados) et le Poiré Granite d'Eric Bordelet et le Roquefort d'Yves Combes avec un Maury 2002 de Jean-Louis Lafage.

 

On est aussi sorti de là avec une confiance retrouvée en le genre humain. Because la Nature, le sol, le soleil, les microbes, les vaches, les petites herbes et le raisin, c'est génial. Mais ça ne suffit pas. Sans la matière grise, le talent et l'ardeur des gens qui oeuvrent dans les chais et les fromageries, la vie miam miam et gloulou ne mériterait pas d'être vécue.
Ouh, que c'est profond ça!

Adios 

Le poids et moi (1): la carte de France

 

Zour,

 

 

Il y a quelque temps, Libération a publié un papier et une carte de France de l'obésité, avec les pourcentages, région par région, des personnes en surpoids par rapport à la population. Et là, surprise: c'est la région Midi Pyrénées (entendez cassoulet, saucisse et graisse de canard) qui est la plus mince. Alors que son voisin le Languedoc (entendez poisson et fruits de mer) fait preuve d'un excès d'embonpoint.
A vrai dire, en dehors d'une nette dichotomie France du Nord (plutôt dodue) et du Sud (un rien plus svelte), la carte soulève une série de mystères. Ce ne sont pas les traditions culinaires caloriques qui font les régions les plus enrobées. Ni même des facteurs d'urbanisation (on n'est pas plus maigre à la campagne) ou économiques (on n'est pas plus maigre dans les coins friqués). Il y a là-dessous de complexes héritages sociologiques, culturels et religieux, qui échappent aux a priori simplistes sur la vie au grand air, le régime méditerranéen ou les plats de terroir qui sautent aux hanches.  

Bon app'

Soirée slurp dans le noir

Bonne nuit les amis, 

Tiens, l'autre jour on a dîné dans le noir. Avec un bandeau opaque sur les yeux. Chouette expérience. Sur le modèle éprouvé dans diverses métropoles dans le vent, la Cité des Vins genevoise organisait la soirée aveugle, avec un non-voyant bavard comme animateur. Rigolo de constater comment les ténèbres vous boostent la perception des odeurs et du goût. Les vins offraient des bouquets scotchants, les aliments des saveurs pétaradantes. Au menu: une purée de lentilles en amuse-bouche, une poêlée de bolets, coquille St-Jacques et saucisse de veau en entrée, une pièce d'agneau avec une purée de topinambour ensuite, et un sorbet de tomate pour le dessert. Le tout finement arrosé. On a quasi tout reconnu, a part le parfum de la voisine.

Ils remettent ça sous peu; ça coûte 120 fr. Essayez donc de vous masquer les pupilles, vos papilles adoreront.

Bisaïeule
Euh... on voulait dire: bises à l'oeil

Sus aux vins des people (sauf celui de Jean-Louis)

 

Coucou, mes choux

Les vins des stars nous les brisent menu menu. Non que les Madonna, Cabrel, Charlotte de Turckheim, Jalabert, Tigana, Alesi, Christophe Lambert et autres célébritoches n'aient pas le droit de réinvestir leurs gros cachets dans les vignes. Voire d'arrondir leur fin de mois en jouant les hommes-sandwichs pour des domaines nantis. Ou encore de s'assurer du pinard gratos à tous les repas en négociant leurs noms. Après tout, de pipole à picole, il n'y a jamais qu'un petit C. C comme commerce. C comme Chow-biz.  
En fait, là où ça coince, c'est que nos vignobles regorgent de gens méritants et consciencieux, qui se cassent le râble à longueur d'année entre les ceps pour produire des breuvages dignes. Eux ne font pas ça comme hobby. Eux n'ont pas joué dans le dernier Zidi. Eux doivent vendre leur vin pour ce qu'il est, et non grâce à leur blaze. Il y a des voisins siciliens de la Carole Bouquet qui ont les ongles noirs et font probablement d'aussi bons vins qu'elle. Mais qui, n'ayant jamais été James Bond Gril, galèrent dru. Et que dire de Gégé, habitué aux tournées promo, qui parcourt l'Europe pour vendre ses jajas, toujours plus nombreuses, toujours plus nazes.
Les vins de star nous les brisent, qu'on vous disait.
Sauf celui de Trintignant, Jean-Louis. Because le Rouge Garance, Côtes-du-Rhône du sud, ne mise en rien sur la notoriété de son co-propriétaire comme argument de vente (le nom de l'acteur figure en pitchoune au dos de la bouteille). Parce que les gens qui font ce vin  - les époux Cortellini - mènent leur affaire avec modestie et amour. Parce que le Garance est bon marché autant que délicieux. Voilà un rouge à dégainer lors d'une visite de copains impromptue. Un rouge de fruit qui sent bon la myrtille et la garrigue. Un vin frais et vrai, fin et digeste, franc et croquant.
Bref, rien à voir avec les jus plombés d'Obélix..

