16/03/2007

Eloge du hamburger

Bonjour les gens

burger11.jpgLe McDo et autres consortiums du cholestérol ont fait quelque chose de très mal. Ils ont ruiné la réputation du hamburger. Voilà pourtant un mets digne d’attention. Si, si, si. En pleine pampa américaine, au cœur du Nevada ou au fin fond de l’Arizona, dans ces saloons déprimants tenus par des cow-girls torves et trop maquillées, il n’est pas rare d’avaler des hamburgers géniaux. Avec du pain croustillant, cachant un steak saignant autant que juteux. Mais voilà, le sandwich américain est devenu le bélier de la méchante bouffe mondialisée. Et y a laissé son âme au passage. Of course.

Mais rien n’est perdu. Ça et là, la résistance s’organise. A Puymirol, Lot & Garonne, south-west of France, le triple étoilé Michel Trama a commencé la croisade depuis un bon moment en inventant le hamburger au foie gras, accompagné de son condiment aux bolets: «le ketcèpe». Savourez le clin d’œil.

Plus près de nous, au Barocco, cantine chic du Musée d’Art et d’histoire, le chef - qui s’appelle Mc Donald aussi, mais Stephen de son prénom - fait son Big Mac à lui, avec du pain maison (genre fougace), de la viande hachée et saignante de bison (élevage local oblige), des patates sautées et un bluffant chutney de tomates vertes en guise de ketchup. Top slurp.

Toi aussi, participe à cette rebelle réhabilitation en te cuisinant des hamburgers à la maison. Fait hacher la viande par le boucher moustachu d’à côté. Evite de la carboniser. Et pose sur les steaks en fin de cuisson des tranches de gruyère pour qu’elles fondent gentiment. Avant ça, t’auras taillé tes frites toi-même. Ou opté, pourquoi pas, pour le roesti confédéral. Avant ça, t’auras aussi choisi un pain adapté chez le boulanger moustachu d’à côté. N’oublie pas les petits oignons grillés et les cornichons en lamelles. Ni même le ketchup, que les plus têtus concocteront de leurs douces pattes. Ce n’est jamais qu’un chutney de tomates, avec du sucre, des épices et du vinaigre. Assaisonne et englouti.

Voilà comment poser sa pierre dans le jardin planétaire autant que nauséabond de Ronald, le gâcheur de burger

Au revoir les gens