16/03/2007

La love story du cochon et de la bique

Bonzour

 

Nombre d'entre vous, vils surfeurs de toile, tutoient sans doute déjà la Désencyclopédie. Soit un pastiche majuscule de Wikipédia, loufoque et potache, truffé de vraies perles. Il faut en particulier aller farfouiller dans un domaine qui nous intéresse: la gastronomie. Il y a là des pages sur le reblochon ou le bœuf bourguignon assez croquinolettes. Dans le genre gras mais drôle.

Et tant qu'on en est aux perles, causons cochon. On a déjà clamé ici le respect gourmand que nous inspire le cou de porc, morceau tendre, juteux et goûtu, vendu d'odinaire à prix humain. Ben, l'autre jour, ayant acquis deux belles tranches de la dite pièce, on a imaginé les flanquer de médaillons de chèvre frais aux herbes. Comme ça. Une inspiration subite.

Dans une jatte, touillez avec une véhémence contenue 80 grammes de chèvre frais, une cuillère à café d'huile d'olive, une petite noisette de beurre et un mix persil-romarin, l'un et l'autre émincés menu menu au préalable à coups de ciseaux vengeurs. Salez, poivrez et pimentez à l'Espelette. Touillez, touillez. Puis moulez-moi un mignon boudin dans du film alimentaire, boudin qui filera durcir vingt minutes au congélo.

Pendant ce temps, poêlez à feu sérieux les tranches de cochon, cinq bonnes minutes de chaque côté (enfin, je dis ça, tout dépend de l'épaisseur). Poivrez.
Pendant ce temps (bis), sortez le chèvre du frigo, tranchez de petits médaillons, dont vous coifferez la bête en compagnie d'une pincée de fleur de sel.

Et alors? Le mariage cochon-bique, s'il n'est pas d'une délicatesse post-moderne ou d'un chic moléculaire, offre tout de même au palais un émoi frustre mais authentique. Surtout accompagné d'une ribambelle de tomates cerises rôties aux herbettes et arrosé d'un vin au fruit éclaboussant de naturel. Un Cornas des Champs Libres, par exemple, rouge follement gourmand, sans souffre ni grande typicité, qui sous ses airs de jus simplet cache une vraie densité. Parfaitement.

Adios, les gens