A bientôt. Et vivement bientôt.

PS1: A lire: la dégustation de vins people par Poussier et Faure-Bac dans l'avant-dernier Régal. Morne plaine, apparemment.

PS2. On se souvient d'une dégustation des vins de Depardieu il y a quelques années, qui nous a laissé le souvenir d'un immense déficit d'âme et de charme. Et d'une interview de Pierre Richard, en promo pour son Château Bel Evêque, qui n'avait pas été fichu de se souvenir des cépages composant son vin. Mdr.

PS2: Désolé pour cet agacement un brin caricatural: Les méchaaaaantes stars versus les pôôôôvres travailleurs de la terre, ça fait un peu calviniste de gauche rigide, non?

Et si nous causions des clients pas cools?

Rebonzour,

 

 

 

On vous égrenait l'autre jour nos dix motifs d'agacement au resto. Au risque de passer pour un vieil ours mécréant. Comme il faut bien contrebalancer tout ça, et que les chefs de cuisine méritent globalement le respect, voilà la suite de la grognerie, ce coup-ci adressée aux clients. Ben oui, les clients qui craignent velu, ça existe.
On connaît ceux qui se parfument au napalm ou dont le déo a lâché; ceux qui gueulent dans leur portable; les propriétaires de chiens mouillés ou d'enfants psychos; les fumeurs de Havanes calibrés oléoducs. Ben, tiens: cinq autres familles à éviter.

1. Les radins impénitents. Pour eux, l'addition est toujours obscène. Or, ils n'y entendent que dalle. Car, si certains bistrots gonflent la douloureuse à l'hélium, un beau plat reste un beau plat. Et un beau plat douille. Because les chouettes produits coûtent bonbon à la base. Chez le marchand, sur le port, sur le marché, partout. Allez donc vous cuisiner un homard breton ou une belle pièce de boeuf à la maison... Une addition, avant d'être crucifiée, ça s'envisage. Voui, Moooonsieur.

2. Les goinfres. C'était copieux: glop. C'était pas copieux, pas glop. Et peu importe la qualité. Ceux-là n'ont qu'à déménager aux USA, le paradis des buffets dègues à volonté (ou all you can eat). Va-t-on vraiment au resto pour sortir avec de la bile (verte) sur le jabot (blanc)?

3. Les pollueurs d'espace sonore . Ils sont à la table à côté. Ils causent fort. Et ce qu'ils disent pue. Ils sont racistes, fachos, misogynes ou juste crétins comme des belettes. Quand ils ne racontent pas, force détails, leur ablation de la prostate. Repas gâché. Soirée foutue. Ya des muselières qui se perdent. 

4. Les petits joueurs. Ceux qui, parcourant une carte des vins panoramique, se braquent sur le Bordelais et la Bourgogne pour pouvoir tartiner leur maigre savoir avec morgue. Ceux qui choisissent des plats bien balisés, pour dire ensuite - avec une satisfaction huileuse - que c'est meilleur à la maison. Ceux qui bavent sur la déco, ce qui peut être légitime, alors que chez eux, ben, c'est tapissé de grosses fleurs mauvasses et meublé à la cochon. Petits kikis, va!

5. Les sadiques. C'est un devoir de manifester son mécontentement au resto. Tant pour soi que pour la brigade. Mais il y a la manière. Les sadiques mouillent leur caleçon d'aise à l'idée de rabrouer la serveuse débutante. De prendre le sommelier bafouillant en défaut. De brandir, victorieux, un poil tombé dans la soupe. Ou de relever furax dix centimes d'erreur dans la note. Le client est peut-être roi, mais les rois, des fois, ça passe sous la guillotine. Couic. Nyark, nyark.

Adios!

     

"Bonne continuation" et autres motifs d'agacement au resto

Coucou,

 

 

 

 

Une confidence? On adore aller manger dehors. Se frotter les papilles à des plats de pros. Flanquer les pieds sous la table et se dépayser la goulette. Pas à dire, c'est la fête. Enfin, normalement. Because l'expérience s'avère parfois moins jouasse que prévue. Nul n'ignore les couacs classiques: surcuissons, tarifs disproportionnés, accueil pitbullesque, attente entre les plats, produits dégueux, mayo-fonds-vinaigrettes industriels, mépris des saisons (ah, les asperges en septembre!)... A ce cortège-là, rajoutons dix motifs de grogne plus persos. Qui, en négatif, se transforment évidemment en émerveillements. Ben oui, on n'est pas le dernier des ronchons quand même.

1-"Bonne continuation". Voilà une expression qui a fait florès dans la bouche de la moitié des serveurs du Monde Libre. Or, c'est laid. Ce "Continuation" écorche nos vieilles feuilles, sans qu'on se l'explique. On préfère "bon appétit", "bonne suite de repas", "à toute à l'heure", voire "bonne chance, les gars".

2-Les gastros qui roupillent. La francophonie grouille d'enseignes prestigieuses, aux tarifs idoines, qui ronronnent. On y mange des plats bourgeois, pas mal exécutés, sans une once d'idée dedans. S'il faut payer un saladier dans un gastro, on veut que l'assiette pétille. Que le chef nous épate. Qu'il nous étourdisse avec un produit inconnu au bataillon, un mode de cuisson zarbi, une épice magique, un mariage inédit et autres trouvailles.

3- Les restos qui empilent. Toujours aux mêmes tarifs, ya ceux qui noient l'assiette de mille machins accessoires. Des chips bleues. Des zestes orangés. Des herbettes frites. Des légumes ouvragés. Un fourbi décoratif en forme de trompe-couillon, qui brouille la perception des ingrédients principaux. Les beaux plats combinent trois saveurs au max. Une, deux, trois. Michel Bras, Veyrat ou Rochat savent ainsi aller à l'essentiel. Jouer l'épure, sans se montrer simplistes. C'est ça la grande gastronomie: de la technique et de l'invention, qui résonnent comme une évidence.

4-Les bistrots radins. Rien de mieux qu'un bistrot pétaradant de générosité. Où les pots de blancs déboulent. Où les clients parlent fort. Picorent avec les doigts. Se tartinent de la rillette jusqu'au menton. Rien de pire que les bistrots où l'on a l'impression que tout est compté. Des frites (congelées et molles) au pain (congelé et mou), via les sourires, les haricots verts et les fonds de bouteille. Trop de calcul en est un mauvais. Car ces boui-bouis-là, on n'y retourne jamais.  

5-Les cartes de vins tiédasses. Celles qui traversent les grandes appellations avec trois stars à chaque étape. Celles qui traversent les grandes appellations avec trois nuls à chaque étape. Pas besoin de mille références. Mais d'un peu de curiosité et de partis-pris. Vive les caves audacieuses, fouineuses, partisanes, modestes mais malignes.  

6-Les déserts fromagers. La plupart des coins d'Europe ont de chouettes fromages à portée de main. Qu'un resto méprise cette étape-là du repas, c'est un crime. Et mieux vaut trois pâtes sélectionnées avec amour qu'un chariot à deux étages plein de croûtes de supérette.

7-Les préliminaires rassis. Cacahuètes, chips, vieilles pistaches, beurre schlingant, pain dur? Zéro pointé.

8-Les menus enfants de chez MacCongelo. Sus aux chicken nuggets, frites surgelées et steaks hachés carbonisés! Les mômes, ils sont pas finis, d'accord, mais pas forcément débiles. 

9-La ciboulette décorative. C'est bon, la ciboulette. Mais la poignée jetée sur le plat pour faire joli, ça tue la glotte.

10-Les assaisonnements poltrons. Une certaine tendance de la cuisine contemporaine, branchée et mondialisée, s'escrime à tambouiller des plats sans relief ni nerfs. Des plats pour tous les gosiers. Or, un miam sans assaisonnement est un miam somnolant. Nous, on veut du sel, du poivre et des épices. Des plats relevés avec volontarisme. Des apprêts de caractère. De l'acide et de l'amertume. Des saveurs gouailleuses et swingantes. Amen.

Ben, à vous de grogner maintenant.

Tchou

Crachons les grands Bordeaux

Salut les gars, salut les filles

On feuilletait la dernière Revue du Vin de France, en sifflotant Yellow Submarine, vêtu d'un pyjama fantaisie et de charentaises pur mouton, quand un tableau plein de chiffres nous a arraché un juron. Diable-à-couilles-vertes!
Page 162, la RVF a dressé un comparatifs de l'évolution du prix des primeurs bordelais. Et ça fait atchment mal. Au porte-monnaie certes. Mais à l'âme itou. Sur un échantillon de 80 propriétés, l'augmentation moyenne entre 2004 et 2005 frôle les 100%. Le prix moyen de la bouteille a été multiplié par trois. Comme ça, par magie. 
Certains châteaux en ont profité pour établir des records de surchauffe tarifaire (Margaux + 337%; Larcis-Ducasse + 330%) proprement insensés, pour ne pas dire obscènes. Et vaguement embarrassants pour l'amateur de vin. Car outre que ces pinards-là, on ne pourra plus les boire (à vrai dire, on s'en tape total), leurs propriétaires, en surfant sur la couillonnerie des acheteurs plein aux as et l'aura du millésime, jettent un voile puant sur l'ensemble de la culture oenophile. Exactement comme les élus ripoux ternissent l'image de la politique. Ou les gros dopés celle du sport. Entre les chips de chêne et les entubes girondines, le monde du vin craint. Oui, madame.

Snif, snif

PS: A lire sur le sujet, les palpitantes reflexions du vigneron Hervé Bizeul du Clos des Fées. Lequel produit de grands vins et pratique des tarifs assez costauds, qui demeurent pourtant à un bon mois de salaire des Ausone, Cheval Blanc et consorts.

16/03/2007

Gastro solo ou miam partagé?

le.jpg   Bonjour les gens, 

Dans le dernier roman de Pascal Quignard, «Villa Amalia», l’héroïne Ann Hidden a une intéressante discussion philo-culinaire avec un ami gourmet Georges. Celui-ci estime que le vrai émoi gastronomique s’éprouve en solitaire. Rien ne doit distraire l’esthète dégustant son repas, pas même une conversation, un vis-à-vis, une respiration étrangère. Ann, au contraire, ne conçoit le top slurp que partagé. La bonne chère masturbatoire est triste. Les ivresses de la papille ne peuvent donc se vivre qu’en compagnie, aussi restreinte soit-elle. Palpitante polémique que voilà. Et vous, pour quoi votez-vous? Miam collectif ou gastro solo? Votre avis nous allèche. 

Au revoir les gens